jeudi 25 août 2016

MDCCLXI : La structure métallique du pavillon de l'Arsenal construite pour un musée reconverti en entrepôt

 

Le pavillon de l'Arsenal au métro Sully-Morland possède une très belle structure métallique de l'ère industrielle. Elle est malheureusement aujourd'hui en partie masquée par des filets de protection et je publie ici des photographies que j'avais prises sur place en décembre 2008.

En visitant en ce lieu en juillet dernier, l'exposition consacrée aux îles de la Seine (voir mon article du ), j'ai découvert des informations très précises sur cet édifice construit sur un bras de la Seine qui jusque là délimitait l'île des Louviers. Ce bras de la Seine a été comblé en 1843. Grâce à un cartel de l'exposition consacrée aux îles de la Seine. voici ce que j'ai appris :

  • l'ouvrage a été commandé en 1879 par Laurent-Louis Borniche (1801-1883), marchand de bois à l'architecte Clément. Il voulait y installer un musée populaire pour y exposer sa collection de peintures.
  • Ce musée n'a jamais ouvert. Il a été transformé en entrepôt de la Samaritaine.
  • Le bâtiment a été acquis par la Ville de Paris en 1954
  • C'est en 1988 qu'il est devenu le Centre d'Urbanisme et d'Architecture de la Métropole Parisienne.

C'est un lieu dans lequel j'ai toujours beaucoup de plaisir à me rendre même s'il est vrai qu'il serait bien que les filets qui aujourd'hui se trouve dans la partie sommitale de la voûte puisse être retirés.

La charpente métallique est en effet un très bel ouvrage qu'il est agréable de pouvoir admirer.


 

mardi 23 août 2016

MDCCLX : Détournement d'un banc de l'amoureux des bancs publics par l'Indépendant du 4e

 

L'Idée m'est venue après avoir publié le banc dominical de dimanche dernier (sur mon blog "L'amoureux des bancs publics").En effet,  j'ai publié juste après la publication cette photo détournée sur twitter et comme cela en a fait rire certains, j'en fait profiter les lecteurs de l'Indépendant du 4e.

En espérant que ces cinq sièges souriant 😊 donneront à tous de la bonne humeur !


 

samedi 20 août 2016

MDCCLIX : Un autre très bel immeuble Art Déco : le 20 rue du Renard

 

Voici un nouvel article consacré aux façades d'immeubles du 4e arrondissement : il concerne la façade en style Art déco qui est située à l'angle entre la rue du Renard et la rue Saint-Merri. Face au Centre Pompidou et à l'angle opposé avec l'école et complexe sportif Saint-Merri

Cet immeuble situé au 20 rue du Renard n'est pas sans me rappeler le style de celui que l'on peut voir quelques centaines de mètres plus au Nord à l'angle entre la rue Rambuteau et la rue Beaubourg (voir mon article du 8 avril 2011). Ces deux immeubles sont tout d'eux dans le style Art déco qui a dominé pendant l'Entre-deux-Guerres.

L'immeuble du 20 rue Renard a de nombreux détails décoratifs qui sont superbes.

On peut souligner la présence d'encorbellement qui ne sont pas sans rappeler les façades des immeubles médiévaux :

mais ils encadrent de surprenants petits balcons assez uniques en leur genre dans le centre de Paris :

et sont surmontés par des frontons dont le goût pour la géométrie est une des marques de fabrique sur style Art déco :

Autre élément très "Art déco", les ferronneries qui comportent des motifs végétaux mais qui sont beaucoup plus stylisés que dans le style Art nouveau. On peut le voir avec les rambardes des balcons :

 

et encore plus avec un chef d'oeuvre de l'art déco : le portail d'entrée du 20 rue du Renard :

 On trouve sur le même trottoir que cet immeuble, en redescendant la rue, deux autres édifices emblématiques d'autres courants architecturaux :

 

mardi 16 août 2016

MDCCLVIII : Une expo qui permet de mieux connaître les fondateurs du BHV

 

Voici une autre exposition à voir en ce moment au 5e étage du BHV : elle concerne un sujet assez mal connu. L'histoire du magasin.

En effet, la Samaritaine a eu des fondateurs dont le nom reste assez célèbre : Ernest Cognacq et Louise Jay. Cela s'explique par le fait qu'ils avaient tenu à laisser de nombreuses traces de leur formidable réussite. Je garde un souvenir ému des scènes représentées sous forme de maquette que l'on pouvait voir au dernier étage du magasin principal de la Samaritaine avant sa fermeture. De plus, les Cognacq-Jay ont rassemblé une très belle collection d'art du XVIIIe siècle que l'on peut voir aujourd'hui pas loin du 4e à l'Hôtel de Donon. (Une collection que je connais assez bien...). En outre, la rue Cognacq-Jay dans le 7e arrondissement est devenue elle très célèbre puisque jusqu'en 1991 c'est là qu'était situé le plateau de télévision de TF1.

En ce qui concerne l'histoire du grand magasin du 4e arrondissement, le BHV, il faut admettre que les fondateurs sont beaucoup moins célèbres. J'ai cependant consacré plusieurs articles au sujet depuis la création de ce blog (voir notamment mon article du 24 mai 2010 : "un personnage fort mal connu qui a joué un rôle important dans l'Histoire du 4e arrondissement : Xavier Ruel").

Or jusqu'au mois d'Octobre, le BHV propose au 5e étage une exposition très intéressante relative à l'Histoire du BHV. J'ai été très content de voir pour la 1ère fois deux portraits des fondateurs du BHV :

 

Xavier Ruel (1822-1900)

Son épouse, Marie-Madeleine Poncerry (1825-1914)

L'exposition permet de découvrir de nombreuses photographies qui montrent l'évolution du magasin du BHV et des grands moments de la marque depuis la création en 1856 jusqu'à aujourd'hui. On peut par exemple avoir davantage d'informations concernant la salle de restauration collective, l'ancêtre du réfectoire, à laquelle j'avais consacré un article le  4 juin 2010).

L'exposition de plus se tient dans un très bel endroit, "l'observatoire" du 5e étage. Celui-ci est situé dans la coupole qui se trouve à l'angle Rivoli/Temple et on peut y profiter d'une très belle vue sur la place de l'Hôtel de Ville.

Pour plus d'informations, voir la page sur le site du BHV : les 160 ans du BHV.

 

vendredi 12 août 2016

MDCCLVII : La nef de Paris dans le 4e (21e volet) : une version de l'Entre-Guerres sur les anciens bains-douches Saint-Merri

  

Voici le 21e volet de la série consacrée aux représentations de la nef de Paris dans le Centre de Paris. Il concerne la version que l'on peut voir sur la façade des anciens bains douches Saint-Merri que l'on peut voir sur l'esplanade du Centre Pompidou au centre de la façade :

L'immeuble date des années 1930. Il s'agit des anciens Bains Douches municipaux (qui dans les années 1970 ont été déplacés dans le complexe Saint-Merri juste à côté de la piscine du même nom). La nef comme une grande partie du reste du décor de cette façade qui pour le reste est en briques routes est représentée sous la forme d'une mosaïque.

Il s'agit de la version moderne, celle du XXe siècle, qui nous est la plus familière mais qui n'est pas la plus récente. Pour s'en rendre compte on peut comparer avec  une autre nef du 4e représentée sous la forme d'une mosaïque (celle de la Station Hôtel de Ville sur le quai de la ligne 1) (voir article du 6 mai 2010). La version des Bains Douches est celle de la IIIe République et précisément dans sa version de l'Entre-deux-Guerres puisqu'on peut voir les deux décorations qui avaient été accordée à cette époque :

  • en bas à gauche la légion d'Honneur (décernée à la ville en 1900)
  • en bas à droite (mais peu visible) : la croix de guerre (décernée à la ville en 1919)

 

Il manque bien sûr la Croix de la Libération (que l'on peut voir dans la version du quai de la ligne 1 à Hôtel de Ville) car la ville n'a reçu cette décoration qu'en 1945.

jeudi 4 août 2016

MDCCLIV : L'ancienne boutique SOOLS à l'angle des rues de Turenne et Saint-Antoine

  

Grâce à un lecteur de l'Indépendant du 4e, j'ai évoqué il y a quelques semaines le siège de l'entreprise de casquettes de luxe, SOOLS, qui avait son siège au 58 rue du roi de Sicile (voir mon article du 28 mai 2016).

Ce lecteur m'avait aussi signalé qu'on trouvait aussi le reste d'une devanture de cette entreprise à l'angle de la rue Saint-Antoine et de la rue de Turenne. Il s'agit d'un lieu que je connais bien car il est occupé par la boutique SNCF. Dans les années 1990, avant l'époque où je me suis mis à acheter mes billets de train sur Internet, c'est un lieu que j'ai beaucoup fréquenté car il était pratique d'avoir un tel lieu à proximité. Or jusqu'ici, je n'avais pas fait attention au fait qu'il restait des traces d'une boutique plus ancienne.

En observant, les vitrines on peut voir en contrebas le nom de l'entreprise SOOLS 


Ce décor date donc des années 1930 à l'époque où l'entreprise SOOLS a connu son heure de gloire.

L'entrée de la boutique située à l'angle est idéale pour exposer des collections de vêtements :


 

dimanche 31 juillet 2016

MDCCLIII : Les façades de Paris Centre : deux façaces identitiques de la fin XIXe au 40 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et au 3 rue du plâtre

 

voici un nouvel article de la série consacrée aux façade des immeubles du Centre de Paris. Je me suis intéressé à celle-ci pour illustrer comment le respect des règles d'urbanisme haussmannienne expliquait que certaines façades soient en retrait. Tel est en effet ce qu'on peut voir avec cet immeuble assez étroit (3 fenêtres sur façades) que l'on peut voir au 40 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. Les deux constructions voisines ne respectent pas l'alignement voulu au XIXe siècle car elles sont plus anciennes.

Or, en cherchant la date précise de l'édification de l'immeuble situé au 40 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, sur un site qui recense tous les permis de construire de cette époque (Paris en construction), j'ai eu la surprise de me rendre compte que l'immeuble avait été construit en même temps et par le même architecte que l'immeuble du 3 rue du plâtre, la rue parallèle au Nord et qui est dans le même pâté de maisons.  On peut comprendre pourquoi grâce à une vue aérienne degoogle : si les deux façades sont distantes et séparées par un autre immeuble intermédiaire, les façades du 3 rue du plâtre (la  double flèche jeune du haut) et celle du 40 rue du plâtre (la double flèche du bas) sont à la même hauteur du pâté de maisons :

Je suis donc allé voir sur place à quoi elle ressemblait la façade du 3 rue du plâtre...

J'ai eu une petite surprise (surtout que je fréquente particulièrement ce quartier depuis près de 20 ans),  et même si au 3 rue du plâtre la façade est beaucoup plus longue (7 fenêtres sur rue),  de me rendre compte  que les deux façades sont jumelles.

Les décors sont (presque) les mêmes. On peut s'en convaincre tout d'abord en observant avec les portails d'entrée : voici celui du 40 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie :

et celui du 3 rue du plâtre :


Les consoles qui soutiennent le linteau -au dessus de la porte- sont exactement semblables.

On fait le même constat avec les balcons avec par exemple le grand balcon central du 2e étage du 40 rue du plâtre :

On le retrouve (mais en 2 exemplaires disposés donc symétriquement sur la façade) au 3 rue du plâtre :

Autre similitude totale dans le traitement des ouvertures du 3e étage comme on peut le voir ci-dessous avec le 40 rue Sainte-Croix puis le 3 rue du plâtre :

Pour s'amuser aux jeux des différences (outre la longueur de la façade et des balcons), on peut cependant noter quelques rares dissemblances. Par exemple, dans le traitement des fenêtres du 2e étage. On peut observer des décors floraux sur les consoles qui soutiennent le rebord des fenêtres au 40 rue Sainte-Croix mais ils sont remplacés par des décors géométriques 3 rue du plâtre :

 Le permis de construire des deux immeubles a été déposé le 5 septembre 1898 par un architecte appelé P. Marbeau et au nom d'une propriétaire V P. Houdé,

Le décor est assez caractéristique de ce qui se faisait à Paris dans la 2e moitié du XIXe siècle. L'immeuble du 40 rue Sainte-Croix est beaucoup plus sobre que celui que l'on peut trouver pas loin de là sur le trottoir d'en face au 39, qui date de la même époque et auquel j'ai consacré un article le 5 décembre 2009.

Notons aussi que le 3 rue du plâtre va devenir une adresse très chic puisqu'il jouxte le lieu où va ouvrir la fondation des Galeries Lafayette (voir mon article du 4 novembre 2015)

jeudi 28 juillet 2016

MDCCLII : Une autre exposition à ne pas manquer au Centre Pompidou : Pierre Paulin

J'ai déjà évoqué il y a peu l'exposition consacrée à Paul Klee qui se tient au Centre Pompidou jusque début août (voir article du 21 juillet 2016). Je tenais à signaler également une autre exposition qui se tient au même endroit et que j'ai visité à la même occasion : la rétrospective consacrée à Pierre Paulin (1927-2009).

Celui-ci était un designer de génie qui a non seulement fabriqué du mobilier mais aussi des objets de la vie courante tels que des appareils d'électro-ménagers.

L'exposition est vraiment très belle à voir et on peut y découvrir de très beaux meubles. Je pense notamment aux sofas qui ont ensuite été installés dans la grande galerie du Louvre (avec des couleurs plus neutres) :

enfin, comme Pierre Paulin a travaillé pour deux présidents de la République, Georges Pompidou et François Mitterrand, on peut signaler ce superbe siège de bureau fabriqué en 1984 pour le 4e Président de la Ve République :

jeudi 21 juillet 2016

MDCCXLIX : Une rétrospective très complète de l'oeuvre de Paul Klee au Centre Pompidou

  

Jusqu'au 1er août 2016, le Centre Pompidou présente une exposition consacrée à Paul Klee, un artiste que je ne connaissais pas bien et dont j'avais du mal à cerner l’œuvre.

L'exposition qui offre une rétrospective très complète des créations de l'artiste permet de comprendre ce qui fait la spécificité de Paul Klee : l'artiste ne s'est jamais figé dans un courant artistique précis et a sans cesse évoluer dans son mode d'expression. Marcel Duchamp, neuf ans après la mort de l'artiste en 1940, a bien résumé cette idée "son extrême fécondité n'a jamais montré de signes de répétition comme c'est généralement le cas. Il avait tellement à dire qu'un Klee ne ressemble jamais à un autre".

Parmi les œuvres présentées, plusieurs ont attiré mon attention :

Un paysage de sa période cubiste avec une œuvre qui date de 1914 et qui n'est pas sans préfiguré (ou inspiré le style de Nicolas de Staël ou de Lyonel Feininger, deux peintres que j'apprécie énormément) :

 
Saint-Germain près de Tunis, 1914

J'ai aussi été amusé par une série un peu décalée de personnages nus dans des attitudes étranges. Je pense notamment à ce pianiste qui à l'air complètement déjanté :

 
Le pianiste en détresse, 1909

Enfin mon attention a été très attirée par une série de dessin de 1933 au moment de la prise de pouvoir par les nazis en Allemagne. Paul Klee qui été germano-suisse a alors quitté définitivement quitté l'Allemagne non sans témoigner de la violence à laquelle il a assisté. Le caractère tourmenté de ses œuvres permet d'illustrer l'horreur qu'il a pu ressentir :

 
Violence, 1933

Une exposition à voir donc avant le 1er août.
 

lundi 18 juillet 2016

MDCCXLVIII : Financement de restauration patrimoine cultuel à Paris : des avancées mais qui méritent des éclaircissements.

 

Cela fait des années que je peste sur ce blog contre les échaudages qui ornent le superbe clocher de l'église Saint-Gervais Saint-Protais, une des tours médiévales les plus hautes du 4e arrondissement (à l'exception des tours de Notre-Dame). Ces échafaudages sont en place depuis 2011, c'est-à-dire bientôt  5 ans. Je rappelle que des crédits de rénovation de cette tour ayant été brutalement annulés, les échafaudages ont été installés mais les travaux de rénovation de la tour n'ont jamais été lancés avant 2014... ni même après. Du coup ces échafaudages que l'on peut voir depuis la place Baudoyer où se trouve la mairie du 4e n'ont pas bougé depuis :


Je fais partie de ceux qui affirment qu'il faut arrêter avec la démagogie et  faire croire qu'il est possible de "raser gratis". Les finances de la ville de Paris sont dans un tel état qu'il n'est pas possible de financer les restaurations de tous les édifices cultuels qui en ont besoin. Aussi je fais partie de ceux qui depuis des années demandent que les mécènes et des annonceurs puissent participer à ce financement.J'ai été ravi d'apprendre l'annonce par la Ville de Paris d'un plan lancé le 10 avril 2015 pour la rénovation des bâtiments religieux. Il était prévu dans le cadre du projet de mandature, jusqu'en 2020,  que la Ville finance 80 millions, 10 millions par l'Etat et 20 millions par des financements externes.