dimanche 9 août 2009

CDLXVI : La mairie du 4e : une mairie d'arrondissement impériale...

 

La mairie du 4e arrondissement a été bâtie sous Napoléon III. En effet, c'est en 1860 que la carte de Paris a été profondément transformée avec les annexions décidées par le préfet Haussmann : les contours du 4e arrondissement n'ont pas changé depuis. De plus, sous Napoléon III, ce quartier a été profondément réaménagé puisque la rue de Rivoli a été prolongée à cette époque.

Il est surprenant cependant de se rendre compte que malgré la proclamation de la République en 1870, à peine 3 ans après l'inauguration de notre mairie, la plaque qui rappelle la construction décidée par l'empereur et surtout les chiffres de Napoléon III (N et B entrelacés pour Napoléon et Bonaparte) apparaissent toujours dans la cour. La mairie du 4e arrondissement, contrairement à l'Hôtel de ville tout proche, a échappé à la destruction des Communards. 

Si on regarde bien le chiffre de Napoléon III qui apparaît sur la photo en haut de cet article on voit que le N.B. de Napoléon III est entrelacé avec un E... pour rappeler le prénom de l'impératrice Eugénie de Montijo.

La mairie du 4e arrondissement a subi quelques destructions lors de la Commune de Paris c'est pourquoi la plupart des décors intérieurs datent des années 1880.
 

vendredi 7 août 2009

CDLXIV : Le tribunal de commerce : une surprenant façade... par volonté de l'Empereur Napoléon III

  

Le tribunal de commerce a une surprenante façade car le dôme qui le surmonte n'est pas centré.. Depuis la Seine, il semble décentré vers la droite. Il faut vraiment chercher pour masquer ce déséquilibre. On peut le faire grâce aux arbres situés sur les quais : 

 Pour le comprendre, il faut savoir que ce bâtiment a été construit sur ordre de Napoléon III.

L'architecte Nicolas-Louis Bailly (1810-1892) proposa les plans du bâtiment en 1858. Le préfet Haussmann tenait à ce que le bâtiment soit monumental car il était dans l'axe du boulevard Sébastopol.

L'Empereur avait exigé que ce bâtiment soit surmonté d'un dôme semblable à celui de l'Hôtel de Ville de Brescia... qui n'a pas de dôme !

Quand Napoléon III inaugura le bâtiment le 26 décembre 1865... Il ne reconnut pas du tout son modèle. "Des changements trop importants avaient été apportés". Il en marqua son mécontentement au préfet de la Seine et l'architecte tomba quelques temps en disgrâce. Comme quoi servir un chef d'Etat touche-à-tout, pas très cultivé et caractériel, ce n'est pas forcément une bonne idée !

L'Empereur a quand même accepté que l'aigle domine la façade : 

L'effet voulu est finalement assez réussi puisqu'en 1996, quand je me suis installé à Paris, une amie japonaise qui me rendait visite et qui traversait le boulevard Sébastotpol à la hauteur de la rue Lareynie a été impressionnée par ce bâtiment. Elle voulait aller jusqu'à la Seine pour le voir.  Il a fallu que je lui explique en anglais que c'était juste le tribunal de commerce.

Source : Fabien OPPERMANN, "Le tribunal de commerce", in Autour de Notre-Dame, Action artistique de la Ville de Paris, 2003, pages 269 à 271.

 

jeudi 6 août 2009

CDLXIII : Hôtel de Fieubet : une aile dans un goût très "baroque" qui date de Napoléon III

  

A l'angle entre le quai des Célestins et la rue du Petit-Musc, l'Hôtel de Fieubet présente une aile au goût incroyablement baroque qui tranche avec le style plus "classique" du reste de l'Hôtel. On peut s'en convaincre en le longeant par la rue du Petit-Musc : 


 Cette aile présente un décor incroyablement surchargé avec des "atlantes" : 


 des mascarons avec des figures féminines... 

un lion...

et même un soleil dans les demi-lunes qui surmontent les fenêtres supérieures : 

Ce décor ne date pas du XVIIe. En effet, il est dû en grande partie au XIXe siècle. Il semble que des travaux avaient été entrepris dès l'époque de Napoléon Ier comme on peut le voir dans un détail de la façade :

Il est écrit Boula de Mareuil de Colombier d'Orvil de 1813 à 1816.

L'origine est en fait beaucoup plus récente. En effet, dans le guide de Danièle CHADYCH, Le Marais, éditions Parigramme, page 196 on peut lire :

"En 1857, le comte Pierre-Marie-Joseph-Adrien de La Valette, homme d'affaires, financier, créateur du journal L'Assemblée nationale, acquit cet hôtel particulier. Il le fit transformer par l'architecte Jules Gros, élève de Labrouste, qui ajouta une profusion d'ornements, des cariatides, des statues, des balustrades et couronna l'édifice d'un lanternon. En 1865, faute d'argent, les travaux furent suspendus."

Cette aile de l'Hôtel de Fieubet n'est donc pas caractéristique du "vrai" baroque. Elle reflète tout le bon goût et la sobriété du style à la mode pendant le règne de Napoléon III (1852-1870).

mercredi 5 août 2009

CDLXII : Un hall d'immeuble Napoléon III rue de Rivoli

Rue de de Rivoli, dans le quartier Saint-Merri, côté impair (si on réfléchit bien ça limite les possibilités), au hasard des halls d'immeuble on peut découvrir cet intéressant décor Napoléon III. Un remake de l'école de Fontainebleau à la sauce XIXe siècle... C'est un peu chargé mais c'était le style de l' époque.

 Cela nous rappelle que la rue de Rivoli (commencée par Napoléon Ier avec le tronçon compris entre la place de la Concorde et le Palais royal) a été prolongée après 1850 par le Baron Haussmann pour aller jusqu'à la rue Saint-Antoine. Cela a profondément changé la configuration du 4e arrondissement qui  n'est devenu le 4e arrondissement qu'en 1860.

lundi 3 août 2009

CDLX : Un autre bâtiment Belle époque : le 64 rue de la Verrerie

  

Voici la fenêtre d'un immeuble qui  montre une forte influence de l' "art nouveau". Elle est un élément de la façade de l'immeuble situé au 64, rue de la Verrerie (Paris 4e).


 Comme cela est écrit sur la façade, cet immeuble date de 1907 et le nom de l'architecte Masson y figure*.

Tout comme l'immeuble situé au 21, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie (voir article du 6 novembre 2008), il s'agit d'un immeuble en partie de style Art nouveau et il s'inspire de motifs végétaux. Cependant, comme il est un peu plus tardif on sent poindre une nouvelle tendance : le style art déco qui se caractérise par le retour de lignes géométriques plus classiques (voir par exemple les consoles triglyphes, les frontons et les demi-lunes au-dessus des portes).

De plus, le linteau de la porte principale correspond lui à un décor rococo qui rappelle plutôt le XVIIIe siècle : 


L'ensemble est donc assez composite, mais je trouve cette façade assez réussie !

* P.S. : En republiant cet article, je peux donner plus d'information :  La propriétare de l'immeuble était Mme Lemaire, 77 boulevard Malesherbes ; Le cabinet d'archictecte : A. et G. Masson, 23 rue Galvani et le permis de construire a été déposé le 12 mars 1907.

 

 

dimanche 2 août 2009

CDLIX : Les statues de l'Hôtel de ville (46e volet) : Wilhem par Félix Richard

  

Voici le 46e volet de la série consacrée aux statues de l'Hôtel de ville. Elle concerne un personnage, qui tout comme Bachelier auquel j'ai consacré un article il y a peu, dont la statue est peu visible puisqu'elle est située au 2e étage côté rue de Rivoli dans le renfoncement créé par le pavillon qui, de l'autre côté, donne sur la place de l'Hôtel de ville : 

Louis Bocquillon dit Wilhem est aujourd'hui un oublié de l'Histoire (il n'a pas encore eu droit à son article sur wikipédia*...), cependant contrairement à Bachelier il a au moins la chance que les dates de sa naissance et de sa mort indiquées au-dessus de sa statue soient exactes ! Il est né à Paris le 17 décembre 1781 et il est mort le 26 avril 1842.

Louis Bocquillon dit Wilhem est un des pères de l'enseignement de la musique et du chant en France. Après être devenu en 1810 professeur de chant au lycée Napoléon, il a par la suite été chargé de cet enseignement pour la Ville de Paris en 1820.

La rue Wilhem est située dans le 16e arrondissement depuis un décret du 24 août 1864

* cela n'est plus le cas en février 2021 :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Wilhem

 La statue est une oeuvre de Félix Richard né à Vannes (ou à Nantes) en 1842 et mort à Nantes le 26 juillet 1881 (information trouvée par @Stefdesvosges en juillet 2022)   On lui devait la statue "Le Harponneur" qui avait été installé dans le square du Temple en 1882 et a été fondu en 1942.

 

samedi 1 août 2009

CDLVIII : Tout ce qu'il faut savoir sur les Space Invaders

  

J'ai déjà consacré un article (le 8 novembre 2008) à ces surprenantes créations en céramique qui apparaissent sur les murs notamment de Paris Centre. 


 Grâce à l'affiche "sauvage" photographiée ci-dessous, j'ai appris qu'il y avait un site qui recensait tous les "space invaders" du monde entier... ce qui finalement ne fait qu’accroître ma perplexité à propos de ce projet.

On peut même voir une vidéo de la pause du 763e "space invader" de Paris avec arrestation finale par la police...

 

vendredi 31 juillet 2009

CDLVII : Sur l'île Saint-Louis, les vestiges d'un des derniers jeux de paume

 

Sur l'île Saint-Louis, au 54 rue Saint-Louis-en-l'ïle on trouve une des dernières salles de jeu de paume.

Grâce au N°99 de la revue de Paris historique du 1er semestre 2009, on peut apprendre que cette salle date de 1634. Elle tombait en ruines. En 1986, elle a été réhabilitée par l'architecte G. Prache.

Le hall d'entrée, les ferronneries et la superbe charpente en châtaignier ont été sauvegardés.


 On y trouve aujourd'hui un hôtel quatre étoiles.

 

jeudi 30 juillet 2009

CDLVI : Fontaine Wallace (3) : la fontaine de l'allée des justes.

 

Voici une autre fontaine Wallace que l'on peut voir dans le 4e arrondissement. Je renvoie à l'article que j'ai écrit à propos de la fontaine située au début de la rue de Rivoli (article du 15 mai 2009).

Cette fontaine est située juste à côté du Mémorial. On peut y voir les vitrines de la librairie consacrée à la Shoah et aux autres génocides du XXe siècle. Une adresse à connaître pour ceux qui s'intéressant à la question : 

Pour continuer la série sur les fontaines, voici un détail de la petite coupole qui surmonte cette fontaine  :


samedi 25 juillet 2009

CDLI : Station Châtelet / Pont-au-change de la ligne 7 : la voûte la plus ancienne du métro parisien

    

En haut à droite la voûte construite au XVIIe siècle

Les quais de la ligne 7 de la station Châtelet-Pont-au-change sont situés dans le 4e arrondissement. Ils sont en effet sous l'avenue Victoria (sur cette voie, voir l'article du 8 mars 2009).

Cependant, cette station présente un grand intérêt car la partie orientale de la voûte, comme cela est annoncé par un cartel situé sur le quai, est très ancienne . La photographie ci-dessus permet en effet de voir (en haut à droite) un ouvrage ancien qui date du XVIIe siècle. Il a été redécouvert au moment du percement de la ligne 7 dans les années 1920 du XXe siècle.

En effet, cette voûte a été édifiée sous le règne de Louis XIII. Un terrain situé entre le pont Notre-Dame (voir article du 19 mai 2009) et le pont au change (article du 15 avril 2009) avait été cédé au marquis de Gesvres en 1642 en échange de la construction d'un quai reposant sur une série d'arcades. Dans la partie souterraine, on installa une galerie, appelée le "canal des cagnards" qui servit de lieu de promenade de jour mais qui était surtout fréquenté par les brigands la nuit. 

Si on lit le panneau informatif que l'on trouve sur le quai en direction de La Courneuve, on apprend que la voûte que l'on peut voir dans la station était un tronçon du "tunnel des cagnards" un égout dont les eaux usées se déversaient au niveau de ces arcades construites au XVIIe siècle :

 Très rapidement, ces lieux devinrent un repaire mal famé. En 1860, ces cagnards (les voûtes construites à l'avant d'un port) furent bouchées par des murs de maçonnerie. Un aspect parmi tant d'autres de la volonté de faire régner l'ordre du préfet Haussmann répondant ainsi aux souhaits de l'empereur Napoléon III.

Ce n'est que vers 1921, au moment du percement des tunnels pour la ligne Ivry-Villette que ces voûtes furent redécouvertes. Elles furent soigneusement conservées grâce à la vigilance de la Commission du Vieux Paris.

Une passerelle a été construite à l'extrêmité des quais pour pouvoir admirer cette voûte fort ancienne. On peut passer à cet endroit tous les jours sans se rendre compte de l'antiquité du lieu.

 
Une vue de la passerelle située à l'extrémité des deux quais de la ligne 7
 
Cette vue prise sur la voie Georges Pompidou correspond à l'accès extérieur de ces galeries construites au XVIIe siècle.

Sur la question : voir le livre de Rodolphe TROUILLEUX (texte) et Jacques LEBAR (photographies), Paris secret et insolite, Parigramme, 1996/2006.