mercredi 29 août 2018

CXXXII : Rue du plâtre : une rue du XIIIe siècle réalignée au XIXe siècle (étrospective 2008)

La rue du plâtre est devenue célèbre récemment depuis que la fondation des Galeries La Fayette y a ouvert ses portes au printemps 2018. J'avais publié le 8 septembre 2008 sur l'Indépendant du 4e un article à propos de l'Histoire de cette vieille rue du 4e.


La rue du plâtre est une petite rue qui relie la rue du Temple et la rue des Archives. Elle porte ce nom depuis le XIIIe siècle. Un four à plâtre était installé dans cette rue. Comme on peut l'apprendre à l'exposition "Construire à Lutèce" qui se tenait [en 2008] dans la crypte archéologique, le plâtre a été introduit en Gaule par les Romains au Ier siècle avant J.-C. Pour l'obtenir, on utilise du gypse (du sulfate de calcium) que l'on fait brûler... d'où la présence d'un four.

 Cette rue est caractéristique de la politique de réalignement mené dans le quartier au XIXe siècle. L'immeuble saillant à droite sur la photo est un immeuble plus ancien qui a échappé à cette politique qui visait à élargir les rues pour faciliter le passage. On trouve en cet endroit un établissement de qualité : l'Hôtel du Vieux Marais.


 Symbole du mélange du moderne et de l'ancien, on peut apercevoir à l'arrière-plan sur cett photo les "tuyaux" du Centre Pompidou.

dimanche 26 août 2018

CXX : 26 août... un anniversaire qui permet une 1ère évocation de l'Hôtel de Beauvais (rétrospective 2008)


Voici un article qui était paru le 26 août 2008 pour l'anniversaire d'un ami qui n'habite plus le 4e.


J'ai cherché un événement qui s'était déroulé dans le 4e arrondissement un 26 août. C'est à cette date qu'a eu lieu en 1660 l'inauguration de l'Hôtel de Beauvais. Pour comprendre cet événement, il faut faire savoir qui était "Madame de Beauvais".

Il s'agit de Catherine Bellier qui était 1ère dame de chambre d'Anne d'Autriche. En 1653, elle avait été chargée de "déniaiser" le roi Louis XIV alors âgé de 16 ans. Catherine Bellier, âgée déjà de 40 ans, avait déjà une certaine expérience et il semble qu'elle avait la réputation d'avoir la jambe légère. Il paraît qu'elle était très laide puisqu'elle était surnommée "Cateau-la-Borgnesse".

Le roi en tout cas se montra fort reconnaissant puisque Catherine Bellier fut faite baronne de Beauvais. Elle put faire constuire l' Hôtel de Beauvais, dans l'actuelle rue François Miron. Ce bâtiment était la risée de certains car, pour la première fois avec ce genre de grande résidence aristocratique, la construction comprenait côté des rues des échoppes destinées à être louées.
Ce bel édifice (je reviendrai dans un autre article sur son architecture) fut inauguré en grande pompe le 26 août 1660 en présence de la reine-mère Anne d'Autriche et du cardinal Mazarin. Louis XIV venait d'épouser quelques mois plus tôt l'infante d'Espagne Marie-Thérèse d'Autriche.
La reconnaissance du roi pour Madame Beauvais ne s'arrêta pas là. Alors qu'elle était confrontée à des difficultés financières, il lui accorda en 1667, le privilège des carosses et des messageries de Versailles (ville qui ont le sait jouait un rôle de plus en plus importante jusqu'à devenir en 1682 le lieu de séjour de la Cour).

La baronne de Beauvais, malgré son grand âge et sa prétendue laideur, avait un appétit sexuel qui la conduisit à recourir à des services masculins rémunérés. Après la mort de son mari en 1674, elle finit par être si ruinée qu'elle dut s'exiler pour finalement mourir en 1689 à Arrou dans l'Eure-et-Loir. 


jeudi 23 août 2018

XXXIII : Enceinte gallo-romaine rue de la Colombe (rétrospective 2008)


Voici un article qui était paru le 12 mai 2008 sur l'Indépendant du 4e :


Rue de la Colombe dans le 4e arrondissement, dans un des rares quartiers préservés par la réorganisation de l'île de la Cité décidée sous Haussmann au XIXe siècle, on peut voir l'emplacement de la plus ancienne enceinte parisienne connue. En effet le pavage au sol - en plus clair sur la photo ci-dessus - signale son emplacement. On ne le remarquerait pas s'il n'était pas signalé par une plaque très discrète apposée sur un mur.


 Il s'agit de l'enceinte construite au Bas Empire Romain, au IVe siècle après J.-C. pour faire face à la menace de plus en plus forte d'invasions par les peuples "barbares". Ce mur a été construit avec des matériaux de récupération pris dans les monuments gallo-romains comme on peut s'en rendre compte dans la crypte archéologique située sous le parvis de Notre Dame.

lundi 20 août 2018

CXXXVII : un coq signé Barye (rétrospective 2008)

Voici aujourd'hui un article qui était paru le 14 septembre 2008 sur L'Indépendant du 4e.


Voici un coq que l'on ne remarque pas forcément. Il est pourtant signé Antoine-Louis Barye, un des plus grands sculpteurs animaliers du XIXe siècle.  Cette statue orne chacun des quatre coins du socle de la "colonne de Juillet" place de la Bastille.



vendredi 17 août 2018

CXC : 21 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie : une superbe immeuble "Art nouveau" (rétrospective 2008)

Nouvel article pour cet été de la rétrospective 2008 : un article paru le 6 novembre 2008.


Au 21 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, on peut admirer un très bel immeuble qui date du début du XXe siècle : précisément de 1905 comme on peut le lire sur la façade. (A cette époque, dans le prolongement des percements décidés par Haussman, tout ce secteur a été rénové dans les années 1880-1900.) Cet édifice situé à l'angle avec la rue de Moussy est emblématique de "l'Art nouveau".


Je suis particulièrement sensible à ce style car, en août, j'ai visité pour la 2e fois le musée de "l'Ecole de Nancy". Dans la capitale de l'ancien duché de Lorraine, on peut en effet découvrir ce lieu qui permet de mieux connaître ce style de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Ce courant artistique aussi appelé "Art nouveau" s'est caractérisé par la volonté d'intégrer des formes végétales (parfois aussi animales) dans l'architecture et le mobilier. C'est l'époque où à Paris, Guimard a conçu les bouches de métro-libelulles.

Au 21 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, l'architecte A.SIBIEN (d'après ce qu'on peut aussi lire sur le mur) a pris le parti d'intégrer dans une façade assez austère une profusion de détails végétaux qui donnent à l'ensemble une très grande élégance.

 J'avoue que je ne suis pas un spécialiste de botanique. Si certains ont des connaissances en la matière, ils peuvent peut-être préciser les différentes essences végétales que l'on peut reconnaître dans les photographies que j'ai prises des détails de cet immeuble.


 Je dédie tout particulièrement cet article d'une part à mon ami Nizar et à sa famille, d'autre part à mon ami Michel. Ils comprendront pourquoi les uns et les autres ...

(Je maintiens cette dédicace en 2018 !)

mardi 14 août 2018

XXX : Le Pont Marie (rétrospective 2008)


Je continue ma rétrospective 2008 avec un article qui était paru le 7 mai 2018 sur l'Indépendant du 4e.


Voici un pont sous lequel, d'après les guides des bateaux mouches, les amoureux doivent s'embrasser : le Pont Marie. Il s'agit du plus vieux Pont du 4e l'arrondissement.

En effet, le plus vieux pont de Paris est le Pont Neuf, n'est pas dans le 4e arrondissement mais il relie le 1er et le 6e arrondissement. Certains ponts du 4e sont construits à l'emplacement de ponts beaucoup plus anciens comme par exemple le Petit Pont et le Pont au Change. Mais, par sa construction et par son aspect le pont Marie est le plus ancien pont du 4e arrondissement : c'est ce qui fait son charme très particulier.

Il a été dessiné par l'architecte Christophe Marie. Sa construction a commencé en 1614 pour relier la rive droite à l'ïle Saint-Louis au moment où celle-ci était l'objet d'un projet d'aménagement. Christophe Marie a même pris en charge le coût de construction en contrepartie d'une concession de terrains sur l'ïle Saint-Louis-. Le pont a été fini en 1635. En 1658, suite au dégel, deux des arches du pont Marie ont été emportés par une crûe avec vingt-deux maisons. Par la volonté de Colbert, le pont a été reconstruit à partir de 1679 mais sans remplacer les maisons disparues. Il a fallu attendre 1788 pour que les maisons qui avaient subsistées soient détruites à la demande de Louis XVI qui voulait une ville plus aérée.

Ce pont fait 92m de long. Il comporte cinq arches de taille différente en forme de dos d'âne (la partie centrale est légèrement plus élevée). C'est un pont en pierre mais la charpente des piles, en bois, est d'origine. Mise à part une petite modification qui date de 1850, il  est donc le seul pont du 4e arrondissement à conserver l'aspect qu'il avait sous l'Ancien régime.


samedi 11 août 2018

XXXVI : Notre-Dame de Paris : un portail qui nous rappelle le XIIe siècle (rétrospective 2008)


Sur la façade principale de Notre Dame (donc la façade occidentale), le portail à droite est très particulier. En effet, si on l'observe attentivement on peut se rendre compte qu'il est d'une facture beaucoup plus ancienne que le reste de la façade. En effet, ce portail qui raconte l'histoire de la Vierge a une forme arrondie qui montre qu'il a été conçu à une époque où le style était encore roman.

 De plus, on peut observer que la Vierge en majesté représentée au centre avec l'enfant Jésus est dans un style qui rappelle les églises romanes du Massif central construites au XIe et XIIe siècles :
 

 

 Enfin, information peut-être encore moins connue, le tympan représente les deux principaux dirigeants de Paris au moment où la reconstruction de la cathédrale a été décidée puisqu'à gauche avec une crosse et une mître est représenté l'évêque de Paris, Maurice de Sully, et, à droite, agenouillé, avec une couronne sur la tête, Louis VII, roi de France de 1137 à 1180. Cela nous rappelle que la pose de la première pierre, en 1163, a justement eu lieu en présence de ces deux personnages... et du pape Alexandre III, réfugié en France en raison de sa querelle avec Frédéric Ier Barberousse. 

 Il est cependant fort probable que ces bas-reliefs ne soient pas d'époque car ce portail a été très endommagé en 1793 et la restauration opérée par Viollet-le-duc au XIXe siècle a parfois été un peu fantaisiste.