jeudi 22 octobre 2015

MDCXXVI : Une plaque qui rappelle l'horreur de la Shoah. La liste des 101 petits-enfants morts dans les camps d'extermination parce qu'ils étaient juifs

 

Le 7 octobre 2015, une nouvelle plaque a été dévoilée dans le jardin des Rosiers-Joseph Migneret. Je n'ai pas assisté à cette cérémonie car j'étais retenu par mon travail. Cependant, j'ai tenu à publier un article à propos de ce nouveau lieu de Mémoire.

La plaque donne la liste des 101 "Petits-enfants" non encore scolarisés qui ont été arrêtés avec leur famille parce qu'ils étaient juifs puis ont été déportés vers les camps d'extermination à l'Est de l'Allemagne.

La plaque rappelle comment le régime de Vichy a été impliqué dans ce crime : 

Il faudrait même rappeler que les autorités nazis ne semblaient pas avoir l'intention déporter les enfants les plus jeunes mais que le Président du Conseil, Pierre Laval, a donné un ordre pour que les enfants ne soient pas séparés de leurs enfants (sans pouvoir ignorer le sort qui leur était réservé).

J'ai tenu à publier la liste des noms et les prénoms car l'âge indiqué pour chacun des enfants doit faire réfléchir sur la capacité de l'être humain à commettre la pire barbarie possible : organiser froidement -et de manière industrielle et planifiée- l'extermination d'êtres humains juste pour ceux qu'ils sont. Si tous ceux qui ont été tués dans la Shoah étaient innocents, il est évident que le meurtre d'êtres aussi inconscients de la réalité du monde que ces petits-enfants, est encore plus révoltant.

 

Comme la plaque y invite les passants, je n'aurai pour finir qu'un souhait :

Lecteurs, lisez leur nom, votre mémoire est leur unique sépulture.


lundi 19 octobre 2015

MDCXXV : Des restes de l'enceinte de Charles V redécouverts place Teilhard de Chardin

  

L'hypothèse avait été envisagée lors de la réunion publique de juin dernier concernant la place Teilhard de Chardin : des vestiges de l'enceinte de Charles V ont été retrouvées dans le sous-sol. En ce mois d'octobre, on peut admirer les restes oubliés par le temps de ce rempart construit dans le début de la 2e moitié du XIV siècle pour protéger la rive droite. 

Un plan de Paris dit de Saint-Victor qui date de 1550 par l'abbaye de Saint-Victor permet de mieux comprendre à quoi ressemblait cet ouvrage défensif. A l'est de Paris, on trouvait l'île des Louviers aujourd'hui disparue. On peut la voir dans la partie supérieur de la vue ci-dessous : 

En agrandissant le plan, on observe de manière très précise l'aspect de l'enceinte juste devant l'emplacement de l'actuel pavillon de l'Arsenal et à quelques mètres du Couvent des Célestins (où a été construite la Caserne de la Garde républicaine): 

vendredi 16 octobre 2015

MDCXXIV : Une statue macabre du CImetière des Innocents qui a fait du nomadisme dans Paris Centre.

 

Voici une statue macabre... Elle représente la mort et se trouvait dans le cimetière des Innocents (dans le 1er arrondissement). 

Après la fermeture du cimetière des Innocents en 1786 elle a été transférée dans l'église Saint-Gervais puis dans la cathédrale Notre-Dame dans le 4e arrondossement puis lors dès la Révolution française, cette sculpture a intégré les collections du Musée des Monuments français.

On peut la voir aujourd'hui dans l'aile Richelieu du Louvre (dans le 1er arrondissement) parmi les collections de sculptures du XVe / XVIe siècle.

Au cas où le visuel ne serait pas suffisant, le sculpteur anonyme de cette œuvre a inséré un texte très explicite sur le panneau que la statue tient avec sa main gauche :

"Il n'est vivant tant soit plein d'art
Ni de force pour résistance
Que je ne frappe de mon dard
Pour bailler aux vers leur pitance


Priez Dieu pour les trépasses."

 


mercredi 14 octobre 2015

MDCXXII : Les derniers rayons de soleil de l'Heure d'été 2015 sur le terre-plein Saint-Paul

  

Ce soir en remontant la rue de Rivoli et en arrivant sur le terre-plein Saint-Paul, j'ai admiré la superbe lumière du soleil couchant. Alors que nous allions passer à l'heure d'hiver dans la nuit qui suivait, j'ai pris quelques photos pour en faire profiter mes lecteurs.

 



jeudi 24 septembre 2015

MDCXV : La plaque en l'honneur de Henri Dutilleux et de son épouse a été dévoilée mardi 22 septembre

  

Mardi 22 septembre à 11h, a eu lieu la cérémonie de dévoilement de la plaque en l'honneur d'Henri Dutilleux et son épouse Geneviève Joy. De nombreux admirateurs étaient présents.

Le maire du 4e arrondissement, Christophe Girard, avait eu l'amabilité de m'envoyer une invitation. Un geste d'apaisement après la polémique malheureuse du printemps dernier sur laquelle j'ai décidé de ne plus revenir pour ne pas réveiller cette triste affaire.

Monsieur Girard a prononcé un discours qui a rendu hommage tant au compositeur qu'à l'homme ce qui permet de définitivement laver l'honneur de Henri Dutilleux. Nous attendons avec impatience les manifestations culturelles qui vont marquer en 2016 le centième anniversaire de la naissance de sa naissance.

 

lundi 21 septembre 2015

MDCXIV : Un bonnet phrygien pour marquer l'anniversaire de la proclamation de la République

 

En ce 21 septembre, nous célébrons l'anniversaire de la proclamation de la République en 1792. A cette occasion, je publie cet article consacré à un symbole républicain : le bonnet phrygien que l'on peut voir dans un endroit connu seulement des initiés... un escalier du Temple du Marais.

Peut-être un souvenir du fait que pendant la Révolution, une partie de l'ancienne église du couvent Sainte-Marie-de-la-Visitation avait été reconverti en salle de réunion (peut-on dire de culte) des adorateurs de la lois, la société des Nomophiles qui avait son siège rue Saint-Antoine. (voir à ce sujet le site Cosmovision.com)
 

dimanche 13 septembre 2015

MDCX : Les façades de Paris Centre : "La Maison des épiciers", une superbe immeuble Art nouveau

 

Au 12 rue du Renard, l'attention des passants et des touristes est souvent attirée par la façade très décorée de la "Maison des épiciers". Il n'est pas difficile de trouver la date de construction de cet immeuble puisque la signature apparaît en grand au 1er étage sur la droite :


D'après une petite recherche que j'ai faite, Jules Rispal est un sculpteur bordelais né en 1871 et mort en 1909. On lui doit le monument aux morts de la Guerre de 1870 dans les Deux-Sèvres (voir le lien suivant) ]

Dans ce décor très chargé, j'ai choisi plusieurs détails dans la composition de la façade. Je les ai indiquées par des numéros sur la photographies ci-dessous :

Tout d'abord, dans la partie supérieure on trouve des fenêtres à lanternon dont les  formes végétales montrent de manière plutôt sobre -à cet endroit- l'influence de l'Art nouveau : Au 4e et au 5e étage, on trouve des balcons qui sont agréables à voir en raison à la fois de la sculpture des façades et de la qualité des ferronneries qui donnent elles aussi une très belle part à l'inspiration végétale :
 

Au 4e et au 5e étage, on trouve des balcons qui sont agréables à voir en raison à la fois de la sculpture des façades et de la qualité des ferronneries qui donnent elles aussi une très belle part à l'inspiration végétale : 

Aux deux étages du bas, la décoration est beaucoup plus présente et chargée de symboles et de textes. On peut y voir en double, et en symétrie,  la devise du Syndicat de l'épicerie française "Un pour tous" (inspiré des Trois mousquetaires de Dumas) :

Au centre de la devise, on peut voir une double nef avec une balance, les armoiries du syndicat des épiciers :

De manière assez surprenante, de part et d'autres de la devise, on peut voir des personnages et des formes qui annoncent le style Art déco qui ne se développera que dans les années 1910 :


Enfin au 2e étage, en soubassement du balcon de l'étage supérieur, on trouve un thème iconographique très "classique" : les quatre saisons avec de gauche à droite :

-le Printemps :


 - l’Été :

- L'Automne :

... et l'Hiver :


 De manière très amusante, un peu comme un effet de clair obscur, on trouve juste à gauche de ce bâtiment, un édifice  aux formes radicalement différentes, le "complexe Saint-Merri" qui date du début des années 1970 et qui présente un intérêt architectural non moins intéressant (voir mon article du 8 octobre 2010).

dimanche 23 août 2015

MDCII : Une vue du bord de Seine à la hateur de la cathédrale Notre-Dame après l'incendie de l'Hôtel-Dieu de 1772

  

Au musée Carnavalet, mon attention a été attirée par ce tableau que l'on peut voir dans la partie supérieur d'un mur. Signé par Jean-Basptiste Lallemand (1716-1803), il est intitulé "Notre-Dame, l'archevêché et le quai des Bernardins".

 Mon attention a été attirée par l'absence d'un pont. Celui que l'on peut voir sur le plan Turgot (plan qui date de la fin des années 1730) et qui se situait à la hauteur de Notre-Dame :

Ce pont qui était habité a en effet été détruit par les flammes le 30 décembre 1772 lors de l’incendie de l'Hôtel-Dieu. 

 Sur la tableau que l'on peut voir, on ne voit plus que le lieu qui marquait l’extrémité de ce ce pont (voir encadré jaune ci-dessous) :

Le "Pont-au-double" que l'on peut voir aujourd'hui à cet endroit date de 1882 (voir mon article de février 2011).

On remarque aussi dans ce tableau la présence au premier plan des bateaux lavoirs que l'on trouvait sur la Seine dans une grande partie du centre de Paris :


 Il est intéressant de noter que ces bateaux étaient aussi représentés sur le plan Turgot :

Juste à côté, on observe un pêcheur et une marchande :

autre détail intéressant, on aperçoit sur la cathédrale Notre-Dame son ancienne flèche, celle qui avait été érigée au Moyen Age et démontée quelques années plus tard (entre 1786 et 1792) car elle menaçait de s'effondrer :

Enfin à l'arrière-plan, on peut voir le pont de la Tournelle...


 On ne peut pas reconnaître le pont actuel car il s'agit ici du pont initial (construit pour relier l’île Saint-Louis à la rive Gauche) qui datait des années 1650 et qui a été complètement reconstruit dans les années 1920 (voir mon article du 6 mars 2012).

jeudi 20 août 2015

MDCI : Un joyau de l'Art de la Renaissance longtemps visible dans le 4e : le tombeau de Philippe Chabot, comte de Brion, amiral de France

  

En se promenant au Louvre, on peut facilement retrouver des œuvres d'Art qui étaient jadis exposés dans le 4e arrondissement. J'ai par exemple consacré un article au monument de Jean Goujon qui contenait le coeur du roi Henri II et que l'on pouvait voir dans l'église des Célestins.  (Couvent qui était situé dans le quartier de l'Arsenal dans la partie située à l'Est de la rue du Petit Musc).

Voici une autre oeuvre que l'on peut voir au Louvre et que l'on pouvait admirer dans cette même église. Il s'agit du monument funéraire de Philippe Chabot, comte de Brion et amiral de France.

Une superbe oeuvre qui montre la rupture avec la tradition du gisant hérité du Moyen-Âge. Je renvoie à la fiche très complète publiée sur le site du Louvre.

La photo ci-dessous illustre idéalement un extrait de cette notice "L'amiral est figuré vivant et en costume de guerre : sur une armure damasquinée, il porte un tabard armorié et le collier de l'ordre de Saint-Michel. Il tient un sifflet de commandement dans la main gauche. Étendu sur le flanc, accoudé sur son casque, près duquel sont posés ses gantelets, il repose dans une attitude noble et sereine. La Renaissance substitue au traditionnel gisant figé des attitudes plus souples."

A noter que sont aussi  que sont conservées des statues qui accompagnaient le tombeau parmi celles-ci un génie funéraire éteignant une torche :

et dans la partie inférieur, la Fortune assoupie sur sa roue :