samedi 7 février 2026

MMDCCCLXXIII : L'histoire de Saint Gervais et Saint Protais telle qu'on pouvait l'admirer dans l'église Saint-Gervais-Saint-Protais au XVIIe siècle

Deux des peintures de la série de Saint Gervais et Saint Protais au musée du Louvre

Le musée du Louvre, dans son département des peintures françaises du XVIIe siècle, possède trois superbes œuvres qui jadis se trouvaient dans l'église Saint-Gervais-Saint-Protais (Paris 4e). Elles racontent l'histoire de Saint Gervais et Saint Protais. Pour compléter la série, il faut se rendre à Lyon, au musée des Beaux Arts (ce que j'ai fait en avril 2022) et au Musée de a Chartreuse à Arras (que j'ai visité en juillet 2019). Il s'agit d’œuvres qui se trouvaient jadis dans cette église du 4e arrondissement. 

Ses peintures étaient des cartons peints pour des tapisseries tissées en 1661. Elles étaient présentées dans le chœur de l'église de manière temporaire lors des grandes fêtes religieuses, alors que les peintures, elles, étaient exposées en permanence dans la nef. Elles sont l’œuvre de trois des plus grands peintres français du  XVIIe siècle et de leur atelier : Eustache Le Sueur (1617-1655), Sébastien Bourdon (1616-1671) et Philippe de Champaigne (1602-1674).

D'après La Légende dorée de Jacques de Voragine, Gervais et Protais étaient deux frères jumeaux qui, au 1er siècle, ont fait partie des premiers chrétiens.En 64, à Milan, le général romain Astasius, qui partait avec son armée combattre les Marcomans, aurait, sur ordre de l'empereur Néron, ordonné l'arrestation des deux frères, et leur aurait demandé de sacrifier aux idoles afin d'assurer la victoire aux armées romaines. Le premier tableau de la série, peint vers 1652/1653 par Eustache Le Sueur, et que l'on peut voir au Louvre, décrit le moment où les deux frères comparaissent devant Astasius :

Eustache Le Sueur, Saint Gervais et Saint Protais amenés devant le général romain Astasius, refusant de sacrifier à Jupiter, vers 1652/1653, musée du Louvre, 6m84 x 3,57m.

 Astasius apparaît sur la droite en indiquant un ordre de la main droite :

Les deux frères, habillés tout de blanc, apparaissant dans la partie droite du tableau :

Il faut aller au Musée des Beaux-Arts de Lyon pour voir la 2e étape : la représentation du martyre de Gervais. Cette oeuvre a été confiée à Eustache Le Sueur a été en grande partie peinte par son élève et beau-frère Thomas Goussé (1627-1658) :

Eustache Le Sueur et son beau-frère Thomas Goussé, Le martyre de Saint Gervais et Saint Protais, vers 1652/1655, Musée des Beaux-Arts de Lyon
 

On voit, au centre, le moment où Gervais est fouetté à mort sous les yeux de son frère Protais. Un ange apporte la palme du martyre :

Astasius a alors essayé d'obtenir de Protais qu'il accepte de sacrifier aux idoles. Il fit apporter un chevalet, un instrument de torture, mais Protais resta impassible. Finalement, Astasius ordonna que Protais fût décapité. La décollation de saint Protais peinte par Sébastien Bourdon, est conservée au Musée de la Chartreuse à Arras :

Sébastien Bourdon, La décollation de saint Protais, 1656, Musée de la Chartreuse d'Arras

 Le 4e tableau, peint par Philippe de Champaigne lui-même, représente le moment où, avec l'intercession de saint Paul, saint Gervais et saint Protais  apparaissent à Saint Ambroise l'archevêque de Milan en 386 :

Philippe de Champaigne, Apparition de saint Gervais et saint Protais à saint Ambroise, 1658, musée du Louvre

 On voit Ambroise à droite : 


 saint Paul est au centre :

et à gauche, les deux martyrs :

L'étape suivante montre le moment où saint Ambroise, en 386, retrouve le lieu où les reliques de saint Gervais et saint Protais ont été retrouvées :

Philippe de Champaigne et atelier, L'invention des reliques de saint Gervais et saint Protais, vers 1660, Musée des Beaux-Arts de Lyon, 3,60m x 6,81m
 

On voit à droite saint Ambroise :

et au centre, on voit les corps des deux martyrs qui sont exhumés du sol. On reconnait saint Protais qui est décapité :

 

Le 6e tableau, que l'on peut voir au Louvre est une oeuvre de Philippe de Champaigne, assisté de son neveu Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681). Il montre la translation des reliques des deux saints :

Philippe de Champaigne (et Jean-Baptiste de Champaigne), La translation des reliques de saint Gervais et saint Protais, 1661, Musée du Louvre, 3,63m x 6,91m

On voit, au centre, les deux corps déplacés en procession avec sur la droite, saint Ambroise, l'archevêque de Milan :

Les peintures étaient présentées dansl'église Saint-Gervais-Saint-Protais. Elles étaient calibrées pour être installés entre les piliers de la nef. Côté Nord, en partant du choeur, on pouvait voir la comparution de Gervais et Protais devant Astasius, puis la flageallation de Gervais, et enfin la décollation de Protais. La lecture se faisait donc de droite à gauche :


Dans la partie sud de la nef, on pouvait voir l'apparition des saints à saint Ambroise, l'invention de leurs reliques, puis leur translation qui partaient donc vers le chœur. La lecture se faisait donc aussi de droite à gauche :



Voici, depuis le choeur de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais aujourd'hui, la disposition de ces six peintures :


 

Les tapisseries ont été tissées par les ateliers des galeries du Louvre et livrées par Girard Laurent, directeur de l'atelier du Louvre, en 1661 pour les quatre premières, et peu après pour les deux dernières. 

La première des tapisseries a en grande partie disparu. Il n'en reste qu'un fragment conservé par le Mobilier national. Par contre les cinq autres qui faisaient partie de la tenture de Saint-Gervais-Saint-Protais, étaient la propriété de la fabrique de l'église quand en 1874, elles ont été vendues à un antiquaire, dénommé Recappé. Le préfet de la Seine de 1873 à 1879, Ferdinand Duval, intervint et fit restituer les tapisseries en obtenant qu'elles soient reconnus comme propriété de la Ville de Paris. Cela explique qu'aujourd'hui, elles fassent partie des collections du Petit Palais :
Ateliers de tissage du Louvre, Tentures de saint Gervais et saint Protais, La flagellation de saint Gervais, 1661, Petit Palais, 4,99m x 7,34m

 
Ateliers de tissage du Louvre, Tentures de saint Gervais et saint Protais, La décollation de saint Protais,  1661, Petit Palais, 4,75m x 7,55m

 

Ateliers de tissage du Louvre, Tentures de saint Gervais et saint Protais, Apparition de saint Gervais et Saint Protais à saint Ambroise,  1661, Petit Palais, 4,90m x 7,57m

Ateliers de tissage du Louvre, Tentures de saint Gervais et saint Protais, L'invention des reliques de saint Gervais et saint Protais, vers 1661, Petit Palais, 4,96m x 7,42m

Ateliers de tissage du Louvre, Tentures de saint Gervais et saint Protais, La translation des reliques de saint Gervais et saint Protais, vers 1661, Petit Palais, 4,75m x 7,55m

Il serait intéressant qu'une exposition réunisse toutes ses oeuvres : les cartons et les tapisseries.

Sources :

- page du Petit Palais sur les tentures de Saint Gervais et Saint Protais.

- notice du Louvre sur Saint Gervais et Saint Protais amenés devant Astasius

-  notice du Louvre sur la décollation de Saint Protais

- notice du Musée de Louvre sur l'apparition de saint Gervais et saint Protais à saint Ambroise

- notice du Musée des Beaux-Arts de Lyon sur l'invention des reliques de saint Gervais et saint Protais

-  notice du Louvre sur la translation des reliques de Saint Gervais et Saint Protais

 

 

dimanche 1 février 2026

MMDCCCLXXII : 12, rue Pavée : le "Petit Hôtel de Brienne" du milieu du XVIIe siècle où est mort un personnage représenté sur l'Hôtel de Ville.

 

J'ai publié un article le 17 juillet 2025 à propos du 12, rue Pavée (Paris 4e). Comme on le voit en ce moment, de gros travaux ont lieu à cette adresse. Dans mon article de 2025, j'avais publié des vues,prises en 2023, qui montraient qu'il s'agissait d'une demeure ancienne avec beaucoup de charme :

 
J'ai, depuis la publication de cet article, trouvé des informations passionnantes et précises à propos de cet endroit. En effet, la Commission du Vieux Paris, dans sa séance plénière du 17 février 2022, avait évoqué les travaux prévus à cet endroit en commençant par un très intéressant rappel historique concernant le lieu.Voici une rapide chronologie que j'ai tiré de sa lecture en complétant avec quelques informations personnelles : 

- au Moyen Âge, la parcelle faisait partie des terres du Couvent Sainte-Catherine-des-Ecoliers (voir article du  24 janvier 2023).

- 1632 : la parcelle est acquise par la comtesse Marie de Reffuge qui fait construire une maison avec deux corps de logis : un sur rue et un sur cour. La famille de Reffuge (ou de Refuge) était une famille originaire de Bretagne. Son membre le plus illustre a été Eustache de Refuge (1564-1617). Il a publié en 1616 un célèbre Traité de la cour ou d'instruction des courtisans.

- 1642 : la maison est vendu à Léon Bouthillier. Celui-ci était un personnage très puissant. Il était secrétaire d’État des affaires étrangères de 1631 à 1643. Il était propriétaire depuis 1635 de l'Hôtel de Chavigny qui est situé à quelques centaines de mètres (voir article du 21 avril 2013). On peut s'en rendre compte sur le plan Gomboust qui date de 1650 :


- 1657 : la veuve de Léon Bouthillier (mort en 1652), Anne Phélippaux décide de faire reconstruire complètement la demeure. L'Hôtel est composé d'un "bâtiment sur rue, aile en retour et corps de logis, entre cour et jardin, de trois étages".Anne Phélyppeaux, née en 1612, est décédée en 1694.

- dans la deuxième moitié du XVIIe sicle, l'Hôtel devient la propriété de Louis-Henri Loménie de Brienne (1636-1698). Il a en effet épousé, en 1656, une des filles de Léon Bouthillier et Anne Phélyppeaux : Henriette Bouthillier de Chavigny (1637-1664). Louis-Henri Loménie de Brienne était le fils d'Henri-Auguste de Loménie de Brienne, secrétaire d’État aux affaires étrangères de 1643 à 1653 (il avait succédé à Léon Bouthillier). 


 Il fait réaliser des travaux confiés à l'architecte nommé Duchêne. C'est à cette époque que l'Hôtel prend le nom de "Petit Brienne" La façade en fond de cour est dotée des deux arcades actuels :


 Louis-Henri n'a peut-être pas longtemps profité de cette résidence.Il a été enfermé par lettre de cachet à l'abbaye de Saint-Lazare, un asile de fous de 1674 à 1692. Il est mort en 1698 à l'abbaye de Château-Landon (Seine-et-Marne).

Il est intéressant de remarquer que sur le plan Turgot des années 1730, on a bien du mal à retrouver la localisation du "Petit Brienne". Il s'agit certainement de celui-ci :



- En 1784, l'Hôtel a été acheté par François-Denis Tronchet (1726-1806). Celui-ci a été élu en 1789, député à l'Assemblée des Etats Généraux pour représenter Paris. Il a été un des avocats de Louis XVI pendant son procès en 1792. Il est un des pères du Code Napoléon. Il est représenté sur l'Hôtel de Ville (voir article du 21 août 2009) : 

On notera que Tronchet s'était installé juste à côté d'une des prisons les plus célèbres du Paris de l'époque : la prison de la Force, ouverte en 1780 (voir article du 30 décembre 2016). Sur ce plan de Paris de 1814, on peut voir que le 12, rue Pavée était mitoyen avec la prison :


 - 1794 : l'Hôtel est revendu à une dénommée Angélique Girardot. Tronchet se réserve un des appartements côté rue. C'est à cette adresse qu'il meurt le 10 mars 1806.

Le plan cadastre Vasserot (1810-1836) montre la disposition du 12, rue Pavée (le n°10 à l'époque) :

Le grand espace blanc, situé en dessous sur ce plan, qui correspond à l'Est, correspond à la prison de la Force qui n'a fermé qu'en 1845 :


 - 1824 : l'Hôtel est racheté par un commissaire en quincaillerie, Charles-Armand Declion. L'édifice est divisé en différents logements et commerces. Une partie des locaux sert de synagogue. 

 - à la fin du XXe siècle, la demeure a servi d'internat pour une école de jeune filles.

jeudi 29 janvier 2026

MMDCCCLXXI : Les statues du Louvre (35e volet) : Louvois par Aimé Millet

 

Voici le 35e épisode de la série relative aux statues qui décorent la cour du Louvre. Il concerne la statue de de Louvois l'on peut voir dans la partie Nord de l'aile Henri IV :

La statue de Louvois est la première en partant de la gauche :

 
 
Franois-Michel Le Tellier, marquis de Louvois,  - avec son grand rival, Colbert (voir article du 17 août 2023) - , a été un des plus grands ministres de Louis XIV. Né le 18 janvier 1641 à Paris, il était le fils de Michel Le Tellier, secrétaire d'Etat à la guerre de 1651 à 1677, puis chancelier de France de 1677 à 1675. Louvois a succédé à son père en tant que secrétaire d'Etat à la guerre en 1677. Il a aussi exercé, après la mort de Colbert en 1683, la charge de secrétaire de la Maison du roi et de surintendant des finances, jusqu'à sa mort le 16 juillet 1691.  Il est considéré comme celui qui a établi la domination des armées françaises dans le dernier quart du XVIIe siècle. 
 
Louvois est représenté tenant fièrement son porte-documents, sa serviette de ministre :

 Derrière lui, sur sa gauche, on peut voir une carte qui porte le nom de la Flandre, une province dont le rattachement à la France a été confirmé par le traité de Nimègue de 1678  :
 

Louvois a été sculpté par Aimé Millet né à Paris le 28 septembre 1819 et mort dans la même ville le 14 janvier 1891. Voici un portrait de lui par Nadar dans les années 1850 :

 

dimanche 25 janvier 2026

MMDCCCLXX : Une exposition "Faux et Faussaires" aux Archives nationales sur les traces d'une enquête d'Hippolyte Salvignac

 

Jusqu'au 2 février 2026, une exposition passionnante a lieu à l'Hôtel Soubise, aux Archives Nationales (Paris 3e) : "Faux et Faussaires". On peut s'y intéresser notammes aux fauses chartes forgées au Moyen Âge, à la fausse monnaie (avec les différentes techniques mises en œuvre ou à la contre-façon. J'ai visité cette exposition un samedi après-midi et il y avait énormément de monde :


 Parmi les thématiques présentées, une a particulièrement retenu mon attention : les faux reliquaires avec notamment celui de Saint Yriex, volé en 1905 dans un village de Haute-Vienne :

et l'affaire du reliquaire de Saint-Martin de Sourdeilles qui a eu lieu en 1910 :

Cela m'a replongé dans les intrigues d'un roman policier historique que je conseille vivement : le livre de Philippe Grandcoing, "Le Tigre et les pilleurs de Dieu" paru en 2018. L'intrigue concerne les vols dans des églises du sud de la France de reliquaires remplacé par des copies. Or, ce roman policier historique (qui a été suivi par sept autres volumes) a un rapport intéressant avec Paris Centre puisque le protagoniste, Hippolyte Salvignac, un antiquaire, habite dans le 4e arrondissement, rue Vieille-du-Temple et sa boutique est passage du Cerf dans le 2e arrondissement. J'ai consacré un article à ce roman sur mon blog Héliosse 2 (article du 16 juin 2024).


 

samedi 24 janvier 2026

MMDCCCLXIX : Un questionnaire de Proust par les trois chefs de file du conseil de Paris Centre, têtes de liste pour les élections de mars 2026

Au conseil de secteur de Paris Centre le 12 novembre 2025, de gauche à droite : Aurélien Véron, Martine Figueroa et Ariel Weil

Depuis 2008, en tant que Rédacteur de L'indépendant du 4e, puis de L'Indépendant du Coeur de Paris, je suis un chroniqueur assidu de la vie politique locale. Les élections municipales approchant, j'ai demandé à trois chefs de file du conseil sortant (Ariel Weil le maire PS de Paris Centre [qui soutient Emmanuel Grégoire], Aurélien Véron pour le groupe "Changer Paris" [et soutien de Rachida Dati] et Martine Figueroa pour le "groupe pour Paris" ( soutien de Pierre-Yves Bournazel) de répondre à un questionnaire de Proust dont j'avais sélectionné les dix thématiques... Merci à eux d'avoir répondu. 

Cela permettra, peut-être, aux citoyennes et aux citoyens de Paris Centre de mieux connaître leurs élus actuels et d'avoir un autre regard sur ces hommes et femmes qui font de la politique locale au plus près du terrain et sont, depuis cette semaine, têtes de liste pour la mairie de Paris Centre et donc souhaitent devenir (ou continuer à être) maire de ce ce très très beau secteur auquel je suis tant attaché.

Voici donc mes dix questions et leurs réponses. J'ai d'abord demandé à Ariel Weil, puis à Aurélien Véron et enfin à Martine Figueroa (pour comprendre l'ordre dans lequel j'ai mis leurs réponses).

1°) Votre principal trait de caractère ?

- Ariel Weil : "Un attachement presque phobique à la rationalité, à l'approche cartésienne de tout sujet. Mais avec l'âge, j'accorde de plus de place à l'intuition, et aux données immédiates de la conscience, le titre d'un des livres d'Henri Bergson, l'un de mes philosophes préférés".

- Aurélien Véron : "La pugnacité : je ne renonce jamais quand il s'agit de défendre un projet, une cause ou une idée que je crois juste".

- Martine Figueroa : "Toujours de bonne humeur"

2°) Votre principal défaut ?

- Ariel Weil : "Je ne crois pas que nous sommes des êtres bifurqués avec des qualités et des défauts autonomes. Je crois au contraire que les traits qui structurent notre personnalité sont la source commune de nos qualités et de nos défauts. Je pense, par exemple, être assez pédagogue, j'aime enseigner et je l'ai fait pendant 15 ans avec la passion de transmettre, d'expliquer et de convaincre. A contrario, j'ai sans doute bien trop tendance à faire le prof, à faire la leçon, à trop parler, à trop vouloir prouver : mes enfants m'en font souvent le reproche, et je me dis que je dois agacer mes équipes".

- Aurélien Véron : "¨Être parfois trop batailleur sur les idéaux de liberté. Mais en politique, céder par confort est souvent une faute".

- Martine Figueroa : "Je mange beaucoup trop de crocodiles haribo".

3°) La qualité que vous préférez chez quelqu'un ?

- Ariel Weil : "La sincérité. Quand elle est bienveillante. J'ai horreur des faux-culs, à la fois laideur morale et perte de temps".

- Aurélien Véron : " La curiosité intellectuelle. Elle seule permet d'échapper aux dogmes et de comprendre la complexité du monde".

- Martine Figueroa : "La fidélité".

4°) Votre couleur préférée ?

- Ariel Weil : "J'aime les couleurs vives, j'ai un canapé jaune fluo ! Mais si je suis sincère, je constate que je m'habille souvent en bleu et des verts. Des couleurs de forêt, d'arbres et d'eau, qui correspondent probablement  ma passion pour la montagne, la natation en eau libre et mon désir d'aller chercher, sous les pavés, la plage".

- Aurélien Véron : "L'orange d'une aube joyeuse : celle des recommencements et des possibles".

- Martine Figueroa : "Le vert émeraude".

5°) Un film préféré ?

- Ariel Weil : "Les films noirs en général, Abel Ferrara, Scorsese, Sergio Leone, ou Howard Hawks avec de grands interprètes tels que Humphrey Bogart... J'aime les personnages rugueux, un peu complexes, aux vies peu linéaires, et cette idée de rédemption qui, depuis le forçat Jean Valjean devenu le maire Madeleine, irrigue la littérature et le cinéma. Mon film préféré est dans doute "Il était une fois en Amérique", un film fleuve que j'adore, New York, carrefour des migrations, violences des passions, du temps qui passe, des choix irrémédiables, et ce personnage incroyablement littéraire de Noodles, interprété par Robert de Niro extrêmement jeune, avec des dialogues qui évoquent presque Audiard. Et bien sûr, ce chef d’œuvre envoutant qu'est la bande-soin signée Ennio Morricone !".

- Aurélien Véron : "Les Tontons flingueurs. Les répliques cultes apportent l'humour nécessaire dans un monde de bruts".

- Martine Figueroa : "La Grande vadrouille".

6°) Le livre que vous lisez en ce moment ?

- Ariel Weil : "Toujours plusieurs livres à la fois sur la table de chevet, des poches pour les voyages... Le barman du Ritz de Philippe Colin, par exemple, en ce moment, qui est le énième livre sur l'Occupation et la Seconde guerre mondiale que je lis. Mais aussi V13, que j'ai lu pour me mettre dans la perspective de l'anniversaire des attentats du 13 novembre (et par ce que j'ai lu tous les livres d'Emmanuel Carrère) et toujours un bon vieil Hugo dont je lis quelques pages pour m'inspirer : j'ai achevé il y a quelques jours la relecture de l'intégralité de Notre Dame de Paris. Je ne lis aucun livre politique".

- Aurélien Véron :"L'Homme en rouge de Julian Barnes. Le récit d'une Europe brillante, insouciante en apparence mais aveugle aux fractures profondes qui mèneront à la catastrophe. Ca vous rappelle quelque chose ?"

- Martine Figueroa :"La bataille de Paris de Pierre-Yves Bournazel et Le café secret des Nuits de pleine lune de Mai Mochizuki qui réunit ma passion pour les chats et le Japon".

7°) Votre héros ou héroïne préféré(e) ? 

- Ariel Weil : "J'aime énormément les super-héros -  surtout ceux qui surmontent une infirmité comme Daredevil ou Ironman, n'ont aucun pouvoir surnaturel comme Batman, ou souffrent de l'exil ou de la séparation comme X-men ou Superman - dont l'invention par Joe Shuster a été magnifiquement racontée par le livre de Michael Chabon, The fabulous adventures of Kavalier and Klay. Mais s'il faut choisir un personnage de la bibliothèque verte de mon enfance, mutine et maligne, sans doute, un peu ambivalente et ambiguë, Les exploits de Fantômette de Georges Chaulet !"

- Aurélien Véron : "D'Artagnan : libre, insolent face aux puissants, courageux dans l'action, et toujours fidèle à ses compagnons. Un esprit de panache et de responsabilité."

- Martine Figueroa : "La primatologue Jane Goodal :  ses décennies de recherches sur la vie des chimpanzés dans leur habitat naturel ont radicalement changé notre compréhension de ces singes intelligents, les plus proches parents de l'Homme".

8°)  Si vous étiez une fleur, une plante ou un arbre ?

- Ariel Weil : "Un arbre fruitier. Un pommier par exemple. Comme dans Jules et le Chapeau magique, l'un des livres préférés de mon enfance, où Jules voit exaucer son rêve d'avoir un pommier qui pousse dans son appartement. Ou peut-être le poirier, lauréat du concours agricole de Tomi Ungerer dans La Grosse bête de monsieur Racine. On voit que je me suis replongé dans la littérature enfantine et mes auteurs préférés en ce moment..."

- Aurélien Véron : "La fougère : ancienne, résiliente, capable de traverser les âges en s'adaptant sans jamais renier sa nature. Une elle métaphore des société durables".

- Martine Figueroa : "Le mimosa et le figuier, à égalité". 

 9°) Si vous étiez un animal ?

- Ariel Weil : "Un goéland ou un grand oiseau migrateur, pour pouvoir m'élever, prendre de la hauteur, et voler, le rêve icarien de l'homme, et voyager. Je reste très marqué par le livre poétique de Richard Bach, Jonathan Livingston le goéland, lu et relu dans ma jeunesse."

- Aurélein Véron : "Un suricate : vigilant, solidaire, attentif aux autres. J'adore cette drôle de bestiole qui veille sur le groupe. Une définition simple du sens du collectif".

- Martine Figueroa : "Un chat".

10°) Votre devise ?

- Ariel Weil : "Fluctuat nec Mergitur. La devise de la ville de Paris me va parfaitement. Sinon, quand mes enfants étaient plus petits, j'avais inventé un adage pour eux "Comment on règle un problème ? Ni en criant, ni en pleurant, ni en chouinant". Une partie de mes filles aimaient bien répondre à cette question toute rhétorique...".

- Aurélien Véron : "Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage (Périclès)." 

 - Martine Figueroa : "La proximité en action ! C'est ma devise du quotidien, ce qui me motive tous les matins".

 

J'espère que cet article aura intéressé mes lecteurs et leur aura permis de mieux connaître les élus actuels et certainement  futurs de Paris Centre. Merci à eux trois de m'avoir répondu et de m'avoir fait confiance, ce qui confirme l'estime que j'ai pour chacun d'eux, même si le jeu final de la démocratie, c'est de choisir.

P.S. Si d'autres élus actuels ou candidats, tête de liste à Paris centre, souhaitent se livrer à cet exercice, ils peuvent me contacter en laissant un commentaire. 

 

lundi 19 janvier 2026

MMDCCCLXVIII : Un espace complètement repensé au Louvre : la galerie des cinq continents

  

Depuis le début du mois de décembre 2025, au Louvre, un espace complètement repensé est accessible : la Galerie des  cinq continents (située à l'extrémité Sud-Ouest du musée).

Le but est de mettre en échos des oeuvres de différentes civilisations. Les salles sont très agréables à voir avec notamment une très agréable luminosité :

 Je suis cependant un peu sceptique concernant l'intérêt muséographique de cet espace. Les visiteurs sont face à des objets dont ils sont d'une mal à comprendre la culture dans laquelle ils s'inscrivent. Les cartels, qui pourtant sont bien utiles pour comprendre ce que l'on a sous yeux sont systématiquement relégués loin des vitrines comme s'ils étaient gênants.