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samedi 5 octobre 2019

MMXCIX : Le Centre de Paris Hier et aujourd'hui : la Crypte de l'Eglise Saint-Merry


Je possède depuis de nombreuses années cette carte postale de la crypte de l'église Saint-Merry. Elle a été affranchie en 1913 et donc date du début du XXe siècle comme le montre le timbre :



Je n'avais jamais eu l'occasion de visiter cette crypte mais ce manque a été réparé grâce aux journées du Patrimoine et grâce à Twitter puisque c'est grâce à ce réseau social que j'ai appris que le compte @MerryParoisse organisait une visite guidée le 21 septembre à 14h.

Voici donc les photographies que j'ai pu prendre sur place plus de 100 ans après l'envoi de cette carte postale :




Cette "crypte" est vraiment très belle. Elle a plus l'aspect d'un cellier comme on peut en trouver ailleurs dans cette partie du Centre de Paris avec un très beau décor dont cette superbe sculpture qui orne le "cul de lampe" avec un personnage habillé à la mode du XVe siècle :



J'avais déjà visité cette église à plusieurs reprises (mais jamais la crypte) . Je lui ai déjà consacré plusieurs articles par exemple celui consacré au vitrail de Claude Marcel, le prévôt des Marchands en 1570-1572 (article du 4 avril 2011).
 


mercredi 18 octobre 2017

MCMXVIII : Un tableau de Meissonnier qui représente une barricade en juin 1848 rue de la Mortellerie, c'est-à-dire rue de l'Hôtel de Ville

  

Je visite très régulièrement le musée du Louvre et récemment mon attention a été attirée par ce petit tableau  d'Ernest Meissonnier exposé au Salon de 1850/1851. En effet, d'après le cartel, il représente une barricade rue de la Mortellerie en 1848 :


Il est toutefois intéressant de noter qu'en 1848, cette rue ne s'appelait plus la rue de la Mortellerie. En effet, comme je l'ai expliqué dans un article paru en 2014 (article du 21 octobre 2014), cette voie a changé de nom en 1835 car pour certains son nom faisait référence à l'épidémie de choléra qui avait sévi quelques années plus tôt (alors qu'en fait mortellerie faisait référence aux fabricants de mortier).  Elle s'appelle depuis la rue de l'Hôtel de Ville.

Ce changement de nom ne devait pas être complètement passé dans les usages puisque soit le peintre lui-même, soit ceux qui ont exposé ce tableau (soit d'autres encore) ont continué à donner ce com à cette voie au milieu du XIXe siècle. Dans la partie gauche du tableau, on voit des maisons anciennes dont certaines sont encore en partie visibles dans cette rue (mais beaucoup ont été été détruites car cette voie était très longue : elle partait de Saint-Gervais pour se prolonger jusqu'à l'Hôtel de Sens):

Peut-être le peintre a-t-il choisi de continuer à appeler cette voie la rue de la mortellerie en raison du carnage que l'on peut voir au 1er plan avec de nombreux cadavres qui apparaissent parmi les pavés :


 

samedi 8 mars 2014

MCCCLXXXIII : Un tableau de Maximilien Luce qui montre le parvis de Notre-Dame à l'heure de pointe

  

En visitant en décembre 2013 le musée Walraff Richartz de Cologne pour la 2e fois, mon attention a été attirée par ce tableau qui montre un lieu représénté à plusieurs reprises par le peintre Maximilien Luce (1858-1941): Notre Dame et son parvis.

Cette oeuvre date est datée de 1901/1904. Depuis le "dégagement" de la façade de Notre-Dame voulu par Haussmann sous le Second Empire, ce lieu a peu changé. Cependant, on peut remarqué qu'au début du XXe siècle. Les bus étaient remplacés par des omnibus tirés par des chevaux comme le montrent ceux qui apparaissent sur le Petit Pont :

De plus, tout le parvis était occupé par un trafic avec des véhicules et des piétons circuclant en tout sens. Il devait être assez périlleux de se promener à cet endroit :

mercredi 16 janvier 2013

MCCXXIV : Le quai de Gesvres et les cagnards en 1788

  

Le musée Carnavalet est trop peu connu des Parisiens. J'ai décidé de consacrer cet article à un tableau que l'on peut y voir de Pierre-Antoine Demachy (1723-1807) dont le titre est "vue du quai de Gesvres, depuis le Pont-au-Change, au moment de la démolition de ses maisons" (1788). Ce tableau est entré dans les collection de la Ville de Paris en 2005.

 Pour se repérer, voici sur le plan Turgot des années 1730, le point de vue d'où c'est placé le peintre :

 et pour détailler attentivement ce tableau, j'ai placé des numéros afin de pouvoir se repérer :

Le n°1 désigne les maisons de l'île de la Cité situées entre le Pont-au-Change et le Pont Notre-Dame. Elles sont peu visibles sur la photographie en raison du reflet mais elles montrent combien la densité urbaine était forte en plein cœur de Paris.

 Le n°1 désigne les maisons de l'île de la Cité situées entre le Pont-au-Change et le Pont Notre-Dame. Elles sont peu visibles sur la photographie en raison du reflet mais elles montrent combien la densité urbaine était forte en plein cœur de Paris. Tout cet espace urbain a été modifié sous Napoléon III, à l'époque du préfet Haussmann, qui a ordonné à cet endroit la construction du tribunal de commerce.

 Le n°2 désigne le Pont-au-Change au moment de la destruction des maisons (qui avait été ordonnée en 1786). 


 J'ai consacré à un article paru le 3 octobre 2012 à deux tableaux d'Hubert Robert qui montrent la démolition des maisons de ce pont.

On reconnaît la silhouette de l'actuelle "tour Saint-Jacques" puisque le reste de l'église a été détruit une dizaine d'années plus tard sous le Directoire. 

Le n°4 désigne ce qui a le plus retenu mon attention dans ce tableau de P.-A. Demachy : l'aspect du quai de Gesvres :

Les voûtes que l'on peut voir en bord de Seine sur la rive droite ont été construites en 1642 par la volonté du marquis de Gesvres. Il s'agit des fameux cagnards, ces galeries couvertes en bord de Seine qui étaient des lieux où on pouvait se promener dans la journée mais qui étaient des lieux de brigandage la nuit. Je renvoie à l'article que j'avais publié le 25 juillet 2009 à propos de la station Châtelet. J'y expliquai comment une de ces galeries avait été redécouverte lors de la construction de la ligne 7 dans les années 1920.



Le n°5 désigne la partie Nord du pont Notre-Dame. On y voit une construction :

Il s'agit d'une des pompes dont le but était de prélever l'eau de la Seine pour la consommation des Parisiens. La "tour" servait de château d'eau pour permettre une pression suffisante afin d'alimenter les fontaines de la ville. Paris connaissait encore au XVIIIe siècle de grands problèmes d'adduction d'eau et donc les habitants devaient se contenter d'une eau de piètre qualité (d'où la consommation massive de vins et de bières). Cette pompe était mentionné sur le plan Turgot :  

Le n°6 désigne le Pont Notre-Dame lui même : 

On voit que sur ce pont, les maisons avaient déjà été détruites. Hubert Robert a aussi peint les travaux de la "déconstruction" qui avait eu lieu quelques années plus tôt. Ce pont a été complètement reconstruit sous Napoléon III puis considérablement modifié en 1912 (voir mon article du 19 mai 2009). En regardant ce détail du tableau, on comprend pourquoi la circulation sur la Seine était périlleuse dans Paris tant il était compliqué de passer sous les ponts.

 Le n°7 désigne à l'arrière-plan à droite deux édifices à l'horizon :  

 
A gauche, on voit une tour avec un drapeau. Il s'agit  du beffroi de l'Hôtel de Ville qui est au même emplacement aujourd'hui même s'il a été reconstruit au XIXe siècle. Juste derrière on aperçoit une volume rectangulaire. Il s'agit de l'église Saint-Jean-en-Grève. La destruction de cette église a elle aussi été ordonnée en 1797 sous le Directoire. 
A droite, on peut voir une autre autre église. On reconnaît sans difficulté la façade classique et la tour de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais qui, elle, a échappé à la démolition. La tour est masquée par des échafaudages sur la photo ci-dessous tout à droite.

mardi 9 octobre 2012

MCLXX : Paris Centre hier et aujourd'hui : la rue Saint-Antoine et l'Hôtel de Mayenne au début du XXe siècle

Voici un nouvel article de la série consacrée aux cartes postales anciennes de Paris Centre. Il s'agit d'une vue de la rue Saint-Antoine à la hauteur de l'Hôtel de Mayenne (l'école des Francs Bourgeois). Je n'arrive pas à dater précisément cette carte car le cachet de la poste n'est pas lisible :

Cependant le tarif pour une carte postale (5 centimes) et l'absence d'automobiles, laisse penser que cette vue date d'avant la Première guerre mondiale.

Cet endroit a beaucoup changé ces derniers mois avec la suppression de la partie centrale qui avait été ajoutée au XIXe siècle : 

Une vue qui date du 8 mars 2010 (le début des travaux)

J'ai pris plusieurs vues qui montrent la disparition progressive de la partie centrale. En voici un exemple : 

 
Une vue prise le 24 octobre 2010

et pour finir, une photographie prise quelques jours après la disparition des échafaudages : 

Une vue prise le 10 août 2012

La fin des travaux a donné lieu le mois dernier (le 27 septembre) à une inauguration officielle lors de laquelle étaient présents Christophe Girard (le maire du 4e), Dominique Bertinotti (la maire du 4e jusqu'en juillet 2012 et la ministre déléguée à la famille depuis mai 2012) et Vincent Roger (conseiller de Paris et conseiller régional).

Pour en revenir à la carte postale, on peut noter plusieurs détails intéressants.

Tout d'abord, les parties supérieures des bâtiments situés à gauche de l'Hôtel de Mayenne ont fort peu changé : 

Je n'ai pas réussi à prendre exactement le même angle car la carte postale est une vue prise depuis un des étages d'un immeuble situé en face (côté pair). On notera cependant qu'au balcon tout à droite à il y avait une publicité pour un photographe... qui a disparu depuis.

On observe cependant plusieurs changements. Le kiosque a journaux étaient plus à droite et il avait un aspect bien différent : 

De plus, au rez-de-chaussée de l'Hôtel de Mayenne, on ne trouve plus qu'un seul commerce sur la rue : une pharmacie (où je me suis d'ailleurs rendu il y a peu de temps). Or à l'époque, dans la partie droite de l'Hôtel de Mayenne, on trouvait une épicerie :

A gauche du portail principal, on trouvait une banque qui a disparu et encore plus à gauche, toujours dans le rez-de-chaussée de l'Hôtel de Mayenne, un commerce qui peut paraître surprenant existait :

On sait grâce à un tweet où l'actuel maire du 4e a acheté un de ses slips. A l'époque s'il y avait eu Internet, on aurait peut-être pu apprendre que la Madame la femme du maire se fournissait dans ce lieu pour garder une taille galbée... Va savoir !

samedi 5 mai 2012

MXCII : Paris Centre Hier et Aujourd'hui : la vue sur les îles depuis le quai de l'Hôtel de Ville dans les années 1880 et aujourd'hui

  

Stanislas Lépine, Quai de l'Hôtel de Ville et marché aux fleurs, vers 1884-1888, 112,5x 168,5cm, Musée d'Art d'Hiroshima.

Lors de mon voyage au Japon en février/mars 2012, je suis allé visiter le musée Bridgestone de Tokyo où est présentée la collection Ishibashi. En faisant un tour dans la librairie du musée, j'ai appris qu'une exposition qui avait pour thème "Image of the Seine. Impressionists and Japanese painters" s'était tenue en 2010 dans ce musée puis au musée d'art d'Hiroshima. Dans le catalogue , en page 54, j'ai eu le plaisir de découvrir ce tableau de Stanislas Lépine.

En observant ce tableau, on peut voir au 1er plan le marché aux pommes qui se situait à l'emplacement de l'actuel "square de l'Hôtel de Ville" et donc en contrebas de l'Hôtel de Ville.

Voici une photographie prise au début du XXe siècle qui montre ce marché aux pommes :

 
Je suis allé sur place car je n'avais pas une vue qui montrait exactement le même angle avec à la fois la pointe Ouest de l'ïle Saint-Louis, le dôme du Panthéon à l'arrière-plan et la partie Est de l'ïle de la Cité avec la cathédrale Notre-Dame. Comme je tenais un bureau de vote le dimanche 22 avril, j'ai profité du fait que j'avais un temps libre à 8h30 pour aller faire la photographie alors qu'il faisait un beau soleil. J'ai dû faire un montage de deux clichés car en raison des arbres je n'ai pas pu prendre davantage de recul. Voilà donc le résultat et je republie le tableau en dessous pour faciliter la comparaison visuelle entre 2012 et les années 1880 :
On peut voir que le paysage a subi quelques changements... Dans la partie gauche du tableau, on voit à la pointe de l'île Saint-Louis un des nombreux bateaux lavoirs qui flottaient sur la Seine : 
 
A part, cela, l'île n'a pas changé radicalement depuis :
Il y a seulement un arbre en plus à l’extrémité de la pointe.

Au centre du tableau, si le dôme du Panthéon n'a pas changé, par contre les immeubles situés à la pointe Est de l'île de la Cité étaient beaucoup plus bas que les bâtiments actuels. Celui situé tout à droite du détail du tableau ci-dessous est celui qui est aujourd'hui devenu le plus bas dans la photographie prise en 2012 :

 
Du coup, depuis cette partie du square de l'Hôtel de Ville on ne voit plus le chevet de Notre-Dame et on voit moins les arbres de ce qui est devenu le square Jean XXIII. Par contre, la partie la plus à gauche du tableau montre les immeubles du quai aux fleurs qui n'on pas beaucoup changé depuis la fin du XIXe siècle :
On observe des petits changements mais on se rend compte que dans cette partie de l'île de la Cité, la silhouette des immeubles reste la même. On voit par contre une fausse tourelle médiévale qui n'est pas représentée sur le tableau des années 1880.

Stanislas Lépine aimait, semble-t-il, bien peindre dans cette partie de Paris puisque j'avais déjà publié un autre tableau de lui dans un article du 23 septembre 2009. Il montrait depuis le quai de Gesvres la vue vers l'Ouest en direction du Palais de Justice et du Pont Notre-Dame.


 

dimanche 29 avril 2012

MLXXXIX : une gravure représentant l'île Louvier en 1736, une île qui a disparu au XIXe siècle

 

L'été dernier, lors de l'exposition consacrée à "Paris sur Seine" qui était présentée à l'Hôtel de Ville, j'ai été content de pouvoir observer cette gravure qui représente l'île Louvier, qui se trouvait dans l'actuel 4e arrondissement et qui a disparu sous la Monarchie de Juillet quand elle a été rattachée à la rive droite (l'île était située entre le boulevard Morland et le quai Henri IV).

 La gravure date de 1736 ce qui est intéressant car on peut se repérer grâce au plan Turgot qui a été fait dans les années 1730. Voici approximativement le champ de vision de cette grave sur le plan :


 Au 1er plan, la gravure montre  elle montre que l'île Louvier servait à stocker du bois de chauffage. Ce bois était transportée par flottage depuis les forêts situées en amont de la Seine et de ses affluents.

On voit sur la droite de la gravure que l'île était reliée à la terre ferme par un petit pont en bois :

D'après le plan Turgot, ce pont aujourd'hui disparu (puisque l'île a été rattachée à la rive droite) portait le nom de "Pont de Grammont":

A l'arrière-plan, on peut voir plusieurs édifices intéressants :

- tout à gauche, on voit la façade des deux hôtels particuliers de la pointe Est de l'Ile Saint-Louis :l l'Hôtel de Bretonvilliers (1) et l'Hôtel Lambert (2) :

On se repère mieux grâce au plan Turgot :

L'Hôtel de Bretonvilliers a disparu mais ce n'est pas le cas de l'Hôtel Lambert dont on reconnait sur la gravure l’extrémité en arrondie de la galerie d'Hercule. :

A l'arrière-plan, au centre de la gravure, on reconnaît très bien la silhouette de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais :


 celle-ci était située relativement loin :

Dans le même axe, en regardant de près, on peut aussi remarquer la présence d'un pont avec des maisons. Il s'agit du Pont-Marie :

On voit mieux en regardant de près :

On ne le voit pas sur la gravure (certainement car la partie sud du Pont est masquée) mais une partie des maisons de ce pont avaient été emportées par la crûe de 1679 (et jamais reconstruites) comme on le voit sur le plan Turgot :

Il a fallu attendre 1788 pour que les maisons qui avaient subsisté soient détruites (voir mon article du 7 mai 2008).