dimanche 21 décembre 2014

MCDLXXXIV : Les façades d'immeubles de Paris Centre : Une façade de 1890 avec un air madrilène au 19 rue Pavée

 

Voici un nouvel article de la série des façades d'immeuble du centre de Paris. Il concerne le 19 de la rue Pavée (Paris 4e). On peut y voir un immeuble avec un élément décoratif fréquent dans la capitale espagnol mais beaucoup plus rare à Paris : deux oriels (aussi appelé bow windows).

L'idée de bow (arc en anglais) désigne plutôt une avancée en courbe sur une façade mais celle-ci peut aussi être à "pans coupés" comme c'est le cas de chacun des deux oriels de cette façade.

Pour le reste cette façade comporte des éléments décoratifs assez classiques de la fin du XIXe siècle, notamment si on compare avec les décors parfois un peu surchargés de la période 2nd empire mais aussi avec le style art nouveau qui deviendra plus fréquent au début du XXe siècle.

Les lignes droites dominent dans les baies et les ferronneries comme le montre par exemple ce détail d'une fenêtre :

De même les consoles et la porte d'entrée sont marqués par un décor austère relativement sobre avec un élément végétal d'un grand classicisme : des branches de laurier :

J'ai retrouvé la date du permis de construire de cet immeuble grâce au blog "Parisconstruction" (voir le lien suivant) : il a été déposé le 18 juin 1890 et les travaux ont commencé le 19 juillet 1890. Le propriétaire s'appelait Nusillard et l'architecte Latruffe (qui avait son cabinet 25, rue Marceau).

jeudi 11 décembre 2014

MCDLXXIX : La permanence du réseau de Résistance "Libération-Nord" était située au 3 rue des Blancs Manteaux

  

Au 3 rue des Blancs Manteaux (4e arrondissement), on peut voir sur la façade de l'immeuble cette plaque sur fond doré.

Elle signale la localisation, à cet endroit, de la permanence parisienne d'un des principaux réseaux de Résistance pendant l'Occupation de 1940 à 1944 : Paris Nord-Libération. Un réseau formé autour des proches de la SFIO, le Parti Socialiste. Pour en savoir plus à propos de ce réseau de Résistance, je renvoie à cette page mise en ligne à l'occasion d'une exposition organisée en 2012/2013 au Musée du général Leclerc et le Libération de Paris. Voici l'affiche de cette expositon :


samedi 6 décembre 2014

MCDLXXVII : Les statues de l'Hôtel de Ville (110e volet) : George Sand par Charles-Arthur Bourgeois

  

Voici le 110e article de la série dédiée aux personnages représentés sur les façades de l'Hôtel de Ville. On peut (aperce)voir cette statue d'une grande femme romancière du XIXe siècle, George Sand, le nom de plume d'Amantine Lucile Aurore Dupin, baronne Dudevant (née le 1er juillet 1804 à Paris 3e* et décédée le 8 juin 1876 au château de Nohant) sur la partie en retour de la façade du quai au 1er étage du pavillon de gauche :

George Sand est morte en 1876, peu de temps avant la sélection définitive des personnages qui devaient être représentés sur l'Hôtel de Ville (dont la reconstruction s'est achevée dans les années 1880). Voici la notice la concernant dans l'ouvrage de Georges Veyrat sur les Statues de l'Hôtel de Ville (1892) :

La statue est une œuvre du sculpteur Charles-Arthur Bourgeois (né le 18 juin 1838 à Dijon et mort le 11 novembre 1886 à Paris) auquel on doit une statue de Saint-Joachim pour l'église Saint-Eustache.

* voir article du 1er juillet 2019 :MMLVI : Il y a 215 ans, la future George Sand naissait dans le Centre de Paris

mercredi 3 décembre 2014

MCDLXXVI : Les anges de Paris Centre (14e volet) : un ange sportif de l'église des Blancs manteaux

  

Voici le 14e volet d'une série commencée il y a fort longtemps : celle consacrée aux anges du Centre de Paris. Il s'agit ici d'un ange particulièrement sportif que l'on peut voir à la base du maître grand orgue de l'église des Blancs manteaux :

L'orgue date de 1841et il est dû à Louis Calinet. Quant à cet ange, je n'ai pas trouvé qui en était l'auteur mais sur un site on peut lire les informations suivantes :

"Après le Concordat, un orgue d'accompagnement neuf à tuyaux de bois, à double claviers avec plusieurs jeux et pédales est installé dans le choeur de l'église. Cet orgue, fait par Larroque, a été, par la suite, agrandi et amélioré par le même facteur. À partir de 1831, Louis Callinet entreprend la construction d'un grand orgue. Comme l'église n'a pas de vraie façade, ni de tribune au moment de l'installation, en 1841, il le place donc sur la sacristie, derrière le sanctuaire.

En 1863, une tribune est édifiée. Les colonnes cannelées et rudentées, au chapiteau ionique, qui soutiennent la plateforme sur laquelle est posé l'instrument sont de la fin du XVIIe siècle et viennent de l'abbatiale Saint Victor, après un passage à Saint-Germain-des-Prés. Le grand buffet, qui repose sur des piliers carrés ornés de magnifiques panneaux du XVIIIe, faisant partie du même lot que ceux que l'on voit dans le choeur, a été dessiné par Varcollier en 1863. Le petit buffet a été fait à l'occasion de la rénovation de l'instrument.

En 1864, Joseph Merklin est chargé de faire le transfert de l'instrument à sa place actuelle. Les travaux sont achevés en 1867 mais il n'a plus que 25 jeux. Il est inauguré, le 5 septembre 1867, par les organistes Édouard Batiste, Alexis Chauvet, Renaud de Vilbac, Eugène Vast, Edmond Hocmelle et par l'organiste titulaire, Hugueny.."

 

 

dimanche 30 novembre 2014

MCDLXXV : Réaménagement de la rue Rambuteau : désormais on peut y voir le tracé de l'enceinte de Philippe Auguste

  

Depuis la mi-novembre, nous pouvons observer le nouvel aspect de la rue Rambuteau après le réaménagement mis en oeuvre depuis cet été. J'avais écrit sur ce blog que je ne remettais pas en cause l'intérêt du sujet mais son calendrier. Je persiste à penser qu'il est dommage que la fermeture de cette voie n'ait pas eu lieu principalement entre la 2e quinzaine de juillet et la fin août.

 Maintenant, que les travaux sont finis on ne peut qu'admirer ce réaménagement qui est beau à voir. Je tenais en particulier à souligner un détail que l'on ne voit pas au 1er coup d'oeil...

 Le pavage particulier et le marquage sur la chaussée qui apparaît à la hauteur du 5/9 rue Rambuteau (Côté 4e) et du 10/12 rue Rambuteau (côté 3e).

Il s'agit du tracé de l'enceinte de Philippe Auguste. Un petit aménagement qui avait été omis dans la présentation des services de la Ville lors de la réunion de présentation ce que j'avais regretté dans l'article paru à ce sujet.

L'erreur a donc été réparée !

lundi 10 novembre 2014

MCDLXVIII : Paris Centre hier et aujourd'hui : Le Pont Marie en 1874 peint par Barthold Jongkind

  

Voici un tableau que l'on peut voir dans les collections permanentes du Musée des Beaux-Arts du Havre. Il a été peint par Barthold Jongkind en 1874 (comme le montre la signature et la date en bas à droite). 

 Il représente le Pont Marie et le quai des Célestins dans un angle légèrement différent de celui que l'on peut voir sur un tableau d'Edmond Sigrist (voir mon article du 26 juillet 2012). 


Sur les deux tableaux, on reconnaît à l'arrière-plan la silhouette du clocher de Saint-Gervais-Saint-Protais.

Comme sur une carte postale à laquelle j'ai consacré un article paru le 12 juillet 2011, on peut voir des chevaux en train de s'abreuver au 1er plan :

A droite du tableau, on peut voir une partie du quai des Céléstins :

On peut aussi remarquer au 1er plan un personnage qui semble se détendre en lisant et une femme qui se promène avec son enfant.

mercredi 5 novembre 2014

MCDLXVI : La superbe verrière de Bofinger

 

Suite à la visite que l'association dont le je suis président, "Le 4e au coeur", a organisé de la brasserie Bofinger, j'avais publié un article consacré à un lieu insolite : les toilettes (voir mon article du 2 juillet 2014)

Voici un nouvel article consacré à un espace beaucoup plus prestigieux de cette brasserie fameuse située entre la place de la Bastille et la place ds Vosges : la grande verrière qui orne la salle située à l'arrière du rez-de-chaussée.


Les volumes de cette salle sont agrandis grâce aux miroirs situés sur les murs. "De 1919 à 1921, l’établissement, repris par le gendre de Bofinger, s’embellit. L’architecte Legay, le décorateur Mitgen, les maitres verriers Néret et Royé sont chargés du renouveau. [...] c’est un foisonnement Belle Epoque. Par ses débordements, sa profusion de matière, sa superposition de couleurs, ce style, hérité de la fin du XIXème siècle, illustre l’embourgeoisement de la société et son aspiration à la fête"  (site http://www.bofingerparis.com )

C'est dans cette superbe salle que François Mitterrand et ses proches ont fêté la victoire du 10 mai 1981. Cela a fait beaucoup moins de vague qu'un autre président qui a eu la mauvaise idée de fêter sa victoire sur un établissement situé sur les Champs Elysées. Mais c'est une autre histoire !

lundi 3 novembre 2014

MCDLXV : Jean-Paul II décidément à l'honneur dans le 4e arrondissement !

 

En 2009, j'avais publié un article pour signaler que la par décision personnelle du maire de Paris de l'époque, Bertrand Delanoë, le parvis de la cathédrale Notre-Dame avait été rebaptisé "Parvis Jean-Paul II" (article du 1er avril 2009).

Nos édiles parisiens doivent considérer que le 4e arrondissement a une dévotion toute particulière à Jean Paul II. En effet, le samedi 25 octobre 2014, dans le jardin Jean XXIII, au sud de la cathédrale Notre-Dame, une statue du souverain pontife en cours de béatification a été inaugurée.

Il s'agit d'une oeuvre en bronze de 3,6m de haut et qui pèse 1,5t. C'est une création de l'artiste russo-géorgien Zourab Tereteli qui a bien réussi à rendre -je trouve- la force intérieure de ce pape qui a tant marqué la fin du XXe siècle.

Cette statue était prête depuis 4 ans et attendait de trouver sa place. Il avait été envisagé par Mgr Stanislas Jez, directeur de la maison catholique polonaise de Paris, que cette statue soit installée dans le 1er arrondissement devant l'église polonaise de l'Assomption, rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement. Cependant, la Ville de Paris s'y est opposée en 2012. Finalement, en juillet 2014, un accord a été trouvée avec l'archevêché de Paris  pour que la statue trouve sa place à l'endroit où elle vient d'être inaugurée... A nouveau donc dans le 4e arrondissement :


 

Principale source de cet article : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Une-statue-de-Jean-Paul-II-inauguree-a-Paris-samedi-2014-10-16-1250136

mardi 21 octobre 2014

MCDLX : Les rues du 4e : la rue de l'Hôtel de Ville

 

Voici un nouvel épisode de la série consacrée aux rues du 4e arrondissement. Il concerne une voie qui réserve quelques surprises : la rue de l'Hôtel de Ville.

Tout d'abord, cette rue laisse certains visiteurs perplexes. Faites le test. Expliquez à quelqu'un qui ne connaît pas bien Paris que cette rue n'est pas située à côté de l'Hôtel de Ville [le mieux c'est de la faire quand on est à l'angle rue de Lobau/rue de Rivoli (donc en face de l'Hôtel de Ville) et qu'il faut expliquer qu'il faut aller jusqu'à la place Saint-Gervais, prendre la rue De la Brosse avant de trouver cette rue].

En effet, à l'extrémité de cette rue, on trouve la caserne Lobau qui met une certaine distance entre cette rue et l'Hôtel de Ville. La caserne a été construite en 1854 et de ce fait la rue de l'Hôtel de Ville ne conduit plus... à l'Hôtel de Ville.

La partie la plus à l'Ouest de la rue est celle où on trouve les bâtiments les plus anciens. Elle a connu l'époque très longue pendant laquelle cette voie s'est appelée la rue de la Mortellerie : jusqu'en 1835. On peut encore voir une plaque du XVIIIe siècle qui porte ce nom. En effet, on y trouvait au Moyen-Âge des "morteliers", des ouvriers qui réduisaient de la roche pour en faire du plâtre ou du ciment. Le nom de mortellerie est tombé en désuétude et il avait été considéré comme évoquant trop la mort après l'épidémie de choléra... du début des années 1830.

  Cette rue de la Mortellerie se prolongeait avant la reconstruction de l'Hôtel de Ville sous Louis-Philippe jusqu'à la place de l'Hôtel de Ville donc bien plus à l'Ouest :

 
On trouve dans cette partie de la rue (entre la rue de la Brosse et la rue des Barres) un des rares ilôts anciens préservés des bords de Seine du 4e. Cependant, ils sont désormais situés relativement loin de la place de l'Hôtel de Ville et même de l'Hôtel de Ville.

En continuant dans cette rue vers l'Est, on arrive après à la hauteur de la rue des Barres avec la superbe vue sur le chevet de l.'église Saint-Gervais-Saint-Protais (et son affreux échafaudage depuis 2012) :

 En allant un peu plus loin vers l'Est, on arrive à un bâtiment que j'ai toujours trouvé très peu esthétique : la Cité Internationale des Arts. (Qu'en pense M.Girard qui à propos des pavillons Willerwall des Halles parlait de "pans de laideurs" ?).


Le projet architectural "une barre sur piloti" a été choisi en 1959 avec une construction achevée en 1965. Il n'est pas  forcément à regretter que le projet de 2e barre du même genre n'ait pas été mené à terme...

Ce tronçon n'a vraiment pas un grand intérêt si ce n'est le fait que cela reste un des rares endroits du 4e arrondissement où on trouve encore de nombreuses places de parkings. (Pourvou que sa dourre comme disait la mère de Napoléon).

En continuant à l'Est, on arrive à la hauteur de l'Hôtel d'Aumont que l'on peut continuer à voir puisque l'idée de construire un mur pour enserrer le "jardin sonore" a, elle aussi, fort heureusement été abandonnée.

Cependant, le parcours dans cette rue n'est pas fini. En continuant vers l'Ouest, après avoir traverser la rue des Nonnains d'Hyères, on change encore d'ambiance pour arriver à l'Hôtel de Sens : la rue de l'Hôtel de Ville commence à cet endroit à l'angle avec la rue du Fauconnier :

Voici donc une rue bien surprenante puisqu'elle est relativement longue (446m) mais n'a aucune unité avec trois ambiances très différentes et un nom qui n'a rien ni de logique (puisque la rue n'est pas située à côté de l'Hôtel de Ville depuis la construction de la caserne Lobau en 1854) ni d'historique (puisqu'il a été choisi pour remplacer en 1835 le nom de rue de la mortellerie qui avait été par erreur compris comme une évocation d'un lieu lié à la mort...).

 

samedi 18 octobre 2014

MCDLIX : Un nouveau piédestal dans le 4e

 

On peut voir en ce moment un immense piédestal dominé le 4e arrondissement. Certains pourraient croire qu'un mégalomane prépare l'érection d'une statue gigantesque toute à sa gloire...

Mais non, il s'agit juste des travaux de restauration du dôme qui en avait certes bien besoin...