samedi 31 octobre 2009

DXXIII : Le pont Saint-Michel. Le pont jumeau du Pont au change.

 Voici le 6e pont du 4e arrondissement auquel je consacre un article (voir la rubrique "pont").

 En voyant la photographie ci-dessus, on pourrait croire que je consacre à nouveau un article au Pont-au-change : on y retrouve des "N" entourés d'une couronne de laurier comme sur ce pont auquel j'ai consacré un article il ya quelques mois (voir mon article du 15 avril 2009).

Il s'agit en fait d'une vue du Pont Saint-Michel qui est situé au sud de l'île de la cité... dans le prolongement du Pont-Au-Change. Les deux ponts ont exactement le même aspect mais on ne peut pas s'en rendre pas compte car les deux ponts sont séparés par le boulevard du Palais. 

 Le 1er pont situé à cet emplacement a été construit entre 1378 et 1387. C'était un pont surmonté de maisons. Il a été reconstruit au XVe siècle. Un terrible accident eut lieu à cet endroit le 9 décembre 1547 : plusieurs maisons s'effondèrent après que le pont a été heurté par des bâteaux. Il a à nouveau été reconstruit... pour être à nouveau emporté par les glaces en 1616. Le pont a été réédifié en pierre entre 1618 et 1624. Il comportait un tympan avec une statue équestre de Louis XIII. 

Sur le plan Turgot des années 1730, on voit que ce pont couvert de maisons :

 
 
Ce n'est qu'en 1808 que les maisons portées par ce pont ont été complètement démolies.

Le pont actuel date de 1857. Il ne comporte que 3 arches (alors que celui du XVIIe siècle en comportait 4). Il fait 62 m de long pour une largeur de 30m. Il est l'oeuvre de deux ingénieurs : Vaudrey et de la Galisserie... tout comme le Pont-au-Change.

 Ce pont a la particularité de servir de limites entre les 1er, 4e, 5e et 6e arrondissements. C'est pourquoi, fin 2008, la délibération concernant l'attribution d'un marché de travaux pour le remplacement des garde-corps de ce pont a été voté par les 4 conseils d'arrondissement. Le vote de la  délibération par le conseil du 4e arrondissement a eu lieu le lundi 18 novembre 2008 : "Il a été mis en évidence un très mauvais état des garde-corps en pierre de cet ouvrage. Les travaux consisteront en la dépose de la totalité des garde-corps et le remplacement à l’identique, [...]. Le montant des travaux estestimé à 723 000 euros". La délibération a été adoptée à l'unanimité.

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessous prise le 27 octobre 2009, les travaux ont commencé : 


 

mercredi 28 octobre 2009

DXXI : Les statues de l'Hôtel de Ville (51e volet) : Antoine-Isaac Silvestre de Sacy par Frédéric-Etienne Leroux

  

Voici le 51e volet de la série des statues de l'Hôtel de Ville. Il concerne S. de Sacy dont on peut voir la statue au 2e étage de la façade qui donne sur la rue de Rivoli. C'est la 2e en partant de la droite : 

Antoine-Isaac Silvestre de Sacy est né le 21 septembre 1758 à Paris dans la paroisse Saint-Paul (donc dans le 4e arrondissement). Il est mort le 21 février 1838. C'était un grand linguiste spécialiste de l'Orient ancien au tempérament plutôt conservateur.

 Antoine-Isaac Silvestre, après des études de droit, est devenu en 1781 conseiller à la Cour des Monnaies. Mais il s'est spécialisé dans l'étude des langues anciennes et orientales : l'hébreu, le syriaque, le chaldéen, l'arabe, le persan et le turc. Dès 1785, il écrivait des Mémoires sur l'Histoire des Arabes avant Mahomet.

N'étant pas enthousiasmé par les changements révolutionnaires, il se retira pendant la Terreur dans sa propriété de l'Oise entre 1792 et 1795. Cependant, après Thermidor, il participa en tant que professeur d'arabe à la nouvelle école des langues orientales.

Par la suite, outre ses recherches de linguiste et d'orientaliste (il eut parmi ses élèves Champollion), il fut couvert d'honneurs par les différents régimes conservateurs qui se mirent en place :

- en 1805, il entra au Corps législatif en tant que député de Paris

- en 1813, il devient baron d'Empire et se fit désormais appeler Silvestre de Sacy.

- à la Restaurantion, il accueillit avec enthousiasme le retour des Bourbons ce qui lui permit de rester bien en cour et de se voir confirmer par Louis XVIII son titre de baron de Sacy.

- en 1830, il se rallia à la monarchie de Juillet, ce qui lui permit de siéger à la Chambre des Pairs de 1832 jusqu'à sa mort en 1838.


La statue est une oeuvre de Frédéric Etienne Leroux né à Ecouché le 3 août 1836 et mort à Paris le 22 août 1906. On lui doit aussi la statue de Saint-Denis à l'entrée Nord de l'église de Saint-Eustache.

samedi 3 octobre 2009

DIX : Rue de la Verrerie : des travaux qui ont montré que "quand on veut, on peut" !

  

Les travaux rue de la Verrerie à la hauteur du BHV de juin à août 2009.

J'ai déjà signalé sur ce blog une aberration : le fait que les vélos ne peuvent pas emprunter le tronçon de la rue de la Verrerie situé le long du BHV dans le sens Ouest-Est (alors que cela est possible dans l'ensemble du reste de la voie que forment la rue des Lombards, la rue de la Verrerie et la rue du Roi-de-Sicile). Au niveau de ce pâté de maison, les vélos qui veulent aller vers l'Est doivent faire un détour par la rue du Temple, la rue Sainte-Croix-de-la Bretonnerie et la rue de Moussy pour pouvoir retomber rue du roi-de-Sicile. Donc, de ce fait presque tous les vélos prennent ce tronçon de la rue de la verrerie a contre-sens ce qui est très dangereux.

En conseil d'arrondissement, une personne du public avait demandé un aménagement qui permettrait aux vélos de circuler à contresens. La maire du 4e arrondissement, Dominique Bertinotti, lors du conseil suivant a affirmé que c'était impossible. Elle a invoqué le fait que cette partie de la rue servait de lieu de passage et de livraison aux camions du BHV et qu'elle ne ferait rien qui pourrait gêner ce magasin (ce que l'on peut comprendre puisque ce commerce participe à la santé économique de notre arrondissement).

Cependant, on peut se demander si tout aménagement est complètement impossible. En effet, pendant près de 3 mois (juin-juillet-août), des travaux ont eu lieu dans cette portion de la rue de la Verrerie. Ils ont considérablement réduit la largeur de la voie de circulation ce qui n'a pas empêché le BHV d'être livré. Je n'ai pas entendu parler de pénuries dans les stocks de ce magasin !

Ces travaux ont donc montré que si on le veut un aménagement protégé permettant aux vélos de circuler dans le sens Ouest-Est cela est possible. Encore faut-il en avoir la volonté !

Il est vrai que  les relations entre la maire PS du 4e (Dominique Bertinotti) et son adjointe verte (Corinne Faugeron) sont exécrables. Le dernier conseil d'arrondissement du lundi 21 septembre en a encore été une nouvelle fois la preuve. J'en reparlerai bientôt si j'en ai l'occasion...

Épilogue : lire l'article du 25 juin 2010 :  Dominique Bertinotti est-elle toujours la maire du 4e arrondissement ? Une question suite à la mise en place du double sens pour les vélos rue de la Verrerie...

lundi 28 septembre 2009

DVII : Un témoignage de l'anti-judaïsme médiéval sur la façade de Notre-Dame

  
La partie centrale de la façade occidentale de Notre-Dame-de-Paris

Au Moyen-Age, les Juifs ont subi dans tout l'Occident des persécutions. Pour l’Église de l'époque, il fallait attendre la fin des temps pour que cette minorité religieuse se convertisse au christianisme.

Cette façon de concevoir le judaïsme apparaît avec deux statues que l'on trouve sur les contreforts du portail central de la façade occidentale de Notre-Dame (je les ai fait apparaître en rouge ci-dessus).

A droite, on peut voir une femme casquée avec une lance brisée. Elle représente la "synagogue", c'est-à-dire la religion juive.

"La Synagogue"

Cette statue porte un casque qui lui tombe sur les yeux et lui masque la vue. Au sol à côté de la lance, une couronne est renversée. Elle tient dans la main droite les tables de la loi à l'envers.

Au contraire, à gauche du portail, on peut voir une statue de "l'Eglise", la religion chrétienne. Elle est représentée par une femme qui porte sa couronne sur la tête, tient une lance qui sert d'oriflamme et porte un calice destiné à recevoir le sang de Jésus :

 
"L’Église"

Cette opposition entre la Synagogue déchue et l'Eglise triomphante est un thème classique que l'on retrouve sur la façade de nombreuses cathédrales, par exemple le portail du transept Sud de la cathédrale de Strasbourg :

Les statues que l'on peut voir à Notre-Dame datent du XIXe siècle car elles avaient disparu à la Révolution française.

 

mercredi 23 septembre 2009

DV : Le pont d'Arcole par Stalinas Lépine dans la 2e moitié XIXe siècle

  

Voici un tableau que j'ai vu en août dernier au musée des Beaux-Arts de Reims. Il est signé Stanislas Lépine qui a vécu de 1835 à 1892. Le titre attribué à ce tableau est "Le quai aux Fleurs". Un titre surprenant puisqu'en fait le quai aux fleurs est de l'autre côté de la Seine et qu'il s'agit en fait du quai de l'Hôtel de Ville

En regardant attentivement ce tableau, on peut voir l'activité portuaire avec des barques amarrées (dans la partie gauche au 1er plan). On peut aussi voir le Pont-d'Arcole après sa reconstruction sous le règne de Napoélon III en 1856 (voir article du 9 octobre 2008). A l'arrière-plan, on aperçoit à gauche la Tour de l'Horloge du Palais de Justice.

 

On remarque aussi que les chiens faisaient trempette... ce que l'on peut encore observer de temps en temps aujourd'hui.
 

samedi 12 septembre 2009

D : Les statues de l'Hôtel de Ville (50e volet) : Horace Vernet par Eugène-André Oudiné

  

Voici le 50e volet de la série des statues de l'Hôtel de Ville. Elle concerne "H. Vernet" et elle est située rue de Rivoli, au 2e étage. C'est la 2e en partant de la place de l'Hôtel de Ville :

Horace Vernet est un peintre célèbre né à Paris le 30 juin 1789. Tout comme Godefroy Cavaignac (qui est situé au niveau en dessous) il a droit à son initiale car c'est le petit-fils de Claude-Joseph Vernet (1714-1789) et de Carle Vernet (1758-1836) qui étaient peintres eux aussi.

Horace Vernet a été directeur de la Villa Médicis à Rome de 1829 à 1834. Sa peinture est caractéristique du courant romantique.  On lui doit par exemple une représentation de Napoléon au pont d'Arcole qui est certes beaucoup moins célèbre que celle de Antoine-Jean Gros. On peut aussi retrouver sur le site de la Réunion des Musées Nationaux une très bonne étude du tableau Napoléon passant devant les troupes à la bataille d'Iéna, 14 octobre 1806 peint en 1836 et qui figure dans la galerie des grandes batailles du château de Versailles.

Ayant beaucoup oeuvré pour honorer la légende napoléonienne, Horace Vernet a été un peintre quasi-officiel sous le second empire. Tout comme Ingres, il a eu droit à une salle qui lui était réservée lors de l'Exposition universelle de 1855. Il est mort à Paris le 17 janvier 1863.

La rue Vernet est une rue du 8e arrondissement. Elle a pris ce nom dès le 24 août 1864 et elle rend hommage à Horace, à son père et à son grand-père puisque le prénom n'est pas précisé ! Située proche de la place de l'Etoile, elle est parallèle à l'avenue des Champs Élysées. 

La statue est une œuvre d'Eugène-André Oudiné né à Paris le 1er janvier 1810 et mort à Paris 6e le 11 avril 1887. On peut voir une autre statue de lui : Bethsabée dans la face Nord de la cour carrée du Louvre.

mercredi 9 septembre 2009

CDXCVII : Réaménagement des Halles : la destruction d'une oeuvre magistrale de François-Xavier Lalanne

  

J'ai déjà consacré plusieurs articles au réaménagement des Halles. Dans celui-ci, j'aimerais souligner une perte que je trouve particulièrement absurde car c'est à mes yeux une des plus superbes créations des années 1980 : toute la partie sud du jardin des Halles le long de la rue Berger.

Je trouve cette partie de l'actuel jardin des Halles vraiment admirable. L'esthétique des verrières nous rappelle ce qu'ont pu être les pavillons bâtis par Baltard au XIXe siècle.

De plus, on peut y voir courir une plante grimpante qui, sans être de la vigne, n'en crée pas moins une ambiance particulière en plein centre de Paris :

Enfin -et surout-, on peut y voir de superbes perspectives notamment vers l'église Saint-Eustache : 

Cette création est l’œuvre du grand sculpteur animalier François-Xavier Lalanne né en 1924 et mort l'an dernier le 7 décembre 2008. Une plaque rappelle rue Berger à qui on doit l'actuel aménagement du jardin (oeuvre qu'il avait réalisé avec sa femme Claude Lalanne).

Le président François Mitterrand lui-même avait parlé de "l'imagination incroyable" de cet artiste. Dans son oeuvre caractérisée avant tout par des sculptures animalières, le jardin créé aux Halles était une oeuvre à part... Il n'en restera bientôt plus rien.


 

dimanche 6 septembre 2009

CDXCIV : Un endroit devenu plus agréable grâce à une nouvelle piste cyclabe : le quai de l'Hôtel de Ville

 

Le samedi 12 septembre 2009 aura lieu l'inauguration de la piste cyclabe Morland/ Hôtel de Ville. 

 Sur la photo ci-dessus (que j'ai prise le 18 mai dernier) on voit que cet endroit a radicalement changé et cela dès le printemps dernier. Alors que le trottoir qui longe le quai de l'Hôtel de Ville entre la rue des Barres et la rue Lobau était un coridor peu agréable, on peut désormais circuler tranquillement... à pied.

Si j'ai formulé quelques remarques à propos des croisements entre les passages pour piétons et cette piste cyclabe, je me félicite de cet aménagement qui embellit véritablement le 4e arrondissement...

L'inauguration officielle aura lieu le samedi 12 septembre 2009 à midi en présence des élu(e)s. A cette occasion une fête du vélo aura lieu de 10h à 18h au métro Pont-Marie (au programme démonstations de BMX, trial, show de vélos extraordinaires, spectacle de clown, une bourse aux vélos et une tombola avec trois vélos et de nombreux prix à gagner... ).

On peut juste se demander pourquoi cette inauguration officielle a lieu en septembre (mois au calendrier très chargé) alors que la piste cyclabe est prête depuis plusieurs mois et qu'elle a déjà fonctionné pendant tout l'été ! 


 

vendredi 4 septembre 2009

CDXCII : Arbres et végétation de Paris Centre : L'orme de Saint-Gervais

 

Depuis le Moyen Âge, l'orme est le symbole de la paroisse Saint Gervais. C'est pour cette raison qu'un orme continue à dominer la place située devant l'Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais. Comme cette église a donné son nom au quartier du même nom, cet orme est un magnifique symbole de cette partie du 4e arrondissement.

Au Moyen Âge, les habitants de cette paroisse avaient l'habitude de se réunir autour de cet arbre pour le règlement des créances. L'arbre actuel a été planté en 1935 et il fait 12m de haut d'après le site officiel de la ville de Paris (rubrique "espèces remarquables").

On retrouve cet arbre sous forme de décor végétal sur les grilles en fer forgé qui ornent, rue François Miron, le bâtiment XVIIIe siècle situé au nord de l'église et qui longe toute la place Baudoyer (comme on le voit sur la photo ci-dessous : 


 

jeudi 3 septembre 2009

CLXCI : Un banc pont d'Arcole pour signaler la création d'un nouveau blog...

 
Voici un banc qui se trouve sur le Pont d'Arcole (voir article du 9 octobre 2008) photographié en février dernier. Je publie cet article pour signaler que depuis mi-juin 2009 j'ai lancé un nouveau blog uniquement de photos : "L'amoureux des bancs publics".

Cette semaine c'est ce banc du Pont d'Arcole qui est à l'honneur.