Depuis mars 2008, Chronique, histoire(s), culture, patrimoine, vie de quartier du secteur Paris Centre (1er, 2e, 3e et 4e) et autour. Rédacteur Emmanuel DELARUE (Médaille de bronze de la Ville de Paris 2019). Indépendance ne veut pas dire neutralité. Refus du sectarisme et de l'intolérance.
vendredi 13 juin 2025
MMDCCLXI : Entretien du "Petit Patrimoine" parisien : le pavage du secteur Montorgueuil
mercredi 11 juin 2025
MMDCCCX : Le saule pleureur du square de l'Île-de-France a fêté le 15e anniversaire de sa plantation
Peu à peu le saule pleureur planté en 2010 retrouve la majesté de son vénérable prédécesseur. Je ne lui avais pas consacré d'articles depuis 2021 (voir article du 20 mars 2021).
En espérant qu'avec le réaménagement prévu des squares Jean XXIII et de l'Île-de-France, cet arbre pourra continuer à croître sereinement !
vendredi 6 juin 2025
MMDCCCIX : 97 rue d'Aboukir : un immeuble Art Déco qui a connu des heures sombres
Il a de superbes lignes et les résidents ont végétalisé certains étages ce qui ajoute au charme de cet immeuble :
La porte d'entrée par sa simplicité géométrique est elle aussi emblématique du style Art déco :
lundi 2 juin 2025
MMDCCCVIII : Un réaménagement de la place des Victoires nécessaire mais à mener avec précaution
La place des Victoires est certainement ma place préférée de Paris. Ceux qui me connaissent savent pourquoi. Je lui ai consacré plusieurs articles*. Aussi me suis-je particulièrement intéressé aux projets de réaménagement de la place ce qui m'a conduit à découvrir l'existence d'une quartier "Louvre-Halles-Montorgueil" (voir mon article du 30 mai 2025).
Je n'ai rien contre l'idée d'améliorer l'aménagement de cette place. Je suis parfois étonné de constater qu'elle continue à avoir l'aspect d'une place des années 1970 avec des voitures qui se garent en épi le long de ces trottoirs comme s'il s'agissait d'un lieu sans intérêt :
De même, il est certainement possible d'améliorer la végétalisation qui a été faite grâce à des pots de fleurs assez laids :Cependant, il paraît important de veiller à plusieurs points. Si des arbres sont plantés, il faudrait que les superbes façades et leurs mascarons restent visibles :
De même il me paraît indispensable que les sublimes perspectives sur la statue continuent à être visibles, que l'on se place dans l'axe de la rue Etienne Marcel, en regardant vers l'Ouest :ou bien depuis la rue des Petits-Champs en regardant vers l'Est :Il y a dans l'agencement de cette place et dans les perspectives qui la mettent en valeur un équilibre qu'il est important de préserver.
De plus, si la place est réaménagée, j'aimerais que soit clairement indiqué sur les panneaux qui annoncent les travaux leur coût. C'est en général une information qui manque cruellement.
* voir les articles suivants :
- article du 23 mai 2020 : Les mascarons de la place des Victoires
- article du 5 septembre 2020 : la statue équestre de Louis XIV
- article du 5 septembre 2023 : un médaillon de la soumission de Gênes pour la place des Victoires.
dimanche 1 juin 2025
MMDCCCVII : Exposition sur les grilles du square de l'Île-de-France : De la découverte des camps à la commémoration
A l'occasion du 80e anniversaire de la libération des camps une exposition très intéressante se tient sur les grilles du Jardin de l'Île-de-France où se situe le Mémorial du martyr de la Déportation.
Chaque panneau - il y en a une dizaine - comporte une photographie avec un commentaire très bien documenté, en français et en anglais, concernant la libération des camps à partir du début de l'année 1945, le retour des survivants puis la commémoration. Certains sont particulièrement terribles et j'ai choisi de ne pas les présenter dans cet article.J'ai préféré celui-ci qui concerne le retour en France. J'ai trouvé assez étonnant que les Déportés soient provisoirement logés dans le Vel'd'hiv'. Quand on pense que c'est dans ce lieu qu'une partie des Juifs arrêtés lors de la rafle du mois de Juillet 1942, on se dit à quel point cette période a été remplie de paradoxe. Lieu de l'enfer, cet endroit était redevenu en 1945, celui où certains ont pu retrouver l'espoir de continuer leur vie.
Une exposition qui rappelle - sans vouloir faire de mauvaise polémique - que l'autre intérêt de délimiter les squares par des grilles, cela permet de faire de celles-ci des lieux parfaits pour faire des exposition grand format accessible à toutes et tous.
vendredi 30 mai 2025
MMDCCCVI : Le surprenant découpage des Conseils de quartier de Paris Centre...
Or, en 2020, lors de la fusion des quatre arrondissements centraux, les conseils de quartier historiques des 1er , 2e, 3e et 4e arrondissements qui dataient de 1860 et donc du baron Haussmann avaient été complètement redécoupés pour aboutir au savant découpage suivant en sept conseils de quartier :
On observe tout à l'ouest en orange, l'énorme conseil de quartier "Louvre-Opéra" qui comprend une grande partie de secteurs où les habitants votent plutôt "à droite". J'ai toujours été assez perplexe à propos de la superficie gigantesque de ce quartier et les autres situés plus à l'Est.
Or quand on observe le découpage du dispositif "Embellir Paris" dans lequel s'inscrit la place des Victoires, on se rend compte que le quartier désormais appelé "Louvre-Halles-Montorgueil" rattache au quartier Halles-Montorgueil toute la partie Sud et Est du quartier "Louvre-Opéra" :
Je me suis alors demandé à quoi allait être rattaché la partie Nord et Ouest du quartier "Louvre-Opéra". Et là j'ai été encore plus surpris en découvrant la carte mise en ligne sur le site "Embellir Paris" :
Le quartier "Opéra" dans la géographie d'Embellir Paris s'étend donc s'étend jusqu'au sud-est de la place de la République :
Je pense être un assez bon connaisseur de l"histoire et de la géographie parisiennes. Ces découpages ne sont pas basés sur le vécu des habitants. Si on veut vraiment que les habitants s'intéressent à leur quartier et à son embellissement il faut que ce soit en ce qu'en géographie "un espace vécu". Là de mon point de vue cela ressemble juste à de la poudre aux yeux. En étant le plus approximatif possible, on finit par perdre tout le monde et à pouvoir imposer les décisions que l'on veut. L' adjoint en charge de la "participation citoyenne" est reconnu depuis 2020 par beaucoup de membre des conseils de quartier comme un spécialiste de ce genre de méthodes.
lundi 26 mai 2025
MMDCCCV : Quai aux Fleurs, un aménagement réussi avec la plantation d'une trentaine d'arbres
J'avais consacré en janvier 2023 un long article au quai aux Fleurs, situé entre la pointe Est de l'île de la Cité et le pont d'Arcole. Je l'avais écrit à l'occasion d'une réunion publique relative à l'élargissement des trottoirs et à la végétalisation du quai où devaient être plantés 31 arbres (voir article du 11 janvier 2023). J'avais émis quelques doutes mais je dois admettre que maintenant que le chantier est achevé, le résultat est très agréable à voir. On a l'impression que ce quai a toujours eu cet aspect avec des grilles élégantes aux pieds des arbres et des bancs davioud qui correspondent à l'idée de ce que l'on se fait de Paris.
et il a même été possible de maintenir des places de parking !Il faut laisser ses arbres croître pour voir ce que donnera la vue depuis le quai de l'Hôtel de Ville en direction de l'île de la Cité. Pour mémoire, voici ce que cela rendait antérieurement :
Tout laisse penser que ces arbres s’inséreront parfaitement dans le paysage.samedi 24 mai 2025
MMDCCCIV : Les statues du Louvre (27e volet) : Voltaire par Antoine Desboeufs
ou la 2e en partant de la droite :
Voltaire est aussi représenté sur l'Hôtel de Ville de Paris (voir article du 23 juin 2012). Voici la notice que j'avais écrite à son sujet :
" 1°) Voltaire, de son vrai nom François Marie Arouet est né à Paris le 21 novembre 1694. Cependant, Voltaire affirme qu'en réalité, il est né en février 1694 à Châtenay-Malabry. ce n'est donc pas un vrai parisien...
2°) Après avoir voyagé (notamment en Prusse à la cour de Frédéric II) et connu l'exil en Suisse à Ferney, il a fini sa vie dans la capitale où il est mort le 30 mai 1778 (dans l'actuel 6e arrondissement, quai Volatire).
3°) Voltaire est le personnage qui est présent depuis le plus longtemps au Panthéon (1791) puisque le seul qui l'avait précédé, Mirabeau, a été déplacé quand on a découvert la correspondance secrète qu'il avait eu avec le roi.".
La statue du Louvre est une oeuvre d'Antoine Desboeufs (né le 13 octobre 1793 à Paris et mort le 12 juillet 1862 à Passy). Elle représente Voltaire âgé et avec un air un peu bossu qui n'est pas très gratifiante pour le penseur :
Il tient une plume dans la main gauche, un objet symbole de la liberté d'expression. Rien n'indique cependant que Voltaire ait été gaucher.
Antoine Desboeufs est un un sculpteur qui a participé à la réalisation de la fontaine des Mers place de la Concorde (voir article du 27 août 2023).lundi 19 mai 2025
MMDCCCIII : Plus que quelques jours pour aller visiter l'exposition sur l'Art "dégénéré" au Musée Picasso
Dans quelques jours, une exposition exceptionnelle s'achève au Musée Picasso : celle consacée à l'Art "dégénéré" et au procès de l'Art moderne dans l'Allemagne nazie.
Cette exposition est vraiment intéressante car elle permet d'admirer des peintres allemands du début du XXe siècle, notamment l'expressionnisme, qui sont très peu présents dans les collections publiques françaises. Je pense notamment à Max Beckmann, Ludwig Corinth, Emil Nolde, Oskar Kokoschka, Max Pechtein et tant d'autres. Cette exposition présente des oeuvres venues principalement des musées allemands et que l'on n'a pas très souvent vus en France.
L'autre intérêt de l'exposition est le fond documentaire qu'elle présente, notamment les brochures et les coupures de presse. Elle permet de voir comment cette idée d'art dégénéré est apparu dans la pensée européenne de la fin du XIXe siècle (et pas seulement en Allemagne). On se rend compte aussi comment les nazis ont après l'exposition organisé en 1937 des oeuvres de l'art dégénéré profité de cette occasion pour vendre à l'étranger une partie des oeuvres, notamment lors d'une grand vente aux enchères à Lucerne en Suisse.
dimanche 11 mai 2025
MMDCCCII : La devanture de la pharmacie Lescot... sur les traces de Madame de Villemonble.
Cette devanture est ornée dans les écoinçons par des anges de la victoire :
et sur les pilastres latéraux un motif d'athénienne (c'est à dire des piédestaux tripodes) :Sur le site Paris Musée, on peut retrouve une estampe de Jean-Marie Mixelle (1758-1839) qui représente cette devanture :
On y apprend que la devanture a figuré en 1806/1807 dans la liste des "Maisons de Commerce les mieux décorées" de Paris. Le décor de la boutique montre une très nette influence du style consulat ou Empire. Les anges ailées tenant des couronnes de lauriers sont certainement une allusion aux victoire des armées de la République ou du Consulat et sont un très bel exemple du style néo-classique en vogue dans la 2e moitié du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle.
Le cartel du musée permet d'en savoir plus sur cette pharmacie. On apprend qu'elle a fermé en 1912 et que le musée Carnavalet a récupéré sa devanture qui a été d'abord partiellement présentée au public avant de reconstituer l'ensemble en 1960 :
On y apprend aussi que la pharmacie était située rue de Gramont. Cette rue est dans le Coeur de Paris puisqu'elle est dans le 2e arrondissement entre le boulevard des Italiens et la rue du 4 septembre. L'officine était précisément placée au 14 rue de Gramont à l'endroit suivant :
Voici une comparaison entre une photographie de la façade prise avant son démontage et la vue actuelle de cette partie de la façade :Le musée Carnavalet possède une autre estampe - hélas non datée - qui montre la pharmacie quand elle était rue de Gramont :
Voici un aperçu de l'aspect de la rue si la pharmacie était encore à cet emplacement :
La façade de l'immeuble a été - on s'en rend compte - remaniée cependant l'immeuble, qui date de la fin du XVIIIe siècle, lors du percement de la rue de Gramont - a été inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques pour sa façade et sa toiture sur rue et sur cours par un arrêté du 30 décembre 1977.
Cette adresse est liée à un personnage oublié mais dont le destin pourrait faire l'objet d'un roman : Etiennette Marie Périne Le Marquis dite Madame de Villemonble. Née en Bretagne en 1737, elle exerçait la profession de danseuse à l'opéra de Paris. Elle est devenue en 1757 la maîtresse de Louis-Philippe d'Orléans (1725-1785) à qui elle a donné un fils en 1759. Le duc d'Orléans était un personnage très puissant. Petit-ils du régent Philippe d'Orléans, il était le père de "Philippe Egalité" et le grand père du futur roi Louis-Philippe 1er. Cette liaison a permis à Etiennette Le Marquis de recevoir la seigneurie de Villemonble, où elle s'est fait construire un château, et de devenir "Madame de Villmonble". Louis Vigée a réalisé son portrait dans les années 1750 :
Au 14, rue de Grammont (l'orthographe de la rue à l'époque), elle avait
son hôtel particulier parisien où elle résidait l'hiver. C'est là
qu'elle est décédée le 9 février 1806, donc à l'époque où la devanture
de la pharmacie Lescot a été créée. On ne peut pas savoir si Mme de Villemonble, qui était âgée de 68 ans au moment de son décès, a pu être une cliente de la pharmacie.


















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