
On peut encore voir cette affiche dans certains établissements
sportifs parisiens. A chaque fois que je la vois, je me dis que plutôt
que de poser des questions aux habitants, il faudrait plutôt que nos
élus commencent par régler les problèmes qu'ils leur posent...
En effet, depuis maintenant un an, les piscines municipales de Ville
de Paris sont touchées par des grèves perlées qui provoquent la
fermeture presque tous les dimanches de nombreuses d'entre elles (il est
vrai que la piscine Saint-Merri n'est pas la plus concernée).
A la fin du Conseil d'arrondissement du 2 mars 2015, j'ai posé une
question à ce sujet en demandant qu'une solution soit enfin trouvée. Le
maire m'a fait une réponse très courte en m'expliquant que les conflits
sociaux étaient un élément de la démocratie.
J'ai quelques notions à propos de la grève et des conflits sociaux.
J'ai moi-même participé à une très longue grève des enseignants de
Seine-Saint-Denis entre mars et mai 1998 [Ce département était devenu en
métropole celui où le nombre de professeurs par élèves était le plus
faible]. Je sais personnellement la colère ressentie par des personnes
qui font grève pendant une très longue période en estimant qu'ils ont
raison. Je peux témoigner par ma propre expérience que rien n'est pire
que l'impression que le conflit s'enlise et qu'aucune solution ne peut
être trouvée. Contrairement à ce que pensent certains (et là je ne pense
pas forcément à ceux qui sont les plus à Gauche), participer à une
grève n'est jamais une partie de plaisir, même si elle est "perlée".
Contrairement aussi à une autre légende tenace, les jours de grève sont
bien prélevés sur les traitements des fonctionnaires (même si ils
peuvent être étalés sur plusieurs mois). Quand on sait ce que touche les
agents techniques des personnels de la Ville, je peux assurer que
quelques euros de moins à la fin du mois cela peut représenter une vraie
difficulté.
Le sentiment de l'injustice et du manque d'écoute provoque une colère
sourde contre les dirigeants. Or, en ce qui concerne les piscines,un
conflit que l'on laisse pourrir pendant aussi longtemps (plus d'un an),
je pensais que seule la Margaret Thatcher des années 1980 en
Grande-Bretagne en était capable.
J'avais été informé qu'un vote sur la fin du conflit était prévu le
vendredi 20 mars avec une possibilité de mettre fin à la grève. Cela ne
semble pas encore avoir abouti. En effet, dimanche 22 mars 2015, encore
16 piscines municipales parisiennes étaient fermées mais pas il est
vrai la piscine Saint-Merri (site
http://piscine.equipement.paris.fr/tousleshoraires).
Je ne prétends pas savoir bien sûr si le personnel des piscines a
raison de faire grève. Ma seule requête est que les élus Parisiens -qui
s'avèrent incapables de trouver une solution- acceptent de nommer un
médiateur qui trouve enfin une issue. Un vœu dans ce sens a été voté par
les élus de la Majorité municipale du 9e arrondissement du 2 mars 2015.
(Je n'ai pas assister à son vote puisque pour ma part -comme on le
sait- j'assiste au Conseil du 4e auquel je reste fidèle). Mon souhait
est que face à cet enlisement du conflit, les élus du 4e soutiennent
aussi un vœu afin qu'un médiateur soit nommé et règle le problème.
Comme je le disais en posant ma question, certains élus peuvent se
passer des piscines municipales car ils fréquentent des clubs sportifs
très "sélects", mais en ce qui concerne le Parisien moyen la fermeture
des piscines le dimanche (mais aussi le samedi depuis quelques semaines)
est un vrai problème. Un sondage diffusé à l'occasion des municipales
de 2014 a montré que la natation était le sport préféré des Parisiens et
ils ont raison.
[Addendum le jeudi 26 mars à 9h17:
J'apprends, suite à la publication de cet article, par le compte twitter
@Colsport17 que lors de l'AG du 20 mars, non seulement la reprise de la
grève n'a pas été votée mais qu' "en plus il a été décidé d'étendre la grève au mercredi en plus des samedi et dimanche". De l'utilité des réseaux sociaux].