dimanche 18 décembre 2022

MMDXIV : Grève dans les piscines municipales : l'occasion -hélas- d'un nouveau coup de gueule.

  

Je fais partie des Parisien(ne)s qui fréquentent très assidument les piscines municipales de Paris. Un service municipal dont je suis un usager depuis bien avant 2001 (Je précise ça pour un actuel maire adjoint à la ville de Paris, M. Brossat qui a une telle méconnaissance de la capitale qu'il a affirmé récemment que les services publics à Paris avaient commencé à cette date).

Or, je suis conduit à écrire cet article à propos d'un service public municipal qui connait bien des difficultés depuis de nombreuses années. J'ai publié en 2020 un article à propos de la façon dont les abonnements avaient été remboursés pour la période du COVID : "Dans l'univers kafkaïen des piscines de la ville de Paris" (article du 12 septembre 2020).

Celui-ci va consacrer un sujet qui est un serpent de mer depuis des années : la grève perlée dans les piscines municipales*. Mme Hidalgo, ex inspectrice du travail, s'est targuée pendant la campagne présidentielle d'être la championne du dialogue social. Cependant, au moins pour ce qui concerne la gestion du personnel des piscines, j'ai du mal à voir quelles sont ses compétences.

Cela fait des années que le personnel des piscines est en grève de manière sporadique et que j'observe une certaine indifférence des élus (de tout bord) qui semblent s'en moquer éperdument. En ce mois de décembre, j'ai observé que certaines d'entre elles étaient en grève. C'était le cas le samedi 3 décembre comme on le voit ci-dessous avec un panneau photographié à la piscine Valeyre (Paris 9e) :

Ce jour là pourtant, la piscine la plus proche, la piscine Drigny était ouverte. Le lendemain le dimanche 4 décembre, la piscine Valeyre était ouverte.Mystère donc.

Ce week-end, la piscine Valeyre était à nouveau en grève le samedi toute la journée comme on le voit ci-dessous :

mais la nouveauté par rapport au week-end du 3 décembre est que cette fois la piscine Drigny était aussi en grève :

Autre différence par rapport au week-end du 3 décembre, cette fois-ci, ce matin, la piscine Valeyre était aussi en grève le dimanche comme on le voit avec la photo publiée au début de cet article. Je m'y suis présenté à 8h30 car j'avais pris soin de vérifier sur le site Paris.fr qu'elle était ouverte. Contrairement à ce qu'affirment certains sur Twitter qui m'ont soutenu que ce site était absolument fiable concernant l'annonce des ouvertures et des fermetures de piscines, j'ai eu à nouveau un exemple de cas dans le quel le site n'était pas informé de la fermeture comme le montre cette capture d'écran faite à 9h21 (donc plus d'une heure après que j'ai trouvé portes closes à la piscine Valeyre) :  le site site n'était toujours pas informé de la fermeture.

Le site était si peu fiable que je me suis rendu jusqu'à la piscine Drigny en redoutant qu'elle ne soit aussi fermée mais - ô miracle-, elle était bien ouverte.

Je ne suis pas le seul à être un nageur assidu dans les piscines parisiennes. Nous sommes un certain nombre à être à bout. Le prix de l'abonnement n'a cessé d'augmenter (il est désormais de 43€). Cet abonnement ne donne pas accès aux piscines qui sont gérées par des entreprises privées (comme par exemple la piscine Suzanne Berlioux des Halles) et qui sont très rarement fermées en raison d'un conflit social.

Je suis très attaché au droit de grève. C'est un droit garanti constitutionnel et il est important que tout salarié ou tout agent public puisse faire entendre son mécontentement. Il m'est d'ailleurs moi-même arrivé de faire usage de ce droit. Cependant, il faudrait que l'on soit davantage informé concernant les motifs des grèves dans les piscines (si un syndicat veut préciser les revendications de ce mouvement je suis totalement prêt à publier un addendum à cet article). Il est absolument nécessaire qu'un dialogue social véritable soit mis en place pour régler UNE BONNE FOIS POUR TOUTE le conflit. De plus, il serait bien que le site Paris.fr soit hyper réactif et informe en temps réel de l'ouverture des piscines. Une application qui permettrait de signaler depuis les établissements que la piscine est fermée éviterait aux usagers d'avoir la frustration de se retrouver des portes closes. 

La natation est -de mon point de vue- le meilleur des sports. Les piscines municipales sont un service public qui permet l'accès de ce sport à toutes les catégories sociales. On peut y voir notamment un grand nombre de retraité(e)s pour qui elles sont un lieu de sociabilité. Il serait bon que tou(te)s les élu(e)s parisien(ne)s -de la majorité comme de l'opposition- s'intéressent vraiment à ce sujet. Paris ne peut pas être en 2024 une ville olympique et laisser péricliter à ce point un service public si important pour la pratique du sport dans la capitale.

* voir mon article du 25 mars 2015 : "Grèves dans les piscines : pour une médiation concluante". 

 

vendredi 16 décembre 2022

MMDXIII : L'oeuvre philanthropique pour l'enfance de la Bastille

 

Voici un objet qui a récemment attiré mon attention. Il a été proposé à la vente à deux reprises en maison de ventes depuis moins de 10 ans (en 2014 et en 2022). Il s'agit d'un bannière de l'"œuvre philanthropique pour l'enfance" appelée "La Bastille". 

Ce qui a attiré mon attention est que cette société regroupait les 4e, 11e et 12e arrondissements. Cela m'a amusé car je pensais que le découpage des circonscriptions parisiennes appliqué depuis 2012 était suffisamment saugrenu pour qu'on n'ait jamais pensé auparavant à faire un tel regroupement. Je rappelle que la 7e circonscription (où le Ministre des transports Clément Beaune a été remporté l'élection en juin 2022) réunit le 4e arrondissement, une grande partie du 11e et une portion du 12e). Il paraît plus intuitif de regrouper le 4e arrondissement avec les autres arrondissements du Centre.

Or, cette société philanthropique pour l'enfance réunissait justement les 4e, 11 et 12e :

La bannière montre dans sa partie inférieure que cette société existait en 1925 :

Ce qui m'a attiré aussi c'est la présence en plein milieu de cette bannière de la colonne de Juillet avec en arrière-fond la forteresse de la Bastille. Le visuel est assez réussi :

J'ai été particulièrement amusé de voir comment le Génie de la Bastille (sur lequel j'étais justement en train d'écrire un article [celui paru le 18 novembre]) était représenté :

On retrouve -si on n'y regarde pas de trop près- le mouvement de la statue d'Auguste Dumont :

Ce qui est assez mystérieux est le fait que je n'ai trouvé aucune information sur cette société philanthropique à part la production d'un badge non daté :

Cette oeuvre philanthropique avait donc un certain don pour la communication même si j n'ai rien trouvé concernant son année de création, son importance et le moment où elle a disparu.

Si certains en savent plus à son sujet, ils peuvent me contacter pour que je puisse enrichir le contenu de cet article.

mardi 13 décembre 2022

MMDXII : Les peintures de Paris Centre : Deux vues des Tuileries en ruines mais avant leur destruction

 

En visitant, la Kelvingrove Art Gallery de Glasgow lors de mon récent séjour en Ecosse mon attention a été retenue par ce tableau de relativement petite dimension que l'on peut voir sur un mur qui expose plusieurs peintres français du XIXe siècle :

Ce tableau représente le Louvre avec le Pavillon de Flore auquel j'ai consacré récemment un article (paru le 1er novembre 2022). Il est signé d'un peintre auquel je m'intéresse tout particulièrement : Antoine Vollon. Il est signé en bas à gauche du tableau : 

Ce qui m'a intrigué c'est le cartel de ce tableau. En effet, il indique des dates qui m'ont surpris :

Il est vrai que le tableau ne peut pas avoir été peint après 1900... car Antoine Vollon est mort en 1900. J'ai même retrouvé son acte de décès : il est mort le 27 août 1900 au 79 rue de Dunkerque dans le 9e arrondissement :

Ce qui m'a le plus surpris par contre c'est la date à partir de laquelle le tableau aurait été peint : la date indiquée est 1885. Or ce tableau représente un bâtiment qui a particulièrement attiré mon attention :

On peut voir la silhouette du Palais des Tuileries. Celui-ci a disparu comme le montre ici une photographie prise en 2022 :

Cela m'a conduit à me demander quand précisément le Palais des Tuileries avait été détruit. On trouve en effet, plusieurs photographies du Palais des Tuileries prises après l'incendie de 1871. Par exemple celle-ci prise depuis la cour du Carrousel :

Une autre prise depuis le Jardin des Tuileries avec la Pavillon de Flore sur la droite : 

et celle-ci prise depuis la rue de Rivoli au niveau de la place des Pyramides :

Sur cette dernière vue, le pavillon de Flore est à l'arrière-plan mais on voit encre au 1er plan les grilles qui empêchaient le passage jute le long du Palais des Tuileries quand il s'agissait de la résidence de Napoléon III alors que sur le tableau de Vollon cet axe avait été ouvert à la circulation :

Cela m'a rappelé qu'à la Galleria d'Arte Moderna de Milan, j'avais vu il y a quelques années une autre peinture qui montrait les ruines des Tuileries :

Il s'agissait cette fois d'un tableau de Giuseppe de Nittis intitulé "Place des Pyramides" avec pour date 1876. Sur ce tableau on voit au 2e plan la statue de Jeanne d'Arc par Emmanuel Fremiet inaugurée en 1874 (voir article du 11 février 2021) et à l'arrière-plan la silhouette des Tuileries :

Le Palais n'avait donc effectivement pas été détruit en 1876, mais il fallait que je trouve la date à laquelle la décision avait été prise de le faire. J'ai retrouvé un article paru dans le Petit Parisien qui permet de le savoir dans l'édition du 29 juin 1882.

On y apprend que Jules Ferry (ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts) a obtenu du Sénat lors de la séance du 27 juin 1882 le vote de la destruction des Tuileries lors d'un débat expédié en 58 minutes (La Chambre des Députés avait déjà voté la loi). Le ministre, pour obtenir l'accord du Sénat, avait même affirmé que les Tuileries seraient reconstruites ("Pour sûr nous reconstruirons"). Un engagement qui n'a jamais été tenu.

La destruction des Tuileries a été appliquée très rapidement. Il a fallu juste un peu plus d'un an pour que le Palais disparaisse. En septembre 1883, la démolition était achevée.

Cela m'a convaincu que le cartel de la Kelvingrove Gallery était donc certainement erroné. Le tableau d'Antoine Vollon n'a pas été peint entre 1885 et 1900 mais forcément avant 1883.











dimanche 11 décembre 2022

MMDXI : Baisser la température de l'eau des piscines de 1°c.. Une très bonne idée !

  

Je fais partie de ceux qui fréquentent les piscines publiques de la Ville de Paris très régulièrement. J'ai été satisfait de voir apparaître il y a quelques semaines cette affiche. La température de l'eau a été abaissée de 1°c. Je peux témoigner que passer de 27°c à 26°c cela ne change pas grand chose... surtout si on va à la piscine pour nager et non pas pour discuter en bout de ligne !

Je suis donc très content que cette décision ait été prise car elle permet de faire des économies. L'important est que les piscines restent ouvertes car nager est un des meilleurs sports qui soit pour la santé.



samedi 10 décembre 2022

MMDX : Les colonnes rostrales de la place de la Concorde vont être restaurées. L'occasion d'un double merci !


 Sur son fil twitter, Karen Taieb (l'adjointe à la maire de Paris en charge du Patrimoine) a annoncé hier -le 9 décembre 2022- une excellente nouvelle : la "restauration des colonnes rostrales d'Hittorff",  place de la Concorde. Une nouvelle dont la portée aura peut-être échappé à certains...

Cet article va permettre d'expliquer l'importance de cette nouvelle et de rendre hommage à Karen Taieb pour avoir obtenu cette décision tout en remerciant aussi quelqu'un qui a contribué à sensibiliser les pouvoirs publics  grâce à son compte twitter @Baptiste75004.

Je ne pense pas être complètement béotien en matière de patrimoine mais je dois avouer qu'avant cette année, je ne savais pas ce qu'étaient les "colonnes rostrales". Je l'ai appris justement grâce à un tweet de @Baptiste75004 publié le 3 février  à propos d'une autre très belle place de Paris, celle de l'Opéra :

Ainsi, ai-je appris que les colonnes rostrales sont inspirées de l'Antiquité grecque et romaine et qu'elles représentent des navires pour commémorer des victoires navales. Une autre façon dont de représenter la nef de Paris ? Cela m'avait donné l'envie d'aller revoir avec plus d'attention les colonnes rostrales de la place de la Concorde. Voici quelques photos prises en juin 2022 :

Le décor végétal avec des feuilles de chêne et des palmettes est superbe :

-  la partie sommitale : 

- les nefs en forme de trirèmes antiques :

- un des lampadaires :

A la base, les colonnes portent la signature de l'architecte Jacques-Ignace Hittorff qui les a placées à cet endroit dans les années 1830 (@Baptiste75004 a consacré un fil passionnant à cet artiste en septembre 2022) :

On peut aussi trouver la date d'installation de ces colonnes rostrales (1837) et le nom des fonderies :

Sur son compte twitter, @Baptiste75004 a fait paraître une photographie des fonderies de Tusey en évoquant leur créateur Pierre-Adolphe Muel

Un exemple qui montre l'importance d'informer et de sensibiliser sur le Patrimoine à protéger en cherchant toujours à insister sur la beauté des lieux et des décors. Ce qu'a fait régulièrement @Baptiste75004 avec par exemple ce tweet de juin qui met en valeur une photo prise par Charles Marville en 1865 :

La mobilisation a aussi pris la forme de la pétition lancée par @Baptiste75004 au printemps dernier pour "sauver la place de la Concorde" :

Cette démarche a eu un certain retentissement. Je l'ai moi-même relayée dans un article paru le 24 mai 2022. @Baptiste75004 n'a cessé d'interpeler les pouvoirs publics pour obtenir la restauration des colonnes rostrales, par exemple dans ce tweet du 26 septembre :

Il n'a pas hésité non plus à interpeler l’État qui est aussi partie prenante dans la conservation de ce Patrimoine classé et situé à proximité l'Hôtel de la Marine (un véritable joyau inauguré en 2021) :

 
J'ai moi-même participé via twitter -avec d'autres amoureux du Patrimoine- à cette "sensibilisation" des pouvoirs publics à propos de l'état des colonnes rostrales avec ce tweet du 26 mai. Mon tweet rappelait l'état catastrophique de la base des colonnes rostrales :

Je me félicite donc de l'annonce faite par Karen Taieb -et je l'en remercie- : ces superbes décors qui ornent la place de la Concorde vont être restaurés. J'adresse un grand bravo à @Baptiste75004 qui a montré qu'il est important et utile de se mobiliser pour le Patrimoine !

Avec la restauration de la fontaine des Innocents (voir article du 26 novembre 2022), cela fait un 2e vœu parmi ceux que j'avais exprimés le 23 avril 2022 sur twitter qui est sur le point d'être exaucé :

Il en reste encore quatre... et comme c'est la période des cadeaux de Noël et des étrennes approche, je ne désespère pas !

Pour ce qui est de mon 1er voeu,  je demandais concernant la "fin des auges à cochon" (les dépotoirs affreux qui ont remplacé les grilles aux pieds des arbres), ceux situés au chevet de Saint-Eustache ont été remplacés par de superbes grilles (voir mon article du 21 avril 2022) mais malheureusement ailleurs dans Paris des grilles d'arbres continuent d'être retirées. Je vous conseille donc vivement -si ce n'est pas déjà fait- de signer la pétition pour le retour des grilles d'arbres lancée par ... @Baptiste75004 et de la faire partager.

Concernant le 2e vœu, les plots jaunes, j'observe qu'il en reste encore mais on peut remarquer une très nette amélioration. Ceux qui défiguraient certains endroits comme l'Avenue de l'Opéra et certains ponts du Centre de Paris ont été retirés.

Mon avant-dernier vœu, celui concernant la place de la République est le combat mené -notamment- par une autre personne pour qui j'ai énormément d'estime et d'amitié : Quentin Divernois. J'espère que lui aussi réussira à être entendu.

En ce qui concerne mon tout dernier vœu, celui relatif à la rue de Trévise, je trouve insupportable qu'à l'approche du 4e anniversaire de l'explosion au gaz -le 12 janvier- la question des indemnisations ne soit toujours pas réglée alors que certaines victimes (je pense à Inès et à sa mère) sont dans une situation qui reste humainement insupportable.

vendredi 9 décembre 2022

MMDIX : Les façades de Paris Centre : Le 61 rue de Richelieu. Stendhal a écrit à cette adresse... mais heureusement pas dans cet immeuble.

 

Au 61 rue de Richelieu, on trouve une façade d'immeuble particulièrement austère -et que personnellement je trouve très laide-. Un de ses immeubles des années 1960/1970 dont malheureusement je n'ai pas retrouvé le permis de construire ou la date de constuction

Cependant quand on regarde attentivement, on peut remarquer une plaque située au niveau du rez-de-chaussée à côté de l'entrée :

Elle nous apprend qu'un des plus grands écrivains français, Stendhal a vécu à cette adresse de 1822 à 1823 et que -mieux encore- il y a écrit notamment un de ses chefs d’œuvre :

Henri Beyle était né à Grenoble le 23 janvier 1783. Il était donc dans sa quarantième année quand il a habité à cette adresse. Il est mort 20 ans après y avoir habité le 23 mars 1842 pas loin de là (l'adresse actuelle est le 42 rue Danielle Casanova).

L'immeuble actuel du 61 rue de Richelieu n'a rien d'inspirant mais j'ai retrouvé dans le plan cadastral de Paris du XIXe siècle l'aspect qu'avait cette demeure à l'époque. Cela semblait beaucoup plus agréable avec un passage desservant une cour sur laquelle était ouvert un escalier de belle dimensions :

Malheureusement cet immeuble a disparu. Dans l'immeuble actuel, on trouve des bureaux d'un ministère de la Culture :

Cet article me permet d'évoquer le fait que des conférences sont régulièrement organisées par la "Société des Amis de Stendhal" :

Pour les personnes intéressées, il est nécessaire de s'inscrire auprès de la maison des Associations de Paris Centre.