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lundi 21 septembre 2026

MMCMXXXIX : Exposition Hugo et l'Architecture au musée Victor Hugo

 

Jusqu'au 22 novembre 2026, au musée Victor Hugo, place des Vosges (Paris 4e), on peut visiter une exposition qui montre que l'immense écrivain avait plus d'un talent. Elle a pour thème "Hugo et l'architecture".


 Elle permet - une nouvelle fois - de se rendre compte les qualités de dessinateur de Victor Hugo comme ne témoigne ces trois exemples que j'ai sélectionnés :

Lucerne "ce que je vois de ma fenêtre", 13 septembre 1839

 
Tours et flèches d'une cathédrale gothique, 1836


Vue de Paris, 1850

 Deux documents manuscrits ont aussi particulièrement retenu mon attention :

- Une lettre de pétition de 1842 par laquelle Victor Hugo déplore l'était de la cathédrale Notre-Dame :


 et une lettre de 1877 écrite par Eugène Viollet-Le-Duc adressée à Victor Hugo qui commence ainsi "cher et illustre maître".:


 

jeudi 27 août 2026

MMCMXXXII : Les cartes postales de Paris Centre : les 12, et 14, rue de Turenne (Paris 4e) au début du XXe siècle

 

Voici un nouvel article consacré aux cartes postales de Paris centre. Il concerne l'une d'elle que j'ai dans ma collection depuis fort longtemps et qui m'a intrigué en raison de la légende qui apparaît en haut à gauche "encorbellement du 12 de la rue de Turenne, appartient à l'hôtel de Chaulnes, 9 place des Vosges".


 Cet encorbellement que l'on voit en pleincentre de la photographie a un aspect pour le moins insolite :

Inutile de cherche cet encorbellement aujourd'hui. Il a disparu et la rue de Turenne a bien changé depuis comme on s'en rend compte en se plaçant depuis le même endroit (approximativement à l'endroit où la rue de Jarente forme un angle droit avec la rue de Turenne) :

La carte n'est pas datée. Au dos rien n'est écrit qui puisse donne le moindre élément de datation. J'ai essayé d'en savoir plus sur ce qui apparaissait sur vue.

Je me suis d'abord référé au plan Turgot des années 1730 qui représente assez fidèlement les façades quand elles sont tournées vers l'Ouest et le Nord ce qui est le cas du côté pair de l'actuelle rue de Turenne.

On voit qu'à l'époque cette partie de la rue s'appelait "rue des égouts Sainte-Catherine". En regardant de plus près on voit une partie en saillis à la hauteur de ce qui est aujourd'hui le 12, rue de Turenne :

En faisant un bon dans le temps, on peut observer le plan cadastre Vasserot des premières décennies du XIXe siècle :

On voit une partie qui est peut-être l'encorbellement :

Le musée Carnavalet possède une vue prise par Eugène Atget, en 1911, depuis la rue de Jarente qui permet de voir de manière plus précise quel était l'aspect de cet encorbellement :

Voici un zoom sur la partie centrale :

Voici une vue prise depuis le même endroit aujourd'hui :  

 


Cependant, d'autres éléments sont intéressants sur cette carte postale. En regardant, à l'arrière-plan, on observe un décor qui a lui aussi été complètement transformée :

 
Le musée Carnavalet possède une photographie prise par Eugène Atget mais non datée qui représente le 14, rue de Turenne :


 mais ce musée possède un vue anonyme de 1914 qui permet de bien comprendre de quoi il s'agit :


 Cela permet de se rendre compte qu'on trouvait à cet endroit le siège social de la Fonderie d'Harfleur :


 

Le siège de la fonderie a été présente au moins au début du XXe siècle. J'ai trouvé deux entreprises qui se sont accédées :

- avant la Première Guerre mondiale, la société HUBIN

- après la Première guerre mondiale, dans les années 1920, elle avait été repris par l'entreprise Marcel Bassot.

 Le 14,rue de Turenne a aussi radicalement changé d'aspect et qui est amusant et qu'on a l'impression qu'il a toujours eu celui-ci alors que ce n'est pas le cas :

 

Voici une compaison début du XXe siècle et aujourd'hui qui montre la transformation radicale du 14, rue de Turenne :


 

 

 

Ce qui est intéressant est ce que l'on voit encore après sur la gauche de la photographie du 14, rue de Turenne est aussi intéressant :

Voici un agrandissement : 


Or Atget a aussi pris en photo - non datée - cette partie de la rue de Turenne :

On se rend compte qu'il s'agissait la aussi d'une entreprise liée à la métallurgie :

On peut lire 'Aciers et toles corrodées et fondues" ainsi que "fourches et outils américains".

On trouvait donc dans cette partie de la rue de Turenne, dans des hôtels particuliers qui à l'Est donnait sur la place des Vosges des entreprises industrielles spécialisées dans la métallurgie. Le passé populaire et industriel du Marais.

Je n'ai pas trouvé à quel moment l'encorbellement du 12, rue de Turenne a été démoli. Il s'agit peut-être de 1924. En effet, juste à côté du 12, l'immeuble du 14, rue de Turenne date de cette année là :


 


Cet immeuble a la façade assez simple date de 1923. Le permis de construire a été déposé le 6 juillet 1923 par les propriétaires dénommés Hudry, qui avaient pour adresse le passage Genty. Il était prévu un magasin avec trois étages. Dès le 1er novembre 1923, un permis de construire complémentaires autorisait une surélévation d'un étage.

Quand on voit la configuration des lieux,on peut être à peu près certain que l'encorbellement a disparu à de moment là car le 14, était dans l'alignement du 12. 

Il est en tout cas assez surprenant que ce décor architecturale ait disparu ainsi, alors que la carte postale semble laisser entendre qu'il suscitait un certain intérêt. C'est d'autant plus étonnant que cet encorbellement était une création de Jules-Hardouin Mansart. Il est cité par Jean-Pierre Babelon, page 508, de l'"histoire de l'architecture du XVIIe siècle" (annuaires de l'école pratiques des Hautes études de 1973) :


 En tout cas, il est impressionnant de constater combien en 100 ans, cette partie de la rue de Turenne qui semble avoir un aspect très ancien a, en fait, profondément été transformée.




lundi 13 juillet 2026

MMCMXIX : Exposition "Rives habitées" à la Librairie Henri IV

 

La librairie Henri IV au 15, boulevard Henri IV (Paris 4e) est une librairie papeterie de quartier qui existe  depuis plus de 50 ans. Je lui consacrerai bientôt un article car je compte lancer une nouvelle série consacrée aux librairies de Paris Centre.


 Cette librairie a eu la très bonne idée de proposer à Baptiste Gianeselli de présenter les photographies qu'il a prises avec pour thème "Rives habitées".  En dix-neuf vues, le photographe réussit à saisir la magie de ces moments éphémères où certaines personnes semblent en communion avec la Seine. Ces instants qui, telle chaque petite goutte du fleuve, traversent Paris et font son âme sans jamais y revenir.

Par ses cadrages, son sens de la lumière, la série "Rives habitées" donne une vision d'un grand humanisme : les différents personnes forment un ensemble habité par celle qui est la véritable protagoniste de cette exposition : la Seine.

La présentation dans la librairie est très réussie. Les photographies et les présentoirs de livres se mettent réciproquement en valeur.

 

L'exposition est présentée du 8 juillet au 1er août et du 17 au 26 août 2026 sur les heures d'ouverture de la librairie (du mardi au vendredi de 10h30 à 19h, le samedi de 11h à 19h et le lundi de 13h à 19h).

samedi 4 juillet 2026

MMCMXVI : Les six mascarons de la façade côté jardin de l'Hôtel d'Aumont

 

Voici un nouvel article à propos de mascarons, ces têtes qui décorent les façades des immeubles des XVIe, XVII et XVIIIe siècle, et aussi parfois du XIXe siècle. Je leur ai consacrés de nombreux articles comme par exemple ceux de la colonnade du Louvre de l'Hôtel des Ambassadeurs de Hollande (article du 29 avril 2017), de l'Hôtel de Chalon-Luxembourg (article du 4 novembre 2011), de la place des Victoires (article du 23 mai 2020), de la place Vendôme (article du 27 mai 2021), de l'angle des rues Greneta et Saint-Denis (article du 12 mars 2019), du 19/21 rue Poissonnière (article du 29 octobre 2019) ou du 42, rue Meslay (article du 20 novembre 2020)

Cet article concerne les six mascarons que l'on peut voir sur la façade côté jardin de l'Hôtel d'Aumont (siège du tribunal administratif de Paris) :

Il décore les ouvertures du 2e étage des deux avant-corps qui agrémentent cette façade. Tout d'abord celui de gauche :


 On peut voir au centre, un très beau visage avec une coiffe assez rare pour un mascaron : 
On trouve à ses côtés deux personnages avec des couronnes végétales :

- à gauche :

et à droite :


Le 2e avant corps à droite comporte aussi trois mascarons :

mais cette fois au centre, on peut voir une figure féminine :

mais elle est entourée de deux hommes barbus :

- à gauche :

et à droite :

Ces mascarons datent des toutes premières années du XVIIIe siècle. En effet, Louis-Marie Victor d'Aumont (1632-1704) a fait refaire la façade à partir de 1703. On retrouve son chiffre sur les ferronneries des balcons :