dimanche 15 mars 2026

MMDCCCLXXXIII : Les résultats du 1er tour des municipales dans Paris Centre


 Voici les résultats du 1er tour des élections du conseil de secteur de Paris Centre au 1er tour :

La gauche est majoritaire au 1er tour dans Paris Centre. Le maire sortant Ariel Weil fait un très bon score.

Cependant, il devra certainement être confronté au 2e tour à une liste LFI qui avec 11% peut se maintenir (or la cheffe de file parisienne Sophia Chikirou a eu des propos très hostiles à son endroit). 

En cas d'union entre la liste d'Aurélien Véron et Martine Figuéroa (qui autrement peut se maintenir puisqu'elle fait plus de 10%), le deuxième tour reste ouvert, même si Ariel Weil est favori à l'issue de ce 1er tour.

Il va falloir suivre attentivement les décisions prises d'ici demain soir en ce qui concerne les fusions et les désistements.
 

MMDCCCLXXXII : 800 000 pages lues depuis mars 2018

  

Ce matin, le compteur de pages lues de L'indépendant du Coeur de Paris vient de dépasser le seuil des 800 000 pages lues. Un nombre qui est reparti à 0 le 28 mars 2018 quand L'Indépendant du 4e est devenu L'Indépendant du Cœur de Paris. La moyenne annuelle est donc facile à calculer : 800 000 en 8 ans, cela fait 100 000 pages lues par an, mais il y a une nette hausse de la fréquence puisque les 600 000 pages lues avaient été atteintes en septembre 2025 (voir article du 16 septembre 2025). Cela fait donc 200 000 pages lues en 6 mois environ, et un rythme de 100 000 pages lues par trimestre sur la dernières période.

Merci aux fidèles lectrices et lecteurs ! 

samedi 14 mars 2026

MMDCCCLXXXI : La déposition par Delacroix, un chef d'oeuvre du romantisme dans l'église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement

 

Dans l'église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, située rue de Turenne (Paris 3e), on peut voir dans une chapelle située dans l'axe du bas-côté sud en direction de l'entrée, un véritable chef d'oeuvre de la peinture française. Il s'agit de la Déposition peinte par Eugène Delacroix pour cette église en 1844 :


 Le peintre a du admirablement représenté la souffrance de la la mère de Jésus, Marie, au moment où son fils est déposé de la croix. Elle se tient elle-même les bras en croix. On peut voir en tout sept personnages :

1 : Jésus, mort, dont le corps vient d'être descendu de la croix, 2 :  Marie qui semble s"effondrer sous la souffrance, 3 : Marie Madeleine qui tient la main de Jésus et semble complètement ailleurs 4 : Marie Jacobé (qui était d'après certains écrits la soeur de Marie et la mère de l'apôtre Jacques le Majeur), 5 : l'apôtre Saint Jean l'évangéliste, 6 : Joseph d'Arimathie et 7 : Nicomède.


Eugène Delacroix s'est inspirée d'une oeuvre qu'il avait peu admiré Louvre : Le Christ mort (ou la Déploration) par Rosso Fiorentino peint initalement entre 1533 et 1540 pour la chapelle d'Anne de Montmorency au château d'Ecouen :


Le moment représenté est le plus tragique de la vie de Jésus. Entre deux scènes très souvent représentées dans l'art chrétien : la descente de Croix et la déploration (ou piéta), le moment où Marie se recueille sur le cors de son fils mort. 
 
Dans le tableau de Delacroix, on peut voir sur la gauche, les récipients destinés qui contiennent les liquides destinés à laver corps du christ. De plus, Jésus semble déjà être porté dans un linceul :
La scène représentée est donc certainement juste avant la mise au tombeau.
 

mardi 10 mars 2026

MMDCCCLXXX : Au 3, rue Castex, l'évocation du sort tragique d'une des nombreuses victimes de la Shoah

 


Le 3, rue Castex (Paris 4e), est un charmant immeuble avec un joli portail qui permet d'accéder à une façade en briques rouges située en arrière cour. Je me suis intéressé à cet immeuble en raison d'une histoire tragique que j'ai découverte dans le livre de Laurent Joly, La rafle du Vel d'hiv (éditions Champs Histoire, 2023).

Page 132, on apprend que la police parisienne avait pour consigne de ne pas arrêter les mères de famille ayant un enfant né après le 1er juillet 1940 car les nourrissons avaient moins de deux ans. Or, au 3, rue Castex, on trouvait une famille juive, les Frenkel.  Le père s'appelait Nysen avait été arrêté le 14 mai 1941 lors de la rafle dite du Billet Vert. Il avait été déporté du camp de Beaune-la-Rollande le 28 juin 1942.

La mère Estera, ouvrière couturière, est arrêtée lors de la rafle du Vel d'Hiv le 16 juillet 1942. Elle a un enfant, Richard, mais il est né le 21 juin 1940. Dix jours donc avant le 1er juillet 1942. Estera Frenkel sera déportée depuis le camp Pithiviers, le 7 août 1942. Elle a écrit à des proches en espérant qu'ils puissent s'occuper de son fils. "Sauvez mon enfant, mon petit bébé innocent !!!". 

Richard Frenkel, certainement malade, a été déporté un mois plus tard, depuis Drancy, le 11 septembre 1940. Sur les 1000 déportés de ce convoi, 921 ont été assassinés dans les chambres à gaz dès leur arrivée. Je suis allé au mur des Déportés du Mémorial de la Shoah pour retrouver le nom de Richard Frenkel qui apparaît dans la liste des déportés de l'année 1942 :

Un des plus jeunes enfants arrêtés lors de la rafle du Vel d'hiv puisque, comme on l'a déjà dit plus haut, l'ordre avait été donné à la police française de ne pas arrêté les enfants nés après le 1er juillet 1940 et qu'en ce qui le concerne il était né le 21 juin 1940.

Je ne passe pas souvent par le 3, rue Castex mais quand je le ferai, j'essaierai à chaque fois d'avoir une pensée pour cet enfant de deux ans, Richard Frenkel, trop jeune pour comprendre le cauchemar que certains adultes avaient décidé de faire vivre à d'autres être humains, mais suffisamment âgé pour vivre tragiquement son arrestation, sa détention dans différents camps, sa séparation de sa mère (à partir du 7 août) et sa déportation le 11 septembre 1942 pour finir (s'il a survécu au transport) dans une chambre à gaz des fins fonds de la Pologne.

samedi 7 mars 2026

MMDCCCLXXX : Sept listes en lice pour la mairie de dans Paris Centre

  

Le 1er tour des élections municipales aura lieu dimanche prochain le 15 mars 2026. Pour la 1ère fois depuis 1983, il y aura un découplage ente le vote pour la mairie centrale et pour les arrondissements. Dans Paris Centre (1er, 2e, 3e et 4e), sept listes s'affrontent.

1. Liste "Le nouveau Paris Populaire centre" conduite par Cédric Panizzi (liste LFI)

2. Liste "Paris centre apaisé avec Martine Figuéroa" conduite par Martine Figuérao (Horizons, Renaissance).

3. Liste "Paris Centre avec vous ! avec Ariel Weil et Emmanuel Grégoire" conduite par Ariel Weil (PS, PCF, Les Verts).

4. Liste "Retrouvons Paris Centre" conduite par Sébastien Bonnet (RN)

5. Liste "Lutte ouvrière - Le camp des travailleurs" conduite par Olivia Lewi (Lutte Ouvrière)

6. Liste "Changer Paris avec Aurélien Véron et Rachida Dati" conduite par Aurélien Véron (LR, MODEM, UDI)

7. Liste "Sarah Kanfou pour Paris - Une ville heureuse" conduite par Rébecca Sirois (Reconquête).

Voici les affiches des trois listes conduites par des élus sortants :

- celle du maire sortant Ariel Weil:


Celle de son challenger, Aurélien Véron, qui est candidat pour Rachida Dati :

et celle de Martine Figuéroa candidate tête de liste pour Pierre-Yves Bournazel :

Il reste encore une semaine aux électeurs pour se décider.

Il sera intéressant de voir s'il y a un différentiel entre ce que votent les élections pour Paris Centre et pour la mairie centrale.

 

vendredi 6 mars 2026

MMDCCCLXXIX : Les originaux des nymphes de Jean Goujon au Petit Palais

 

Je commence cet article par une photographie que je diffuserai très bientôt sur mon blog "L'Amoureux des Bancs Publics". Je tiens à me réjouir de ce très bel espace qui a été créé au Petit-Palais, dans la partie en sous-sol, pour accueillir les originaux des nymphes sculptées par Jean Goujon pour la fontaine des Innocents (Paris 1er). La présentation permet tout d'abord d'avoir du recul sur les cinq nymphes :

Mais désormais, on peut aussi admirer de près les cinq bas-reliefs en respectant l'ordre initial dans lequel elles étaient disposées à l'époque où la fontaine formait un angle (jusqu'à la fin du XVIIIe siècle). J'ai écrit un long article à ce sujet (voir article du 15 juillet 2022). 

Voici un visuel qui montre comment la disposition initiale des statues a été respectée :


 Le banc sur lequel on peut s'asseoir permet d'admirer les drapés ciselés par Jean Goujon :


J'avais suivi de très près la mise en œuvre de la restauration de la fontaine des Innocents (voir notamment mon article du 26 avril 2022). C'est peut-être pourquoi Karen Taieb, l'adjointe à la mairie de Paris en charge du Patrimoine m'avait convié, en novembre dernier, à la soirée de vernissage de la mise en place de ces bas-reliefs au Petit Palais. Cela m'a permis de prendre cette photo.

Cette soirée a été un moment convivial qui tombait le jour de son anniversaire,  ce qui explique le bouquet de fleurs que Karen Taieb, au centre de la photo, tient en main.

J'ai attendu pour publier cet article car je voulais pouvoir retourner tranquillement prendre des photos au Petit Palais (ce que j'ai pu faire cette semaine). Je tenais cependant à le rédiger avec les élections municipales car Karen Taieb va quitter son siège de Conseillère de Paris puisqu'elle ne se représente pas. Elle ne sera donc plus très bientôt l'adjointe de la ville de Paris en charge du Patrimoine (fonction qu'elle a exercé depuis septembre 2018). Nombreux la regretteront parmi celles et ceux qui s'intéressent à la protection du Patrimoine car elle a montré un sens de l'écoute et de l'engagement remarqués et appréciés. Une adjointe donc de la mairie de Paris qui a gagné le respect pour son action. Karen Taieb sera regrettée et il faut espérer que la personnalité qui lui succèdera (quel que soit le résultat des élections) montrera un même investissement. 

mardi 3 mars 2026

MMDCCCLXXVIII : Les façades de Paris Centre : 2 et 4, rue Rambuteau, un immeuble aux dizaines têtes, dans le plus pur style Rambuteau


 Aux 2 et 4, rue Rambuteau, (Paris 3e), à l'angle avec la rue des Archives, on trouve un immeuble dont la façade m'a intrigué depuis de très nombreuses années. Elle comporte un nombre impressionnant de têtes :

On peut les voir dans les angles, au dessus de chacune des fenêtres :

 

On trouve aussi ces têtes dans le décor des portails d'entrée du 2 :



et du 4; :

On en trouve en tout, paraît-il, 84. Voici vingt d'entre elles :

Ces têtes et le décor de l'immeuble sont dans un style néo-Renaissance, typique des immeubles construits sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848), à l'époque où Rambuteau était préfet de la Seine (de 1833 à 1848). C'est d'ailleurs lui qui a fait percer, en 1839, la rue Rambuteau qui relie la rue des Francs-Bourgeois aux Halles. 

Un élément m'a intrigué. On peut voir des "P", au dessus des fenêtres, entre les têtes des personnages :


 Cela m'a donc conduit à vouloir en savoir plus. Or, un résident de l'immeuble m'a gentiment donné des informations capitales (et qui sont affichée dans le hall) de l'immeuble. On y apprend que la ville avait revendu à Jacques Nicolas Piollet, un entrepreneur en bâtiment qui, en 1842, est à l'origine de la construction des 2 et 4, rue Rambuteau. Né le 7 mai 1801 à Paris (baptisé à l'église Saint-Merri dans le 4e), il est mort à Genève en Suisse le 22 août 1880 (merci à @stefdesvoges d'avoir retrouvé son acte de décès) :

 Grace à X, j'ai aussi reçu par Franck Tomi (@Perseis13), l'acte original de décès dans les registes de Genève :

L'escalier du 4, rue Rambuteau est toujours dans son état des années 1840. La Commission du Vieux Paris dans sa séance du 7 octobre 2003 avait émis un avis défavorable au projet d'installation d'un ascenseur dans la partie centrale. C'est pourquoi, il a conservé sa rampe et ses barreaux d'origine :

Les archives de la ville de Paris possède une intéressante photographie prise par Charles Joseph Antoine Lansiaux de l'immeuble prise en 1916 :


 On peut voir qu'on y trouvait une agence bancaire, le Comptoir National d'Escompte de Paris.  On reconnaît, dans la vitrine, deux affiches très célèbres des emprunts de guerre :


 A gauche, celle pour le 1er emprunt de guerre lancé en novembre 1915 avec pour slogan "L'or combat pour la victoire" :

et celle du 2e emprunt de guerre d'octobre 1916 "On les aura !" :

En conclusion, quand vous passez à l'angle de la rue des Archives et de la rue Rambuteau, n'oubliez pas de tourner la tête pour regarder cet immeuble !

vendredi 27 février 2026

MMDCCCLXXVII : Les statues du Louvre (36e volet) : Saint-Simon par Pierre Hébert

 

Voici le 36e volet de la série consacré aux statues des personnages illustres de la cour du Louvre. Il concerne Saint-Simon que l'on peut voir dans l'aile Henri IV, dans la partie Nord-Ouest de l'aile qui longe la cour carrée :

La statue de Saint-Simon est la 2e en partant de la gauche :

On peut aussi avoir une très belle vue sur cette statue depuis le 2e étage de la rotonde de Beauvais :


Saint-Simon est aussi représenté sur l'Hôtel de Ville, sur la façade de la rue de Lobau (voir article du 21 décembre 2008), voici la notice que j'avais écrite à l'époque à son sujet :

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon est né à Paris le 16 janvier 1675 et il y est mort le 2 mars 1755. L'immense manuscrit de ses mémoires a été écrit dans les années 1740, c'est-à-dire 25 ans après la disparition de Louis XIV.

A la mort du duc de Saint-Simon, le texte des mémoires a été confisqué sur ordre de Louis XV et ce n'est qu'en 1829-1830 partiellement, puis intégralement de 1879 à 1928 que l'oeuvre intégrale a été publiée.

De la main droite, la statue tient le manuscrit des Mémoires et, sur un socle situé juste en dessous, on peut lire le nom de l'artiste et l'année lors de laquelle la statue a été sculptée :

 

Il s'agit de Pierre Hébert et l'année est 1857. J'ai déjà évoqué cet artiste car on lui doit aussi la statue de Mazarin située à quelques dizaines de mètre de là (voir article du 14 septembre 2023). Pierre Hébert né à Villabé (Essonne) le 31 octobre 1804 et mort le 16 septembre 1869 dans le 11e arrondissement de Paris. Pierre Hébert a aussi sculpté pour les façades du Louvre la statue de Saint-Simon et celle du maréchal Ney (sur la rue de Rivoli).

Il a épousé Jeanne Planson qui était la mère de Jeanne Bertaux dont il est ainsi devenu le beau-père. Jeanne Bertaux a sculpté la statue de Chardin sur l'Hôtel de Ville (voir article du 17 septembre 2008). Le fils de Pierre Hébert et de Jeanne Planson, Pierre-Eugène Hébert a sculpté la statue de Régnard pour l'Hôtel de Ville (voir article du 27 août 2008).

vendredi 20 février 2026

MMDCCCLXXVI : A la MEP : la série Imperial court par Dana Lixenberg

 

Depuis le 11 février 2026 (et jusqu'au 24 mai), la Maison Européenne de la Photographie (Paris 4e) propose une exposition consacrée à l'oeuvre de Dana Lixenberg, une artiste néerlandaise née en 1964. Parmi les différentes séries présentées, j'ai choisi d'évoquer dans cet article la série commencée en 1993 intitulée Imperial Court (pour laquelle elle a été primée en 2017 par le prix Deutsche Börse). Il s'agit d'une série de portraits des habitants de cet ensemble de logements sociaux situés au sud de Los Angeles. Une démarche entreprise suite aux émeutes d'avril/mai 1992 consécutives à la mort de Rodney King, passé à tabac par la police.

Ces séries de portraits, en noir et blanc, sont bien mis en valeur dans les superbes espaces de la Maison Européenne de la Photographie. En voici un petit aperçu.