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samedi 6 juin 2026

MMCMIX : Paris Centre dans les anciennes assiettes (3e épisode) : quand on pouvait traverser à pied sous un arche de l'Hôtel de Ville

 

Voici un nouvel article de la série consacrée aux assiettes qui représentent Paris*, et en particulier Paris Centre. Il s'agit d'une production qui date de 1806 et qui a été faite par la manufacture de Montereau. Sur celle-ci on peut voir l'Hôtel de Ville de Paris.



Cette vue est très intéressante car elle montre l'Hôtel de ville tel qu'il a été achevé au début du XVIIe siècle et avant sa reconstruction sous Louis-Philippe, puis à nouveau, après l'incendie de la Commune, sous la IIIe République.

On observe tout à droite la "maison aux piliers" :

C'est dans une maison aux piliers qu'habitait Etienne Marcel au milieu du XIVe siècle quand il a décidé d'installer le siège de la municipalité parisienne sur la place de Grève (l'actuelle place de l'Hôtel de Ville). Il n'est pas sûr pas certain que ces maisons datent du XIVe siècle mais en tout cas, il est intéressant de voir que l'on trouvait encore une maison avec des piliers au début du XIXe siècle.

L'autre détail intéressant est l'arche situé juste à côté : 

On voir qu'il y avait un passage ouvert. 

On peut voir ce même passage sur cette vue qui date certainement de la même époque :

On voit des personnages s'engager dans ce passage :


 Une carte de l'époque permet de comprendre qu'il s'agit d'un moyen de se rendre vers la partie Est de l'Hôtel de Ville en passant sous cette arche. Ici un plan Charles Piquet de 1812 :

En traversant ce passage, on arrivait rue du Martrois. Tout cet espace a été intégré à l'Hôtel de Ville quand il a été considérablement agrandi dans les années 1830.

Il est intéressant d'observer que, malgré les différentes reconstruction, la façade de l'Hôtel de ville garde la trace de cet ancien passage avec cette porte située à droite du pavillon central :


 * article précédents :

- la colonnade du Louvre (28 juin 2023) 

-  la fontaine du Châtelet (10 mars 2025)

dimanche 30 mars 2025

MMDCCLXXXVIII : L'Hôtel de Ville aux couleurs d'un des plus anciens Etats européens et avec lequel la France n'a jamais été en guerre



En passant devant l'Hôtel de Ville de Paris ce dimanche, on peut apercevoir - malgré les travaux de la place - que la façade est pavoisée comme cela arrive régulièrement quand des chefs d'Etat sont en visite à Paris. Cette fois-ci c'est le Danemark qui est à l'honneur.

Le roi Frederik X de Danemark sera en visite d'Etat en France du 31 mars au 2 avril 2005. Voilà l'occasion de rappeler que ce -relativement - petit Etat du nord de l'Europe (42 000 Km²) est une des plus vieilles nations européennes puisque son histoire remonte au VIIIe siècle à une époque où les Vikings étaient de grands navigateurs, explorateurs, commerçants et guerriers. Dans la première moitié du XIe siècle, Knut le grand a régné sur un immense empire qui s'étendait tout autour de la mer du Nord.

Alors que le Danemark est ainsi tout comme la France un des plus vieux Etats européens, ils n'ont jamais été en guerre ce qui - cela avait été souligné par François Mitterrand en 1992 - est en soi assez extraordinaire puisque la France a été en guerre au cours de son histoire avec presque tous les pays du continent. En ces temps où des chefaillons populiste ont tendance à vouloir faire table rase du passé, il est bon de rappeler ce long passé de paix entre les deux États.

Le roi Frédéric X est en lui-même un symbole de l'amitié franco-danoise puisqu'il est le fils la reine Marghrete II (qui a régné de 1972 à 2024) et d'Henri de Laborde de Montpezat (1934-2018) issus d'une famille béarnaise.

 

 

lundi 26 août 2024

MMDCCXLIV : Sur les traces du Port Saint Nicolas


 Les salons de l'Hôtel de Ville sont décorés par plusieurs vues de Paris et de l'ancien département de la Seine. L'une m'a particulièrement intéressé car elle représenté un lieu disparu de Paris aujourd'hui : le Port Saint-Nicolas, une peinture que l'on peut voir dans le salon des Arts qui fait partie des Salons d'Honneur de l'Hôtel de Ville.


 Ce tableau est une oeuvre de Charles Laspoter (né à Velars-sur-Ouche [Côte d'Or] le 26 septembre 1824 et mort à Domène [Isère] le 24 juillet 1890). Le musée du Petit Palais possède une esquisse de cette oeuvre :

A l'arrière plan du tableau on reconnait à gauche les tours de Notre-Dame et à droite le dôme de l'Institut. Le port Saint-Nicolas était situé sur la rive droite le long de la grande galerie du Louvre. On le voit sur le plan Turgot des années 1730 :

Il porte le nom d'une petite église construite après le XIIe siècle et qui avait pour saint Patron, Nicolas :

Cette chapelle était minuscule. Sa fondation datait de 1217. Elle apparaît sur le plan Delagrive de 1735 :

 On trouve une représentation intéressante du port Saint-Nicolas sur le plan Gomboust de 1652 :

On peut aussi avoir grâce à ce plan une idée de l'aspect de l'église Saint-Nicolas :


L'église Saint-Nicolas a été détruite dans les années 1780.

Quant au port, il est resté actif jusque dans la première moitié du XXe siècle. On le voit à l'arrière-plan sur cette carte postale de 1908 :


vendredi 9 février 2024

MMDCLXXVI : Les plafonds des Salons des Arcades de l'Hôtel de Ville

  

Les salons des Arcades de l'Hôtel de Ville sont les superbes espaces qui sont situés au 1er étage du côté du quai sur la Seine. On y trouve un superbe décor peint.

Dans le 1er salon (celui le plus à l'Ouest) appelé le salon des Lettres, on peut voir au plafond "Les Muses Parisiennes" (vers 1894). Il s'agit d'une œuvre de Jules Lefebvre (né à Tournan-en-Brie le 14 mars 1834 et mort à Paris le 24 février 1912)  :

puis dans la partie centrale, le salon des Arts est le plus vaste :

On peut y voir au centre "Le triomphe des Arts" (1894) par Léon Bonnat (né à Bayonne le 20 juin 1933 et mort à Monchy-Saint-Eloi le 8 septembre 1922). "L'art est représenté sous la forme d'un jeune homme chevauchant le grand cheval de gloire de Victor Hugo'* :

dans la partie qui représente la base, on peut voir l'ignorance et la barbarie :

Sur le côté du salon des Arts, on peut voir cet autre décor peint :

Enfin, dans la partie la plus, à l'Est, on peut voir le Salon des Sciences :

La peinture centrale représenté "L'apothéose des Sciences" par Paul-Albert Besnard (né le 2 juin 1849 et mort le 4 décembre 1934 à Paris)  :




* in L'Hôtel de Ville de Paris (textes d'Alain Peyrefitte et photographies de François Bilal, 1985



 


mercredi 31 janvier 2024

MMDCLXXIII : Retour à l'Hôtel de Ville pour les Voeux de Pierre-Yves Bournazel

  

Hier soir à l'Hôtel de Ville d,e Paris avaient lieu les Vœux du co-président "Groupe Indépendants et Progressistes" du conseil de Paris. J'ai été très content d'y assister car dans les mois qui ont précédé la campagne municipale de 2020 j'ai participé à la campagne du Président de ce groupe, Pierre-Yves Bournazel et j'ai vraiment été très heureux d'y retrouver de nombreux ami(e)s. "PYB" a prononcé, avec une très belle pugnacité, un discours dans lequel il a rappelé sa volonté de construire un projet d'alternative à Paris fondé sur l'amour de la Ville et de ses habitants. Le public était nombreux. On comptait environ 500 personnes dans les magnifiques salons des arcades (le salons des Lettres, celui des Arts et celui des Sciences).

Sur l'estrade, parmi les élus autour de Pierre-Yves Bournazel, on pouvait voir pour la première fois Martine Figueroa, membre depuis ce mois de Janvier 2024 du Conseil de secteur de Paris Centre, ce qui m'a énormément fait plaisir. Elle est tout à gauche sur la photo ci-dessous.

Ce blog s'appelle L'Indépendant du Coeur de Paris- et il a été précédé par L'Indépendant du 4e de 2008 à 2018-. Je ne pouvais donc pas être absent de ces vœux du co-président du groupe "Indépendants et Progressistes". Je suis désormais hors de tout parti politique mais j'observe toujours avec sympathie et bienveillance cette ambition que Pierre-Yves Bournazel porte devenir maire de Paris ce qui contrairement à d'autres est  la seule mission à laquelle il aspire.

Je le remercie chaleureusement de m'avoir invité car j'ai aussi pu en profiter pour refaire de nombreuses photographies des superbes décors de l'Hôtel de Ville comme on pourra s'en rendre compte dans de prochains articles puisque cet édifice est un des plus superbes monuments du centre de Paris.

mardi 12 décembre 2023

MMDCLI : Les anges de Paris Centre : les anges du socle de la statue de Louis XIV qui ornaient jadis l'Hôtel de Ville de Paris

 

Voici deux nouveaux anges de la série qui leur est consacrés sur ce blog. L'un a des traits masculins, l'autre féminins :


Ils ornent le socle de la statue de Louis XIV que l'on peut voir dans la cour d'entrée du musée Carnavalet et à laquelle j'ai consacré un article en juillet 2009. Même si on ne les voit pas au premier coup d'oeil :

En effet, les anges sont sur les plaques en bronze situées de part et d'autre de la statue :

Le bas-relief à la droite du roi représente un thème plutôt consensuel :

Il s'agit en effet de la Charité. L'ange donne du pain à la population.

Cependant l'autre bas-relief, celui situé à la gauche du roi est à la fois plus intéressant et représente une décision controversée de Louis XIV. En effet, la statue et le socle ont été dévoilés le 14 juillet 1689. Or, la scène représente un moment important survenu quatre ans plus tôt : la Révocation de l'Edit de Nantes:

L'ange fond donc avec la foudre sur un un personnage au sol qui représente l'hérésie protestante :

A droite, sur le côté, se tient la religion catholique triomphante :

 Un témoignage d'une décision qui n'a certainement pas été la plus inspirée qu'ait prise le Roi-Soleil. Au nom de l'unité de son royaume, celui-ci a conduit une partie de la partie la plus industrieuse de la population a prendre le chemin de l'exil. Cela nous rappelle que la France a connu il n'y a pas si longtemps que cela les ténèbres de l'intolérance religieuse.

Ces superbes bas-reliefs, tout comme la statue, sont une oeuvre d'Antoine Coysevox (1640-1720). Voir la fiche sur le site du Musée Carnavalet.


 




samedi 8 avril 2023

MMDLXII : La Salamandre de François Ier qui ornait le porche central de l'Hôtel de ville dans un square du 3e arrondissement

  

Voici un vestige qui concerne un édifice dont l'Histoire m'intéresse depuis fort longtemps : l'Hôtel de Ville de Paris. Il s'agit en effet de la partie centrale du porche de la façade Renaissance qui avait été commencée sous François Ier et dont la 1ère pierre a été posée le 15 juillet 1533 à l'époque où Pierre de Viole était prévôt des Marchands (voir article du 15 octobre 2011). On peut voir la localisation de ce porche sur cette peinture que l'on peut voir au Musée Carnavalet et qui représente l'Hôtel de Ville vers 1640 :

 On peut y voir quatre versions de l'animal choisit par François Ier : la Salamandre :

D'après les croyances du bestiaire médiéval, ce reptile avait la réputation de se nourrir du feu tout en l'éteignant (indiquant la prétention du roi François Ier de mener la guerre et d'être capable d'y mettre fin). D'où la devise latine de François "Nutrisco et extinguo".

Le chiffre du roi est aussi représenté :

Il s'agit ici d'un des rares vestiges du règne de François Ier dans Paris. Il avait été préservé lors de l'agrandissement de l'Hôtel de Ville sous Louis-Philippe dans les années 1830 mais il a été victime de l'incendie survenu à la fin de la Commune de Paris pendant la Semaine sanglante en mai 1871. C'est à cette époque que ce porche a été déposé. On peut le voir aujourd'hui dans le square Léopold Achille situé rue du Parc Royal dans le 3e arrondissement et donc derrière le Musée Carnavalet.

De manière un peu surprenante, ce porche au passé si prestigieux sert d'abris pour les bacs à poubelles :

On peut apercevoir ce porche depuis la rue Payenne en longeant le square :

vendredi 31 mars 2023

MMDLVIII : Les animaux de Paris Centre : Les quatre lions de la façade de l'Hôtel de Ville, rue de Lobau, oeuvres de deux grands sculpteurs animalieurs


Aux deux entrées de lHôtel de ville rue de Lobau, on peut observer quatre lions qui protègent les portails :


 Ces lions sont très semblables, cependant si on les regarde de près, ils ne sont pas complètement similaires. On peut même remarquer qu'ils sont les oeuvres de deux sculpteurs différents.

Les deux lions du 3 rue Lobau sont signés à leur base Henri-Alfred Jacquemart :


et ceux du 5 rue de Lobau sont d'Auguste Cain :


Ces deux sculpteurs ont eu des carrières assez proches. L'un et l'autre sont nés à Paris : Jacquemart le 15 février 1824 et et Auguste Cain le 10 novembre 1821. Ils sont tous les deux morts à Paris, Jacquemart le 4 janvier 1896 et Cain le 6 août 1894.

Ces quatre lions protègent la façade où figure la statue d'un autre grand sculpteur animalier : Louis-Antoine Barye qui lui aussi est représenté avec un lion à ses pieds. Voir mon article du 19 novembre 2008.