mercredi 28 juin 2023

MMDXCII : Paris Centre de Paris dans les assiettes anciennes (1er épisode) : la colonnade du Louvre

 

Voici une nouvelle série de L'Indépendant du Coeur de Paris. Elle concerne les assiettes anciennes (de la fin du XVIIIe siècle ou du XIXe siècle) qui représentent des monuments et/ou des places de Paris Centre.

Ce 1er épisode représente un des lieux dont on parle beaucoup en ce moment : la colonnade du Louvre et la place qui est située en face. A l'époque où les deux assiettes qui illustrent cet article la colonnade venait à peine d'être achevée pour sa partie supérieure (sur la première le fronton ne semble pas achevée):


 Sur la seconde assiette, le fronton est achevé. On voit que bien sûr on ne trouvait pas au pied de la colonnade les fossés creusés par la volonté de Malraux dans les années 1960.

Ces deux assiettes montrent que la colonnade du Louvre était considérée comme un deux lieux admirables de paris.

J'ai écrit plusieurs articles à propos de cette colonnade : 

- 23 mai 2023 : une carte postale montrant la colonnade au début du XXe siècle.

- 5 septembre 2021 : le fronton de Louis XIV/ Napoléon Ier de la colonnade

- 7 août 2021 : les 20 mascarons de la colonnades du Louvre

dimanche 25 juin 2023

MMDXCI : Une merveille de la Renaissance les bas-reliefs qui ornait le jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois

 

Au Louvre, on peut voir de nombreux vestiges artistiques venus de différents endroits du Centre de Paris. Parmi ceux-ci on compte cinq bas-reliefs de Jean Goujon qui ornait le jubé (c'est-à-dire la limite entre le choeur et le reste de la nef) de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois située juste à l'Est du Louvre.

Il s'agit tout d'abord d'une déposition de croix :

puis les quatre évangélistes reconnaissables à leur attribut :

Saint Jean et l'aigle

Saint Marc et le lion

Saint Luc et le taureau

Saint Matthieu et l'ange

 Ces bas reliefs datent des années 1544/1545, c’est-à-dire de l'extrême fin du règne de François Ier (Mort en 1547). Ils sont représentatifs de la Renaissance française notamment dans le souci de représenter les corps des personnages et les drapés antiques. Ils sont de quelques années antérieurs à une autre oeuvre majeure de Jean Goujon : les décors de la fontaine des Innocents.

Les musculatures fines feront place dans la 2e moitié du XVIe siècle, avec la maniérisme, à des personnages plus massifs en suivant l'inspiration de Michel Ange.

jeudi 22 juin 2023

MMDXC : Les statues du Louvre : Série les personnages (11e volet) : François Malherbe par Jean-Jules Alasseur

 

Voici le 11e épisode de la série relative aux statues qui décorent la cour du Louvre. Il concerne la statue de François Malherbe que l'on peut voir dans la partie de l'aile Turgot qui est tournée vers la Pyramide du Louvre :


 La statue de François Malherbe est celle qui est la 3e en partant de la gauche :

François de Malherbe est né à Caen vers 1555 et il est mort à Paris le 6 octobre 1628. C'était un poète. Il a écrit de nombreuses odes aux rois qui se sont succédés : Henri III, Henri IV et Louis XIII. Il est représenté avec une plume à la main et une énorme pile de livre derrière lui . Un casque placé derrière sa jambe gauche rappelle certainement qu'il était issus de la noblesse de robe : son père François de Malherbe était écuyer, seigneur de Digny.

Une petite citation extraite de Consolation à M. Du Perrier (1599)

"Même quand il advient que la tombe sépare
Ce que la nature a joint,
Celui qui ne s’émeut a l'âme d’un barbare,
Ou n’en a du tout point".

La statue et une oeuvre de Jean-Jules Allasseur né à Paris le 1er septembre 1818 et mort dans le 18e arrondissement de Paris le 23 mars 1903. On doit aussi à la sculpteur la statue d'Henri Estienne à l'Hôtel de Ville (voir article du 25 septembre 2011). La statue de Malherbe au Louvre (contrairement à celle d'Estienne à l'Hôtel de Ville) a fait l'objet d'un nettoyage qui permet de bien la mettre en valeur comme on le voit avec ces deux vues sur laquelle on voit l'état qu'elle avait au début de l'année 2021 :


 

lundi 19 juin 2023

MMDLXXXIX : Les façades de Paris Centre : un immeuble de 1913 qui a été le siège de l'Association des Dames Françaises.

 

Au 12 rue Gaillon, on peut voir un immeuble avec une très belle façade comportant des décors métalliques :

Le portail comporte un très beau décor avec des guirlandes :

Les ferronneries des balcons sont aussi admirables :

Cet immeuble est signé par l'architecte Jacques Hermant et date de 1913 :

 Jacqqus Hermant est né à Paris le 7 mai 1855 et il y est mort le 6 juin 1930. On lui doit plusieurs autres constructions dans le Centre de Paris comme la Caserne des Célestins construite en 1891/1902 et l'immeuble du 134 rue Réumur qui date de 1901 (voir article du 2 septembre 2019).

Le permis de construire avait été déposé le 2 septembre 1911 avec pour propriétaire Madame Veuve Desfossés.

Cette femme avait certainement un lien avec l'association des "Dames de France" (une branche de la coix rouge). En effet à l'époque où cet immeuble a été construit on trouvait au 12 rue Gaillon le siège de cette association qui a joué un rôle important pendant la Première Guerre mondiale : 

La revue de l'Association, par exemple, celle-ci datée de 1922 :

J'avais appris que cette association avait son siège à cet endroit quand j'ai préparé l'article sur la façade du 9 boulevard de Bonne Nouvelle dont la propriétaire, la Comtesse Foucher de Careil avait été président de l'association des Dames de France de 1881 à 1906 (voir article du 12 février 2023).



vendredi 16 juin 2023

MMDLXXXVIII : Promenade dans le Paris d'Hittorff : étape 3, la façade de la mairie du 5e arrondissement

 

Voici la 3e étape du parcours que nous avons entrepris avec @Baptiste75004 (Baptiste Gianeselli) concernant l'œuvre de Jacques Ignace Hittorff. La 1ère étape relative à l'église Saint-Vincent-de-Paul est paru le 16 février 2023 et la 2e à propos de la place de la Concorde le 16 avril 2023.

Cet article concerne la façade de la mairie du 5e arrondissement. En effet, la visite à laquelle nous a conviés Florence Berthoud la maire du 5e arrondissement le 17 avril dernier permet de se convaincre que si l'intérieur du bâtiment est superbe (et plusieurs prochaines parutions lui seront consacrées) il date presqu'intégralement des années 1920 quand la mairie a été profondément agrandie et transformée. On verra cependant l'importance de ce qu'il reste de l’œuvre d'Hittorff à cet endroit : la façade située dans la partie Sud de la Place des Grands Hommes face au Panthéon. Cela permettra de montrer une des caractéristiques majeures de l’œuvre d'Hittorff : sa capacité à respecter un site et à s'inscrire en harmonie avec les édifices qui existent déjà.

En effet, la place où est située la mairie avait pris l'essentiel de sa configuration actuelle dans la 2e moitié du XVIIIe siècle avec l'édification de deux monuments néo-classiques dessinés par Soufflot : le Panthéon et l'Université de Droit. On les voit sur ce plan dit Verniquet de 1791 :

On observe qu'il n'y avait rien dans la partie Sud de la place face au Panthéon.

Or, à l'époque du Préfet Rambuteau, par une loi du 5 juillet1844, il a été prévu de percer la rue Soufflot dans l'axe du Panthéon et d'édifier une nouvelle mairie pour le 12e arrondissement qui comprenait la plus grande partie de l'actuel 5e arrondissement dans le découpage appliqué depuis la Révolution française et jusqu'en 1860. La mairie du 12e était en effet installée depuis 1805 au 262 rue Saint-Jacques dans un édifice de très petite superficie. 

La décision de construire une nouvelle mairie a été prise pendant la mandature d'Adolphe de Lanneau, maire du 12e arrondissement depuis 1838. Ce personnage était aussi directeur depuis la même date de l'Institut Royal des Sourds-Muets situé rue Saint-Jacques. Les travaux ont d'abord été confiés à Jean-Baptiste Guénépin (1807-1888) mais cet architecte s'est "brouillé" avec l'administration. Jacques Ignace Hittorff a donc repris le chantier. Le bâtiment a été achevé en 1849 alors que la IIe République avait été proclamée un an plus tôt.

On ne peut qu'être admiratif concernant la capacité d'Hittorff à construire une façade en harmonie totale avec la Faculté de Droit et le Panthéon comme le montre cette photographie :

La façade de la mairie du 12e arrondissement est donc une symétrie parfaite de celle de la faculté de Droit dessiné par Soufflot près de 70 ans plus tôt.

Hittorff a repris les éléments décoratifs jusque dans les moindres détails comme par exemple les entourages des oculi et les chapiteaux que l'on peut voir sur la Faculté de Droit :

On retrouve sur la façade de la mairie les mêmes oculi surmontés d'une guirlande avec une tête de lion :

Il en est de même avec les chapiteaux des colonnes d'inspiration ionique mais complétés par un décor de fleurs et de fruits :

Cependant deux éléments décoratifs qui datent de la construction du milieu du XIXe siècle diffèrent de la façade de la Faculté de Droit :

Dans le fronton, on peut voir en effet une pendule :

Et sous le fronton, entre les colonnes, on remarque une nef de Paris :

Entre la tête de lion et la nef, on peut observer la date sur le bandeau. Il permet de conclure que la façade a été achevée en 1850 :

La nef comporte un détail assez insolite avec à sa proue une curieuse sirène :

Le plan dit Tardieu de 1854 permet d'observer la nouvelle configuration de la place du Panthéon. On se rend compte que le bâtiment de la mairie avait très peu de profondeur :


 Un croquis dessiné en 1864 par Léon Leymonnerie montre l'aspect de la façade de la mairie (devenue depuis 1860 non plus celle du 12e mais du 5e arrondissement)  :

Il est complété par un plan qui montre qu'à sa gauche, la mairie comprenait les bâtiments d'une école :

Des cartes postales de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe siècle font apparaître des volets -assez peu esthétiques- qui avaient été ajoutés :

Ce bâtiment était devenu beaucoup trop exigu au début du XXe siècle. (En 1911, le 5e arrondissement comptait 121 000 habitants). En 1913, le Conseil de Paris a voté le principe d'une extension importante de la mairie. Retardée par la Première Guerre mondiale, celle-ci a été lancée en 1921 sous la conduite de l'architecte René Patouillard-Demoriane (1859-1967).  La superficie de l'édifice a été considérablement augmentée comme on s'en rend compte sur ce plan (la partie entourée en rouge) :

On peut aussi le voir sur cette vue aérienne avec la partie entourée en jaune :

Là encore, l'intelligence du travail de cet autre architecte a été de réaliser un projet qui respecte l’œuvre de son prédécesseur même si tout l'intérieur a été complètement reconfiguré et remodelé avec un style Art Déco d'un grand sens esthétique.

La façade d'Hittorff a été conservée et en1925 elle a fait l'objet d'un classement à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. 

 Il s'agit d'une œuvre charnière entre les réalisations de Jacques Ignace Hittorff  de l'époque de la Monarchie de Juillet (avant 1848) et celles du Second Empire (après 1852).

mardi 13 juin 2023

MMDLXXXVII : Les statues de l'Hôtel de Ville : Série sur les Villes de France (12e volet) : la ville de Nîmes par Jean-Baptiste Charles Emile Power

Je continue la série consacrée aux villes représentées sur la façade de l'Hôtel de Ville côté rue Lobau. Il s'agit d'ici de la 12e statue en partant de la droite (ou de la 3e statue en partant de la gauche) :

La statue tient dans sa main gauche les armoiries de la ville :

J'ai reconnu des armoiries qui j'avais vu quelques mois plus tôt dans les rues de Nîmes, par exemple sur les bancs

 
Il s'agit d'un crocodile attaché à une palmier. Cela serait dû au fait que Nîmes a été une colonie romaine dont une partie des habitants étaient des légionnaires revenus de la conquête d’Égypte.

La statue tient dans la main droite ce qui ressemble à des fruits :

 Cette statue est une oeuvre de Jean-Baptiste Charles-Emile Power. Je remercie @StefdesVosges d'avoir retrouvé l'acte de décès de cet artiste : il est mort le 2 mai 1899 à Ivry. Il était né à Charenton et avait 68 ans. Il était donc né en 1830 ou en 1831.

Je n'ai pas trouvé d'autres oeuvres de cet artiste à part le tirailleur qui décore le Monument aux Morts du Siège de Paris de 1870-1871 qui date de 1879 (Merci aussi à @stefdesvosges pour la photo) :