dimanche 29 juin 2014

MCDXXXII : Les rues de Paris Centre : la Rue Simon Le Franc

 

Voici un nouvel article de la série consacrée aux rues du 4e arrondissement. Il concerne la rue Simon Le Franc. Cette petite rue est située entre les rues Beaubourg et du Renard à l'Ouest (elle marque la séparation entre ces deux rues) et la rue du Temple à l'Est.

Cette rue a le charme des vieilles rues du Marais puisqu'elle ne fait que 10m de large et de nombreux immeubles sont très anciens. Cette rue ne fait plus que 96m de long mais elle a toujours été relativement courte comme on peut le voir sur un plan Turgot des années 1730 :


La rue a juste été rétrécie lors du percement de la rue du Renard dans les années 1930 ce qui fait qu'elle est un peu moins longue car elle a perdu une dizaine de mètres dans sa partie Ouest. Une partie du tronçon de la rue supprimé a servi pour la construction dans les années 1970 du Centre Pompidou.


L'appellation "rue Simon Le Franc" est très ancienne puisqu'elle apparaît sur des documents de 1237. Simon Franque était le nom d'un bourgeois parisien du XIIe siècle qui habitait cette voie.

De manière assez amusante, à l'angle entre la rue du Temple et la rue du Renard, on peut voir une plaque du XVIIIe siècle qui indique le nom de la rue sous une forme qui ressemble presqu'à un graffiti à peine déchiffrable :


 Cette rue symbolise à elle seule le contraste entre l'Ancien Paris et le Paris moderne :


 

 


jeudi 26 juin 2014

MCDXXXI : Les statues de l'Hôtel de Ville (108e volet) : Alexandre Lenoir par Alfred Lenoir

  

Voici le 108e volet de la série consacrée aux personnages qui sont statufiés sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris. J'achève avec cet article l'étude des personnages représentés sur les façades extérieures (il me reste quelques statues de personnages situés dans les cours intérieurs). Ce 109e épisode concerne "A. Lenoir" que l'on peut (aperce)voir sur la côté quai à gauche au 1er étage.

 Alexandre Lenoir  est un médiéviste qui est resté célèbre pour avoir fonder le musée des Monuments français en 1795. Cela explique que l'on trouve à ses pieds un chapiteau.

Alexandre Lenoir est né à Paris le 26 décembre 1761. Pendant la Révolution française, il a essayé d'empêcher le pillage des tombeaux royaux à la basilique Saint-Denis. Il aurait à cette occasion conserver une partie des ossements qui ont pu ainsi être remis en place en 1893.

Alexandre Lenoir a permis à une partie du Patrimoine architectural de survivre à la tourmente révolutionnaire. Alexandre Lenoir est mort le 11 juin 1839. Voici son portait par le peintre Jacques-Louis David :

 Et voici un autre portrait que je trouve plus intéressant par Marie-Genevière Bouliard présenté au salon de 1796 :

Il est le père d'Albert Lenoir fondateur du Musée du Moyen Âge (1801-1891).

Voici sa notice dans le livre de Georges Veyrat, Les statues de l'Hôtel de Ville (1892)

La statue d'Alexandre Lenoir est une oeuvre de son petit-fils, Alfred Lenoir né le 12 mai 1850 à Paris et mort le 27 juillet 1920 à Paris 16e.

 On peut voir une de ses oeuvres au musée d'Orsay : Ce Saint Jean-Baptiste qui date de 1883: 

 
 
A l'Hôtel de Ville, on lui doit aussi les statues de deux autres personnages : Alexandre-Gabriel Decamps (voir article du 3 septembre 2008) et Eugène Delacroix (voir article du 11 avril 2009).

mercredi 18 juin 2014

MCDXXVIII : Le Centre de Paris hier et aujourd'hui : la place de Grève et l'Hôtel de Ville en 1720

 

L'Hôtel de Ville et sa place sont des lieux que j'apprécie tout particulièrement. J'ai déjà publié plusieurs vues qui montrent l'évolution de ce lieu.

Sur ce tableau  (dont l'auteur n'est pas connu) que l'on peut voir au musée Carnavalet, on peut observer l'état de la place en 1720 :

Au centre, l'Hôtel de Ville tel qu'il a été commencé sous François Ier et achevé au début du XVIIe siècle. L'architecture du corps central a inspiré les Hôtels de Ville qui ont été reconstruits sous la Monarchie de Juillet puis dans les premières années de la 3e République :

Sur la place qui s'appelait, alors, place de grève, on peut voir des marchandises qui quittent le port sous le regard de quelques passants (ces détails ne sont pas sans rappeler les oeuvres de Canaletto à Venise) :

Tout à droite du tableau, on peut observer un détail notable,  la présence d'un gibet :

Cela rappelle que de nombreuses exécutions publiques avait lieu à cet endroit.

Ce gibet était placé le long d'un pararapet qui servait de quai avec la Seine et se prolongeait vers le quai de Gesvres comme on le voit sur plan Turgot des années 1730 :


dimanche 15 juin 2014

MCDXXVII : Les "vraies" statues de la galerie des rois de Notre-Dame

  

Sur la façade de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, on peut voir au dessus des trois portails une galerie qui représente les rois de Juda qui sont une évocation biblique des rois de France.

Lors de la tribune installée pour le Jubilée de la cathédrale en 2013, il a été possible de voir de plus près ces statues. En voici un exemple :


Certains ne le savent peut-être pas, mas ces statues ne sont pas des copies des oeuvres initiales. En effet, les statues d'origine avaient été jetées bas à la Révolution française et elles étaient portées disparues quand Viollet-le-duc a restauré la cathédrale au milieu du XIXe siècle. Les restaurateurs ont donc dû faire preuve de créativité... avec cette lourdeur qui fait tout le charme de ce siècle.

Cependant, en visitant le musée de Cluny (dans le 5e arrondissement), on peut avoir la surprise de voir les statues originales :

En effet, ces oeuvres du XIIIe siècle ont été retrouvées fortuitement en 1977 dans la cour de l'Hôtel Moreau dans le 9e arrondissement. On retrouve le style des tailleurs de pierre de la cathédrale de Chartres.