lundi 8 août 2022

MMCDLXIV : Les façades de Paris Centre : La Maison Belon-Vatard à l'angle du 2 rue Poissonnière et du 31 rue de Cléry, un édifice rocaille de 1739

 

A l'angle du 2 rue Poisonnière et du 31 rue de Cléry, on peut admirer un très bel immeuble avec une façade dans le goût du XVIIIe siècle.

A l'angle, on pet voir que les noms gravées des deux rues sont indiquées :

Les noms gravés correspondent à la décision prise en 1729 par le lieutenant général de police René Hérault (voir mon article du 23 novembre 2011) ce qui montre que cet immeuble date bien du XVIIIe siècle :

Les façades sur chacune des rues sont belles à voir :

mais celle côté rue de Cléry est plus sobre :

En effet, dans la façade rue de Cléry, seul le portail comporte (outre les ferronneries) un décor :

Avec un superbe mascaron :

Sur la rue Poissonnière, on peut voir davantage de décors :

On retrouve un portail orné d'un mascaron :

mais ici le mascaron est surmonté d'un arc de lune ce qui permet de penser qu'il représente la déesse Diane :


La partie supérieure de la façade est surmonté par un fronton triangulaire qui domine et avec des décors entre le 2e et le 3e étage ainsi que sur le fronton :

On trouve tout d'abord à nouveau un autre mascaron :

enfin au centre du fronton on aperçoit un lion (il est difficile de le voir car il est très en hauteur et il est difficile de prendre du recul) :

Sur le plan Turgot du début des années 1730 (qui habituellement représente assez précisément les façades), la façade n'est pas représentée à l'angle de la rue Poissonnière et de la rue de Cléry :

 Sur l'Inventaire du Patrimoine de l'Ile-de-France on donne une date légèrement postérieure : "En 1737, l'architecte Jean-Baptiste Vautrain négocia au nom de Louise Belou ou Belon, veuve Vatard, l'acquisition d'une maison vétuste. Le 19 juin 1739, l'entrepreneur Lafrique obtint un permis de construire et Vautrain exigea le montant de ses honoraires en 1742."Il est précisé que "La maison, située à l'angle de deux rues, occupe une parcelle de dimensions modestes, sans espace libre. La commanditaire a toutefois exigé de pouvoir entrer et sortir en voiture, ce qui fait qu'il s'y trouve un passage cocher qui butte sur l'escalier."

Pour une raison que je n'ai pas réussi à comprendre cette maison Belon-Vatard est aussi appelée "Hôtel de Noisy".

La plan cadastral du début du XIXe siècle montre la configuration très particulière de la parcelle (en losange)  :

L'escalier principal que l'on voit dans la partie droite du plan ci-dessus semble vraiment imposant comme le laisse penser cette photo que l'on peut trouver sur l inventaire du Patrimoine de la Région Ile-de-France :

On peut noter par contre que certaines ouvertures semblent avoir été occultées :

Il s'agit certainement d'une conséquence de l'impôt sur les portes et fenêtres mis en place par la loi du 4 Frimaire an VII (24 novembre 1798) qui n'a été abrogée qu'en 1926. Une taxe semblable avait été mise en place en Angleterre par le roi Guillaume III en 1696 et qui a disparu au milieu du XIXe siècle.

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