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mercredi 7 octobre 2026

MMCMXLIIII : Les splendides espaces dessinés par Joseph-Louis Duc au palais des Justice

 

Un grand nombre d'affaires jugées en 1ère instance ont été déplacées dans le Nouveau Palais de Justice Batignolles en 2019. Cependant, un certain nombre de procès continuent à se tenir dans le palais de l’île de la Cité,  notamment les procès en appel.

Cela permet d'aller assister à des audiences mais aussi de découvrir de superbes espaces dont ceux qui illustrent cet article. Il s'agit d'abord du vestibule de Harlay, situé à l'extrémité Ouest du Palais et par lequel le public peut accéder à la cour d'Assises d'Appel.

J'ai tout particulièrement apprécié l'escalier qui permet au public d'accéder à la salle où se tiennent les procès :


Les longues galeries qui, depuis l'entrée, permettent de gagner ce vestibule sont elles-mêmes impressionnantes :



 Ces espaces sont été conçus par l'architecte Joseph-Louis Duc, né à Paris le 25 octobre 1802 et mort aussi à Paris le 22 janvier 1879. On lui doit la Colonne de Juillet, place de la Bastille. Il a conduit les travaux d'agrandissement du Palais de Justice pour l'accès à la Cour d'Assises ont été commencé dans les années 1850 et achevés en 1867, mais une grande partie de cet espace a été incendié par les Communards le 24 mai 1871. Les travaux ont recommencé et été achevés en 1875, quatre ans avant la mort de Joseph-Louis Duc.

lundi 13 juillet 2026

MMCMXIX : Exposition "Rives habitées" à la Librairie Henri IV

 

La librairie Henri IV au 15, boulevard Henri IV (Paris 4e) est une librairie papeterie de quartier qui existe  depuis plus de 50 ans. Je lui consacrerai bientôt un article car je compte lancer une nouvelle série consacrée aux librairies de Paris Centre.


 Cette librairie a eu la très bonne idée de proposer à Baptiste Gianeselli de présenter les photographies qu'il a prises avec pour thème "Rives habitées".  En dix-neuf vues, le photographe réussit à saisir la magie de ces moments éphémères où certaines personnes semblent en communion avec la Seine. Ces instants qui, telle chaque petite goutte du fleuve, traversent Paris et font son âme sans jamais y revenir.

Par ses cadrages, son sens de la lumière, la série "Rives habitées" donne une vision d'un grand humanisme : les différents personnes forment un ensemble habité par celle qui est la véritable protagoniste de cette exposition : la Seine.

La présentation dans la librairie est très réussie. Les photographies et les présentoirs de livres se mettent réciproquement en valeur.

 

L'exposition est présentée du 8 juillet au 1er août et du 17 au 26 août 2026 sur les heures d'ouverture de la librairie (du mardi au vendredi de 10h30 à 19h, le samedi de 11h à 19h et le lundi de 13h à 19h).

samedi 4 juillet 2026

MMCMXVI : Les six mascarons de la façade côté jardin de l'Hôtel d'Aumont

 

Voici un nouvel article à propos de mascarons, ces têtes qui décorent les façades des immeubles des XVIe, XVII et XVIIIe siècle, et aussi parfois du XIXe siècle. Je leur ai consacrés de nombreux articles comme par exemple ceux de la colonnade du Louvre de l'Hôtel des Ambassadeurs de Hollande (article du 29 avril 2017), de l'Hôtel de Chalon-Luxembourg (article du 4 novembre 2011), de la place des Victoires (article du 23 mai 2020), de la place Vendôme (article du 27 mai 2021), de l'angle des rues Greneta et Saint-Denis (article du 12 mars 2019), du 19/21 rue Poissonnière (article du 29 octobre 2019) ou du 42, rue Meslay (article du 20 novembre 2020)

Cet article concerne les six mascarons que l'on peut voir sur la façade côté jardin de l'Hôtel d'Aumont (siège du tribunal administratif de Paris) :

Il décore les ouvertures du 2e étage des deux avant-corps qui agrémentent cette façade. Tout d'abord celui de gauche :


 On peut voir au centre, un très beau visage avec une coiffe assez rare pour un mascaron : 
On trouve à ses côtés deux personnages avec des couronnes végétales :

- à gauche :

et à droite :


Le 2e avant corps à droite comporte aussi trois mascarons :

mais cette fois au centre, on peut voir une figure féminine :

mais elle est entourée de deux hommes barbus :

- à gauche :

et à droite :

Ces mascarons datent des toutes premières années du XVIIIe siècle. En effet, Louis-Marie Victor d'Aumont (1632-1704) a fait refaire la façade à partir de 1703. On retrouve son chiffre sur les ferronneries des balcons :


 

mardi 2 juin 2026

MMCMVIII : Les curieuses perspectives que l'on peut voir grâce à la caverne dessinée par JR pour le Pont Neuf

  

La vue sur l'île de la Cité depuis le pont des Arts le 24 mai 2026

Depuis la fin du mois de mai 2026, on a pu voir apparaître une curieuse excroissance dans le bras nord du pont Neuf. Il s'agit d'une caverne, conçue par l'artiste JR, qui ouvrira ses portes le 4 juin*. En attendant, cela permet d'observer de saisissante perspectives depuis les alentours.
Depuis le quai de la Mégisserie

Depuis le Pont-au-Change

Depuis le quai de l'Horloge (Paris 1er)

Depuis l'extrémité sud du Pont Neuf

Depuis la rue Dauphine (Paris 6e)

Cette nouvelle ligne d'horizon provisoire ne laisse pas indifférent les visiteurs :


 * en 2009, JR avait décoré un autre pont du Coeur de Paris : le Pont Louis-Philippe (voir la fin de l'article du 1er mai 2010).

 

mardi 26 mai 2026

MMCMVI : Les façades de Paris Centre : 14, quai de la Mégisserie : deux cariatides, neuf muses, des lions et un bas-relief qui représente une des plus grandes peintres du XIXe siècle

 

Cet article concerne le 14, quai de la Mégisserie (Paris 1er), un immeuble situé sur le quai entre le Louvre et la place du Châtelet. Cet immeuble a d'abord retenu mon attention car le porche d'entrée est orné par deux superbes cariatides :


Ces cariatides sont d'une sculpteur Aimé Millet. J'ai déjà évoqué ce sculpteur car on lui doit la statue de Louvois dans la cour du Louvre (voir article du 29 janvier 2026). Elles datent de 1864 et elles avaient été commandées par l'architecte Henri Blondel (né à Reims le 20 janvier 1821 et mort dans le 16e arrondissement de Paris le 14 septembre 1897). 

Les cariatides d'Aimé Millet sont vraiment très belles.

Elles dévoilent chacune un sein :

Leur visage est impassible et d'une grande sérénité :

En faisant des recherches sur cette façade, j'ai été surpris d'apprendre que le bas-relief situé au 1er étage dans l'axe du portail d'entrée représenterait une des plus grandes peintres françaises : Berthe Morisot :

Cela m'a paru surprenant, mais après enquête (j'ai consulté un ouvrage écrit par Henri Dumesnil, Aimé Millet, souvenirs intimes,écrit en 1894 à la mort du sculpteur) et j'ai appris qu'effectivement Aimé Millet avait été régulièrement invité au salon que tenait Cornélie Morisot (1819-1876), la mère de Berthe Morisot et surtout que cet artiste avait accepté de prendre parmi ses élèves Berthe Morisot (née en 1841,  elle avait 23 ans en 1864). La jeune femme n'était pas encore connue (sa carrière de peintre ne commence vraiment que dans les années 1870)  mais il est donc plausible que ce soit bien elle qui apparaisse dans ce médaillon :

Cependant, en regardant de près la photo que j'avais prise pour illustrer cet article, je me suis rendu compte qu'un nom apparaissait dans la partie supérieure du médaillon :

On peut ainsi lire "Poymnie". Il s'agit d'une des neuf muses (auxquelles j'ai déjà consacré deux articles, un à propos de la chambre des Muses de l'Hôtel Lambert et un autre à propos du 61/63, rue Réaumur). En retournant sur place, je me suis rendu compte que les médaillons situés au 1er étage représentaient l'ensemble des neuf muses : cinq sur la façade qui donne sur le 14, quai de la Mégisserie et quatre autre dans la partie en retour dans la rue Bertin-Poirée :


 et voici les neuf médaillons correspondant :

Voici en détail chacune de ces muses. En partant de la gauche, sur la façade du 14, quai de la Mégisserie on peut d'abord voir Erato, la muse de la poésie lyrique :

puis Polymnie, la muse de la rhétorique et de l'éloquence (avec les traits semble-t-il donc de Berthe Morisot) :


 puis Calliopé, la muse de la poésie :


 puis Clio, la muse de l'histoire :


 puis Thalie, la muse de la comédie :

dans la partie de la façade donnant rue Bertin-Poirée, on peut voir toujours de gauche à droite :

- Terpsichore, la muse de la muse de la danse : 

 

- puis Euterpe, la muse de la musique : 

- puis Uranie, la muse de l'astronomie :


 et enfin Melpomène, la déesse du chant et de la tragédie :


 Il est intéressant de noter que dans la partie droite de la façade donnant rue Bertin-Poirée, on trouve encore deux figures féminines dans des médaillons mais elles ne représentent pas de personnage particulier. Aucun nom n'est écrit au-dessus :

Il s'agit certainement d'une volonté d'équilibrer le décor de la façade.

On peut noter un dernier détail intéressant. La façade quai de la Mégisserie et rue Bertin-Poirée est rythmée par des pilastres qui vont du 2e au 3e étage avec des chapiteaux ioniques  :

et dans l'axe on peut voir des lions :

Ce décor apparaît sur toute la longueur du pâté de maisons, ce qui donne une grande harmonie à l'ensemble :

Cependant, les deux cariatides et les muses ne décorent que la partie droite de cet ensemble.

On peut pour finir se demander pourquoi Aimé Millet a représenté les neuf muses sur la façade de cet immeuble. Il est intéressant de rappeler que, quelques années plus tard, en 1868, c'est lui qui a conçu la monumentale statue d'Apollon élevant une lyre au-dessus de l'Opéra Garnier. Apollon, le dieu des arts auquel les neuf muses étaient associées.