L'Indépendant du Coeur de Paris
Depuis mars 2008, Chronique, histoire(s), culture, patrimoine, vie de quartier du secteur Paris Centre (1er, 2e, 3e et 4e) et autour. Rédacteur Emmanuel DELARUE (Médaille de bronze de la Ville de Paris 2019). Indépendance ne veut pas dire neutralité. Refus du sectarisme et de l'intolérance.
vendredi 26 juin 2026
MMCMXIV : Au 17, rue des Rosiers, un immeuble avec le charme du Paris des XVIIe et XVIIIe siècle
Dans la cour, on peut trouver un décor qui rappelle le charme de l'ancien Paris :L'escalier ouvert sur la cour est élégant mais sans prétention :
lundi 22 juin 2026
MMCMXIII : Exposition "La Fayette. Entre France et Amérique. Réalité et légende" aux Archives Nationales
L'exposition commence comme le laisse entendre son titre "Entre France et Amérique", par rappeler le rôle capitale pris par La Fayette pendant la Guerre d'indépendance des Etats-Unis de 1776 à 1783. Mais fort heureusement, elle ne réduit pas le personnage à ce seul rôle. Elle insiste sur le rôle central qu'il a joué pendant la Révolution française de 1789 à 1792, mais aussi son implication dans la Franc-Maçonnerie, son voyage triomphal aux Etats-Unis de 1824/1825, son implication dans la révolution de Juillet et pour finir (ce dont je n'avais jamais pas connaissance) son soutien aux insurgés polonais contre la Russie en 1831.
L'exposition présente un nombre impressionnant de documents, certains présentés pour la première fois, grâce aux prêts de la fondation Josée et René de Chambrun (les descendants de la La Fayette). Voici une petite sélection de trois d'entre eux mais le mieux est bien sûr d'aller visiter l'exposition au Palais Soubise (avant le 15 juillet).
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| Témoignage de Lafayette daté de 1784 attestant les services de l'espion afro-américain James lors de la bataille de Yorktown |
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| La bénédiction des drapeaux de la Garde Nationale à Notre-Dame de Paris le 28 septembre 1789 (aquarelle de 1792 par Jean-Pierre Houel) |
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| Le général La Fayette recevant des donc au profit des braves polonais. |
jeudi 18 juin 2026
MMCMXII : Les statues de l'Hôtel de Ville : les 12 allégories du quai de l'Hôtel de Ville. 1er volet, la science par Alfred Edouard Adolphe Le Père
Je commence une nouvelle série concernant les statues que l'on peut voir sur l'Hôtel de Ville de Paris. Après celle consacrée aux 116 personnages (voir le bilan avec l'article suivant) et celle consacrée aux ville de France (voir lien suivant), celle-ci concerne les douze allégories des arts et techniques que l'on peut voir dans la partie supérieure de la façade de l'Hôtel de Ville qui donne vers la Seine :
Le 1er volet concerne la statue représentant la science qui est la première en partant de la gauche :Cette statue n'est pas en bonne état. Elle porte dans la main gauche une sphère et dans la droite elle tenait certainement un compas :
Elle appuie le pied gauche sur une pile de livres :Cette statue est une oeuvre d'Alfred Édouard Adolphe Lepère, Ce sculpteur est né à Paris le 15 mai 1827. Il a remporté le prix de Rome en 1852 avec la statue Philoctète blessé à Lemnos s’abandonnant à la douleur. La statue de la science à l'Hôtel de Ville date de 1892.
L'Hôtel de Ville présente une autre statue de la science, celle-ci par Jules Blanchard. Elle est beaucoup plus visible que celle de Lepère puisqu'elle se trouve devant la façade principale :
Les deux statues de la science de l'Hôtel de Ville sont contemporaines puisque celle de Blanchard avait été présentée à l'exposition universelle de 1889.Alfred Édouard Adolphe Le Père a reçu la légion d'honneur le 18 juin 1870. Dans son dossier sur la base Léonore on apprend qu'il est mort le 29 mars 1904 dans la commune de L'Haÿ-les-Roses. J'ai retrouvé son acte de décès :
dimanche 14 juin 2026
MMCMXI : Deux vues des bords de Seine et des établissements de bain au début du XIXe siècle
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| Tableau A |
Cet article concerne deux vues présentées à la galerie Raphaël Bedos (13, place du Pont-Neuf/41, quai de l'Horloge, Paris 1er), à l'extrémité ouest de l'île de la Cité, qui sont des œuvres intéressantes pour l'histoire de Paris.
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| Tableau B |
Les deux œuvres portent la date de 1810 ou 1820. Il s'agit donc de vues qui représentent le Paris du Premier Empire ou de la Restauration.
La première, que j'appellerai le tableau A, est facile à identifier. Il s'agit d'une vue du Pont Marie :
La vue est prise depuis la rive droite dans la partie située à l'ouest du Pont Marie (1). On reconnaît à l'arrière-plan, sur la droite, l'île Saint-Louis et le quai d'Anjou (2), au 1er plan, le quai de la rive droite, qui à l'époque s'appelait le quai aux Orme, (3) et l'arrière-plan on voit un pont (4). On peut se repérer sur un plan dit Charles Piquet de 1812 :Le pont que l'on devine à l'arrière-plan avait pour nom "pont de Grammont" :
Voici une comparaison entre le pont du tableau étudiée et celui d'Antoine Perrot :
Au tout premier plan, on voit des lavandières en train de laver du linge et de l'étendre pour le faire sécher , ainsi que des manutentionnaires qui déchargent des tonneaux :
Le tableau B est beaucoup plus difficile à identifier. On voit à gauche, ce qui ressemble à un établissement de bains (1), au centre deux arches d'un pont (2), et à droite un escalier (3) qui permet de monter sur le quai avec un bâtiment avec des cheminées (4) dans la partie supérieure. A l'arrière-plan, on voit un autre pont (5) :
Les cheminées permettent de reconnaître le pavillon de Flore, à la jonction entre les Tuileries et le Louvre, comme on peut des voir sur ce tableau de Raguenet de 1757 :
Le pont situé à l'arrière-plan est aussi assez aisément identifiable :On reconnait la ligne très longiligne du pont de la Concorde qui date de la fin du XVIIIe siècle (voir mon article du 16 juillet 2021) :
On peut donc, toujours sur le plan Charles Piquet de 1812, retrouver l'angle de vue du tableau B :
On se rend ainsi compte que les arches qui apparaissent au 2e plan de ce tableau B sont celles du Pont Royal, construit dans les années 1680, par Jules Hardouin-Mansart (voir mon article du 20 février 2021) :
Sur le plan Charles Piquet, on peut voir l'escalier qui permet de descendre au quai, avec les dernières marches perpendiculaires à la Seine :
Comme on peut le voir sur le tableau B :
Voici une vue depuis le même endroit aujourd'hui. L'escalier en bois a disparu.
On trouvait bien des bains près du Pont Royal, comme le montre un ouvrage que j'avais déjà évoqué à propos de la rue Saint-Sauveur (voir article 2 août 2025) : "Les bains de Paris et des quatre parties du monde", écrit par Victor Cursin, et publié en 1822 .Cet ouvrage consacré une dizaine de pages aux "Bains Vigier, près le Pont Royal".
On y lit ainsi que les bains étaient installés sur une "frégate à deux étages" et qu'elle présentait "172 croisées de cabinets". L'auteur sans humour évoque la clientèle : "de grandes élégantes, et de petites bourgeoises".
La description, page 47 de l'ouvrage, correspond à ce que l'on peut voir sur la droite du tableau :
"L'escalier qui y conduit, vous mène à des allées sablées, et qu'ombrage le parasol de quelques peupliers".Je n'ai retrouvé qu'un seul paysage, peint par Charles Amelot, présent dans les collections publiques. Il s'agit d'une vue d'Autun, vers 1818, exposée au musée Rolin, à Autun. La similitude, notamment le ciel bleu qui domine la composition permet de confirmer l'attribution des tableaux A et B à Charles Amelot.
mercredi 10 juin 2026
MMCMX : Les façades de Paris Centre : à l'angle du 6, rue du Pas-de-la-Mule et du 31, rue des Tournelles (Paris 3e), un très bel immeuble Art Déco du début des années 1930
A l'angle du 6, rue du Pas-de-la-Mule et du 31, rue des Tournelles, on peut voir un très bel immeuble de six étages. Il est emblématique du style Art Déco.
L'immeuble est situé à quelques mètres de la prestigieuse place des Vosges. L'angle où l'immeuble a été construit est loti depuis plusieurs siècles. On peut le localiser sur le plan Turgot des années 1730 :
L'immeuble actuel est bien sûr beaucoup plus récent. La date de construction, le nom de l'architecte et le nom de l'entrepreneur apparaissent sur la façade d'angle :A gauche, on peut lire "A. Glanzmann, architecte, Paris, 1933" :
et à droite : "E. Leclère. Entrepreneur. Paris 1933" :
Le permis de construire de cet immeuble a été déposé le 30 décembre 1930. Le propriétaire s'appelait "De Santis" L'architecte Lanzmann avait son cabinet 110, avenue Philippe Auguste (Paris 11e). De manière assez étonnante, malgré la qualité de l'immeuble de l'angle de la rue du Pas-de-la-Mule/Tournelles, je n'ai trouvé aucune autre trace de cet architecte.Cette construction du début des années 1930 est emblématique du style Art Déco tant par ses matériaux que par ses formes très géométriques :
Tout en étant très rectiligne, la façade multiplie les décrochements ce qui lui donne du volume.Les ferronneries, comme souvent dans le style Art Déco sont sobres et élégantes:












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