lundi 9 avril 2012

MLXXV : Une série de photos d'un lieu exceptionnel avant son réaménagement : la Société des Cendres

  

Une colonne Trajane dans le 4e arrondissement... une vue de la cheminée principale de la Société des Cendres

Le 18 mars, j'ai visité un lieu véritablement exceptionnel de l'arrondissement : les ateliers de la Société des Cendres. La visite commentée par Pierre Housieaux, président du Paris Historique, fait découvrir un patrimoine industriel devenu fort rare dans le centre de Paris. La "Société des Cendres" mise en place au XIXe siècle permettait jusqu'au début des années 2000 aux professions qui utilisaient des métaux précieux de récupérer dans leurs déchets ce qui pouvait avoir de la valeur. Une mise en oeuvre du recyclage longtemps avant que cela ne soit à la mode...
L'activité consistait à broyer les poussières puis à les fondre et à les purifier à l'aide de réactions chimiques pour récupérer des métaux rares (or, argent,..) . La visite permet donc de visiter les ateliers dans un état quasi intact. Cela ne sera bientôt plus possible puisqu'une grande partie du site va être transformé en magasins de vêtements (une grande marque nippone va s'installer à cet endroit). Cependant, la famille héritière de la Société des Cendres a tenu à ce que les machines soient préservées et que donc l'histoire industrielle de ce lieu ne soit pas oubliée.
De plus, dans le sud de la parcelle on peut voir un mur avec ce qui ressemble à une meurtière et un escalier en colimaçon. Il est à peu près certain qu'il s'agit de vestiges de l'enceinte de Philippe Auguste. L'endroit est donc chargé d'histoire.
Je ne peux pas publier toutes les photographies que j'ai prises. Voici donc une petite sélection pour essayer de faire comprendre en quoi ce lieu est magique :
La façade du 39 rue des Francs Bourgeois

 Une balance pour la pesée :
 
Deux vues des engrenages et de la courroie de transmission de la broyeuse principale.

Ci-dessus la 2e broyeuse de cendres
 
Un couloir du sous-sol avec des pierres qui proviennent de l'ancienne enceinte de Philippe Auguste.
 
Au sous-sol, entrée d'un escalier en colimaçon, un vestige d'une tour ou d'une poterne de l'enceinte de Philippe Auguste. 
Au sous-sol, entrée d'un escalier en colimaçon qui est certainement un vestige d'une tour ou d'une poterne de l'enceinte de Philippe Auguste. 
Les fours où l'argent était fondu. 
 Ci-dessus, des outils témoignages du quotidien de l'activité industrielle.
 
 La grande verrière des ateliers vue en direction du Nord. Les laboratoires ajoutés dans des coursives en étage vont être supprimés pour que le lieu retrouve ses volumes initiaux.
La même verrière vue en direction du Sud (avec au fond à droite le fût de la cheminée principale).
Le logo SC de la Société des Cendres sur une des fenêtres du bâtiment donnant sur la rue.
 

vendredi 6 avril 2012

MLXXIII : Une merveille du Maniérisme de la 2e moitié du XVIe siècle dans l'église Saint-Paul-Saint-Louis : la Vierge de la Déploration de Germain Pilon

 

L'église Saint-Paul-Saint-Louis possédait avant la Révolution française un très riche décor. A droite du choeur dans la chapelle absidiale, on trouvait dans un reliquaire suspendu en hauteur le coeur du roi Louis XIV (le coeur de Louis XIII était suspendu dans la chapelle de gauche comme j'en reparlerai très bientôt).

Ce décor a complètement disparu. Il a été remplacé par des trésors artistiques qui viennent d'autres églises. Ainsi, dans la chapelle absidiale de droite, on trouve une très belle œuvre de la 2e moitié du XVIe siècle : une Vierge de la Déploration signée Germain Pilon :


D'après le site insecula.com, cette statue a une hauteur 1m31. Elle date de 1586. Il s'agit d'une commande de la reine Catherine de Médicis pour décorer l'autel Valois de la basilique Saint-Denis et honoré la mémoire de son mari Henri II (mort en 1559 après un accident survenu dans le 4e arrondissement : voir mon article du 10 juillet 2009 ).

La Vierge de la Déploration a été installée sur un autel de l'église Saint-Paul-Saint-Louis en 1802, juste après la signature du Concordat entre le 1er Consul Napoléon Bonaparte et le Saint-Siège.

Cette œuvre est à ranger dans le goût du maniérisme française de la 2e moitié du XVIe siècle. Elle s'inspire par sa composition de la pietà de Michel-Ange que l'on peut voir dans la basilique Saint-Pierre-de-Rome. Il ne s'agit cependant pas d'une pietà puisque dans la sculpture que l'on peut voir dans l'église Saint-Paul-Saint-Louis, le cadavre de Jésus n'est pas représenté. On peut légitimement parler de maniérisme puisque ce courant artistique est caractérisé par une exagération des drapés qui annoncent le goût baroque du XVIIe siècle. Les longs doigts de la main de Marie rappellent ceux que l'on peut voir dans les tableaux du peintre italien Le Primatice.

Le Louvre possède le modèle en plâtre de cette oeuvre (dans le département des Sculptures de la Renaissance) :

On doit au même sculpteur, Germain Pilon, les trois Grâces qui soutenaient l'urne dans laquelle était conservée le coeur de Henri II au couvent des Célestins (voir mon article du 10 janvier 2012).
 

 

mardi 20 mars 2012

MLXIV : Statues de l'Hôtel de Ville (81e volet) : Etienne Boileau, le 1er prévôt des Marchands, par Henri Allouard

  

Voici le 81e volet de la série consacrée eaux statues de l'Hôtel de Ville. Il concerne "E. Boyleau" dont la statue est situé au 1er étage à gauche du pavillon central (juste à côté de Pierre de Lestoile [voir article du 23 février 2012]) :

Etienne Boileau (ou Boyleau) est un personnage fort mal connu. Il est surtout resté célèbre car il a écrit en 1268 le "Livre des métiers" qui est un recueil des règles et des obligations de toutes les corporations parisiennes. La rédaction de ce livre s'explique par le fait qu'il a été nommé prévôt des marchands de Paris vers 1261  par le roi Louis IX qui avait complètement réorganisé l'administration de Paris (qui au XIIIe siècle était la ville la plus peuplée d'Occident : elle comptait déjà 150 000 habitants).

Joinville dans sa chronique consacre un chapitre à la réforme de l’administration par Saint-Louis et à la façon dont "Estienne Boisliaue fu son Prevost de Paris". La sage gestion d'Etienne Boileau est l'objet des éloges non seulement de Joinville mais aussi les Chroniques de Saint-Denis qui affirment qu'il "abati toutes mauveses coustumes dont le pueple estoit grevé". Il semble qu’Étienne Boileau soit mort au début de l'année 1271 mais on ne possède aucune certitude à ce sujet. [Source : L'introduction du Livre des Métiers d'Etienne Boileau par René De Lespinasse et François Bonardot (1879) que l'on peut lire sur Gallica.]

Il ne faut évidemment pas confondre Étienne Boileau et Nicolas Boileau Despréaux, le célèbre écrivain du XVIIe siècle, dont la statue apparaît sur la façade qui donne sur la rue Lobau (J'ai consacré un article à cette statue, il y a maintenant plus de 3 ans, le 20 janvier 2009).

 La statue est une oeuvre du peintre et sculpteur Henri Émile Allouard ou Henri Allouard né le 11 juillet 1844 dans l'ancien 10e arrondissement de Paris et mort le 12 août 1929 dans le 15e arrondissement de Paris  A nouveau un artiste très imaginatif car bien sûr on a aucune représentation d’Étienne Boileau faite au XIIIe siècle. On lui doit aussi la statue de Jules-Hardouin Mansart située au 2e étage à gauche de la même façade (voir article du 27 février 2011)

Voici un portrait de ce sculpteur en 1903 :




samedi 10 mars 2012

MLXIII : Présidentielle 2012 : "L'Indépendant du 4e" passe à l'orange

 

Je dois admettre que l'orange n'a jamais été une couleur qui m'a particulièrement enthousiasmé. Cependant, je me vois obligé de me mettre à apprécier cette couleur car, comme je l'avais annoncé il y a quelques semaines, j'ai fait mon choix pour la présidentielle de cette année. A mes yeux, le meilleur candidat pour exercer la présidence de la République est François Bayrou.

En effet, cela fait plusieurs fois sur ce blog que j'ai exprimé mon souhait de tourner la page du Sarkozysme. Ces cinq ans de gesticulations en tout sens n'en finissent pas de me donner le tournis. A mes yeux, Nicolas Sarkozy ne peut pas gagner la présidentielle 2012. Il est beaucoup trop discrédité.

Cependant, l'idée de voir François Hollande accéder à la présidence de la République n'a rien pour me séduire. Après quelques semaines d'euphorie pour satisfaire les élans gauchistes et écologistes de sa majorité hétéroclyte, celui-ci sera contraint de faire un catastrophique retour en arrière ce qui rendra la pillule encore plus amère. L'hypocrisie de la Sociale démocratie française me désole. (Je pense par exemple au slogan selon lequel les marchés financiers sont le "principal ennemi" de François Hollande alors que dans les années 1980/1990, les gouvernements socialistes sont les principaux responsables de la dérégulation du monde de la finance).

Le seul à incarner un programme raisonnable et qui ne masque pas la réalité des efforts à consentir pour surmonter la crise économique et sociale que nous connaissons est François Bayrou. Son accession au 2e tour est le seul moyen de faire barrage à l'arrivée au pouvoir d'une Gauche qui n'a toujours pas bien compris la mondialisation et l'économie de marché. Lui seul est capable de l'emporter contre François Hollande.

Je ne considère pas François Bayrou comme une nouvelle idôle. Cependant son installation à l'Elysée serait un bon moyen de redistribuer les cartes d'une vie politique française qui est archaïque. Tous ceux qui incarnent une volonté de redresser le pays pourront se placer sous sa bannière.

Voilà pourquoi donc je passe à l'orange. Demain dimanche après-midi, à partir de 14h30, une grande opération "Le Marais avec François Bayrou" sera organisée. En partant du métro Rambuteau, les militants parcourront les rues du 3e et du 4e arrondissement à la rencontre de la population.


 

mardi 6 mars 2012

MLXI : Paris Centre hier et aujourd'hui / Les ponts de Paris Centre : Le pont de la Tournelle en 1810, 1910 et 2010...

  Détail d'une aquarelle de Victor-Jean Nicolle, Le port au foin, situé près du quai de la Tournelle, vers 1810.

Voici une vue de Paris que j'ai prise en photo lors de l'exposition "Paris sur Seine" qui se tenait l'an dernier à l'Hôtel de Ville. Elle permet de voir l'aspect du pont de la Tournelle, entre l'ïle Saint-Louis et l'actuel 5e arrondissement, au début du XIXe siècle.

On peut observer que ce pont n'est pas sans rappeler l'aspect du pont Marie situé au Nord de l'ïle Saint-Louis dans le prolongement du pont de la Tournelle. Il faut de plus se rappeler que la pente du Pont Marie a été atténuée pour faciliter la circulation au cours du XIXe siècle (voir mon article paru le 8 mai 2008).

Le pont qui apparaît sur cette aquarelle a été construit en 1657. Le site Paris.fr, prétend dans sa version anglaise (la version française a disparu quand le site a été réfondu) que ce pont du XVIIe siècle a été peu modifié jusqu'en 1910 : 'In 1656, the first "Tournelle" bridge was erected, with six stone arches. Barring a few modifications, this structure remained in service until 1918, when it was demolished after suffering a certain amount of damage, notably in the floods of 1910'. J'ai publié une carte postale avec une vue prise avant la crûe de 1910 (voir l'article du 24 octobre 2011). Le pont avait un aspect quand même bien différent de celui qui apparaît sur l'aquarelle :

L'aspect du pont en 1810 ne ressemblait pas du tout au pont actuel qui date des années 1920 (et auquel j'ai consacré un article publié le 11 octobre 2010) :

Désolé par contre, mais je ne serai plus là pour publier l'aspect du pont en 2110 ! Quelqu'un prendra peut-être la suite !


dimanche 4 mars 2012

MLX : Les plaques avec les noms de rue écrits en blanc sur fond bleu selon les prescriptions d'un décret de 1844 du préfet Rambuteau

J'ai consacré il y a quelques mois, un article à l'inscription obligatoire des noms de rue que le lieutenant de Police Hérault avait rendu obligatoire en 1729 (voir mon article du 23 novembre 2011).

Cependant,  le choix d'inscrire les noms de rues en blanc sur fond bleu est plus récent. Il  a été édicté en par le Préfet de la Seine de 1833 à 1848, Claude Philibert Barthelot de Rambuteau. Le décret de 1844 prévoit l'utilisation en plaque de volvic émaillée sur laquelle le nom de la rue apparaît en bleu.

Les photographies des plaques des rues de Rivoli ou du Boulevard Sébastopol, qui illustrent cet article, ne peuvent pas avoir été posée juste après la publication de ce décrit  puisque ces deux artères ont été percées  dans le 4e arrondissement sous Napoléon III (1852-1870).  Cependant, je les ai sélectionnées car elles ont un certain cachet. On peut d'ailleurs regretter que certaines de ces vieilles plaques ne soient pas pas entretenues et que parfois elles sont supprimées pour être remplacées par d'insipides plaques modernes.En effet, les plaques sont à la charge des copropriétés situées à l'angle des rues. Il faudrait peut-être faire un recensement des plaques les plus belles pour qu'elles soient protégées si besoin avec l'aide de subventions publiques. Elles font partie du Patrimoine de Paris.


dimanche 26 février 2012

MLVII : Un banc de l'île Saint-Louis avec vue sur le Pont Marie

 

Voici encore un banc du 4e arrondissement que j'ai publié sur le blog "L'amoureux des bancs publics" (article du dimanche 5 février 2012).

Depuis sa création à l'été 2009, ce blog n'a en effet reçu qu'un peu plus de 4 250 visites. (On est donc très loin de la fréquentation de l'Indépendant du 4e qui frise avec les 3 000 visites par mois en ce moment). Cependant l'amoureux des bancs publics commence à avoir des adeptes : il a battu en janvier 2012 son record en ce qui concerne le nombre total de pages vues avec un score de 750.

Je publie assez régulièrement sur ce blog des bancs photographiés dans le 4e arrondissement mais aussi un peu partout ailleurs, au gré de mes pérégrinations... Comme pour mes autres blogs, si cela peut plaire à certains tant mieux ! Moi je prends toujours autant de plaisir à faire ses photos. Contrairement à ce qu'affirment certain(e)s je continue à trouver que chacun de ces bancs a une certaine présence. On ne peut par exemple qu'avoir une pensée pour ceux et celles qui se sont assis sur ce banc pour profiter de la vue sur le Pont Marie.

jeudi 23 février 2012

MLVI : Les statues de l'Hôtel de Ville (80e volet) : Pierre de Lestoile, un chroniqueur parisien du XVIe siècle, par Martial Adolphe Thabard

  

Voici le 80e volet de la série consacrée aux statues de l'Hôtel de Ville. Il concerne "Pierre de Lestoile" que l'on peut voir au 1er étage à gauche du portail situé à droite du pavillon central de l'Hôtel de ville :

Pierre de L'Estoile est né à Paris en 1546. Il y est mort le 8 octobre 1611.

Après des études de droit à Bourges, il a exercé la charge de secrétaire du roi, grand audiencier de la chancellerie de France. Il appartenait au groupe des Politiques qui, à la fin du règne de Henri III, au nom de l'idée qu'ils se faisaiant de l'Etat, réunissait des catholiques modérés qui  soutenaient Henri de Navarre, malgré le protestantisme de celui-ci. Cela a valu à Pierre de Lestoile de subir bien des déconvenues à l'époque où la Ligue a pris le contrôle de Paris.

Il est resté très célèbre grâce à ses Registres journaux qu'il a écrit de 1574 à 1611. Cette chronique est un témoignage exceptionnel sur la vie politique parisienne et française sous les règnes de Henri III et Henri IV. Pierre de L'Estoile est donc resté célèbre pour son activité de mémorialiste.

Il est amusant de retrouver Pierre de Lestoile dans les romans de la série Fortune de France de Robert Merle que j'ai lue quand j'étais plus jeune.

La statue de Pierre de Lestoile est une oeuvre de Martial Adolphe Thabard (né le 13 novembre 1831 et mort à Clamart le 2 décembre 1905). On lui doit aussi la statue d'Achille de Harlay (article du 25 juin 2011)

lundi 6 février 2012

MXLVI : Une communication de la Mairie de Paris dont le message saute aux yeux !

  

J'ai trouvé dans une brasserie parisienne qui a pignon sur rue, dans un présentoir prévu à cet effet, un flyer gratuit distribué par un service de la Ville de Paris. J'avoue avoir marqué un temps d'arrêt. Je commence cet article en essayant de reconstituer ce que que j'ai eu l'impression de voir. Je me suis demandé si la Ville de Paris faisait de la pub pour un camp de naturistes fétichistes de l'attaché-case ! Surprenant non ? Il faut dire que dans le présentoir, on ne voyait pas la partie inférieure. Après avoir regardé de plus près, voilà en fait la version complète : 

On admettra que le message en faveur du service jeunes.paris.fr est transparent !
 


vendredi 3 février 2012

MXLIV : Disparition d'Albert Sernissi, un grand Monsieur du 4e arrondissement

 

Albert Sernissi, détail d'une photo prise en août 2004 (Lors de la création de la place en l'honneur de Roger Priou-Valjean)

J'ai appris la disparition d'Albert Sernissi survenue lundi dernier. Il s'agissait d'un grand Monsieur du 4e arrondissement.

Il appartenait à cette génération qui a participé à la période héroïque de la Résistance. Une époque où certains ont mis leur vie en péril au nom de l'idée qu'ils se faisaient de la France et de l'Homme. Il avait participé à la Libération du 4e arrondissement en août 1944.

Militant socialiste aux convictions solidement ancrées, il avait été conseiller d'arrondissement de 1983 à 1995.

Je ne l'ai personnellement croisé qu'aux cérémonies commémoratives (auxquelles je ne participe que depuis 2007) mais je sais qu'il était un amoureux du 4e arrondissement.

Je tenais donc à lui rendre hommage en ce jour où ses obsèques célébrées.

Une pensée pour ses camarades de la section socialiste du 4e parmi lesquels je compte plusieurs personnes pour lesquelles j'ai une réelle sympathie.

Merci à Frédéric Fredj de m'avoir transmis la photographie qui m'a permis d'illustrer cet article.