lundi 6 juillet 2009

CDXXXII : Gravures du 4e : Les berges de l'île de la Cité en 1648

 

Je viens de me rappeler que j'ai une collection de cartes postales que j'avais achetée quand j'étais adolescent. Ce sont des gravures qui représentent le vieux Paris d'avant la Révolution (dans une version parfois un peu libre qui doit dater du début du XXe siècle). Je les avais classées dans un album que j'ai retrouvé avec plaisir. J'ai décidé de leur redonner une seconde jeunesse en les numérisant.

Je commence avec cette vue qui représente la rive Nord de l'Île de la Cité avec d'abord un détail puis ci-dessous la vue complète à hauteur  du Pont-au-change qui en 1648 venait d'être reconstruit (on en voit une arche tout à droite). A l'arrière-plan on aperçoit la tour de l'Horloge du Palais de Justice et la flèche de la Sainte-Chapelle. 

  

avec Une photo ci-dessus montre ce même lieu en 2009.

 Comme on le voit, à l'emplacement de l'actuel tribunal de Commerce, on trouvait un habitat très dense. Sous le Second Empire, le préfet Hausmann a fait un sérieux coup de balai dans l'île de la Cité. Un moyen pour éviter les révoltes qui ont marqué le centre de Paris.

P.S. (au moment de la republication de cet article en février 2021. L'artiste qui a reconstitué le quai tel qu'il devait être en 1648 a peut-être un peu exagéré le désordre que connaissait l'endroit. Sur un plan Turgot des année 1730, ce lieu semble un peu plus ordonné mais on ne va pas critiquer la créativité de l'artiste qui avait proposé la reconstitution à propos de laquelle je m'était fondé pour écrire cet article). :


 

samedi 4 juillet 2009

CDXXX : Les statues de l'Hôtel de Ville (43e volet) : Marie-Jean Hérault de Séchelles par Charles-Romain Capellaro

  

Voici le 43e volet de la série des statues de l'Hôtel de Ville. Elle concerne une de ses statues que l'on a bien du mal à voir puisqu'elle est située sur une façade peu visible située le long de la rue de Rivoli : 


Marie-Jean Hérault de Séchelles était un magistat et a été un homme politique pendant la Révolution. Né à Paris le 15 novembre 1759, il a été le plus jeune procureur au tribunal du châtelet grâce à la protection de la reine Marie-Antoinette. Hérault de Séchelles était paraît-il un très beau jeune homme.

Hérault de Séchelles a participé activement à la Révolution française. Il a certainement participé à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Par la suite, il a été élu député à l'Assemblée législative en 1791 où il représentait le département de la Seine-et-Oise. Il prit position contre la monarchie.

Elu à nouveau député de la Convention, il a présidé cette assemblée du 1er au 15 novembre 1792. Il a participé en 1793 à la version montagnarde de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Il présidait la Convention en juin 1793 lors de l'arrestation des députés Girondins.

En avril 1794, alors que Robespierre était tout puissant, il a été arrêté avec les amis de Danton, puis condamné à mort et guillotiné le 5 avril 1794.

Frédérique MATONTI lui a consacré une biographie, Hérault de Séchelles ou les infortunes de la beauté, La dispute, 1998.

La rue Hérault de Séchelles est située dans le 17e arrondissement pas loin du métro Porte de Saint-Ouen.

 La statue est une oeuvre de Charles-Romain Capellaro né à Paris le 2 septembre 1826 et mort à Paris 15e le 8 novembre 1899. Un sculpteur communard condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie en 1872 où il fut détenu de 1875 à 1877. Il a pu revenir en France en 1879.

lundi 29 juin 2009

CDXXV : Exposition "L'itinéraire des Séfarades vers les Etats-Unis".

Une vue de la salle Jean Mouly, mairie du 4e, place Baudoyer

 Voilà une petite exposition qui, si elle ne paie pas de mine (7 panneaux informatifs dans la salle Jean Mouly de la mairie du 4e), est cependant très intéressante. Elle s'intitule "L'itinéraire des Séfarades vers les Etats Unis". Elle se tient jusque mardi 30 juin dans le cadre du 5e festival des cultures juives qui cette année a pour thème "L'Amérique".

 Cette petite exposition m'a remis les idées en place concernant les grandes lignes de l'histoire des Séfarades et m'a permis d'enrichir mes connaissances. Je savais que "Séfarade" était le nom donné aux communautés juives installées en Espagne jusqu'à leur expulsion à la fin du XVe siècle. L'exposition m'a appris plusieurs choses :

1°) Le mot "Séfarade" est apparu à la fin du VIIIe siècle. Il s'agit du terme utilisé couramment en langue hébraïque pour désigner l'Espagne dans laquelle les Juifs étaient protégés grâce à la grande tolérance arabo-musulmane de l'époque.

2°) Je savais que les Séfarades à partir de l'expulsion de 1492 s'étaient dirigés principalement vers les territoires sous influence musulmane. J'ignorais par contre complètement que dès le XVIIe siècle, des communautés Séfarades avaient commencé à s'installer sur le territoire actuel des États-Unis (pour certaines d'entre elles, elles avaient fait étape en Amérique latine).

3°) Les colonies anglaises d'Amérique du Nord sont très tôt devenues un lieu de tolérance pour les Juifs. Un des principaux lieux d'accueil était l'actuel Etat de Rhode Island. La plus ancienne synagogue des États-Unis est située à Newport, elle date du milieu du XVIIIe siècle :


 4°) Dès l'Indépendance, le président Washington a affirmé que les Juifs devraient avoir les mêmes droits que les autres citoyens (à une époque où en France était votée la loi sur l'émancipation des Juifs qui date de 1791).

dimanche 28 juin 2009

CDXXIV : La statue de "Charlemagne et ses leudes"... une statue en bronze qui a eu bien du mal à trouver une place !

  

 On trouve sur le parvis Jean-Paul II cette immense statue de l'Empereur Charlemagne accompagné par ses "leudes" comme il est écrit sur le socle. Cette statue est d'un goût un peu douteux mais néanmoins on finit par s'y attacher. Je la photographie régulièrement :

 Au printemps avec un soleil couchant sur Notre-Dame

 

En hiver sous la neige

Cette statue a eu une histoire assez épique. Elle a été conçue sous Napoléon III à une époque où il était bon de glorifier l'Empire... Mais, après la proclamation de la République en 1870, cette idée est rapidement passée de mode. De plus, Charlemagne symbolisait une époque lors de laquelle la France et l'Allemagne ne faisaient qu'un ce qui n'était plus un thème très porteur après l'annexion de l'Alsace et de la Moselle par le traité de Francfort en 1871.

En effet, un modèle de plâtre de la statue avait été proposé en 1853 par les deux sculpteurs Louis et Charles Rochet puis a été présenté pour l'exposition universelle de 1867. La statue en bronze, quant à elle, fut terminée pour l'exposition universelle de 1878. Le problème est que plus personne ne voulait de cette statue. Charles Rochet proposa donc de prendre à sa charge les frais d'installation de son oeuvre.

En janvier 1879, le conseil de Paris délibéra sur la question. La gauche combattait l'érection de cette statue car à ses yeux elle représentait un hommage au pouvoir absolu. Le rapporteur du débat, Viollet-le-duc, vitupéra mais contre son avis, la statue fut refusée. L'opinion publique se saisit de l'affaire et huit jours plus tard le conseil de Paris devait accepter l'installation provisoire de cette statue sur le parvis de Notre-Dame.

L’œuvre de 15 tonnes, haute de 7 m fut finalement acquise par la Ville de Paris en 1895 pour 30 000 francs. Cependant, en 1973, elle faillit déménager : le Conseil de Paris voulait la remplacer par le "pilier des nautes" qui avait été retrouvé dans le sous-sol. Cependant, la statue de Charlemagne avait été offerte à la ville de Metz qui refusa de payer les frais nécessaires au déplacement... Résultat, la statue est restée en place !

La représentation de Charlemagne est pour le moins folklorique. Il tient en main le sceptre dit de Charlemagne que l'on peut admirer au Louvre. Ce sceptre date en fait certainement de Charles V et est donc une œuvre du XIVe siècle (de plus de 500 ans postérieur à Charlemagne).

De plus, l'empereur est accompagné par deux "leudes", deux vassaux : Roland et Olivier. Les deux sculpteurs ont oublié que, au moment où Charlemagne est devenu empereur en 800 (il porte la couronne impériale sur la tête), Roland est censé avoir été tué dans une embuscade à Roncevaux en 778, soit 22 ans plus tôt !

A lire : Georges POISSON, Guide des statues de Paris, Guides visuel, Hazan,1990

 

mardi 23 juin 2009

CDXIX : Les statues de l'Hôtel de Ville (42e volet) : Claude Ballin par Alfred Rass

 

Voici le 42e volet de la série des statues de l'Hôtel de Ville. Elle concerne la statue de Ballin qui est situé au 3e étage de la façade côté rue de Rivoli : 


 Claude Ballin est né à Paris en 1615 et il y est mort le 22 janvier 1678.

C'était un orfèvre très célèbre. Il est l'un des principaux créateurs du mobilier d'argent de Louis XIV. Ces créations ont donc été en grande partie fondues en 1689 pour financer la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Le 1er mars 2008, j'ai consacré sur mon blog heliosse un article consacré à l'exposition "Quand Versailles était meublé d'argent".

Il n'existe pas de rue Ballin à Paris...

La statue est une oeuvre du sculpteur Alfred Rass sur lequel je n'ai pas trouvé d'information.

jeudi 18 juin 2009

CDXIV : Bastille : "LA" station avec vue sur le port

  

La ligne 1 a été ouverte pour l'exposition universelle de 1900. Depuis cette époque, la station bastille est une des rares stations de métro au monde dont les quais donnent une vue sur d'autres... quais : ceux du port de Paris.


Tout en passant par cette station très régulièrement, je trouve que cette vue depuis la rame de métro est toujours aussi insolite.

samedi 13 juin 2009

CDIX : Les statues de l'Hôtel de Ville (41e volet) : Jean-Rodolphe Perronet

Voici le 41e épisode de la série consacrée aux statues de l'Hôtel de ville. Il s'agit de la statue de Perronet que l'on peut voir au 2e étage sur la façade côté rue de Rivoli :

Jean-Rodolphe Perronet est né à Suresnes le 27 octobre 1708. Il est mort à Paris le 27 février 1794.

C'était un ingénieur. Il fit exécuter un grand nombre de ponts, par exemple le pont de Neuilly (1750) et le pont Louis XVI, finalement appelé le pont de de la Concorde (1787-1791) et construit en partie avec les pierres de la Bastille.

Il a créé avec Trudaine l'Ecole des Ponts et Chaussées en 1775. Il a participé à la rédaction des articles de l'Encyclopédie dirigée par Diderot et D'Alembert.

La rue Perronet est une petite rue du 7e arrondissement.

La statue est une oeuvre d’Émile Hugoulin né à Aix-en-Provence le 8 avril 1848 et mort à Clamart le 2 mars 1923. 

vendredi 12 juin 2009

CDVIII : Fontaine Wallace (2) : un hommage au sculpteur des fontaines Charles Lebourg

 

J'ai récemment consacré un article aux fontaines Wallace. Leur sculpteur Charles-Auguste Lebourg (1829-1906)  a aussi travaillé pour la décoration de nombreuses façades de Paris notamment une devant laquelle je passe très souvent : celle d'un immeuble situé 17, rue de Châteaudun dans le 9e arrondissement. Les deux caryatides qui décorent la façade de cet immeuble sont bien de cet artiste  : son nom y est même mentionné.


mardi 9 juin 2009

CDV : Commerce de chevaux dans le 4e...

 

Au 56 rue du roi-de-Sicile,  à l'angle avec la rue vieille-du-Temple, on peut voir cette surprenante mosaïque. Il s'agit d'une ancienne échoppe qui achetait des chevaux, peut-être pour en faire de la viande (comme le laisse penser le rouge de la bordure).

Il n'y a plus trace de commerce de chevaux dans le 4e depuis belle lurette et cette devanture est aujourd'hui celle d'un magasin qui n'a aucun rapport avec la vente d'équidés... Dans cette boutique, un magasin de chaussettes est sur le point d'ouvrir en ce mois de juin 2009... Heureusement que ce ne sont pas des sous-vêtements car les culottes de cheval ça n'aurait pas fait beaucoup vendre !

dimanche 7 juin 2009

CDIII : Les animaux de Paris Centre : Les béliers du Pont-Notre Dame

 

J'ai récemment consacré un article au Pont-Notre-Dame. J'ai oublié de signaler un détail amusant. Sur les piliers (qui date du XIXe siècle si on a lu attentivement mon article), on peut voir ces surprenantes têtes de bélier.