mardi 10 janvier 2012

MXXVIII : Un monument funéraire en l'honneur d'Henri II qui se trouvait jadis dans le quartier Arsenal

  

En préparant l'Assemblée générale de l'association que je préside, le 4e au cœur, j'ai été conduit à m'intéresser à l'histoire du couvent des Célestins qui se trouvait à l'Est de la rue du Petit Musc à l'emplacement du boulevard Henri IV et de la caserne de la Garde Républicaine. J'ai ainsi découvert grâce à l'ouvrage de CHADYCH, Le Marais, Parigramme (qui je le répète est LA Bible à propos du quartier) que dans l'église du couvent des Célestins* on trouvait un monument funéraire dont je n'avais jamais entendu parler : celui où était conservé le coeur de Henri II. Je suis allé faire des photographies au Louvre pour retrouver dans le musée la salle où cette œuvre est aujourd'hui conservée.

Henri II étant mort suite à un tournoi, dans le Palais des Tournelles qui se trouvait à l'emplacement de l'actuel Place des Vosges (voir mon article du 10 juillet 2009), la reine Catherine de Médicis a souhaité que le cœur de son mari, reste dans un lieu proche de l'endroit où il avait trépassé : c'est le chapelle du couvent des Célestins qui fut choisie. Le monument où le cœur du roi était situé était à cet endroit jusqu'à la Révolution. C'était vraiment une très belle œuvre.

Le piédestal est dû à l'italien Domenico del Barbiere, dit Dominique Le Florentin. On peut y lire des plaques qui rappellent que l’œuvre était destinée à contenir le cœur du roi par la volonté de son épouse éplorée : 

Les Trois grâces qui soutiennent l'urne où se trouvait le cœur d'Henri II sont l’œuvre du grand sculpteur de l'époque : Germain Pilon.

Comme pour la Vierge de la Déploration, commandée elle aussi par Catherine de Médicis à Germain Pilon et que l'on peut aujourd'hui voir dans l'église Saint-Paul-Saint-Louis, on retrouve des caractéristiques de l'Ecole maniériste française du milieu et de la 2e moitié du XVIe siècle : l'élancement des personnages et notamment de leurs membres. Pour preuve voici un détail des pieds d'une de ses Trois grâces :

Les Trois jeunes femmes soutenaient une urne en bronze doré dans laquelle le coeur royal était conservé. Cette partie du monument a été fondue à la Révolution puis remplacé à la Restauration par une urne en bois.

On notera que ces Trois grâces, par leur sensualité, n'invitent pas vraiment aux vertus chrétiennes mais elles sont un beau legs de la Renaissance.

* Le couvent des Célestins comme on le voit ici le sur le plan Turgot des années 1730 était situé à l'Est de la rue du Petit-Musc et occupait une partie de l'actuel boulevard Henri IV et de la caserne de la Garde Républicaine :

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