dimanche 26 août 2018

CXX : 26 août... un anniversaire qui permet une 1ère évocation de l'Hôtel de Beauvais (rétrospective 2008)


Voici un article qui était paru le 26 août 2008 pour l'anniversaire d'un ami qui n'habite plus le 4e.


J'ai cherché un événement qui s'était déroulé dans le 4e arrondissement un 26 août. C'est à cette date qu'a eu lieu en 1660 l'inauguration de l'Hôtel de Beauvais. Pour comprendre cet événement, il faut faire savoir qui était "Madame de Beauvais".

Il s'agit de Catherine Bellier qui était 1ère dame de chambre d'Anne d'Autriche. En 1653, elle avait été chargée de "déniaiser" le roi Louis XIV alors âgé de 16 ans. Catherine Bellier, âgée déjà de 40 ans, avait déjà une certaine expérience et il semble qu'elle avait la réputation d'avoir la jambe légère. Il paraît qu'elle était très laide puisqu'elle était surnommée "Cateau-la-Borgnesse".

Le roi en tout cas se montra fort reconnaissant puisque Catherine Bellier fut faite baronne de Beauvais. Elle put faire constuire l' Hôtel de Beauvais, dans l'actuelle rue François Miron. Ce bâtiment était la risée de certains car, pour la première fois avec ce genre de grande résidence aristocratique, la construction comprenait côté des rues des échoppes destinées à être louées.
Ce bel édifice (je reviendrai dans un autre article sur son architecture) fut inauguré en grande pompe le 26 août 1660 en présence de la reine-mère Anne d'Autriche et du cardinal Mazarin. Louis XIV venait d'épouser quelques mois plus tôt l'infante d'Espagne Marie-Thérèse d'Autriche.
La reconnaissance du roi pour Madame Beauvais ne s'arrêta pas là. Alors qu'elle était confrontée à des difficultés financières, il lui accorda en 1667, le privilège des carosses et des messageries de Versailles (ville qui ont le sait jouait un rôle de plus en plus importante jusqu'à devenir en 1682 le lieu de séjour de la Cour).

La baronne de Beauvais, malgré son grand âge et sa prétendue laideur, avait un appétit sexuel qui la conduisit à recourir à des services masculins rémunérés. Après la mort de son mari en 1674, elle finit par être si ruinée qu'elle dut s'exiler pour finalement mourir en 1689 à Arrou dans l'Eure-et-Loir. 


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