samedi 14 octobre 2023

MMDCXXXII : Un excellent résumé de l'action de Pacôme Rupin élu de la majorité présidentielle dans le bilan de mi-mandat de Paris Centre

 

A l'occasion du milieu de la mandature 2020/2026, la municipalité de Paris Centre vient de publier en cet automne 2023 un bilan très bien fait de son action depuis trois ans. Comme à chaque fois avec ce genre de compte-rendu, tous les articles sont à la gloire de ce qui a été fait et on nous rêver à un avenir radieux pour les trois années qui viennent. C'est un peu la règle avec ce genre de publication.

Normalement, le rôle de l'opposition est d'avoir un regard critique pour montrer tout ce qui a été oublié dans ce superbe paysage. Il n'y a que dans les états totalitaires que tout le monde est d'accord. C'est pourquoi à la fin de la publication on peut lire -et c'est très bien que cela y soit- une double pages avec les tribunes des différentes sensibilités du Conseil. Deux de élus desécologistes (M. Boutault et Mme Faugeron qui fêteront en 2026 leur quart de siècle en tant qu'élus de la majorité municipale) déplorent par exemple qu '" il devient difficile aux habitants de trouver leur place" et évoque une"dysneydanlisation" de notre environnement'. (sic).

Cependant, dans cette double page, on ne peut lire les tribunes que de quatre courants : "Paris en Commun," les écologistes, Changr Paris et le groupe Communiste et Citoyen. 


Rien concernant la majorité présidentielle. Elle dispose cependant d'un élu, Pacôme Rupin, député de la 7e circonscription de 2017 à 2022. J'ai fait partie de ceux qui l'ont soutenu en 2020 (et j'ai même été sur sa liste). J'avoue que je ne comprends pas cette absence alors que sa liste avait fait 21,07% des voix (ce qui la plaçait en 2e place après la liste de l'actuel maire de Paris Centre Ariel Weil). 

Au 2e tour, M. Rupin a été élu -certes de justesse- comme conseiller de Paris Centre. Depuis, si je ne me trompe il ne fait absolument rien pour les habitants de Paris Centre. Il brille par son absence et son manque de tout suivi des dossiers qui pourtant ne manquent pas. Je pense que s'il avait fait une tribune avec le bilan de son action cela aurait donné à peu près cela :

J'ai donc vraiment très honte pour toutes celles et tous ceux qui ont voté pour lui en 2020, toutes celles et tous ceux qui continuent de soutenir la majorité présidentielle (Renaissance, Horizons, le MODEM, le parti Radical) et la faire vivre sur le terrain. Je me suis retiré de tout engagement politique mais je continue à penser que le fait d'être élu implique que l'on respecte les électeurs mais aussi ceux qui font vivre la politique au niveau local. Je pense notamment aux valeureux militants des partis que je viens d'évoquer et qui ont contribué en 2022 aux élections de Sylvain Maillard dans la 1ère circonscription et surtout -avec un engagement remarquable pour obtenir une victoire compliquée- de Clément Beaune dans la 7e circonscription.

Je suis donc très furax en raison de cette absence de tribune de la Majorité présidentielle dans ce bilan de mi-mandat et comme j'en ai la réputation je n'ai pas l'habitude de ne pas le faire savoir. Je fais pour ma part cette démarche sans arrière pensée puisque je répète que pour 2026 je n'ai aucunement l'ambition d'être sur une quelconque liste... Pas sûr que ce soit le cas de M. Rupin !

jeudi 12 octobre 2023

MMDCXXXI : Une aiguière du Louvre, symbole des échanges aux XIe et XIIe siècles

 

On trouve au Louvre de nombreux objets superbes dont certains en relation avec l'Histoire de Paris Centre. C'est pourquoi je publie assez régulièrement des articles à propos de certains d'entre eux sur ce blog.

Cependant, celui qui m'intéresse dans celui-ci n'a pas un rapport direct avec Paris Centre (si ce n'est que puisqu'il est au Musée du Louvre on peut le voir dans le 1er arrondissement). Il s'agit d'une pièce de collection qui m'intéresse à plusieurs titres.

L'objet se trouve dans le départements des Arts d'Islam dans les salles qui ont été ouvertes en 2012 dans la cour Visconti du Louvre. Il s'agit d'une aiguière, c'est-à-dire une sorte de carafe. Elle est intégralement en cristal de roche qui a été fabriquée en Égypte au tout début du XIe siècle vers 1000/1015. A cette époque le pays était dirigé par la dynastie fatimide qui avait la particularité d'être Chiite. 

L'objet a ensuite appartenu au roi Roger II de Sicile. J'ai un lien particulier avec ce monarque puisque lors des études d'histoire en Sorbonne, je me suis particulièrement intéressé au royaume de Sicile mis en place par le roi Roger II en 1130 qui avait pour capitale Palerme et s'étendait non seulement sur l'île dont le royaume portait le nom mais aussi sur presque toute la moitié sud de la péninsule italienne. Roger II de Hauteville était un souverain très puissant. Il avait même réussi à conquérir des comptoirs en Afrique du Nord sur les côtés tunisiennes et libyennes. C'est Roger II qui a fait ajouter le couvercle en or au XIIe siècle.


 L'objet a été offert par Roger II de Sicile au comte Thibault de Blois. On peut comprendre ce don car en 1139, Isabelle de Blois, la fille du compte Thibault IV de Champagne (1093-1152) a épousé Roger, le fils aîné de Roger II. Or l'héritier est décédé en 1148 avant son père Roger II (mort en 1154) et il n'a jamais régné. Le couple n'avait pas eu d'enfant.

Isabelle de Blois s'est remariée en 1152 avec Guillaume Gouët-Montmirail (1125-1175) avec qui elle a eu une très nombreuse descendance. Leur fille Agnès Gouët (née en 1155) a épousé en 1180, Rotrou III de Montfort-le-Rotrou (1125-1200), leur fils Rotrou IV (1180-1229) a été seigneur de Montfort-le-Rotrou de 1200 à 1229.

Thibault de Champagne offrit cette aiguière à l'abbaye de Saint-Denis vers 1150. Elle resta dans le trésor de l'abbaye située au Nord de Paris jusqu'à la Révolution Française date à laquelle cet objet fut confisqué et il a intégré les collections du Musée ouvert au public le 10 novembre 1793 : le Louvre.

Un objet formidable qui a donc été créé il y a un peu plus de 1000 ans et qui est un des plus premiers objets à avoir fait partie des collections du Louvre.

dimanche 8 octobre 2023

MMDCXXX : Les rues de Paris Centre : Une rue au tracé très ancien : la rue des deux boules

  

La rue des Deux Boules est une petite rue du 1er arrondissement située entre Châtelet à l'Est, le Louvre à l'Ouest et la rue de Rivoli au Nord. Elle ne fait que 80m de long. Elle est située entre la rue Lavandières Sainte-Opportune (à la hauteur des n°17/19) et la rue Bertin-Poirée (au niveau des n°20 et 21).

La rue des Deux Boules (photo prise le 17 avril 2022)

 Une Parisienne ou un Parisien du XVIIIe siècle ne serait pas dépaysé car sur un plan Turgot du XVIIIe siècle elle avait le même nom et elle était déjà située entre les deux rues qui portaient le même nom (ce qui est assez rare).

La rue a été plusieurs fois élargie comme cela est expliquée dans le Dictionnaire Administratif et Historique des rues de Paris de 1844. Elle est aujourd'hui de 10m.

Elle porte ce nom curieux de "Deux-Boules" d'après une enseigne qui se trouvait dans cette rue. Elle a aussi le nom de Guillaume Porée (peut-être un membre de la famille de celui qui a donnée son nom au XIIIe siècle à la rue perpendiculaire Bertin Poirée), de rue Mauconseil (à ne pas confondre avec la rue Mauconseil située au Nord des Halles [voir article du 18 mars 2021]) et de rue Maleparole (peut-être une confusion avec la rue des Mauvaises Paroles située à peine quelques mètres plus au Nord [Voir article du 22 décembre 2022]).

Je n'ai pas réussi à savoir ce qui était vendu à cette enseigne des "Deux Boules" qui a donné son nom à cette rue. Je laisse à chacune et à chacun l'occasion d'imaginer ce que bon lui semblera.



mercredi 4 octobre 2023

samedi 30 septembre 2023

MMDCXXVIII : Sur la piste des cousins du "Grand Assistant" de Max Ernst

  

Dans un article paru le 11 juin 2023, j'ai évoqué la sculpture "Le grand assistant de Max Ernst" que l'on peut voir rue Rambuteau au niveau du Centre Pompidou.

Le hasard m'a conduit cet été à découvrir deux autres version de cette statue que l'on peut voir dans deux endroits très éloignés mais qui ont joué un rôle important dans la vie de Max Ernst. L'une d'elle se trouve à Amboise (Indre-et-Loire) :

Une fontaine a été décorée et offerte à la ville par Max Ernst pour remercier Michel Debré qui avait accordé la nationalité française l'époque où il était Premier Ministre (1958-1962). A l'époque du don, en 1968, Michel Debré était maire d'Ambroise (fonction qu'il a occupé de 1966 à 1989).

On reconnait la statue qui se trouve rue Rambuteau :

Ce qui est amusant c'est que sur cette fontaine la statue ne s'appelle pas le "Grand assistant" mais le "Grand génie".


J'ai eu le plaisir de découvrir une autre version de cette statue en juillet à Brühl en Rhénanie-du-Nord-Westphalie au Sud de Cologne. En effet, dans cette ville où est né Max Ernst on trouve un musée dédié à cet artiste. Dans la salle principale on peut voir cette sculpture :

On reconnaît à nouveau dans la partie supérieure le même personnage :

Or, ce qui est intéressant c'est que cette sculpture a pour titre "Le génie de la Bastille" :

Cette sculpture est inspirée par la colonne de Liberté de la place de la Bastille. Quand on regarde l'ensemble du piédestal, il est inspiré de la colonne de Juillet :

On se rend compte en juxtaposant une vue de la colonne de Juillet et du "Génie de la Bastille" exposé à Brühl des ressemblances :

En suivant ce parallèle, on peut penser que le "Grand assistant" de la rue Rambuteau est inspiré du "Génie de la Bastille" d'Auguste Dumont (voir mon article du 28 novembre 2022).

mardi 26 septembre 2023

MMDCXXVII : Les statues de l'Hôtel de Ville : Série sur les Villes de France (15e volet) : la ville de Montpellier par Hubert Lavigne

  

Je continue la série sur les statues des Villes de France sur les façades de l'Hôtel de Ville de Paris. Les 14 villes situées côté rue de Lobau, je reprends sur la façade principale avec celles situées dans la partie droite :

La 1ère statue tout à droite représenter Montpellier :

La statue tient dans la main droite un écu avec les armoiries de la ville : 

La statue n'est pas en très bon état. Elle est en partie recouverte par de la mousse :

Cette statue est une oeuvre d'Hubert Lavigne (né à Cons-la-Grandville [Meurthe-et-Mosele] le 11 juillet 1818 et mort le 15 janvier 1882 à Paris. Cette statue qui date de 1881 est donc une des dernières oeuvres de cet artiste. On lui doit aussi la statue de la fontaine de la rue Charlemagne qui est une création beaucoup plus ancienne qui date de 1840.


vendredi 22 septembre 2023

MMDCXXVI : Les statues du Jardin des Tuileries : Une statue très triste, "Caïn venant de tuer Abel" d'Henri Vidal

  

Voici une des statues les plus tristes de Paris Centre. On peut la voir dans le jardin des Tuileries :

Le cartel indique que c'est une oeuvre d'Henri Vidal qui date de 1896. Elle fait 1,95m de haut. Elle représente Caïn venant de tuer son frère Abel.

 La statue est signée par l'artiste sur le côté droit :


Henri Vidal est né à Charenton-le-Pont le 3 mai 1864 et il est mort au Cannet le 11 janvier 1918.

Il s'agit ici d'une scène extraite de la Bible. Caïn et Abel étaient les deux fils d'Adam et Eve. Caïn offrit à Dieu les fruits de sa culture du sol. Abel lui fit don des produits de son élevage. Dieu préféra ce dernier présent ce qui rendit Caïn jaloux et le conduisit à tuer son frère. Le premier meurtre de l'histoire de l'Humanité... et un témoignage du côté peu sympathique de la nature humaine.

La statue représente Caïn accablé par son acte. Le texte biblique insiste sur le fait que Dieu maudit Caïn et lui fit porter. Voici l'extrait de la Bible (Genèse, 4, 10-15 dans la traduction de Louis Segond) qui explique le fardeau porté par Caïn.

Et Dieu dit : "Qu`as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi.
Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère
.
Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre."
Caïn dit à l`éternel : "Mon châtiment est trop grand pour être supporté.
Voici, tu me chasses aujourd’hui de cette terre ; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera
".
L`éternel lui dit : "Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l`éternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point."

On peut donc supposé que ce Caïn accablé est celui qui non seulement a tué son frère mais qui de plus a reçu cette terrible malédiction divine.


Les cheveux sont sculptés dans une pièce de marbre à part et posés sur la tête à la manière d'une perruque.

Cette statue a été exposée dans le Grand Palais pendant l'Exposition Universelle de 1900. Elle a appartenu aux héritiers d'Henri Vidal qui en ont fait don à l’État en 1980. Il a été installé sur ce socle le 19 février 1982. (Source : Le Musée d'Orsay.). 

Reste à savoir pourquoi Henri Vidal a choisi ce thème si triste et aussi pourquoi il a été décidé de l'installer à cet endroit ? 

Remarque : Il ne faut pas confondre Henri Vidal, le sculpeur de cet statue, avec Henri Vidal acteur français né à Clermont-Ferrand le 26 novembre 1919 et mort le 10 décembre 1959. Il avait épousé Michèle Morgan le 6 février 1950 avec qui il habitait le 1er étage de l'Hôtel Lambert (Paris 4e).

lundi 18 septembre 2023

MMDCXXV : Une oeuvre de jeunesse de Rubens à admirer dans une chapelle de l'église Saint-Eustache

  

Dans une chapelle de l'église Saint-Eustache, mon attention a été attirée par un tableau que je n'avais jamais remarqué car il m'a rappelé un tableau du Caravage que j'apprécie énormément à la galerie de Brera de Milan qui représente Jésus et les pèlerins d'Emmaüs :

Or, après avoir lu le panneau d'information relatif à ce tableau, je me suis rendu compte que ce tableau représentait aussi Jésus et les pèlerins d'Emmaüs par un autre maître de la peinture européenne, Rubens et que seulement cinq années séparent les deux tableaux puisque celui du Caravage est daté de 1606 et celui de Rubens de 1611.

En préparant cet article, j'ai découvert une vidéo très complète de 10mn qui explique tout ce que vous voulez savoir sur ce tableau qui a été restauré en 2019 et 2020. LIEN

On apprend que c'est une œuvre de jeunesse de Rubens qui était encore sous une très forte influence du Caravage comme en témoigne les pieds sales qu'hélas on ne peut pas voir car ils sont cachés par le tabernacle.

Autre détail intéressant que l'on peut apprendre dans la vidéo, la vielle femme située à la gauche de Jésus a été ajoutée et ne figurait pas dans la composition initiale :