samedi 22 mars 2025

MMDCCLXXXVI : Les façades de Paris Centre : le Berlitz, un immeuble emblématique de Paris Centre

  

Le "Berlitz" fait partie des immeubles célèbres de paris Centre. Il est situé dans un pâté de maisons compris entre le boulevard des Italiens au nord, la rue Louis-le-Grand à l'ouest,la rue du quatre Septembre au sud-ouest, la rue de Hanovre au sud et la rue de la Michodière à l'est. 

L'angle boulevard des Italiens/rue de la Michodière (nord-est)

L'angle du boulevard des Italiens et de la rue Louis-le-Grand (nord-ouest)

L'angle de la rue de la Michodère et de la rue de Hanovre (sud-est)

L'angle de la rue du 4 Septembre et de la rue du Hanovre (sud-ouest)

C'est en haut de cet angle qu'est indiqué le nom officiel de cet immeuble : "Palais du Hanovre" : 


 Le bâtiment porte ce nom car un de ses angles, celui du boulevard des Italiens était l'endroit où se trouvait le "Pavillon de Hanovre" qui a été déplacé dans le parc de Sceaux pour la construction du Berlitz (article du 18 avril 2022).

Le Berlitz a été construit en 1932. Il est dû à l'architecte Charles Lemaresquier à qui on doit aussi le siège de Félix Potin à l'angle du boulevard Sébastopol et de la rue Réaumur (article du 10 août 2019) et l'immeuble qui a été le siège de groupe Havas (article du 18 février 2025)


dimanche 16 mars 2025

MMDCCLXXXV : Les copies de nymphes de Jean Goujon dans l'hôtel de Ville d'une ville d'Italie

 

Bologne, capitale de la région d’Émilie-Romagne, est une ville dont je recommande la visite. On y a ouvert la première Université d'Europe au XIe siècle. Au XVIe siècle, c'était la 2e ville la plus peuplée des États pontificaux. Elle a attirée de nombreux artistes français dont Jean de Boulogne qui a réalisé la fontaine de Neptune qui est devenue emblématique de cette cité touristique.

L"Hôtel de Ville est un immense édifice qui ressemble à un château fortifié. Voici une photo de sa façade arrière :

On monte à la salle du Conseil par un escalier qui a lui aussi des proportions imposantes :

Cependant, à ma grande surprise, en arrivant dans le vestibule de l'étage d'honneur, j'ai découvert un décor que je connais bien :


 Comme cela est indiqué dans le cartel situé en dessous, ces nymphes qui ornent la fontaine des Innocents ont été offertes par le Louvre en 1935 :

Ce don du Musée du Louvre s'explique par le fait que Jean Goujon en mort à Bologne en 1568.

Les cinq nymphes de la Fontaine des Innocents sont celles qui ornaient l'édifice avant son déplacement et sa transformation à la fin du XVIIIe siècle (voir mon article du 15 juillet 2022).



mercredi 12 mars 2025

MMDCCLXXXIV : Une cérémonie pour célébrer la fin des travaux de Saint-Gervais-Saint-Protais : "Enfin" et... merci !

 

Ce mercredi 12 mars 2025 à 15h a eu lieu dans l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, une cérémonie à laquelle j'ai été très content de pouvoir assister. L'adjointe à la maire de Paris en charge du Patrimoine, Karen Taieb a présidé une cérémonie qui marquait la fin des travaux de restauration du clocher et du transept nord de Saint-Gervais-Saint-Protais.

J'avais, à partir de 2012, publié plusieurs articles pour initialement déplorer l'échafaudage qui masquait le clocher (  6 octobre 2012 : Un article pour aider des élus à répondre à une question... ;  17 décembre 2014 : Les échafaudages de la tour de Saint-Gervais ne disparaîtront pas avant 2014 ! ; 20 février 2015 : Bientôt la fin des échafaudages sur la Tour-clocher de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais ? ) puis à propos des calendriers des travaux (26 avril 2018 : Le calendrier des travaux du clocher de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais ; 13 décembre 2019 : Une réunion en mairie du 4e qui permet de connaître le calendrier des travaux du clocher de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais).

J'ai donc été ravi que Karen Taieb commence son discours en s'exclamant "Enfin !" tant il est vrai que l'on a énormément attendu mais le résultat est là. Mme Taieb a remercié les équipes qui ont réalisé les travaux. Après cette longue attente, on peut aussi dire "Merci !'", y compris à l'adjointe Mme Taieb qui, depuis qu'elle a pris en charge le dossier du Patrimoine à Paris en 2018, a énormément fait pour la restauration du patrimoine cultuel (qui en avait tant besoin) !

Karen Taïeb avec les équipes qui ont participé au travaux de restauration du clocher de St-Gervais-St-Protais et du transept Nord, ainsi que des élus de Paris Centre

 

lundi 10 mars 2025

MMDCCLXXXIII : Paris Centre de Paris dans les assiettes anciennes (2e épisode) : la fontaine du Châtelet au début du XIXe siècle

 

Je continue la série à propos des assiettes représentant Paris Centre avec celle-ci qui représente la place et la fontaine du Châtelet.

Cette assiette blanche à fond noir a été fabriquée par la manufacture de Montereau. Elle montre la place du châtelet dans les premières décennies du XIXe siècle, ici juste après la démolition de la forteresse du Châtelet décidée par Napoléon Ier en 1808 (voir mon article du 30 janvier 2023) et avant le déplacement de la fontaine du Palmier de quelques mètres vers l'Est sous le préfet Haussmann au milieu du XIXe siècle. On peut voir la fontaine avant les sphinx qui ont été ajoutés à a base lors du déplacement de la fontaine :

Rappelons qu'aujourd'hui la fontaine a cet aspect :

A l'arrière-plan de la fontaine, on devine un bâtiment. Il 'agit d'un marché à la viande construit aussi au début du XIXe siècle. C'est pourquoi, sur l'assiette, un bovin est représenté au-dessus de la porte de droite :


On reconnaît cette construction, avec sa partie en retrait à gauche, sur le plan du cadastre Vasserot du début du XIXe siècle :

Ces assiettes sont donc un témoignage passionnant sur Paris Centre au début du XIXe siècle.

mercredi 5 mars 2025

MMDCCLXXXII : Les sirènes du 65 boulevard Sébastopol qui ont inspiré Raymond Queneau

 

Au 65 boulevard Sébastopol, dans l'immeuble à l'angle avec la rue Etienne Marcel, on peut voir dans la partie la plus au sud de la façade de l'immeuble deux très belles sirènes.

Située de part et d'autre du cartouche qui indique le numéro de l'immeuble, ces deux sirènes sont très aguicheuses :


Ces deux sirènes doivent être présentes ici depuis le 2nd empire quand furent percés le boulevard Sébastopol (au milieu des années 1850) et la rue Etienne Marcel (dans la 2e partie des années 1860). Elles  ont inspiré Raymond Queneau : dans son receuil de poésies "courir les rues" paru en 1967, le 2e volet a  pour titre "les sirènes du boulevard Sébastopol". 

"Soixante-cinq boulevard de Sébastopol
il y a deux sirènes sculptées au-dessus d’une porte
elles ne doivent pas être très anciennes
elles datent sans doute du dix-neuvième siècle
elles n’ont aucun intérêt pour les archéologues
mais si elles sont là ce n’est pas sans intention
quel rapport avec l’architecte auteur de cette bourgeoise construction ?
quel rapport avec le propriétaire qui portait peut être un bonnet de coton ?
il y a la un mystère qui a tout autant d’intérêt qu’un autre
une fois qu’on a découvert ces deux modestes sirènes
modestement sculptées, merveilles incertaines."

J'ai trouvé ce poème sur le blog "Paris à nu" qui hélas à cesser de publier des articles depuis juin 2021.

mardi 25 février 2025

MMDCCLXXXI : Le mausolée de l'archevêque de Belloy vu sous un nouvel éclairage

 

Parmi les splendeurs que l'on peut voir depuis la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, un monument a retenu mon attention : le mausolée de l'archevêque de Belloy. En effet, je lui avais consacré un article paru le 3 janvier 2017. 

Cela me permet donc de faire une comparaison entre l'éclairage et les décors d'avant l'incendie de 2019 et l'actuel. La différence est assez parlante :


Pour savoir qui était l'archevêque de Belloy et son possible lien avec l'invention du percolateur, je renvoie à mon aticle de 2017.

mardi 18 février 2025

MMDCCLXXX : Les façades de Paris Centre : Au 62 rue Richelieu, un superbe immeuble bâti en 1916 qui a été le siège d'Havas publicité

 

Au 62 rue Richelieu, on peut admirer une superbe immeuble avec des quatre colonnes corinthiennes qui décore une partie centrale en saillie par rapport au reste de façade.

Une élégante guirlande décore la limite entre le rez-de-chaussée et le 1er étage :

Elle est décorée par deux mascarons féminins :

L'élégance de cette façade a retenu mon attention ce qui m'a permis d'en apprendre beaucoup plus sur l'entreprise qui a fait édifier cet immeuble. Le permis de construire date du 12 décembre 1916. On y apprend que l'immeuble a été dessinée par l'architecte Charles Henri Camille Lemaresquier(1870-1972)* pour la Société Générale des Annonces. Cette entreprise existait depuis la première moitié du XIXe siècle et elle avait son siège place de la Bourse comme le montre cette gravure parue dans l'Illustration en 1845 :

Cette entreprise était très puissante dans le Paris du début du XXe siècle. Elle détenait une grande partie du marché de la publicité dans les journaux (dont beaucoup d'eux avaient leur siège social et leur rédaction dans le quartier de la Bourse). En 1920, l'entreprise a fusionné avec Havas. Le siège de la branche Havas Publicité s'est alors installé au 62 rue Richelieu en 1921.

En 1944, l'agence Havas a été scindée en deux. L'activité agence de presse a été nationalisée pour former l'Agence France Presse. Par contre, l'activité publicité est restée privée et elle a gardé son siège au 62 rue Richelieu. L'adresse apparaît sur des visuels (dont certains sont amusants) faisant la promotion de cette société :

Depuis le début des années 2000, Havas Publicité fait partie du groupe de Vincent Bolloré et l'entreprise est dirigée par son fils Yannick Bolloré. Son siège est à Puteaux.

L'immeuble du 62 rue Richelieu a été acquis en 2010 par AEW groupe, une filiale de la caisse des Dépôts (d'après un article de Business Immo du 2 septembre 2010).

Voici pour finir deux détails du 62 rue Richelieu.


 * on doit à Charles Le Maresquier de nombreux immeubles de prestige dont le magnifique siège de Félix Potin du 51 rue Réaumur (voir article du 10 août 2019) (Paris 3e), l'immeuble du Berlitz (Paris 2e) ainsi que le cercle militaire, place des Augustins (Paris 8e).



mardi 11 février 2025

MMDCCLXXIX : Les représentations de Louis XIV dans Paris Centre : la statue par Coysevox dans le choeur de Notre-Dame

 

Voici un nouvel article de la série des représentations de Louis XIV dans Paris Centre. Il concerne la statue sculptée par Antoine Coysevox entre 1706 et 1714 pour le choeur de Notre-Dame. Cette statue s'inscrit dans le cadre d'un décor destiné à remplir le voeu de Louis XIII : le roi, espérant un fils, avait consacré son royaume, sa personne et son potentiel fils à la France. Le groupe sculpté représente cette consécration (Louis XIV est représenté à gauche de l'autel face à son père qui tend la couronne depuis la droite).

  

Les entrailles de Louis XIV ont été déposées en septembre 1715, juste après la mort du roi Soleil dans une urne juste à côté de celle où se trouvaient les restes de son père.


mardi 4 février 2025

MMDCCLXXVIII : Les stations de métro de Paris Centre : la station Pont Neuf qui en avril 2026 célébrera son 100e anniversaire

La station Pont-Neuf La monnaie sur le quai en direction du Nord de Paris

Voici un nouvel article consacré aux stations de métro de Paris Centre. Il concerne la station Pont neuf qui se trouve dans le 1er arrondissement et qui dessert la ligne 7.

La station a été ouverte au public le 19 avril 1926, le jour de la mise en circulation de la ligne de métro. Il reste de cette époque les entourages en céramique qui servent de cadre aux affiches et au décor :


 On retrouve les mêmes dans les autres stations de la ligne 7 : par exemple le station Sully-Morland (voir article du 30 décembre 2010) ou Pont Marie (avoir article du 16 août 2009).

La station conserve aussi un design hérité des années 1970 : les sièges oranges. Il s'agit du modèle dessiné par Andreu-Motte. La station Pont Neuf a été une des trois du métros parisiens (avec les stations Ledru-Rollin de la ligne 8 et Voltaire de la ligne 9) où ce design a été expérimenté en 1974.

En 1989, comme la station porte aussi le nom de "La monnaie", un décor supplémentaire a été ajouté. Deux céramiques représentent les ateliers monétaires et du côté en direction du Sud on peut voir un balancier servant à la frappe des monnaies:

 


On peut lire dans la partie centrale le nom de Philippe Gengembre (1764-1838). C'était un chercheur et un ingénieur chimiste qui s'intéressait à de nombreux domaines. Il a mis au point le système de frappe à balancier.

Adèle Varillat, Lithographie de Philippe Gengembre

 Les premiers modèles de frappes à balancier Gengembre ont été baptisées "Austerlitz" car elles auraient été fabriquées avec le bronze des canons pris aux Russes lors de la bataille du 2 décembre 1805.

La voûte est décorée par des reproduction de pièces de monnaie de différentes époques :

Les reproductions grand format de pièces qui ornent la voûte de la station

Cette référence à la monnaie s'explique par le fait que depuis le XVIIIe siècle, la Monnaie de Paris est située juste de l'autre côté de la Seine, sur la rive gauche et qu'auparavant elle se situait encore plus près de là ce qui explique que la rue de la Monnaie soit une de celles qui longent la Samaritaine (voir article du 8 janvier 2021).

La station Pont-Neuf La monnaie depuis le quai en direction du Sud de Paris