samedi 7 mars 2026

MMDCCCLXXX : Sept listes en lice pour la mairie de dans Paris Centre

  

Le 1er tour des élections municipales aura lieu dimanche prochain le 15 mars 2026. Pour la 1ère fois depuis 1983, il y aura un découplage ente le vote pour la mairie centrale et pour les arrondissements. Dans Paris Centre (1er, 2e, 3e et 4e), sept listes s'affrontent.

1. Liste "Le nouveau Paris Populaire centre" conduite par Cédric Panizzi (liste LFI)

2. Liste "Paris centre apaisé avec Martine Figuéroa" conduite par Martine Figuérao (Horizons, Renaissance).

3. Liste "Paris Centre avec vous ! avec Ariel Weil et Emmanuel Grégoire" conduite par Ariel Weil (PS, PCF, Les Verts).

4. Liste "Retrouvons Paris Centre" conduite par Sébastien Bonnet (RN)

5. Liste "Lutte ouvrière - Le camp des travailleurs" conduite par Olivia Lewi (Lutte Ouvrière)

6. Liste "Changer Paris avec Aurélien Véron et Rachida Dati" conduite par Aurélien Véron (LR, MODEM, LFI)

7. Liste "Sarah Kanfou pour Paris - Une ville heureuse" conduite par Rébecca Sirois (Reconquête).

Voici les affiches des trois listes conduites par des élus sortants :

- celle du maire sortant Ariel Weil:


Celle de son challenger, Aurélien Véron, qui est candidat pour Rachida Dati :

et celle de Martine Figuéroa candidate tête de liste pour Pierre-Yves Bournazel :

Il reste encore une semaine aux électeurs pour se décider.

Il sera intéressant de voir s'il y a un différentiel entre ce que votent les élections pour Paris Centre et pour la mairie centrale.

 

vendredi 6 mars 2026

MMDCCCLXXIX : Les originaux des nymphes de Jean Goujon au Petit Palais

 

Je commence cet article par une photographie que je diffuserai très bientôt sur mon blog "L'Amoureux des Bancs Publics". Je tiens à me réjouir de ce très bel espace qui a été créé au Petit-Palais, dans la partie en sous-sol, pour accueillir les originaux des nymphes sculptées par Jean Goujon pour la fontaine des Innocents (Paris 1er). La présentation permet tout d'abord d'avoir du recul sur les cinq nymphes :

Mais désormais, on peut aussi admirer de près les cinq bas-reliefs en respectant l'ordre initial dans lequel elles étaient disposées à l'époque où la fontaine formait un angle (jusqu'à la fin du XVIIIe siècle). J'ai écrit un long article à ce sujet (voir article du 15 juillet 2022). 

Voici un visuel qui montre comment la disposition initiale des statues a été respectée :


 Le banc sur lequel on peut s'asseoir permet d'admirer les drapés ciselés par Jean Goujon :


J'avais suivi de très près la mise en œuvre de la restauration de la fontaine des Innocents (voir notamment mon article du 26 avril 2022). C'est peut-être pourquoi Karen Taieb, l'adjointe à la mairie de Paris en charge du Patrimoine m'avait convié, en novembre dernier, à la soirée de vernissage de la mise en place de ces bas-reliefs au Petit Palais. Cela m'a permis de prendre cette photo.

Cette soirée a été un moment convivial qui tombait le jour de son anniversaire,  ce qui explique le bouquet de fleurs que Karen Taieb, au centre de la photo, tient en main.

J'ai attendu pour publier cet article car je voulais pouvoir retourner tranquillement prendre des photos au Petit Palais (ce que j'ai pu faire cette semaine). Je tenais cependant à le rédiger avec les élections municipales car Karen Taieb va quitter son siège de Conseillère de Paris puisqu'elle ne se représente pas. Elle ne sera donc plus très bientôt l'adjointe de la ville de Paris en charge du Patrimoine (fonction qu'elle a exercé depuis septembre 2018). Nombreux la regretteront parmi celles et ceux qui s'intéressent à la protection du Patrimoine car elle a montré un sens de l'écoute et de l'engagement remarqués et appréciés. Une adjointe donc de la mairie de Paris qui a gagné le respect pour son action. Karen Taieb sera regrettée et il faut espérer que la personnalité qui lui succèdera (quel que soit le résultat des élections) montrera un même investissement. 

mardi 3 mars 2026

MMDCCCLXXVIII : Les façades de Paris Centre : 2 et 4, rue Rambuteau, un immeuble aux dizaines têtes, dans le plus pur style Rambuteau


 Aux 2 et 4, rue Rambuteau, (Paris 3e), à l'angle avec la rue des Archives, on trouve un immeuble dont la façade m'a intrigué depuis de très nombreuses années. Elle comporte un nombre impressionnant de têtes :

On peut les voir dans les angles, au dessus de chacune des fenêtres :

 

On trouve aussi ces têtes dans le décor des portails d'entrée du 2 :



et du 4; :

On en trouve en tout, paraît-il, 84. Voici vingt d'entre elles :

Ces têtes et le décor de l'immeuble sont dans un style néo-Renaissance, typique des immeubles construits sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848), à l'époque où Rambuteau était préfet de la Seine (de 1833 à 1848). C'est d'ailleurs lui qui a fait percer, en 1839, la rue Rambuteau qui relie la rue des Francs-Bourgeois aux Halles. 

Un élément m'a intrigué. On peut voir des "P", au dessus des fenêtres, entre les têtes des personnages :


 Cela m'a donc conduit à vouloir en savoir plus. Or, un résident de l'immeuble m'a gentiment donné des informations capitales (et qui sont affichée dans le hall) de l'immeuble. On y apprend que la ville avait revendu à Jacques Nicolas Piollet, un entrepreneur en bâtiment qui, en 1842, est à l'origine de la construction des 2 et 4, rue Rambuteau. Né le 7 mai 1801 à Paris (baptisé à l'église Saint-Merri dans le 4e), il est mort à Genève en Suisse le 22 août 1880 (merci à @stefdesvoges d'avoir retrouvé son acte de décès) :

 Grace à X, j'ai aussi reçu par Franck Tomi (@Perseis13), l'acte original de décès dans les registes de Genève :

L'escalier du 4, rue Rambuteau est toujours dans son état des années 1840. La Commission du Vieux Paris dans sa séance du 7 octobre 2003 avait émis un avis défavorable au projet d'installation d'un ascenseur dans la partie centrale. C'est pourquoi, il a conservé sa rampe et ses barreaux d'origine :

Les archives de la ville de Paris possède une intéressante photographie prise par Charles Joseph Antoine Lansiaux de l'immeuble prise en 1916 :


 On peut voir qu'on y trouvait une agence bancaire, le Comptoir National d'Escompte de Paris.  On reconnaît, dans la vitrine, deux affiches très célèbres des emprunts de guerre :


 A gauche, celle pour le 1er emprunt de guerre lancé en novembre 1915 avec pour slogan "L'or combat pour la victoire" :

et celle du 2e emprunt de guerre d'octobre 1916 "On les aura !" :

En conclusion, quand vous passez à l'angle de la rue des Archives et de la rue Rambuteau, n'oubliez pas de tourner la tête pour regarder cet immeuble !

vendredi 27 février 2026

MMDCCCLXXVII : Les statues du Louvre (36e volet) : Saint-Simon par Pierre Hébert

 

Voici le 36e volet de la série consacré aux statues des personnages illustres de la cour du Louvre. Il concerne Saint-Simon que l'on peut voir dans l'aile Henri IV, dans la partie Nord-Ouest de l'aile qui longe la cour carrée :

La statue de Saint-Simon est la 2e en partant de la gauche :

On peut aussi avoir une très belle vue sur cette statue depuis le 2e étage de la rotonde de Beauvais :


Saint-Simon est aussi représenté sur l'Hôtel de Ville, sur la façade de la rue de Lobau (voir article du 21 décembre 2008), voici la notice que j'avais écrite à l'époque à son sujet :

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon est né à Paris le 16 janvier 1675 et il y est mort le 2 mars 1755. L'immense manuscrit de ses mémoires a été écrit dans les années 1740, c'est-à-dire 25 ans après la disparition de Louis XIV.

A la mort du duc de Saint-Simon, le texte des mémoires a été confisqué sur ordre de Louis XV et ce n'est qu'en 1829-1830 partiellement, puis intégralement de 1879 à 1928 que l'oeuvre intégrale a été publiée.

De la main droite, la statue tient le manuscrit des Mémoires et, sur un socle situé juste en dessous, on peut lire le nom de l'artiste et l'année lors de laquelle la statue a été sculptée :

 

Il s'agit de Pierre Hébert et l'année est 1857. J'ai déjà évoqué cet artiste car on lui doit aussi la statue de Mazarin située à quelques dizaines de mètre de là (voir article du 14 septembre 2023). Pierre Hébert né à Villabé (Essonne) le 31 octobre 1804 et mort le 16 septembre 1869 dans le 11e arrondissement de Paris. Pierre Hébert a aussi sculpté pour les façades du Louvre la statue de Saint-Simon et celle du maréchal Ney (sur la rue de Rivoli).

Il a épousé Jeanne Planson qui était la mère de Jeanne Bertaux dont il est ainsi devenu le beau-père. Jeanne Bertaux a sculpté la statue de Chardin sur l'Hôtel de Ville (voir article du 17 septembre 2008). Le fils de Pierre Hébert et de Jeanne Planson, Pierre-Eugène Hébert a sculpté la statue de Régnard pour l'Hôtel de Ville (voir article du 27 août 2008).

vendredi 20 février 2026

MMDCCCLXXVI : A la MEP : la série Imperial court par Dana Lixenberg

 

Depuis le 11 février 2026 (et jusqu'au 24 mai), la Maison Européenne de la Photographie (Paris 4e) propose une exposition consacrée à l'oeuvre de Dana Lixenberg, une artiste néerlandaise née en 1964. Parmi les différentes séries présentées, j'ai choisi d'évoquer dans cet article la série commencée en 1993 intitulée Imperial Court (pour laquelle elle a été primée en 2017 par le prix Deutsche Börse). Il s'agit d'une série de portraits des habitants de cet ensemble de logements sociaux situés au sud de Los Angeles. Une démarche entreprise suite aux émeutes d'avril/mai 1992 consécutives à la mort de Rodney King, passé à tabac par la police.

Ces séries de portraits, en noir et blanc, sont bien mis en valeur dans les superbes espaces de la Maison Européenne de la Photographie. En voici un petit aperçu.


 


mardi 17 février 2026

MMDCCCLXXV : Les statues de l'Hôtel de Ville : Série sur les Villes de France (28e volet) : Rennes par Louis Demaille

  

Voici le 28e volet de la série consacrée aux statues des villes de France sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris. Elle concerne la statue de Rennes que l'on peut voir dans la partie Nord-Ouest de la façade principale :


 C'est la 6e statue en partant de la gauche (ou la 3e en partant de la droite) :


 La ville de Rennes n'est guère facile à identifier. Elle tient dans la main droite une gerbe de blé :


 Il s'agit peut-être d'une allusion au blé noir, ou sarrasin, avec lequel sont faites les galettes de Bretagne mais je n'ai pas de certitude à ce sujet.

 Cette statue est une oeuvre du sculpteur Louis Cosme Demaille, né à Gigondas dans le Vaucluse, le 23 mars 1937, et mort à Paris le 11 décembre 1906 dans le 15e arrondissement. Voici son acte de décès :


 Voici une photographie de Louis Demaille prise en 1897 à Carpentras :


 

 

jeudi 12 février 2026

MMDCCCLXXIV : Les façades de Paris Centre : au 17, rue Meslay un immeuble Louis-Philippe construit pour (et par ?) la famille Ballu

 

Au 17, rue Meslay (Paris 3e), on trouve un très bel immeuble qui a attiré mon attention. Il est ainsi décrit dans la liste des immeubles faisant l'objet d'une protection dans le PLU du 3e arrondissement :"Au n°17 remarquable grande maison Louis-Philippe présentant un riche décor de moulures inspiré de la Renaissance française et un grand balcon en pierre sculpté desservant les trois travées centrales de l'étage noble. Œuvre non attestée de Ballu (construit sur un terrain propriété de Ballu père)"

Voici quelques détails  de cette façade d'inspiration Renaissance qui date certainement années 1840 : 







J'aime beaucoup les ferronneries du portail avec les personnages en style Renaissance - que l'on trouve sur de nombreux immeubles de cette époque - :

 Il est mentionné dans le texte de protection patrimoniale (qui est en général une source très fiable) que le terrain sur lequel a été bâti cet immeuble appartenait au père de l'architecte Théodore Ballu (à qui on doit la reconstruction de l'Hôtel de Ville après 1871 [voir article du 18 avril 2012]). Louis Ballu était né vers 1786 et mort en 1870 à l'âge de 84 ans. Son fils, Théodore est né le 8 juin 1817. Si c'est vraiment lui qui a dessiné cette immeuble - mais cela ne semble pas certain - cela doit être une oeuvre de jeunesse car l'artiste a été pensionnaire de l'Académie de France à Rome de 1841 à 1845. Il s'agit peut-être d'une commande passé par son père dans la 2e moitié des années 1840 au moment où il s'est établi dans la société parisienne (il s'est marié en mai 1847)