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vendredi 12 février 2021

MMCCLVII : La fin de l'année du rat dans Paris Centre.... vive l'année du buffle

 

Pour la 1ère fois depuis le regroupement des quatre premiers arrondissements, le Nouvel An chinois est célébré. Cependant, comme par le passé, le 4e arrondissement et le 3e arrondissement qui rassemble une forte population d'origine chinoise sont pavoisés, notamment le long de la rue de Turbigo. et la rue du Temple.

Une mention spéciale pour la Mairie de Paris Centre, l'ex mairie du 3e arrondissement, un bâtiment que je continue à trouver moins intéressant que la mairie du 4e, mais qui mis en valeur par ces décors de Nouvel An :


ll en est de même pour la statue de la place de la République qui est un peu moins morose malgré le décor minéral qui caractérise la place qui l'entoure depuis sa réorganisation.


L'année du Rat s'achève pour laisser place à l'année du Buffle de métal. N'étant pas un adepte de l'astrologie... de quelle qu'origine qu'elle soit, je vais m'abstenir d'en tirer des conclusions.

vendredi 21 août 2020

MMCXCII : Un lieu qui mérite peut-être d''être mieux connue : la place du Châtelet


La place du Châtelet est un lieu que tous les Parisiens savent situer car elle est en plein coeur de Paris. Cependant, il m'est arrivé de devoir expliquer à des visiteurs que "Châtelet-les-Halles" (nom de la station de RER) correspondait à deux endroits différents. La plupart voient bien à quoi correspondent les Halles (grâce au centre commercial) mais par contre tous n'ont pas à l'esprit la place situé à plusieurs centaines de mètres de là. Quand vous êtes à l'église Saint-Eustache, vous êtes arrivés aux Halles, mais il faut faire encore près de 800m pour arriver place du Châtelet.

Il faut dire que la place du Châtelet es surtout un îlot autour du quel tournent les voitures car pour les piétons ce n'est pas un endroit très accessible. Elle forme dans sa partie Sud un cul-de-sac d'où il n'est pas possible de traverser vers le trottoir situé en face.

Il m'est arrivé plus d'une fois de surprendre même des Parisiens en leur expliquant que le lieu s'appelait le Châtelet car à cet endroit il y avait un château, enfin plutôt un petit château (un ... châtelet), mais quand même quelque chose qui ressemblait à un château fort.

Pour compendre à quoi servait cette forteresse on peut revenir au plan Turgot des années 1730. On voit que le Châtelet protégeait l'accès depuis la rive droite au pont au change (qui a été rebâti depuis mais est l'emplacement du plus vieux pont entre la rive droite et le l'île de la Cité) :


Voici une gravure qui donne une reconstitution de l'aspect qu'avait l'entrée du Châtelet :
Cet édifice qui a servi de prison sous l'Ancien régime a été détruit au début du XIXe siècle sur ordre de Napoléon Ier. Elle a été remplacée par une fontaine surmontée du monument que l'on peut voir aujourd'hui :
Il est constitué d'une colonne (un modèle inspiré de Rome que Napoloén Ier réutilisera pour la place Vendôme) surmontée d'une statue :
Cette statue est due au sculpteur Louis-Simon Boizot (1743-1809). Elle représente une victoire ailée tenant deux couronnes de lauriers (la statue est souvent appelée la "Renommée de Boizot"). Il s'agit d'une copie car l'original est conservée au Musée Carnavalet (où on pourra peut-être la revoir bientôt quand le musée aura rouvert).


La colonne se finit dans sa partie supérieure par un motif à feuille de palmier. C'est pourquoi l'édifice est appelé "la fontaine du palmier". Sur le fût de la colonne sont indiqués le nom des victoires remportées par Napoléon Bonaparte en tant que général de la République puis en tant consul et par la suite par Napoléon Ier en tant qu'empereur :
Sur la face de la colonne photographiée ci-dessus on peut ainsi lire Lodi (1796), Les Pyramides (1798), Marengo (1800), Ulm (1805) et Dantzig (1807).

A la base, Bloziot a représenté quatre statues allégoriques qui représentent la Vigilance, la Justice, la Prudence et la Force. Elles surmontent des cornes d'abondance et l'aigle impérial :

Le monument a été achevée en 1808 mais il a été déplace 50 ans plus tard en 1858 quand la place a été agrandie. Pour qu'il continue à être situé au centre, il a été déporté de 12m vers l'Ouest. A cette occasion, une base décorée de quatre sphinx (sculptés par Henri-Alfred Jacquemart) a été ajoutée :


Si vous passez par cette place située dans le 1er arrondissement à la limite avec le 4e arrondissement et que vous avez lu cet article, vous la regarderez peut-être d'un peu plus près.

lundi 8 juillet 2019

MMLIX : Une très belle intiative pour favoriser la pratique des échecs en plein coeur de Paris

J'ai publié de très nombreux articles à propos de la place Edmond Michelet (voir les liens ci-dessous) située dans le 4e arrondissement à quelques pas du Centre Pompidou.

Certains se demandent peut-être pourquoi un damier a été dessiné au centre de cette place. Il s'agit en fait d'un échiquier. En effet, mon ami Jean-Daniel, membre du Conseil de quartier Saint-Merri m'a signalé un événement qui s'est tenu fin juin en relation avec ce marquage au sol : l'inauguration du local de l'association "Lutèce Echecs" le vendredi 28 juin.

 Cela a donné lieu à une partie avec un jeu d'échecs de grande taille dont s'est doté l'association :

 De plus, les tréteaux et les chaises ont été sortis pour permettre à de nombreux membres de l'association de participer à ce jeu


Bravo donc à cette initiative soutenue par le conseil de quartier Saint-Merri qui permet de faire la promotion d'un loisir qui valorise la réflexion et la convivialité.

Merci à Jean-Daniel de m'avoir transmis les photographies de cet événément pour pouvoir illustrer mon article !

Mes précédents articles relatifs à la place Edmond Michelet :
- 20 novembre 2009 :  Les places de Paris Centre : La place Edmond Michelet, une place qui rend hommage à un héros de la Résistance (et non à un historien du XIXe siècle)

 
- 16 mai 2010 :  Les arbres de Paris Centre : Les paulownias de la place Edmond Michelet, un arbre qui porte le nom d'une princesse au destin remarquable. 

- 18 avril 2017 : MDCCCLIX : Place Edmond Michelet, les travaux ont commencé au milieu des Paulownias en fleurs

- 11 septembre 2017 : MCMVII : La place Edmond Michelet végétalisée !
 
 - 4 novembre 2017 : MCMXXII : Deux nouvelles statues dans l'espace public du 4e arrondissement





mercredi 9 juin 2010

DCXCII : Places et rues de Paris Centre : l'esplanade des Villes "Compagnon de la Libération"

  

L'esplanade des Villes "compagnon de la Libération" est le nom de la la terrasse située entre le bassin de l'Arsenal et le pont de Sully. C'est un lieu qui aurait tout pour être agréable s'il n'y avait les voitures qui passent à vive allure juste à côté. 

Le nom rend hommage aux villes de France qui ont reçu le titre de "compagnons de la Libération": Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l'Ile-de-Sein. Une "pacte d'amitié" entre ces 5 villes a été signé en décembre 1981 à l'époque où Jacques Chirac était maire de Paris. Quand tous les compagnons de la Libération (les héros de la Résistance pendant l'occupation nazie entre 1940 et 1944) auront disparu, ces villes se sont engagées à perpétuer leur mémoire.

Cette esplanade  porte ce nom depuis un arrêté municipal du 25 juin 2007 à l'époque où Bertrand Delanoë était maire de Paris.

dimanche 29 novembre 2009

DXLI : Les places de Paris Centre : La place Edmond Michelet, une place qui rend hommage à un héros de la Résistance (et non à un historien du XIXe siècle)

 

On trouve dans le 4e arrondissement, dans le quartier Saint-Merri ,une petite place dédiée à un homme dont le patronyme est Michelet. Elle est située à deux pas du Centre Pompidou. Elle fait 50m de long et 32m de large.

Jules Michelet est un des grands historiens du XIXe siècle (connu notamment pour ses envolées lyriques sur la Révolution française), cependant, cette place ne lui rend pas hommage.

En effet, il s'agit de la place "Edmond Michelet". Celui-ci a été un militant chrétien et un résistant de la 1ère heure et un ancien ministre de l'ère gaulliste.

 Né à Paris XIXe le 8 octobre 1899. Dans l'Entre-deux-guerres, il a milité à l'Action Catholique de la Jeunesse Française (A.C.F.J.). Il s'inquiète dès les années 30 de la montée des totalitarismes. A Brive, dès juin 1940, il distribue un tract avec une citation de Charles Péguy :"Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend". Il s'engage très tôt dans la Résistance.

 Arrêté en 1943 par la Gestapo, il est déporté à Dachau dont il ne sort qu'à la libération du camp par les Américains en avril 1945.

En octobre 1945, il est élu député de la Corrèze. Membre du M.R.P., il devient ministre des armées dans le gouvernement De Gaulle en novembre 1945. Dès 1947, il rejoint le Rassemblement Pour la France (R.P.F.) formé par les partisans du général De Gaulle.

 Par la suite, il a eu la responsabilité de nombreuses charges importantes :

- 1958 (à l'époque du retour du général De Gaulle au pouvoir), il est nommé ministre des Anciens Combattants.

- janvier 1959 à août 1961 : il est Garde des Sceaux.

- 1962 à 1967 : il est membre du Conseil Constitutionnel

- 1967 : il est élu député de la 1ère circonsciption du Finistère (Quimper)

- du 6 avril 1967 au 31 mai 1968, il est ministre d’État chargé de la Fonction Publique (qui à l'époque était encore jugée suffisamment importante pour avoir droit à un ministère...).

- en juin 1969, il succède à André MALRAUX au poste de ministre chargé des affaires culturelles. Il meurt à cette fonction le 9 octobre 1970 victime d'une hémorragie cérébrale. Malraux lui rend alors hommage en lui donnant le titre d'aumônier de la République.

La place porte ce nom depuis un arrêté municipal du 30 août 1978 (époque où le tronçon de la rue Rambuteau entre les rues Saint-Denis et Beaubourg est devenu piétonnier...).

dimanche 26 octobre 2008

CLXXIX : Place des Vosges... Pourquoi "des Vosges" ?

  

 La place des Vosges est certainement la place la plus célèbre et la plus touristique du 4e et du 3e arrondissement. C'est la 1ère place parisienne à avoir été conçue dans le cadre d'un aménagement urbain. Commencée en 1605 sous le règne d'Henri IV, elle a été achevée sous le règne de son fils, Louis XIII dont la statue orne le centre du jardin (voir un article précédent). C'est un carré presque parfait puisqu'elle fait 140 mètres sur 127 mètres. Cependant, à son origine, elle était appelée la place Royale...

Je ne m'étais jamais demandé à quelle époque cette place avait pris le nom de "place des Vosges". On aurait pu imaginer qu'il s'agissait d'un reste de l'époque où la France avait les yeux tournés vers la "ligne bleue des Vosges" qui servaient de frontière avec l'Allemagne (de 1871 à 1918). Tel n'est pourtant pas le cas !

En effet, dès 1792, avec la chute de la monarchie, la place avait été rebaptisée place "des Fédérés" puis, en 1793, de "l'Indivisibilité". Le nom actuel a été choisi car, en l'an VIII de la République (1799-1800), les Vosges avaient été le premier département à acquitter la totalité de sa contribution. Elle a perdu ce nom à l'époque de la Restauration (1814) pour reprendre le nom de place Royale avant de redevenir en 1831 la "Place des Vosges". En 1852, nouveau retour au nom de place royale (sous le 2nd empire) avant de reprendre en 1870, à la proclamation de la IIIe République, le nom actuel.

Le nom reste donc un hommage  au civisme bien connu des Vosgiens... Un civisme et un sens de l'intérêt général dont mon ami Lionel est un témoignage manifeste !

Sources :

- Alfred FIERRO, Jean-Marc LERI, Andrée JACOB,  Vie et histoire du 4e arrondissement, éditions Hervas, 2001.

- Bernard STEPHANE, Dictionnaire des noms de rues, Mengès, 1977, réédition, 2005.

J'avais écrit sur Héliosse en octobre 2007, un article à propos de la pièce de Corneille, La place royale qui se déroulait dans cette partie de Paris.