mercredi 17 janvier 2024

MMDCLXVI : Des photos de la piscine de la rue de Pontoise : la rédécouverte d'une merveille du style Art Déco

 

Lundi 15 janvier 2024, j'ai eu le plaisir de retourner nager dans ma piscine préférée de Paris : celle de la rue de Pontoise dans le 5e arrondissement. Après plusieurs années de fermeture, elle a rouvert en décembre 2023, et j'ai attendu quelques semaines avant d'y retourner. J'ai regardé dans mes archives... je n'y étais pas allé depuis le 23 septembre 2018.  Cette piscine reste une pure merveille ! 

J'avais pris en mars 2015 qui montre que c'était déjà avant la fermeture un très bel endroit (je précise cela pour celles et ceux qui ont l'air de découvrir le lieu) : 

La nouvelle déco utilise des couleurs un peu plus chaleureuses avec l'utilisation du jaune :

Les travaux ont duré très longtemps car la verrière a été complètement refaite :

Pour une raison que j'ai un peu de mal à comprendre les douches (qui ont certes été complètement modernisées) sont beaucoup moins nombreuses alors qu'aux heures de pointe il arrive qu'il y ait énormément de monde. Le but est peut-être d'obliger certains à y passer moins de temps.

Cette piscine a été inaugurée en 1934. Elle est dans le plus pur style Art Déco. J'apprécie tout particulièrement les ferronneries :

 

P.S. : Une petite chose qui me chiffonne. Auparavant, il n'y avait pas besoin de bracelet. Désormais, un agent de la piscine attribue d'office un bracelet qui donne accès à une cabine ce qui fait perdre cette liberté qui faisait partie du charme de la piscine de la rue de Pontoise, mais cela évite peut-être les vols (même si je n'ai pas le souvenir qu'il y en ait eu) puisque grâce au bracelet personne ne peut prétendre récupérer des biens dans une cabine qui n'est pas la sienne.

lundi 15 janvier 2024

MMDCLXV : La charpente de la toiture du choeur de la cathédrale Notre-Dame est finie !

 

Cela a été signalé sur les réseaux sociaux ce week-end: la charpente de la toiture du chœur de Notre-Dame est finie !

Je suis allé ce lundi après-midi sur place pour prendre des photographies et partager l'émotion de ce moment de joie. 

Voici donc les photographies que j'ai prises




La charpente est surmontée par le "bouquet des chapentiers"qui a été posé vendredi dernier pour maquer la fin des travaux :


samedi 13 janvier 2024

MMDCLXIV : Les rues de Paris Centre : la Rue Saint Fiacre

 

La rue Saint Fiacre est une petite rue du 2e arrondissement. Elle fait 165m de long. Elle relie le Boulevard Montmartre à la rue des Jeûneurs dans le quartier à l'Est de la rue Montmartre.

La rue Saint-Fiacre vue depuis la rue des Jeûneur (en regardant en direction du Nord)
La rue Saint-Fiacre vue depuis le Boulevard Montmartre en regardant en direction du Sud

Je me suis intéressé à cette tue car elle était située à l'arrière de l'Hôtel d'Uzès auquel j'ai consacré un long article paru le 21 février 2022. 

Cette rue apparaît sur le plan Turgot des années 1730 :

Quand on regarde le plan de près on se rend compte que cette rue avait une particularité -pas si fréquente dans le Paris de cette époque-. Elle était fermée à chacune de ses extrémités.

On apprend dans le Dictionnaire Administratif et Historique des Rues de Paris de 1844 que cette décision a été prise en 1699, confirmée à plusieurs reprises au XVIIIe siècle car c'était un lieu où on avait tendance à déposer des immondices d'une part, et c'était un endroit où habitaient de nombreux "vagabonds" :

Ce dictionnaire explique aussi que la rue était "déjà connue en 1630" sous le nom de rue du Figuier. Cette voie était cependant très récente car quand on regarde le plan de Bâle de Paris au XVIe siècle on se rend compte que cette partie de Paris était en pleine campagne :

 


D'après toujours le dictionnaire, elle porte ce nom de Saint-Fiacre car elle aurait été situé à l'emplacement du fief Saint-Fiacre. Il est difficile de trouver ces informations sur ce fief mais d'après le Bulletin de l'Histoire de Paris de 1875, ce fief était situé entre "le chemin des fossés de la Ville, le grand chemin de Paris à Montmartre (la rue Montmartre), l’égout du Temple et le chemin des Poissonniers".

Voici sur un plan Turgot, les dimensions qu'avait certainement ce fief :

Rappelons que jusqu'à la Révolution française, le territoire de Paris était divisé en fiefs qui remontaient au Moyen Âge et dont on trouve trace à de nombreux endroits dans Paris. J'ai déjà par exemple évoqué le fief de la Grange Batelière qui était situé juste à l'Ouest du fief Saint-Fiacre (voir l'article du 7 décembre 2021 à propos de la rue Feydeau).

Je me suis aussi demandé à qui correspondait Saint Fiacre à qui était dédié le nom de cette rue rue et du fief correspondait. Cela m'a permis de découvrir un saint que je ne connaissais pas.

Fiacre, ou Fiacrus, était un personnage d'origine irlandaise. Son nom en gaélique Fiachra, signifie corbeau. Il serait né vers 590. Il appartenait à la noblesse Scott c'est pourquoi il est parfois présenté comme le fils d'un roi écossais. Comme plusieurs missionnaires de cette époque (je pense notamment à Colomban), il se rendit sur le continent et s'installa près de Meaux à l'Est de Paris. Il y installé un petit prieuré où il cultivait la terre pour distribuer la récolte aux pauvres. Ces pourquoi Fiacre était le saint patron des Maraîchers et des Jardiniers. De plus comme certaines plantes qu'ils cultivaient avaient semble-t-il des vertus médicinales, il est aussi invoqué pour la guérison des hémorroïdes (j'apprends en écrivant cet article qu'elles étaient parfois appelées "mal de saint Fiacre").

Fiacre est mort au cours du VIe siècle (en 670 ou en 620 selon les sources). Il est célébré le 30 août. Son attribut est une pelle de jardinier.

Je n'ai pas réussi à savoir si ce fief Saint-Fiacre était un alleu du monastère situé près de Meaux ou bien d'une confrérie dédiée à ce saint. En effet, dans l'église Saint Josse (à l'angle des rues Quincampoix et Aybry-le-Boucher), on trouvait une chapelle qui était dédié à ce saint.

Sur la bibliothèque en ligne de l'INHA j'ai trouvé deux représentations intéressantes de ce saint qui datent du XIXe siècle quand la confrérie de Saint Fiacre s'est installée dans l'église Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts (66 avenue Ledru-Rollin, Paris 12e)

Estampe de 1858 : Saint-Fiacre, saint patron des jardiniers et des maraîchers, pour la chapelle Saint-Fiacre de l'église Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts

J'ai été tout particulièrement intéressé par la scène située sur le côté gauche montrant "Saint Fiacre refusant la couronne d’Écosse" (alors que bien sûr l’Écosse actuelle n'existait pas du tout au VIIe siècle).


On peut ajouter que le prénom de Fiacre a joué un rôle important de Frère Fiacre, nom religieux de Denis Autheaume, (1609-1684), qui a joué un rôle important au moment de la naissance du Roi Soleil. Je lui consacrerai un prochain article. Dans ce quartier, qui porte les noms de Richelieu, Anne d'Autriche (la rue Sainte-Anne) et Louis XIV (rue Louis le Grand), la création d'une rue du nom de Saint Fiacre au XVIIe siècle n'est peut-être pas due au hasard.



mercredi 10 janvier 2024

MMDCLXIII : Exposition "La Régence à Paris" au Musée Carnavalet

 

En cette fin d'année 2023, on peut voir à Paris un nombre impressionnant d'expositions et pour certaines de très grande qualité (Je pense notamment aux expositions sur Van Gogh à Auverts au musée d'Orsay, à la rétrospective Nicolas de Staël au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris et à l'exposition sur le Paris de Modernité de 1905 à 1925 au Petit Palais).

Je tenais aussi à signaler l'exposition qui se tient en ce moment au Musée Carnavalet et qui concerne la Régence (1715-1723) c'est-à-dire l'époque qui a suivi la mort du Roi Soleil et qui a été dominé par la personnalité du Régent, Philippe d'Orléans, neveu de Louis XIV. Une période pendant laquelle le roi et la cour sont venus se réinstallés à Paris.

Parmi les œuvres et objets très variés que l'on peut voir voici ce portrait de Louis XV enfant datant de 1719 que l'on peut voir dans la première salle :

Jean Ranc, Louis XV, vers 1719
Elle s'achève avec cette copie de la couronne personnelle du sacre de Louis XV en 1723. Une cérémonie qui marque officiellement la fin de la Régence le roi étant considéré comme majeur à l'âge de 13 ans :

L'exposition permet de s'intéresser à de nombreux domaines : la peinture, la sculpture, l'architecture, le mobilier, la musique. Elle est d'une très grande variété :

Un document m'a particulièrement intéressé car pendant des années, je l'ai fait étudier à mes élèves pour le cours sur la Justice :

Il s'agit de la lettre de Cachet par laquelle Voltaire fut embastillé en 1717. Un exemple de l'arbitraire royal à l'époque de la monarchie absolue.


 J'aimais beaucoup travailler sur ce document : absence de motif d'arrestation, absence de durée de l'emprisonnement... C'est assez édifiant.

Pour finir voici quatre vues du Centre de Paris sur lesquelles je publierai de prochains articles :

Pierre-Denis Martin, Sortie du Lit de Justice le 12 septembre 1715, tableau de 1737 montrant la Cour du Palais sur l'Île de la Cité


Pierre-Denis Martin, vue prise depuis le quai de la Râpée sur la Salpétrière, l'Île Saint-Louis et l'Île de la Cité, 1716

Jean-Baptiste Oudry, Le Petit-Pont après l'incendie de 1718, 1718.

Pierre-Denis Martin, Sortie de l'Ambassadeur de la Sublime Porte, Mehemet Effendi, de l'audience accordée par le roi le 21 mars 1721, 1721. Le Pont Royal, l'extrémité Ouest de la Grande galerie du Louvre et le pavillon de Flore.

dimanche 7 janvier 2024

MMDCLXII : Les façades de Paris Centre : la superbe porte Art Déco du 100 rue Réaumur, une oeuvre d'Edgar Brandt


 Au 100 rue Rambuteau, on trouve un superbe immeuble en style Art Déco. Je n'y avais pas prêté attention jusqu'ici mais en passant devant, j'ai vraiment été impressionné par sa beauté. Dans les 8 médaillons en bronze sont représentés des moyens de transports.

En observant le portail de gauche à droite en remontant puis en redescendant on observe qu'il y a en fait six modèles différents :

- en bas à gauche et en haut à droite une locomotive :

en bas à gauche au 2e niveau en partant du bas un avion :

- toujours à gauche, au 3e niveau en partant du bas, un dirigeable :

- puis côté droite, au 2e niveau en partant du haut, une montgolfière :

et enfin côté droite, au 3e niveau en partant du haut un paquebot :

Cette porte décore l'entrée du 100 rue Réaumur. Le "100" est indiqué de manière très élégante :

La façade de l'immeuble est très monumentale : 

Cet immeuble est emblématique du style Art Déco. Il a été construit en 1924 par l'architecte Pierre Sardou comme cela est indiqué sur la façade :

Le style Art Déco de l'immeuble est aussi visible dans les deux frontons qui représentent les métiers liés à la Presse avec à droite des hommes :

et à gauche des femmes : 


on peut aussi voir au-dessus de certaines ouvertures, des clés au centre de la partie cintrée qui sont très belles :

Une merveille du style Art Déco. Rappelons qu'un an plus tard, en 1925, Paris accueillait l'exposition internationale des Arts décoratifs qui marqua peut-être l'apogée de ce style.

Cet immeuble a été construit pour être le siège du Journal "L'Intransigeant". Le site Paris Bise Art a déjà consacré un article à cet immeuble où on peut voir de très intéressantes  vues de l'intérieur (article du 6 juillet 2015).

Pour prolonger l'article de Paris Bise Art, j'ai cherché la "Une" du journal annonçant le 22 juin 1924 au 100 rue Réaumur :


Dans la colonne à gauche, intitulé "Notre maison" on peut lire texte très intéressant :

J'y ai appris que la porte forgée qui a retenu mon attention ce qui m'a conduit à écrire cet article est une oeuvre d'Edgar Brandt. Celui-ci était un ferronier né à Paris le 24 décembre 1880 et mort le 8 mai 1960. On lui doit notamment le bruloir de la flamme du soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe.

La "Une" de l'intransigeant du 22 juin 1924 est aussi accompagnée par une gravure qui permet de se rendre compte que la façade a très peu changé depuis :

J'avais consacré en Octobre 2022 un assez long article au percement de ce tronçon de la rue Réaumur (article du 5 octobre 2022).

Les autres immeubles de la rue Réaumur auxquels j'ai consacrés des articles :

- le n°42, "Le Capitole" angle avec le boulevard Sébastopol (article du 3 décembre 2023)
-  le n°51, l'ancien siège de Félix Potin,  angle avec le boulevard Sébastopol (article du 10 août 2019) 
- le n° 61/63, l'immeuble "néo-byzantin" (article du 27 juin 2021)
- les n°82 à 96, le Grand Magasin "A Réaumur" (article du 31 juillet 2020)
- le n°121 (article du 26 mai 2020).

jeudi 4 janvier 2024

MMDCLXI : La nef de Paris (55e volet) : la nef de la grille du Musée Carnavalet rue des Francs Bourgeois

  

Voici le 55e volet de la série consacrée aux représentations de la Nef de Paris dans le Coeur de Paris. Il s'agit de la version que l'on peut voir sur la grille qui marque l'entrée vers le Musée Carnavalet rue des Francs Bourgeois dans le Musée Carnavalet.

Comme cela est indiqué juste au-dessus de la nef, celle-ci date de 1889, l'année de l'exposition universelle lors de laquelle la Tour Eiffel a été construite. Il s'agit donc d'une version des débuts de la IIIe république qui marque une rupture très nette avec le navire trois mats du Second Empire. Par contre la Légion d'honneur ne figure pas sous la nef car celle-ci n'a été décernée à la ville qu'en 1900.


Cette version en rouge et bleue est assez réussie.


lundi 1 janvier 2024

MMDCLX : Une superbe peinture : "Les Bouquinistes" par Boutet de Montvel

 

En ce 1er janvier 2024, je souhaite à tous mes lecteurs une très heureuse année 2024 avec avant tout la santé car c'est peut-être ce qui compte le plus... 2023 à achever de m'en convaincre !

Pour ce 1er article de l'année, j'ai choisi ce tableau de Bernard Boutet de Monvel (1884-1949) montrant les bouquinistes. J'aime énormément les cadrages de ce peintre.

On peut voir le tableau au Musée Carnavalet dans la section très restreinte consacrée au XXe siècle. Le cartel mis en place lors de la réouverture du musée en 2021 est assez énigmatique en évoquant "un poète" qui a écrit que "Paris est la seule ville au monde où coule un fleuve encadré de deux rangées de livres".

Il pourrait être utile - sans vouloir compliquer l'information donnée dans le musée- de préciser que ce poète est Blaise Cendrars (1887-1948) et qu'il s'agit d'un extrait de "Bourlinguer" paru en 1948 le 3e volume des Mémoires de ce grand écrivain. 

Quant aux bouquinistes, Blaise Cendrars avait bien raison. Ils font partie de l'âme de Paris même se cela semble échapper à certains dans le cadre des Jeux Olympiques;