samedi 8 août 2020

MMCLXXXVIII : Des photos pour illustrer les livraisons de supermarché par voie fluviale


Il m'est arrivé assez souvent de travailler avec mes élèves la question des livraisons des supermarchés par fret à Londres via la Tamise. J'ai été content de pouvoir prendre des photos qui montrent le développement de ce type de moyen de transport cette fois à Paris.

En effet, j'ai tout d'abord pu photographier une péniche porte conteneurs avec une cargaison de conteneurs :


On pouvait assez facilement se rendre compte que les conteneurs étaient destinés à approvisionner une chaîne de supermarchés :


Or quelques jours plus tard, en me promenant dans Paris, j'ai pu voir un camion portant un conteneur semblable :


Je me suis dit que j'avais là une série de documents très intéressants pour illustrer l'intermodalité : le passage d'un moyen de transport à l'autre de manière simple et économique le tout avec un impact environnemental limité grâce au transport par voie fluviale.

En plus, en tant que rédacteur du blog "L'Indépendant du Cœur de Paris", je suis satisfait que l'entreprise chargée de ce fret évoque elle aussi le "Cœur de Paris", une appellation à laquelle je suis attaché.




jeudi 6 août 2020

MMCLXXXVII : Une exposition de la MEP à voir sur le quai bas des Célestins


La Maison Européenne de la Photographie (rue de Fourcy dans le 4e arrondissement) est une institution qui -de mon point de vue- n'est pas assez connu des Parisiennes et des Parisiens.

Je suis donc très content que quai des Célestins, dans le cadre de Paris Plage, une exposition intitulée "Paris Plein Soleil" permette de présenter 15 œuvres consacrées à Paris.



J'ai particulièrement apprécies celles qui rappellent l'exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou ( à laquelle j'avais consacré un article sur L'Indépendant du 4e le 5 octobre 2013) :


Les bords de Seine crée un écrin idéal pour profiter de cette exposition :
A voir avant mi septembre 2020.

lundi 3 août 2020

MMCLXXXVI : Rue du Temple, l'ancienne rue du Bar au Bec connaît une profonde transformation à l'occasion de la création d'une nouvelle sortie de métro de la ligne 11


Cela fait des années que les travaux ont été entrepris afin de créer une nouvelle sortie de métro de la ligne 11 à Hôtel de Ville rue du Temple après le carrefour avec la rue de la Verrerie. Comme les deux photographies qui ouvrent cet article le montrent, les travaux sont quasiment finis :


J'avais pris une photographie début février et à l'époque, il était plus difficile de se rendre compte du rendu final :


Avec la fin proche des travaux, on peut se rendre compte que cette partie de la rue du Temple va connaître une profonde transformation :


En effet, on se rend compte que cette voie ne sera pas rendu à la circulation automobile puisque des barrières ont été posées ce qui forme une placette :

Le reste de la rue a l'aspect d'un cul de sac :

On note au passage que les arbres qui se trouvaient à l'emplacement de la sortie de métro on été abattus... on les voit sur la photo ci-dessous qui illustrait mon article de 2016 :
(J'espère qu'ils seront à terme remplacés par des vrais arbres car c'est mieux que les bacs à fleur qui ont été installées).

La rue du Temple à laquelle j'avais consacrée un article sur l'Indépendant du 4e en novembre 2016. J'avais montré qu'au XVIIIe siècle, à l'époque du plan Tugot, l'actuelle "rue du Temple" était composée par une série de petites rues qui ont été réunies plus tard au XIXe siècle. La partie de la rue du Temple qui est ainsi transformée par cet aménagement avait pour nom la rue du Bar-au-bec :
Elle portait son nom car l'abbaye du bec Hellouin y tenait son tribunal, son "bar" (mot qui a donné l'expression venir à la barre et en anglais le mot "barristor", c'est-à-dire un avocat [plus pretigieux que les "simples" lawyer"].


vendredi 31 juillet 2020

MMCLXXXV : les animaux de Paris Centre : Le lion de "A Réaumur" qui m'a permis d'en apprendre sur un Grand Magasin de Paris Centre


Je continue la série consacrée aux animaux dans le Centre de Paris Centre. Il concerne un lion qui surplombe un immeuble du 2e arrondissement : celui situé entre le 82 et le 96 rue Réaumur :

Cela m'a conduit à faire une recherche sur ce long bâtiment qui longe la rue Réaumur  entre la rue Saint-Denis et la rue Dussoubs :

avec deux élégant dômes à chaque extrémité :


Une paege Wikipédia consacrée à cet immeuble m'a permis d'apprendre qu'il s'agissait (comme on pouvait s'en douter) d'un ancien grand magasin appelé "A Réaumur". Ce bâtiment a été construit par Jean-Baptiste Gobert-Martin. Il été inauguré le 17 avril 1897 par le président Félix Faure. J'ai trouvé une page très complète sur Jean-Baptiste Gobert-Martin né en 1849 à Pouilly-sur-Meuse et mort en 1921. Après sa mort, c'est sa veuve, Lucia née Martin qui reprit la direction du magasin jusqu'à sa mort en 1946.

 La surface initiale de 1000m² a été portée en 2500m² en 1900 puis à 6000 m² en 1925 (grâce à une extension dans un immeuble situé à l'ouest de la rue Dussoubs). D'après Strucurae l'architecte de ce bâtiment s'appelait  F Constant-Bernard. D'après le site CTHS, François Constant-Bernard a vécu de 1851 à 1930. Il a surtout construit des bâtiments scolaires.

 L'originalité -à l'époque- du magasin "A Réaumur" était qu'on y trouvait des vêtements en prêt-à-porter de bonne qualité dont les modèles étaient présentés en catalogues. Ces derneirs sont des témoignages très intéressants  sur l'évolution de la mode :

- la couverture du catalogue été  1902 :

- la couverture de l'été 1906 :

-  de l'Hiver 1923-1924 :



- la couverture du catalogue de l'hiver 1931-1932 :

et pour finir le catalogue de l'été 1936 :

Les magasins "A Réaumur" ont fermé en 1960.

Vous pouvez trouver sur ce blog de nombreux autres informations consacrés à ce grand magasin :  http://areaumur.over-blog.com/

mardi 28 juillet 2020

MMCLXXXIV : Il y a 190 ans le 28 juillet 1830, D'Arcole donnait son nom à un pont de Paris Centre


Nous célébrons en ce moment les "Trois Glorieuses" des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui ont conduit le dernier roi de France Charles X à abdiquer (et à céder le trône à Louis-Philippe, "roi des Français"). Les combats révolutionnaires qui ont conduit à ce renversement se sont déroulés dans plusieurs endroits de Paris mais les principaux combats ont eu lieu autour de la place de l'Hôtel de Ville.

Pour commémorer ce 190e anniversaire, j'ai choisi de commenter ce petit tableau non signé qui est dans une collection particulière. Pour situer l'action, il faut comprendre que le peintre donne un point de vue depuis l'Hôtel de Ville (qui est dans son dos) et donc on voit à droite un partie des immeubles qui donnaient sur la place et à l'arrière-plan, l'île de la Cité. L'action se passe donc dans la partie Sud-ouest de l'actuelle place de l'Hôtel de Ville :

Dans le tableau on repère au 1er plan à droite, des soldats :

quand on regarde de près, on voit qu'ils chargent un canon et qu'ils ont déjà subis des pertes. Ce sont les soldats de Charles X qui essaient de s'opposer à la révolution en cours.

Il faut après regarder au 1er plan à gauche :
on voit la population en arme brandir un drapeau tricolore (symbole des révolutionnaires qui s'opposaient au fait que depuis la Restauration en 1814/1815 le drapeau blanc à fleur de lys était redevenu l'emblème national français) avec tout à gauche une barricade :
On a en quelque sorte une version moins allégorique du célèbre tableau de Delacroix "La Liberté guidant le peuple" où on voit des les révolutionnaires avancer en passant par delà une barricade avec des soldats de Charles X morts au 1er plan et où on voit à l'arrière plan les tours de Notre-Dame :

Dans le tableau qui sert de file conducteur à cet article, il faut ensuite s'intéresser au 2e plan :
On voit un pont, ou plus précisément une passerelle :
On comprend en effet, qu'elle était réservée aux piétons puisqu'on pouvait y accéder par des marches avec une petite barrière qui marquait l'accès à la place de l'Hôtel de Ville. Cette passerelle édifiée en 1828 (deux ans plus tôt) avait pour nom "Passerelle de la Place de grève" (appellation la place de l'Hôtel de Ville à l'époque). Elle a considérablement changé d'aspect depuis puisqu'elle a été remplacée par un "vrai" pont en 1856 :

Dans le tableau, on voit sur la passerelle un élément important de l'action :
un autre groupe de révolutionnaires franchit la Seine avec en tête un autre drapeau tricolore. J'avais déjà parlé de ce fait d'armes dans un article du 9 octobre 2008 (il y a déjà 12 ans !) : Le 28 juillet, un jeune polytechnicien surnommé "Arcole" mena l'assaut de cette passerelle. Il tomba avec drapeau bleu, blanc, rouge en main sous les balles des soldats de Charles X mais cette action héroïque permit la prise de l'Hôtel de Ville. En expirant, il s'écria "Rappelez-vous que je m'appelle Arcole". En effet on comprend grâce a tableau que les soldats de Charles X sont désormais confrontés à une attaque de flanc qui les fragile face à la barricade de l'Hôtel de ville. :

Ce jeune homme courageux mort au combat a donné son nom au pont :

Il porte donc ce nom non par par référence à la bataille remportée par Napoléon Ier en 1796 (comme beaucoup le pensent) mais à cet épisode du 28 juillet 1830.

Dernier élément intéressant à observer sur ce tableau : l'arrière-plan : 

Quand on regarde de près, on voit les bâtiments qui étaient situés sur la rive Nord de l'Ile de Cité à l'emplacement de l'actuel quai de la Corse entre le Pont d'Arcole et le Pont Notre-Dame :
On reconnaît tout à droite la flèche de la Sainte-Chapelle... mais pour le reste, depuis, le paysage a beaucoup changé :
 Sous le règne de Napoléon III, les immeubles ont été détruits pour laisser place à l'Hôtel Dieu et la silhouette de la nef de Sainte Chapelle est masquée par le tribunal de Commerce.

dimanche 26 juillet 2020

MMCLXXXIII : Si un monsieur de La Palisse n'avait pas sauvé la cathédrale Notre-Dame, elle aurait été détruite il y a déjà près de 150 ans.


L'incendie de la cathédrale Notre-Dame en avril 2019 a provoqué une émotion mondiale. Cependant, tel n'aurait pas été le cas si l'édifice n'avait été préservé depuis le Moyen Âge (avec certes quelques modifications par Viollet-le-Duc). Or, je viens de découvrir que le bâtiment avait échappé au XIXe siècle à un anéantissement programmé.

En effet, en visitant le château de La Palisse dans l'Allier cet été, j'ai entendu pour la 1ère fois l'évocation d'un sauveteur de la cathédrale Notre-Dame en... 1871. En effet, on peut voir dans le château une photographie d'Antoine de Chabannes qui était un officier de cavalerie :

D'après ce qui est raconté pendant la visite (et que l'on peut retrouver sur une page d'un site consacré à la famille de Chabannes) pendant la Commune, cet officier était placé sous les ordres du général Ducros. Les Communards (auxquels je suis à peu près certain on va rendre des hommages très appuyé l'an prochain pour le 150e anniversaire de la Commune) avaient placé des barils de poudre pour faire exploser la cathédrale Notre-Dame. Aidé de deux hommes de confiance, Antoine de Chabannes serait allé désamorcer les fils qui permettaient la mise à feu. Je n'ai pas trouvé d'autres sources de cette anecdote mais je suis intéressé par toute autre source qui permettrait de l'étayer.

 Le château de La Palisse appartient à la famille De Chabannes depuis le XVe siècle.  Son membre le plus célèbre est le Jacques II de Chabannes, Maréchal de La Palisse,  mort à la bataille de Pavie en 1525 (et dont l'hommage rendu par ses soldats lors du retour de sa dépouille en France est de manière involontaire à l'origine des La Palissades). Il est superbe mais il a  -d'après ce que j'ai pu en voir - besoin de poursuivre les travaux de préservation qui sont entrepris. S'il reste des financements aux travaux de restauration de Notre-Dame, il serait peut-être bien d'en faire profiter la demeure de celui sans qui la cathédrale serait devenue une ruine dès 1871.
Une petite suggestion que je me suis faite en entendant pour la 1ère fois évoqué ce sauveur de Notre-Dame.

P.S. en ce qui concerne Antoine Edouard de Chabannes La Palice né le 18 juin 1836 à Paris et mort à Alger à l'âge de 36 ans le 18 avril 1873 à Alger. Il était diplômé de Saint-Cyr de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr et décoré de la légion d'honneur de 

jeudi 23 juillet 2020

MMCLXXXII Les ponts de Paris Centre : Le pont des Arts


Sur l'Indépendant du 4e, j'ai publié sur plusieurs années une série consacrée aux ponts du 4e (55 articles parus de 2008 à 2017). Grâce au regroupement des arrondissements centraux, ce blog est devenu depuis 2018 l'Indépendant du Coeur de Paris mais je n'avais pas pensé à prolonger cette série. Or pendant, le déconfinement, profitant d'un Paris complètement vide de touriste à la mi-mai, je me suis dit qu'il fallait que je la reprenne pour évoquer mon 2e pont préféré de Paris (après le Pont Marie) : le Pont des Arts.

Celui-ci est en effet situé dans un endroit magnifique : il relie l'Institut (l'Académie français) sur la rive gauche à la Cour carrée du Louvre :


On peut y profiter d'une des plus belles vues de Paris sur l'île de la Cité :


De plus, alors que Paris était presque désert on pouvait voir une perspective intéressante et assez rare avec ce pont vide ce qui est très rare :

Ce pont est techniquement et historiquement intéressant : décidé sous le Consulat, il a été construit entre 1802 et 1804. C'est le 3e pont au monde (les deux premiers se trouvant en Angleterre) construit en fonte même s'il repose sur les des piles en pierre. Il s'agit donc d'un témoignage de la Révolution industrielle qui a marque l'Europe à la partir de la fin du XVIIIe siècle.


 Autre innovation : ce pont a toujours été conçu pour être une passerelle réservée aux piétons. Une passerelle réservée aux "circulations douces" comme on dit maintenant. De plus, à l'époque d'après le guide bleu "Elle constituait un véritable jardin suspendu avec des arbustes, fleurs et bancs pour les promeneurs". Comme quoi en matière de végétalisation, Bonaparte était un précurseur.

Cette passerelle rythmée par neuf arches est un point de passage assez compliqué à gérer pour les péniches et les bateaux mouches. Par mesure de sécurité elle avait été fermée au public et il avait été envisagé de la démolir. Cependant, des travaux de rénovation furent entrepris en 1982 et achevés en 1984. Elle n'est plus en fonte mais en acier.