lundi 14 juillet 2008

LXXXVIII : Un vestige (un peu) oublié de la Bastille

  

On peut voir dans les rues et les places du 4e arrondissement des vestiges du passé parfois un peu oubliés. En voici un exemple qui pourtant concerne un "lieu de mémoire" : la Bastille.

En effet, il s'agit des restes des fondations d'une des tours de la Bastille découverts en 1899 lors du percement de la ligne 1 à quelques centaines de mètres de là. Ils ont été déposés dans le square H.  Galli (situé entre le quai Henri IV, le boulevard Henri IV et la rue de Sully).

Rappelons bien sûr que, suite à la prise la Bastille par les Parisiens le 14 juillet 1789, cette prison a été détruite. C'était une ancienne forteresse bâtie au XIVe siècle par la volonté de Charles V le sage.

La destruction de la Bastille a été presque totale car les pierres ont été vendues par des entrepreneurs soucieux de faire place nette. Certaines pierres ont été transformées en maquettes de la forteresse (on peut en voir un exemplaire à Carnavalet), d'autres ont servi pour édifier d'autres constructions par exemple le pont de la Concorde. Le vestige visible dans le square H. Galli est donc un vestige très rare.

jeudi 10 juillet 2008

LXXXV : Statues de l'Hôtel de ville (5e volet) : Nicolas Lancret par François Truphème

 

Voici le 5e volet de la série consacrée aux personnages statufiés sur la façade de l'Hôtel de ville. Je continue par le côté rue Lobau avec le personnage situé au 2e étage de la 2e colonne en partant de la droite (donc au dessus de Camus). Il s'agit de Nicolas Lancret, un peinte comme on pouvait s'en douter en regardant la statue.

 Nicolas Lancret est né à Paris le 22 janvier 1690. Il était fils d'un cocher. Elève de Watteau, c'est un peintre typique de la 1ère partie du règne de Louis XV avec des scènes galantes et des fêtes champêtres.

Voici par exemple une de ses oeuvres peinte en 1740 et représentant une fête pastorale :

Nicolas Lancret est mort, toujours à Paris, le 14 septembre 1743.

Dans son ouvrage sur les Statues de l'Hôtel de Ville paru en 1892, voici ce que disait Georges Veyrat à son propos :


Lancret a donné son nom à une rue du XVIe arrondissement.  

La statue est une oeuvre du sculpteur originaire d'Aix-en-Provence François Truphème (1820-1888)

mercredi 9 juillet 2008

LXXXIV : Les arbres de Paris Centre (2e volet) : le figuier de la rue du... figuier

 

Voici le 2e volet de la rubrique les arbres du 4e arrondissement, après l'article consacré aux Mûriers blancs de la rue Saint-Antoine, en voici un consacré au figuier... de la rue du figuier.

En effet, on trouve dans le 4e arrondissement, une "rue du figuier". Cela peut paraître surprenant car cet arbre est caractéristique du milieu méditerranéen. Or effectivement, on peut voir dans cette rue -à l'angle avec la rue Charlemagne- un figuier qui en ce moment porte des figues (j'en ai entourées deux sur la photo ci-dessus prise à la fin du mois de juin).


 Le nom de cette rue est cependant ancien. En effet, jusqu'en 1605, un splendide figuier se trouvait près de cette rue. 

 Mais, Marguerite de Valois, "la reine Margot', reléguée à l'Hôtel de Sens après la dissolution de son mariage avec Henri IV, n'acceptait pas que cet arbre gêne le passage de son carrosse et elle ordonna son arrachage. 

Il semble même que la rue porte ce nom depuis le XIIIe siècle. Le figuier, présent dans la rue à laquelle il a donné son nom, perpétue donc une longue tradition... 

lundi 7 juillet 2008

LXXXII : Les anges de Paris Centre (5e volet) : à propos du sexe des anges... au 17 rue Rambuteau

 

Voici le 5e volet de ma série consacrée aux "anges" du 4e arrondissement. Ci-dessus, une photo prise au 17 de la rue Rambuteau. Entre la rue des Archives et la rue du Temple, le décor de cette rue date pour l'essentiel de la Monarchie de Juillet (1830-1848).

Ces anges qui décorent le fronton situé au-dessus du portail ne vérifie pas l'adage selon lequel "les anges n'ont pas de sexe". Ici il est bien sûr impossible de nier leur féminité... Malgré cela, je n'ai jamais entendu dire "une ange".


 

mercredi 2 juillet 2008

LXXVII : Statues de l'Hôtel de ville (4e volet) : Armand-Gaston CAMUS par Joseph Tournois

 

Voici le 4e volet de la série consacrée aux statues de l'Hôtel de ville. Je commence la 2e rangée, en partant de la droite. Au 1er étage, on peut voir la statue d'un personnage appelé Camus. Il ne s'agit pas bien sûr d'Albert Camus qui est mort en 1960 longtemps après la fin de la construction de l'Hôtel de ville actuel (dans les années 1880), mais d'Armand-Gaston Camus.

Voilà encore un personnage qui est un peu tombé dans le oubliettes de l'Histoire. Il s'agit pourtant d'un personnage politique (le 1er de cette série) qui a joué un rôle important pendant la Révolution Française.

En effet, Armand-Gaston Camus, né à Paris le 2 avril 1740 fait partie des députés élus pour représenter Paris aux États généraux en 1789. Il a participé au "Serment du Jeu de Paume". Avocat de formation, il est un des fondateurs des Archives Nationales (installées pas loin de notre arrondissement, de l'autre côté de la rue des Francs Bourgeois). Jusqu'à sa mort, il a été le premier directeur des Archives Nationales.

D'octobre à novembre 1789, il a exercé la fonction de président de l'Assemblée Nationale constituante. Il a joué un rôle important dans la radicalisation de la Révolution puisqu'il est à l'origine de la loi sur la Constitution civile du Clergé qui a conduit à la rupture avec l’Église Catholique.

 Elu en 1792 à la Convention par le département de la Haute-Loire, il est en mission lors du vote de la mort du roi Louis XVI en janvier 1793 mais il annonce qu'il est pour l'exécution du roi sans appel et sans sursis. En avril de la même année, il est en mission avec le général Dumouriez quand celui-ci décide de rompre avec la Révolution : Camus est livré aux Autrichiens. Preuve de son importance aux yeux des révolutionnaires, il est échangé en 1795 contre, Marie-Thérèse de France, la fille de Louis XVI et Marie-Antoinette.

Il est réélu, sous le Directoire au Conseil des Cinq-cents. Il meurt le 2 novembre 1804, un mois avant le sacre de Napoléon Ier.

Voici la notice que lui consacre Georges Veyrat dans son livre de 1892 sur les statues de l'Hôtel de Ville

 On peut aussi retrouver une notice détaillée sur le site de l'Assemblée Nationale.

La statue de Camus est une oeuvre de Joseph Tournois né à Chazeuil en Côte d'Or le 18 mai 1830 et mort à Paris le 2 septembre 1891. Le musée des Beaux Arts de Dijon possède un portrait de ce sculpteur par Charles Sellier :

Ce sculpteur avait été 1er lauréat du Grand prix de Rome en 1857. On lui doit la statue de la Philosophie dans le grand foyer de l'Opéra Garnier.

jeudi 26 juin 2008

LXX : Statues de l'Hôtel de ville : 3e volet : Louis-Antoine de Bougainville par Emile-Louis Truffot

 

 Après Biot et Quinault, voici Bougainville dont la statue située au 3e étage tout à droite de la façade de l'Hôtel de ville côté rue Lobau domine en hauteur (voir la photographie ci-dessous).

 Louis-Antoine de Bougainville a un nom qui est resté davantage célèbre que les deux précédents personnages auxquels j'ai consacré une note. Il est né à Paris le 11 novembre 1729 et y est mort le 31 août 1811. A nouveau, une belle longévité puisqu'il est mort à presque 82 ans.

Il est resté célèbre comme un grand navigateur et explorateur. Il monte une expédition qui fait le tour du monde de 1766 à 1769 et publie en 1771 Description d'un voyage autour du monde. Sa description des moeurs des indigènes conduit Diderot à écrire l'année suivante Supplément au voyage de Bougainville.

Militaire de carrière, Bougainville participe à la guerre d'Indépendance des Etats Unis : un des bateaux qu'il dirige participe à la bataille de Chasepeake le 5 septembre 1781. Resté fidèle au roi Louis XVI -avec lequel il partageait le goût des expéditions maritimes-, il est arrêté pendant la Terreur avant d'être relâché après la chute de Robespierre en 1794.

Couvert de titres sous le 1er empire, il est fait "Grand officier" de la légion d'honneur lors de la création de cette récompense en 1804. Il est comte d'empire en 1808.Sur décision de l'empereur Napoléon Ier, il est inhumé au Panthéon juste après sa mort.

Une fleur découverte au Brésil par un botaniste qui l'accompagnait pendant son tour du monde porte son nom : le bougainvillée. La rue de Bougainville est située dans le 7e arrondissement près de l'Ecole militaire.

Voici sa  notice dans l'ouvrage de Georges Veyrat sur les Statues de l'Hôtel de Ville (1892) :

Cette statue est une œuvre du sculpteur Emile-Louis Truffot, né le 26 juillet 1843 à Valenciennes et mort à Paris le 26 octobre 1895.

lundi 23 juin 2008

LXVII : Les arbres de Paris Centre : 1er volet : les muriers de l'angle Tournelles/Saint-Antoine

 

Voici encore une nouvelle série que je commence. Elle concerne les arbres du 4e. C'est une série à laquelle je pense depuis que j'avais écrit sur le blog "le 4e que j'aime" un article à propos de l'orme de Saint-Gervais (dont je serai amener à reparler d'ici peu). L'idée d'une série consacrée aux arbres du 4e n'a fait que se renforcer quand le 18 juin dernier au soir mon ami Nizar m'a signalé les arbres dont je vais parler dans cette note.

Je suis un peu béotien en matière de règne végétal. J'ai donc été surpris d'apprendre par Nizar, alors que nous passions rue Saint-Antoine à l'angle de la rue des Tournelles, que les arbres qui se trouvaient sur cette place étaient des mûriers blancs. Il faut vraiment les admirer en ce moment car ces arbres donnent des fruits très particuliers que j'ai pris en photo ci-dessous : des mûres blanches. Nizar m'a affirmé qu'il s'agit aussi là des arbres plantés dans certaines régions du monde pour nourrir les vers à soie (grâce à leurs feuilles).

Recherche faite le mûrier blanc, Morus Alba, originaire de Chine, a été introduit à Paris en 1600 au jardin des Tuileries par Olivier de Serres. Je n'ai aucune idée de l'époque à laquelle des mûriers blancs de la rue Saint-Antoine ont été plantés.


 

jeudi 19 juin 2008

LXIII : Statues de l'Hôtel de ville : 2e volet : Philippe Quinault par Théodore-Charles Gruyère

  

Voici le 2e volet des personnages sculptés sur l'Hôtel de ville. Sa statue est située au 2e étage tout à droite de la façade côté rue Lobeau, juste au dessus de celle de Biot (1er volet de la série) comme on le voit sur la photographie ci-dessous.
Il s'agit de Philippe Quinault qui est né à Paris le 3 juin 1635 et y est mort le 26 novembre 1688. Tout comme Biot, c'est un "immortel" puisqu'il est entré à l'Académie française en 1670. Mais, contrairement au personnage précédent les lettres étaient sa spécialité, même s'il a possédé une charge d'auditeur à la Cour des Comptes.

En effet, Quinault, fils d'un boulanger, est entré dans l'histoire grâce à sa carrière de poète, de dramaturge et de librettiste sous le règne du roi Soleil. En effet, sa 1ère comédie en 5 actes, Les Rivales, date de 1653. Cependant, si Quinault a joué un rôle important c'est parce qu'il fut le librettiste, à partir de 1671, des opéras de Jean-Baptiste Lully. Quinault est donc un des pères d'un genre spécifiquement français : la tragédie lyrique. Il est ainsi l'auteur du livret de l'opéra Thésée (1675) que je suis allé voir cette année au Théâtre des Champs Elysées. Un opéra écrit à la gloire de Louis XIV.

Voir la notice que lui consacre Georges Veyrat dans son ouvrage sur les Statues de l'Hôtel de Ville paru en 1892 :

 Il existe une rue Quinault dans le XVe arrondissement. 
 
La statue est une oeuvre de Théodore-Charles Gruyère (1813-1895) auquel on doit aussi la statue de Sainte Genevière sur la Tour Saint-Jacques (voir article paru le 27 février 2022)


mardi 17 juin 2008

LXI : Anges de Paris Centre (4e épisode) : 4 rue du Bourg Tibourg

 

Au 4 rue du Bourg Tibourg (au sujet de laquelle j'ai publié un article), on peut admirer ce linteau de porte orné de deux anges. Il s'agit de la partie reconstruite au XIXe siècle à l'époque où les pouvoirs publics voulaient élargir cette rue.

On retrouve ici une esthétique inspirée des putti d'époque baroque, encore un exemple de l'école historiciste du XIXe siècle qui réutilisait, de manière pas toujours très raffinée les motifs décoratifs des époques antérieures.

Ce sont ces anges du 4 rue du Bourg Tibourg qui m'ont été signalés par Aurélie ce qui m'avait donné l'idée de lancer cette série sur les anges du 4e. En voici donc le 4e volet.

samedi 14 juin 2008

LVIII : Le Porte-Avions Charles De Gaulle à l'Hôtel de ville

 

Voilà encore un article qui va conforter celui (ou ceux ?) qui pense(nt) que je suis un odieux réactionnaire. Je vais peut-être même être taxé de militarisme !


 En effet, intrigué par les nombreuses affiches qui dans le secteur de l'Hôtel de ville annoncent que l'on peut voir dans ce lieu une exposition consacrée au porte-avions Charles de Gaulle, je me demandais bien à quoi elle pouvait ressembler. De plus, professeur d'éducation civique, je me suis dit que cette visite me permettrait de compléter mes connaissances sur la Défense nationale qui correspond au dernier chapitre du programme (sujet qui est tombé au brevet des colllèges l'an dernier).

Je n'ai pas été déçu... L'exposition permet d'admirer des photographies dont on ne peut nier quelles sont fort belles. Il y en a même une qui montre François Mitterrand avec Edouard Balladur pendant la 2e cohabitation (cela fera plaisir à notre maire du 4e arrondissement, Mme Bertinotti, qui a été archiviste à l'Elysée à cette époque après le départ de Georgette Elgey).

De plus, la maquette photographiée en début d'article permet de se rendre compte de l'immensité de ce bâtiment militaire. On peut y voir des vidéos d'un intérêt très varié (J'avoue que le documentaire sur la vie à bord ne m'a pas enthousiasmé). Par contre, sur un petit écran situé sur le côté j'ai appris énormément d'informations concernant ce type d'équipements. Je ne savais pas par exemple, que les premiers porte-avions français avaient été des bâtiments cédés par le Royaume Uni et les Etats Unis à la France après la Seconde guerre mondiale. C'est à la IVe République que l'on doit le lancement des deux porte-avions, le Foch et le Clémenceau, livrés au début de la présidence de Charles De Gaullle dans les années 60.

Le porte-avions actuels a été programmé en 1986 à l'époque de la cohabitation entre  François Mitterrand et Jacques Chirac. Une vidéo laisse entendre qu'un 2e porte-avions est encore dans les cartons... mais vu le coût ce n'est peut-être pas demain qu'il va être mis en construction.

Pour finir cette exposition a un petit côté "Engagez-vous, rengagez-vous". On trouve dès l'entrée un guichet pour tous ceux qui seraient intéressés par le métier. Pour ma part, j'ai passé l'âge et je ne crois pas que j'avais la vocation...