mercredi 8 avril 2026

MMDCCCXCI : Au 35, rue des Rosiers, le souvenir d'ita Zitenfeld, la première victime de la rafle du Vel d'Hiv


 J'ai publié le 10 mars dernier un article pour évoquer le 3,rue Castex  et le destin tragique de Richard Frenkel , lors de la rafle du Vel d'Hiv. Il  m'avait été inspiré par lecture du livre de Laurent Joly, La Rafle du Vel d'hiv, (Editions Champs Histoire, 2023). C'est aussi cet ouvrage qui m'a donné envie d'évoquer le 35, rue des Rosiers (Paris 4e) et une femme du nom d'Ita Zitenfeld. Aux, pages 109/110, Laurent Joly permet de comprendre en quoi cette personne a eu un destin tragique. Il s'agit en effet de la première personne qui est décédée en raison de la rafle du d'hiv.

Les équipes de policiers avaient commencé, le 16 juillet 1942 au matin,  à frapper aux portes vers 4h du matin pour arrêter les personnes juives dont les fiches leur avaient été communiquées "Rue des Rosiers, dans le 4e arrondissement, un premier drame survient. Au numéro 35, dans une petite chambre du 4e étage, vers 5 ou 6 heures, une femme a absorbé de l'esprit de sel (acide chlorhydrique). Des voisins entendent des râles. Ils enfoncent la porte.appellent les secours et disparaissent. Peu après 7h15, le gardien de la paix Maurice Masson est sur place".

La personne qui a décidé de mettre fin à ses jours s'appelle Ita Zitenfeld. Elle est transportée à l'Hôtel-Dieu et elle décède à 10h45. "C'est la  première victime de la grande rafle".

Avec l'aide de @stefdesvosges, j'ai retrouvé l'acte de décès d'Ita Zitenfeld. Celui-ci est très incomplet :

 On y lit "Ita Mala Zitenfeld, domiciliée 40 rue du Temple, née à ... sans renseignements, âgée de cinquante ans environ, sans profession, filles de père et mère dont les noms ne sont pas connus du déclarant. Epouse de ... POITEVIN sans autres renseignements." Cet acte de décès est donc très lacunaire, l'adresse donnée est fausse et on se rend compte à quel point la défunte était complètement isolée en ce jour tragique. 

Laurent Joly permet d'en savoir un peu plus. On apprend qu'Ita Zitenfeld, après la mort de son père, avait quitté la Pologne pour se rendre en Belgique en 1935. Deux ans plus tard, elle est venue à bord d'un camion à Paris et elle a été accueillie rue des Francs-Bourgeois chez une cousine mariée à un dénommé Herman Schronek qui était chapelier. Menacée d'expulsion, Ita Zitenfeld a suivi à Angers le couple qui s'est installé dans cette ville au printemps 1938. C'est alors qu'Ita Zitenfeld a épousé François Poitevin, dans le but d'obtenir la nationalité française. Le mariage a été célébré le 18 août 1938. J'ai retrouvé dans les Archives de l’État civil d'Angers l'acte de mariage :


 On apprend sur cet acte qu'Ita Zitenfeld était née à Sieradz en Pologne le 15 décembre 1889. Sieradz est une ville située à 100 Km au Sud-Ouest de Varsovie - tout près, à l'époque, de la frontière allemande - .On y lit aussi qu'Ita Zitenfeld, avant de venir à Angers,  habitait 10, rue des Francs Bourgeois (situé non pas dans le 4e arrondissement comme cela est écrit sur l'acte mais dans le 3e). On y voit aussi sa profession : "ouvrière en confection".

On peut aussi observer au bas de l'acte la seule trace que j'ai trouvée d'Ita Zitenfeld elle-même,  sa signature :

Le mariage semble avoir été de pure complaisance. Ita Zitenfeld a assez rapidement abandonné son mari, le dénommé François Poitevin qui était couvreur et qui était âgé lui aussi de 48 ans. Laurent Joly cite une annonce qu'il a fait paraître dans le Petit Courrier du 2 septembre 1938 dans laquelle il précise qu'il ne répond pas des dettes que pourra contracter sa femme qui a quitté le domicile conjugal. 

L'acte de mariage comporte aussi en marge une mention intéressante donnant la date à laquelle Ita Zitenfeld, devenue officiellement Mme Poitevin a été déchue de la nationalité française :

Cela m'a permis de retrouver dans le Journal Officiel du 17 octobre 1941 le décret par lequel Ita Zitenfeld a perdu la nationalité française :

Ce qui est encore plus triste, c'est que, même si Ita Zitenfeld se sentait traquée, elle n'était pas dans les listes des personnes à arrêter le 16 juillet 1942. Prise de panique, elle a préféré se suicider pour échapper à un destin tragique qui pourtant ne la concernait pas (en tout cas cette journée là), alors que dans les maisons adjacentes, rue des Rosiers et rue Vieille-du-Temple, des familles entières étaient arrêtées par la police.

Le 35, rue des Rosiers n'a pas beaucoup changé d'aspect. C'est une façade ancienne avec trois étages sur rue. La chambre de bonne où elle vivait au 4e étage n'est pas visible de la rue : 

La pore d'entrée située sur la droite est celle par laquelle passait Ita Zitenfeld et par laquelle elle est sortie, certainement déjà inconsciente, pour être transportée à l'Hôtel Dieu ce matin tragique du 16 juillet 1942 :

Un peu par hasard, en préparant cet article, je me suis rendu compte qu'un écrivain venait de publier au début de l'année 2026 un ouvrage qui évoque le sort d'Ita Zintelfeld : L'esprit de sel, (collection du Canoë, 2026).


 En une centaine de pages, l'auteur évoque de manière très onirique et très personnelle le destin d'Ita Zitenfeld à laquelle il s'est intéressé, lui aussi, après avoir lu le livre de Laurent Joly. Pages 91/92, il évoque le 35, rue des Rosiers et notamment le fait que, comme cela est exact, depuis le 4e étage, Ita Zitenfeld ne pouvait pas voir la rue. 

Personnellement, ce qui m’interpelle avec Ita Zitenfeld c'est le fait qu'elle est née en 1889, la même année qu'un personnage qui, des années plus tard, a eu une influence directe sur son destin, Adolf Hitler. A sa naissance, la Pologne faisait partie de l'Empire russe. En août 1914, au moment de la déclaration de la Première Guerre mondiale, elle avait 24 ans. Elle vivait tout près de la frontière avec l'Empire allemand. Après la bataille de Varsovie, d'août à septembre 1915, la plus grande partie du territoire polonais a été occupé par l'Allemagne et donc elle a vécu sous occupation allemande. En novembre 1918, elle avait 28 ans quand la Pologne a proclamé son indépendance après l'armistice et la défaite de l'Allemagne. Ita Zitenfeld ne s'est jamais mariée. Elle a attendu 1935, donc quand elle avait 45 ans, pour quitter son pays et partir en Belgique avant d'arriver en France. 

Contrairement à Richard Frenkel, auquel j'ai consacré l'article du 10 mars 2026, qui n'avait que deux ans en juillet 1942, elle avait donc un recul qui lui a certainement donné une grande lucidité sur ce qui se passait dans Paris ce 16 juillet 1942. Tout comme je ne peux plus passer devant le 3, rue Castex sans avoir une pensée pour Richard Frenkel, je ne pourrai plus le faire 35, rue des Rosiers sans avoir à l'esprit le destin d'Ita Frenkel, la première victime de la rafle du Vel d'hiv.

samedi 4 avril 2026

MMDCCCXC : Les rues de Paris Centre : la rue du Croissant, une rue apparue il y a un peu plus de 400 ans

  

La rue du Croissant est située dans le 2e arrondissement entre la rue du Sentier, à l'est, et la rue Montmarte, à l'ouest. Elle est un peu la jumelle de la rue Saint-Joseph, qui lui est parallèle, au sud, et à laquelle j'ai consacré un article (voir article du 22 septembre 2022). 

La rue du Croissant date du début du XVIIe siècle. Elle a pris ce nom en 1612 en raison d'une enseigne qui se trouvait dans cette rue. Depuis, elle n'a pas changé de nom et sa longueur, 177m, est restée la même.

La partie ouest de la rue en regardant en direction de l'ouest

 Seule sa largeur a changé avec le temps. La partie ouest est beaucoup plus large. Au contraire, dans la partie est, la distance entre les côté pair et impair est beaucoup plus faible :

La partie est de la rue en regardant en direction de l'est.
Un arrêté du 28 Brumaire an VI (18 novembre 1797) avait porté la largeur de la voie à 6m pour les nouvelles construction. Elle avait été encore augmenté à 10m, par une ordonnance royale, du 10 mai 1826. Cependant, dans la partie Est de la rue, tous les immeubles datent d'avant le XIXe siècle, ce qui explique l'étroitesse de la rue :

Il est intéressant de remontrer le temps, pour se rendre compte qu'il y a 500 ans, cette rue était située dans la campagne de Paris.

Voici pour s'en rendre compte, le plan Turgot des années 1730, qui permet de bien localiser la rue :

Voici la même rue dans les années 1650, sur le plan Gombroust :

Mais, moins de 40 ans plus tôt, sur le plan Mérian, de 1615, on voit que la rue - qui venait d'apparaître - était située entre la porte Montmartre de l'enceinte de Charles V (XIVe siècle) et la porte du même nom de l'enceinte bastionnée de Henri II (XVIe siècle). On voit sur ce plan, comme je l'ai déjà évoqué qu'à l'époque, rue Montmartre, la rue du Croissant se prolongeait à l'ouest par un petit pont qui permettait de franchir un cours d'eau :

Voici un agrandissement qui montre que la rue du Croissant comportait encore de nombreux espaces qui n'étaient pas construits :

Enfin, si on regarde l'emplacement de la rue sur un plan dit de Bâle, du milieu du XVIe siècle, on voit que la rue, située entre les deux portes Montmartre des enceintes déjà évoquées, était en pleine campagne :

J'ai déjà consacré de nombreux articles à propos des rues de ce quartier, à l'époque où elles n'étaient pas encore loties :

- la rue de Cléry (article du 10 mai 2023)

- la rue des Jeuneurs (article du 5 avril 2024)

- la rue Saint-Joseph (article du 22 septembre 2022)

- la rue du Sentier (article du 16 novembre 2025)


 

 

mardi 31 mars 2026

MMDCCCLXXXIX : Les statues du Louvre (37e volet) : Joinville par Jean Marcellin

  

Voici le 37e volet de la série consacré aux statues des personnages illustres de la cour du Louvre. Il concerne Jeanville que l'on peut voir dans l'aile Henri IV, dans la partie Nord-Ouest de l'aile qui longe la cour carrée :

La statue de Joinville est la 3e en partant de la gauche :

Jean de Joinville est né en 1224 et il est mort de 24 décembre 1317. Membre de la noblesse champenoise, il a accompagné le roi Louis IX à la croisade en Egypte lors de la 7e croisade (1248-1254). Il a survécu au au roi plus de 47 ans puisque Louis IX est mort à Tunis en 1270, lors de la 8e croisade (à laquelle Joinville avait refusé de participer).

Lors de l'enquête pour la canonisation de Louis IX, le témoignage de Joinville a joué un rôle prépondérant. Cela a permis à Louis IX d'être reconnu comme saint en 1294. La reine Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel (roi de France de 1285 à 1314) a demandé à Joinville de rédiger un témoignage de la vie de Louis IX qui a été achevé en 1309.


La statue est une œuvre de Jean Marcellin. Ce sculpteur était né à Gap le 24 mai 1821 et il est mort le 22 juin 1884 dans le 14e arrondissement de Paris. On lui doit aussi la statue de Grégoire de Tours qui orne aussi la cour du Louvre (voir article du 29 avril 2023).

Voici l'acte de décès de Jean Marcellin :

On y lit que Jean Esprit Marcellin était décoré de la Légion d'Honneur. Celle-ci lui avait été décerné le 14 août 1862 :


 Je trouve cette statue de Joinville par Jean Marcellin très belle.


samedi 28 mars 2026

MMDCCCLXXXVIII : L'Indépendant du Coeur de Paris fête ses 18 ans.

  

Le 1er article de L'Indépendant du 4e est paru il y a 18 ans aujourd'hui, le 28 mars 2008. Il concernait les problèmes rencontrés par la piscine Saint-Merri (devenue depuis la piscine Mare Marvingt). Entre le 28 mars 2008 et le 28 mars 2018, mille neuf cent soixante six article sont parus sur L'Indépendant du 4e. Ce blog paraissait sur typepad, une plateforme qui a disparu au cours de l'année 2025. 

L'Indépendant du Coeur de Paris a pris la suite depuis le 28 mars 2018. En raison de la fusion programmée entre les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements, j'avais prévu d'étendre l'espace consacré par le blog. J'en ai profité pour changer de plateforme. Depuis près de neuf cent vingt articles supplémentaires sont parus en huit ans et j'ai republié une (petite) partie des articles de L'Indépendant du 4e parus entre 2008 et 2018 sur L'indépendant du Cœur de Paris.

La ligne éditoriale du blog a légèrement évolué avec le temps. Je prends de plus en plus plaisir à approfondir les articles consacrés à l'histoire et au patrimoine ce qui m'a conduit à moins me préoccuper de la vie locale qui constituait une partie importante des sujets des premiers articles. 

Il me paraît étrange de me dire que des personnes nées en même temps que le blog, en mars 2008, sont aujourd'hui en age de voter. Cela rappelle que la vie passe. J'ai cependant toujours un grand plaisir à trouver de nouvelles idées d'articles et d'enquêtes et j'espère qu'elles continueront à intéresser mes lecteurs.

Je voudrai finir par un hommage  à Raphaël Goebbel (1986-2008) avec qui j'avais écrit des articles pour le blog "Le 4e que j'aime" de 2007 à 2008 (et qui m'a donné le goût d'écrire des articles.  Ce jeune homme de grand talent est parti trop tôt et, d'une certaine façon, à chaque fois que j'écris un article, je pense combien il l'aurait intéressé et les éventuels points faibles qu'il aurait pu remarquer. Il aurait eu 40 ans le 16 mars dernier.

Dix-huit après, cela me conduit à souligner combien il faut se réjouir à chaque instant de la chance d'avoir autour de soi des personnes de qualité et de talent avec qui on peut échanger. Une leçon à méditer maintenant que L'Indépendant du Coeur de Paris a atteint l'âge de la majorité. 

jeudi 26 mars 2026

MMDCCLXXXVIII : Les céanothes en fleurs du square du Temple-Elie Wiesel

  

Dimanche dernier, en traversant le square du Temple-Elie-Wiesel, mon attention a été attirée par de superbes fleurs bleus d'arbustes situées le long de la rue Perrée. Renseignement pris, il s'agit de Céanothes ou Lilas de Californie. 

En ce début de printemps, ces plantes sont vraiment superbes.


mercredi 25 mars 2026

MMDCCCLXXXVI : Les animaux de Paris Paris Centre : un singe du début des années 1750 au 45, rue Meslay

 

Voici un article dont j'ai eu l'idée pour compléter la série consacrée aux animaux de Paris Centre. En effet, dans le décor du 45, rue Meslay (Paris 3e), on peut voir dans les décors qui ornent un des quatre mascarons du 1er étage un singe. Cela m'a donné envie d'en savoir plus sur cet immeuble.

Cet immeuble présente côté rue une superbe façade :

On peut voir cinq mascarons, des têtes de personnages, un au-dessus du portail central et un au-dessus de chacune des ouvertures du 1er étage.

Voici, de gauche à droite, ceux qui ornent le 1er étage :

C'est dans celui-ci, donc le 2e en partant de la gauche, que l'on peut voir le singe.

Ces mascarons sont une très bonne illustration de l'esprit des Lumières. Ils mentent en valeur les arts, les lettres, les savoirs (le singe est peut-être là pour illustrer la géographie, les voyages et/ou la botanique).

La Commission du Vieux Pris, dans sa séance du 5 avril 2025, a émis un avis concernant des travaux prévus dans cette demeure. On y apprend que c'est un dénommé "Claude Des Batisses (ou Desbatière)" qui l'a fait construire entre 1750 et 1752.  Il s'agit -mais c'est à vérifier- de Claude Desbatisses qui est cité dans le Bénézit "Sculpeur à Paris. mort en Touraine le 23 septembre 1761. Il exposé au Salon de 1751 à 1753. Il travailla pour le comte d'Argenson à son palais de Neuilly et son château en Touraine. Il était membre de l'Académie de Saint-Luc, et professeur'.

Il s'agit en tout cas d'un personnage qui a voulu laisser une trace de lui puisque les chiffres de son nom apparaissent dans la ferronnerie du balcon central :

On peut donc supposer, sans prendre trop de risque, que les mascarons et les bas-reliefs qui ornent le 45, rue Meslay sont dus à Claude Desbatisses.
 

 Le décor à l'intérieur de l'immeuble est plus récent. De la fin du XVIIIe siècle au du début du XIXe siècle mais il ne manque pas d'élégance. J'ai pu y faire des photos grâce aux travaux en cours :

On peut voir sur le côté gauche, sur un piédestal, une statue dans le goût antique :

L'escalier, juste après, en travaux quand j'ai pris les photos, ne manque pas non plus d'élégance :

Un très bel immeuble que j'ai eu envie de mieux connaître grâce à ce singe qui orne sa façade.

lundi 23 mars 2026

MMDCCCLXXXV : Les résultats du 2nd tour des municipales dans Paris Centre

Voici le résultat du 2e tour des élections municipales pour le Conseil de secteur de Paris Centre (Paris 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements) : 


 La liste PS, Ecologistes, PCF d'Ariel Weil obtient la majorité absolue sur l'ensemble du secteur (50,69%). C'est aussi le cas dans le 2e (50,79%) et elle obtient son meilleur score dans le 3e (55,4%). La liste LR, MODEM, UDI, Horizons, Renaissance d'Aurélien Véron obtient 38,61%. Elle  est en tête dans le 1er arrondissement avec 48,29% des voix. La liste LFI de Cédric Panizzi obtient 10,77% 

Il est intéressant de faire un comparatif avec le vote pour le Conseil de Paris :

On observe que la liste d'Emmanuel Grégoire obtient 53,50% des voix. Elle dépasse les 58% dans le 3e arrondissement. La liste de Rachida Dati dépasse 41%.  Elle est en tête dans le 1er arrondissement où elle frôle la barre des 50% avec 49,62% des voix. La liste de Sophia Chikirou obtient presque la moitié du score de celle de Cédric Panizzi avec 5,49%.

Comme au 1er tour, il est intéressant d'observer les différentiels entre le vote pour la liste de secteur et celle pour la mairie centrale :

On peut voir dans ses différentiels :

- le fait que la candidate pour Paris, Sophia Chikirou, a clairement ciblé Ariel Weil. On voit donc que 5% des électeurs qui se sont exprimés l'ont suivi dans cette voie, ce qui n'est pas négligeable. Cela représente environ 2200 électeurs.

- Ariel Weil jouit d'une prime de notoriété auprès de la population du secteur. Un avantage au maire sortant que l'on retrouve un peu partout dans Paris. Dans le 9e arrondissement, Delphine Bürkli la maire de centre droit a fait 57% des voix alors que la liste d'Emmanuel Grégoire est arrivé en tête avec 52% des voix. Par attachement, à sa personnalité, à sa notoriété et/ou à son action, près de 2,4% de l'ensemble des suffrages exprimés qui ont voté pour la liste Dati pour le conseil de Paris et on choisit A. Weil pour le conseil de secteur ce qui représente un peu plus de 1 000 électeurs.

Il est intéressant de noter que cette déformation des résultats, entre le vote pour la mairie centrale et le vote pour le conseil de secteur, est encore plus forte dans le 3e arrondissement (le score de la liste LFI au niveau local y est de 5,64 point supérieur à celle du conseil de Paris, mais la liste d'opposition de droite et du centre y perd 2,98 point).

Le conseil de Paris Centre ne compte plus que 23 élus (il en comptait 24 dans la précédente mandature mais le nombre de conseillers d'arrondissement est proportionnel à la population). La liste d'Ariel Weil a obtenu 18 sièges, la liste d'Aurélien Véron 4 sièges et celle de Cédric Panizzi 1 siège. LFI qui n'était pas présente au conseil de Paris centre compte donc désormais un élu.

Je félicite l''ensemble des conseillers d'arrondissement pour leur élection et pour un certain nombre d'entre eux leur réélection. L'élection du maire de Paris centre aura lieu lors de la réunion du premier conseil de secteur qui se tiendra très bientôt. Ariel Weil, élu maire du 4e en novembre 2017 (voir article du 23 novembre 2017), élu maire de Paris centre en juillet 2020 (voir article du 11 juillet 2020) pourra donc briguer à sa succession.


jeudi 19 mars 2026

MMDCCCLXXXIV : Les statues de l'Hôtel de Ville : Série sur les Villes de France (29e volet) : Brest par Charles-Elie Bailly

 

Voici le 29e volet de la série consacrée aux statues des villes de France sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris. La statue représentant la ville de Brest est située dans la partie Nord-Ouest de la façade principale :

La statue de Brest est la 7e en partant de la gauche ou la 2e en partant de la droite :

La ville de Brest tient dans la main gauche une rame qui rappelle sa vocation portuaire : 



Mais on peut surtout la reconnaître grâce à l'écu qu'elle tient avec la main droite :


 

Il s'agit de celles de la ville de Brest :


Au 1er d'azur à trois fleurs de lis d'or, au 2e d'hermine plain.
 

 Cette statue est une œuvre de Charles-Elie Bailly, né à Remenoville (Meurthe), le 7 janvier 1830 et mort à Paris, dans le 15e arrondissement, le 6 août 1895.