samedi 24 janvier 2026

MMDCCCLXIX : Un questionnaire de Proust par les trois chefs de file du conseil de Paris Centre, têtes de liste pour les élections de mars 2026

Au conseil de secteur de Paris Centre le 12 novembre 2025, de gauche à droite : Aurélien Véron, Martine Figueroa et Ariel Weil

Depuis 2008, en tant que Rédacteur de L'indépendant du 4e, puis de L'Indépendant du Coeur de Paris, je suis un chroniqueur assidu de la vie politique locale. Les élections municipales approchant, j'ai demandé à trois chefs de file du conseil sortant (Ariel Weil le maire PS de Paris Centre [qui soutient Emmanuel Grégoire], Aurélien Véron pour le groupe "Changer Paris" [et soutien de Rachida Dati] et Martine Figueroa pour le "groupe pour Paris" ( soutien de Pierre-Yves Bournazel) de répondre à un questionnaire de Proust dont j'avais sélectionné les dix thématiques... Merci à eux d'avoir répondu. 

Cela permettra, peut-être, aux citoyennes et aux citoyens de Paris Centre de mieux connaître leurs élus actuels et d'avoir un autre regard sur ces hommes et femmes qui font de la politique locale au plus près du terrain et sont, depuis cette semaine, têtes de liste pour la mairie de Paris Centre et donc souhaitent devenir (ou continuer à être) maire de ce ce très très beau secteur auquel je suis tant attaché.

Voici donc mes dix questions et leurs réponses. J'ai d'abord demandé à Ariel Weil, puis à Aurélien Véron et enfin à Martine Figueroa (pour comprendre l'ordre dans lequel j'ai mis leurs réponses).

1°) Votre principal trait de caractère ?

- Ariel Weil : "Un attachement presque phobique à la rationalité, à l'approche cartésienne de tout sujet. Mais avec l'âge, j'accorde de plus de place à l'intuition, et aux données immédiates de la conscience, le titre d'un des livres d'Henri Bergson, l'un de mes philosophes préférés".

- Aurélien Véron : "La pugnacité : je ne renonce jamais quand il s'agit de défendre un projet, une cause ou une idée que je crois juste".

- Martine Figueroa : "Toujours de bonne humeur"

2°) Votre principal défaut ?

- Ariel Weil : "Je ne crois pas que nous sommes des êtres bifurqués avec des qualités et des défauts autonomes. Je crois au contraire que les traits qui structurent notre personnalité sont la source commune de nos qualités et de nos défauts. Je pense, par exemple, être assez pédagogue, j'aime enseigner et je l'ai fait pendant 15 ans avec la passion de transmettre, d'expliquer et de convaincre. A contrario, j'ai sans doute bien trop tendance à faire le prof, à faire la leçon, à trop parler, à trop vouloir prouver : mes enfants m'en font souvent le reproche, et je me dis que je dois agacer mes équipes".

- Aurélien Véron : "¨Être parfois trop batailleur sur les idéaux de liberté. Mais en politique, céder par confort est souvent une faute".

- Martine Figueroa : "Je mange beaucoup trop de crocodiles haribo".

3°) La qualité que vous préférez chez quelqu'un ?

- Ariel Weil : "La sincérité. Quand elle est bienveillante. J'ai horreur des faux-culs, à la fois laideur morale et perte de temps".

- Aurélien Véron : " La curiosité intellectuelle. Elle seule permet d'échapper aux dogmes et de comprendre la complexité du monde".

- Martine Figueroa : "La fidélité".

4°) Votre couleur préférée ?

- Ariel Weil : "J'aime les couleurs vives, j'ai un canapé jaune fluo ! Mais si je suis sincère, je constate que je m'habille souvent en bleu et des verts. Des couleurs de forêt, d'arbres et d'eau, qui correspondent probablement  ma passion pour la montagne, la natation en eau libre et mon désir d'aller chercher, sous les pavés, la plage".

- Aurélien Véron : "L'orange d'une aube joyeuse : celle des recommencements et des possibles".

- Martine Figueroa : "Le vert émeraude".

5°) Un film préféré ?

- Ariel Weil : "Les films noirs en général, Abel Ferrara, Scorsese, Sergio Leone, ou Howard Hawks avec de grands interprètes tels que Humphrey Bogart... J'aime les personnages rugueux, un peu complexes, aux vies peu linéaires, et cette idée de rédemption qui, depuis le forçat Jean Valjean devenu le maire Madeleine, irrigue la littérature et le cinéma. Mon film préféré est dans doute "Il était une fois en Amérique", un film fleuve que j'adore, New York, carrefour des migrations, violences des passions, du temps qui passe, des choix irrémédiables, et ce personnage incroyablement littéraire de Noodles, interprété par Robert de Niro extrêmement jeune, avec des dialogues qui évoquent presque Audiard. Et bien sûr, ce chef d’œuvre envoutant qu'est la bande-soin signée Ennio Morricone !".

- Aurélien Véron : "Les Tontons flingueurs. Les répliques cultes apportent l'humour nécessaire dans un monde de bruts".

- Martine Figueroa : "La Grande vadrouille".

6°) Le livre que vous lisez en ce moment ?

- Ariel Weil : "Toujours plusieurs livres à la fois sur la table de chevet, des poches pour les voyages... Le barman du Ritz de Philippe Colin, par exemple, en ce moment, qui est le énième livre sur l'Occupation et la Seconde guerre mondiale que je lis. Mais aussi V13, que j'ai lu pour me mettre dans la perspective de l'anniversaire des attentats du 13 novembre (et par ce que j'ai lu tous les livres d'Emmanuel Carrère) et toujours un bon vieil Hugo dont je lis quelques pages pour m'inspirer : j'ai achevé il y a quelques jours la relecture de l'intégralité de Notre Dame de Paris. Je ne lis aucun livre politique".

- Aurélien Véron :"L'Homme en rouge de Julian Barnes. Le récit d'une Europe brillante, insouciante en apparence mais aveugle aux fractures profondes qui mèneront à la catastrophe. Ca vous rappelle quelque chose ?"

- Martine Figueroa :"La bataille de Paris de Pierre-Yves Bournazel et Le café secret des Nuits de pleine lune de Mai Mochizuki qui réunit ma passion pour les chats et le Japon".

7°) Votre héros ou héroïne préféré(e) ? 

- Ariel Weil : "J'aime énormément les super-héros -  surtout ceux qui surmontent une infirmité comme Daredevil ou Ironman, n'ont aucun pouvoir surnaturel comme Batman, ou souffrent de l'exil ou de la séparation comme X-men ou Superman - dont l'invention par Joe Shuster a été magnifiquement racontée par le livre de Michael Chabon, The fabulous adventures of Kavalier and Klay. Mais s'il faut choisir un personnage de la bibliothèque verte de mon enfance, mutine et maligne, sans doute, un peu ambivalente et ambiguë, Les exploits de Fantômette de Georges Chaulet !"

- Aurélien Véron : "D'Artagnan : libre, insolent face aux puissants, courageux dans l'action, et toujours fidèle à ses compagnons. Un esprit de panache et de responsabilité."

- Martine Figueroa : "La primatologue Jane Goodal :  ses décennies de recherches sur la vie des chimpanzés dans leur habitat naturel ont radicalement changé notre compréhension de ces singes intelligents, les plus proches parents de l'Homme".

8°)  Si vous étiez une fleur, une plante ou un arbre ?

- Ariel Weil : "Un arbre fruitier. Un pommier par exemple. Comme dans Jules et le Chapeau magique, l'un des livres préférés de mon enfance, où Jules voit exaucer son rêve d'avoir un pommier qui pousse dans son appartement. Ou peut-être le poirier, lauréat du concours agricole de Tomi Ungerer dans La Grosse bête de monsieur Racine. On voit que je me suis replongé dans la littérature enfantine et mes auteurs préférés en ce moment..."

- Aurélien Véron : "La fougère : ancienne, résiliente, capable de traverser les âges en s'adaptant sans jamais renier sa nature. Une elle métaphore des société durables".

- Martine Figueroa : "Le mimosa et le figuier, à égalité". 

 9°) Si vous étiez un animal ?

- Ariel Weil : "Un goéland ou un grand oiseau migrateur, pour pouvoir m'élever, prendre de la hauteur, et voler, le rêve icarien de l'homme, et voyager. Je reste très marqué par le livre poétique de Richard Bach, Jonathan Livingston le goéland, lu et relu dans ma jeunesse."

- Aurélein Véron : "Un suricate : vigilant, solidaire, attentif aux autres. J'adore cette drôle de bestiole qui veille sur le groupe. Une définition simple du sens du collectif".

- Martine Figueroa : "Un chat".

10°) Votre devise ?

- Ariel Weil : "Fluctuat nec Mergitur. La devise de la ville de Paris me va parfaitement. Sinon, quand mes enfants étaient plus petits, j'avais inventé un adage pour eux "Comment on règle un problème ? Ni en criant, ni en pleurant, ni en chouinant". Une partie de mes filles aimaient bien répondre à cette question toute rhétorique...".

- Aurélien Véron : "Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage (Périclès)." 

 - Martine Figueroa : "La proximité en action ! C'est ma devise du quotidien, ce qui me motive tous les matins".

 

J'espère que cet article aura intéressé mes lecteurs et leur aura permis de mieux connaître les élus actuels et certainement  futurs de Paris Centre. Merci à eux trois de m'avoir répondu et de m'avoir fait confiance, ce qui confirme l'estime que j'ai pour chacun d'eux, même si le jeu final de la démocratie, c'est de choisir.

P.S. Si d'autres élus actuels ou candidats, tête de liste à Paris centre, souhaitent se livrer à cet exercice, ils peuvent me contacter en laissant un commentaire. 

 

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