vendredi 29 avril 2011

DCCCLXVIII : Les statues de l'Hôtel de Ville (69e volet) : Jacques-Auguste de Thou par Jean Barnabé Amy

  

Voici le 69e épisode de la série des statues de l'Hôtel de Ville. Il concerne la statue de De Thou que l'on trouve au 2e étage à droite du pavillon central qui donne sur la place de l'Hôtel de Ville.

Jacques-Auguste De Thou est né à Paris le 7 octobre 1553. Il y est mort le 7 mai 1617. C'était un clerc qui a fréquenté le 4e arrondissement puisque c'était un clerc qui a commencé comme chanoine de Notre-Dame. Il a principalement eu une activité de magistrat qui l'a conduit en 1588 à devenir conseiller d'Etat.

Partisan du respect du droit, il prend parti pour Henri IV contre la Ligue dès 1589. En 1593, il fait partie des négociateurs à la conférence de Suresnes (une ville clé de l'histoire de France) qui prépare l'entrée d'Henri IV dans Paris l'année suivante. Il a par la suite œuvré à la mise en application de l'Edit de Nantes signé par le roi en 1598.

Pendant la Régence de Marie de Médicis il fut Secrétaire d'Etat aux finances de 1611 à 1614.

C'est aussi un historien. A partir de 1604, il a publié en latin une histoire universelle les Historiae qui concerne la période 1543- 1607. L'ouvrage a été mis à l'index en 1609 car il donnait un point de vue trop peu favorable aux catholiques.

Pas la moindre trace d'une rue De Thou à Paris alors que ce personnage devrait être un modèle de la réconciliation entre catholiques et protestants.

La statue est une œuvre du sculpteur Jean Barnabé Amy né à Tarascon (Bouches-du-Rhône) le 11 juin 1839 et mort à Paris le 24 mars 1907.

mardi 26 avril 2011

DCCCLXVII : 140e anniversaire de la Commune de Paris, une expo à voir pour mieux connaître l'histoire du 4e


En ce moment on peut voir une exposition intéressante à l'Hôtel de Ville : elle est consacrée à la Commune de Paris dont on célèbre le 140e anniversaire.

Pendant les semaines qui ont suivi son ouverture, il était impossible d'y entrer tant la file d'attente était longue.  Cependant, depuis le 12 avril et l'ouverture de l'exposition qui est consacrée à "Paris au temps des impressionnistes" (dont je reparlerai bientôt), celle consacrée à la Commune fait moins recette et donc le temps d'attente est très réduit. J'ai réussi à rentrer dans l'exposition consacrée à la Commune sans faire la queue, ce qui était impossible les semaines précédentes.

La Commune de Paris m'intéresse depuis fort longtemps puisqu'en TD de licence à la Sorbonne j'ai eu la chance d'avoir comme professeur Jacques Rougerie qui est l'un des spécialistes de la question. L'exposition a le mérite de montrer de nombreux documents à propos de cette période pour le moins agitée de l'histoire de Paris.

Pour ceux qui s'intéressent plus particulièrement au 4e arrondissement, on peut souligner la présentation des documents suivants :

 - des photographies de l'Hôtel de Ville et de la place au moment de la mise en place de la Commune. Cela permet de voir le bâtiment dans son état ancien tel qu'il avait été reconstruit sous Louis-Philippe avec notamment la salle du trône.

- deux portraits de leaders de la Commune qui étaient du 4e arrondissement ;  Charles AMOUROUX (1843-1885) qui était ouvrier chapelier et Gustave LEFRANCAIS (1846-1901) qui était instituteur.

- une photographie d'une barricade située avenue Victoria pour protéger l'accès à la place de l'Hôtel de Ville (voir en fin d'article).

La suite de l'exposition est plus tragique :

- une vue cavalière montrant de nombreux bâtiments de la rive droite en feu en mai 1871.

- une gravure des Communards fusillés dans la caserne Lobau.

- une gravure des combats rue Saint-Antoine au niveau de la barricade située vers l'église Sainte-Marie.

- de nombreuses vues des immeubles situés rue de Rivoli éventrés par des obus.

- les ruines de l'Hôtel de Ville après son incendie par les Communards.

Je publie juste un document : la photographie de la barricade située avenue Victoria avec en arrière-plan la Tour Saint-Jacques. On a du mal à imaginer à des canons en plein cœur de notre arrondissement.

dimanche 17 avril 2011

DCCCLXI : Les ponts de Paris Centre : Le pont de l'Archevêché.

 

Voici le 11e article de la série consacrée aux ponts du 4e arrondissement. Il s'agit du pont de l'Archevêché situé entre la pointe Est de l'île de la Cité et le 5e arrondissement. 

Jusqu'au début du XIXe siècle, il n'y avait pas de pont à cet endroit. On y trouvait un jardin dépendant de archevêché qui devait être un endroit très agréable dans ce lieu très densément habité à l'époque comme on peut le voir sur le plan Turgot des années 1730 :

Le pont de l’archevêché a cependant un aspect relativement ancien. En effet, il a été bâti sous Charles X en 1828 et n'a jamais été reconstruit. Beaucoup d'autres ouvrages ont tous été édifiés ou réédifiés à sous le Second Empire ou après. Cet ouvrage est ainsi intégralement édifié en pierres.

Construit par l'ingénieur Plouard, la configuration de ce pont (3 arches de 15m, 17m et 15m ce qui est relativement étroit) en font un point de passage relativement dangereux pour les bateaux. Le dernier accident mortel de bâteau sur la Seine a eu lieu à cet endroit en septembre 2008. 

De même, le pont est relativement étroit. Il fait 11m de large, avec deux trottoirs de 2m ce qui fait que la chaussée ne fait que 7m de large. Cela explique un accident de la circulation survenu le 27 septembre 1911 (je publierai très bientôt un document à ce sujet). Pour remédier à cette situation un parapet en pierre a été installé avant l'accès au pont pour éviter qu'un véhicule ne puisse basculer dans la Seine.

En 1910, un projet prévoyait d'élargir le pont pour qu'il passe de 11m à 20m de large mais ce projet n'a jamais abouti. 

Depuis ce pont on peut profiter d'une des plus belles vues sur la cathédrale Notre-Dame :


 

vendredi 8 avril 2011

DCCCLVI : Les façades d'immeuble de Paris Centre : Un immeuble Art déco au 20 rue Beaubourg à l'angle avec la rue Rambuteau

  

A l'angle Sud-Est du croisement entre la rue Beaubourg (au n°20) et la rue Rambuteau, on trouve cet immeuble au décor qui peut paraître très banal. Il possède cependant un petit détail qui permet de dater sa construction.

En effet, au 20 de la rue Rambuteau, on peut voir le très beau portail d'entrée de cet immeuble :

De chaque côté on peut admirer deux pilastres géométriques avece des chapiteaux tout de même ouvragés avec des décors floraux :

Le linteau de la porte et les ferronneries des balcons sont eux d'une grande sobriété géométrique :

par contre à l'ébrasement, de part et d'autre de la porte, sont utilisés aussi des motifs végétaux très décoratifs :

L'ensemble est donc un exemple caractéristique du style Art Déco apparu juste avant la 1ère Guerre Mondiale et qui a connu son apogée dans l'Entre-deux-Guerres. Cela est confirmé par la date de la construction (1925) que l'on peut voir à droite du portail avec le nom de l'architecte : J. Bellat.


 P.S. : Quelques centaines de mètres plus loin, au 56 rue Beaubourg, on trouve un autre immeuble Art Déco construit celui-là en 1929 (voir article du 10 décembre 2019)

mercredi 6 avril 2011

DCCCLV : Les panneaux derviches tourneurs du 4e : un problème qui n'a pas été réglé


Croisement rue Saint-Merri/rue du Renard le 4 avril 2011

Je me permets d'aborder un sujet qui peut paraître anecdotique et bien prosaïque : les panneaux indicateurs que l'on peut voir dans le 4e arrondissement.

Comme je l'avais signalé sur le blog "le 4e que j'aime" hébergé par  mon ami Vincent Roger (articles datés du 23 janvier 2008  et du 5 mars 2008), certains  de ces panneaux ont une fâcheuse tendance à bouger, à tourner semble-t-il sur eux-même,  ce qui fait que je plains les visiteurs qui se risquent à suivre les indications qu'ils donnent... En effet, encore une fois, le 4 avril 2011,  à l'angle entre la rue du Renard et la rue Saint-Merri, une personne qui voulait prendre la direction du quartier de l'Horloge était dirigée vers le Sud alors que ce quartier est plein Nord ! Idem pour le centre Wallonie Bruxelles qui est lui situé vers l'Ouest.

Quand au théâtre du Tourtour annoncé "20, rue Quincampoix", cela fait belle lurette qu'il a disparu. Créé en 1986 par Claudine Gabay, il a été remplacé dès les années 1990 par un restaurant fréquenté, entre autre, par Danièle Mitterrand, "Le pied de chameau" qui y a réunit en 2006 ses proches pour commémorer le 10e anniversaire de la disparition de François Mitterrand. Cet établissement a lui aussi fermé ses portes à la fin des années 2000 pour être transformé en club sportif  : l'Usine Beaubourg (frais d'inscriptions annuels : 1 600€). Pour en savoir plus voici le lien : http://www.usineopera.com/


Quant au théâtre du Renard, (annoncé par un des panneaux au 12, rue due Renard), il a lui aussi disparu pour être remplacé en 2010 par un restaurant dont la conception intérieure est due à l'architecte Franklin Azzi.

Certains panneaux ressemblent donc plutôt à une rubrique nécrologique des salles de spectacles qui disparaissent les unes après les autres !

Ces panneaux sont gérés par la Préfecture de Police de Paris, la Ville de Paris ou la mairie du 4e, peu importe.  Je continue à penser qu'il serait temps que l'on fasse un bon ménage dans ces dispositifs indicateurs qui encombrent l'espace... D'autant plus que les informations qu'ils donnent sont FAUSSES !

 

lundi 4 avril 2011

DCCCLIV : La famille du prévôt des Marchands Claude Marcel dans un vritail de l'église Saint-Merri

 

En visitant de près l'église Saint-Merri (Paris 4e), j'ai découvert 'un vitrail consacré à la "famille d'Etienne Marcel" d'après la feuille d'information disponible sur place. Ce vitrail est situé dans le transept Sud dans la partie haute du mur tourné vers l'Ouest. 

 Comme cette église en gothique flamboyant a, en grande partie ,été construite au XVIe siècle, la famille Marcel dont il est question n'est peut-être pas celle d’Étienne Marcel, mais en tout cas celle de Claude Marcel qui a été prévôt des Marchands en 1570-1572 après avoir été un conseiller très écouté d'Henri II puis de Catherine de Médicis. Une personne qui m'est très chère a l'insigne honneur d'être un descendant de ce personnage. Je pense donc que c'est une de ses ancêtres qui est représentée parmi les donateurs qui figurent dans la partie inférieure du vitrail :

Claude Marcel qui était orfèvre sur le Pont Notre-Dame était un personnage très influent. La foule l'a obligé en août 1572 à accepter de prendre la tête du mouvement de massacre des protestants lors de la Saint-Barthelémy. Il a été enterré pas très loin de l'église Saint-Merri, dans l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie dont il ne reste que la "tour Saint-Jacques".

L'un des mystères de ce vitrail, comme de ceux du choeur de l'église Saint-Merri, est le fait qu'il a échappé aux destructions (provoquées soit au XVIIe-XVIIIe siècle par le mépris pour les vitraux, soit par les actes révolutionnaires qui n'ont pas été rares dans ce quartier central et populaire de Paris pendant la Révolution française et au XIXe siècle).

Il se trouve que je vis avec une personne qui descend directement de Claude Marcel...