samedi 23 décembre 2023

MMDCLV : Les statues de l'Hôtel de Ville : Série sur les Villes de France (18e volet) : Limoges par Hyacinthe Phileas Sobre

  

Voici le 18e épisode de la série consacrée aux statues des villes de France qui ornent la façade de l'Hôtel de Ville de Paris. Il concerne la statue de la ville de Limoges qui est la 4e en partant de la droite de la façade principale qui donne sur la place de l'Hôtel de Ville :

On reconnaît la ville car la statue tient dans la main gauche les armoiries de la Ville de Limoges : "De gueules au buste de saint Martial d'argent, habillé et nimbé d'or, accosté en chef des lettres onciales S et M du même ; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or"

De plus dans la main droite, elle tient une des productions emblématiques de la ville de Limoges : un vase en porcelaine :

Le visage de cette statue a fière allure :
Cette sculpture est une oeuvre d'un artiste nommé Sobre. Plusieurs sources l'attribuent à François Sobre mais celui-ci était né  en 1793. Cette statue datant des années 1880, il est donc plus probable que ce soit une oeuvre de son fils Hyacinthe Philéas Sobre né à Paris le 3 févier 1826 et mort en 1902.

mercredi 20 décembre 2023

MMDCLIV : Une façade du début de l'ère Haussmann au 95 Boulevard Beaumarchais

 

Au 95 boulevard Beaumarchais (Paris 3e), on peut voir un immeuble parisien assez classique représentatif de l'ère Haussmann. Ce qui est pendant assez rare pour les immeubles du milieu du XIXe siècle c'est que la façade est datée et signée (alors que cette habitude s'est répandue après 1870). L'immeuble a été construit en 1854 et son architecte est 

 Pierre Joseph Olive est né le 21 juin 1817 à Biot et il est mort dans la même ville dans la même ville le 14 août 1899. A l'époque de la construction de cet immeuble c'était un jeune père de famille puisque son fils aîné Joseph Armand est né à Paris le 9 octobre 1853.Son second fils Gustave est né trois ans plus tard le 23 mars 1856).

Il avait participé au concours pour la construction de l'Opéra de Paris, puis en 1880 il avait proposé un projet pour reconstruire les Tuileries.

La façade indique aussi -ce qui est aussi plutôt rare- le nom de l'ingénieur civil qui a participé à la la construction.


 Charles-Alexandre Thirion est né à Rouen le 26 février 1827 et il est mort le 27 décembre 1901 à Arcachon. Il avait créé en 1852 un important cabinet d'ingénieurs civils. Il est devenu célèbre  car il a joué un rôle important pour la reconnaissance de la Propriété industrielle qui a abouti en 1883 à la Convention Internationale de l'Union pour la Protection de la Propriété industrielle.

Cet immeuble avec ses balcons aux 2e et 5e étage est typique de l'époque haussmannienne. Son décor, notamment le portail d'entrée est très influencé par les décors répandus pendant la période qui a précédé (la période du préfet Rambuteau).

Sur le plan Turgot des années 1730, on voit que l'emplacement de cet immeuble n'était pas lôti pour la partie qui donne vers le boulevard Beaumarchais : 

Par contre, au début du XIXe siècle, sur le plan cadastral Vasserot, un immeuble avait été construit mais il avait une disposition qui n'avait rien à voir avec son aspect actuel, notamment pour la partie donnant vers le Boulevard :


dimanche 17 décembre 2023

MMDCLIII : Le coq de Notre-Dame est de retour

 

Un moment historique s'est produit hier, le 16 décembre 2023 et je suis content de pouvoir faire figurer dans cette chronique de l'histoire de Paris : le coq de la flèche de Notre-Dame est de retour. Il ne s'agit pas de l'original car celui était dans un triste état.  Il avait été retrouvé après l'incendie du 15 avril 2019. En août 2022, à la Cité de l'Architecture, je l'avais photographié: c'est la photographie que l'on voit en ouverture de cet article.

Ce coq avait été posé le 22 juin 1859. C'était une oeuvre d'Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume il se trouvait depuis cette époque à 96m d'altitude. Il était assez difficile de le voir comme on peut s'en rendre compte sur cette photographie que j'avais prise en 2008 :

en voici un agrandissement : 

 

Le nouveau coq de la flèche de Notre-Dame, le "coq aux ailes de feu" est une œuvre de Philippe Villeneuve. Voici ci-dessous, les photographies prises hier par Baptiste Gianeselli et qu'il a eu la gentillesse de m'autoriser à insérer dans cet article :

Celle-ci est très émouvante :

Ce détail de la photographie précédente permet de mieux voir ce moment magique de l'arrivée du coq sur la flèche :

Pour la première fois depuis le 15 avril 2019, en ce matin du 17 décembre 2023, donc moins de quatre ans après, le Coq de la flèche de Notre-Dame a veillé sur la nuit de Paris comme en témoigne cette autre photographie que Baptiste m'a transmise :

Je ne sais pas si le coq a chanté pour le lever du soleil. Ce qui est certain c'est que j'ai une très grande  estime pour Baptiste Gianeselli. Il est dans une démarche d'indépendance et d'engagement pour Paris et son Patrimoine qui ne reposent sur aucun calcul politique, le seul sens de l'intérêt général. Comme j'ai pu l'expérimenter dans le passé, cela dérange parfois les élus. Je tiens à lui dire combien pour ma part, j'ai une totale confiance en son honnêteté intellectuelle et une très grande admiration pour son combat pour la préservation du Patrimoine de Paris et de la qualité de vie des habitants. 

Etant moi aussi "indépendant", je n'ai pas écrit pas ce dernier paragraphe pour le remercier de m'avoir envoyé les photographies qui illustrent cet article mais parce que je le pense vraiment !

vendredi 15 décembre 2023

MMDCLII : Les statues du Louvre : Série les personnages (17e volet) : Rousseau par Jean-Baptiste Farochon

  

Voici le 17e épisode de la série relative aux statues qui décorent la cour du Louvre. Il concerne la statue de Jean-Jacques Rousseau que l'on peut voir dans la partie de l'aile Turgot qui est tournée vers la Pyramide du Louvre.

La statue de Rousseau est la 9e en partant de la gauche :

Jean-Jacques Rousseau est né à Genève le 28 juin 1712 et il est mort à Ermenonville le 2 juillet 1778.  Se considérait-il lui même comme Suisse ou comme français ? En tout cas, il figure dans cette galerie des Français illustres... L'auteur du Contrat Social, des Confessions et des Rêveries du Promeneur solitaire n'est pas mon philosophe favori (je préfère de beaucoup celui qui est juste à sa droite auquel je consacrerai le prochain article de cette série) mais il est un des plus grands penseurs du Siècle des Lumières. Contrairement à de nombreux autres écrivains de cette série, il n'est pas représenté avec une pile des ouvrages qu'il a écrit mais d'un curieux rocher végétalisé qui évoque peut-être son goût pour la Nature :

Cette statue est une oeuvre du sculpteur Jean-Baptiste Farachon né le 10 mars 1812 à Paris et il est mort dans la même ville le 1er juillet 1871. 

On lui doit les statues de Jésus, Saint Jean, Sant André, Saint Matthieu Saint Simon, Saint Jacques le Majeur et Saint Jude Thadée sur la porte en bronze de l'église Saint-Vincent de Paul (voir l'article que j'ai co-écrit avec Baptiste Gianeselli le 26 février 2023) :

On lui doit aussi le décor sculpté du beffroi placé entre l'église Saint-Germain-l'Auxerrois et l'ancienne mairie du 1er arrondissement : 

mardi 12 décembre 2023

MMDCLI : Les anges de Paris Centre : les anges du socle de la statue de Louis XIV qui ornaient jadis l'Hôtel de Ville de Paris

 

Voici deux nouveaux anges de la série qui leur est consacrés sur ce blog. L'un a des traits masculins, l'autre féminins :


Ils ornent le socle de la statue de Louis XIV que l'on peut voir dans la cour d'entrée du musée Carnavalet et à laquelle j'ai consacré un article en juillet 2009. Même si on ne les voit pas au premier coup d'oeil :

En effet, les anges sont sur les plaques en bronze situées de part et d'autre de la statue :

Le bas-relief à la droite du roi représente un thème plutôt consensuel :

Il s'agit en effet de la Charité. L'ange donne du pain à la population.

Cependant l'autre bas-relief, celui situé à la gauche du roi est à la fois plus intéressant et représente une décision controversée de Louis XIV. En effet, la statue et le socle ont été dévoilés le 14 juillet 1689. Or, la scène représente un moment important survenu quatre ans plus tôt : la Révocation de l'Edit de Nantes:

L'ange fond donc avec la foudre sur un un personnage au sol qui représente l'hérésie protestante :

A droite, sur le côté, se tient la religion catholique triomphante :

 Un témoignage d'une décision qui n'a certainement pas été la plus inspirée qu'ait prise le Roi-Soleil. Au nom de l'unité de son royaume, celui-ci a conduit une partie de la partie la plus industrieuse de la population a prendre le chemin de l'exil. Cela nous rappelle que la France a connu il n'y a pas si longtemps que cela les ténèbres de l'intolérance religieuse.

Ces superbes bas-reliefs, tout comme la statue, sont une oeuvre d'Antoine Coysevox (1640-1720). Voir la fiche sur le site du Musée Carnavalet.


 




samedi 9 décembre 2023

MMDCL : Les façades de Paris Centre : une façade la fin du XXe siècle au 129 rue Montmartre et au 46 rue Notre-Dame-des-Victoires

 

La rue Montmartre qui relie l'église Saint-Eustache aux Grands Boulevards est une des artères qui m'intéresse le plus dans Paris Centre. J'ai consacré un article au fait qu'au XVIe siècle, elle avait un aspect de "petite Venise" (voir article du 14 mai 2022). J'ai aussi consacré un grand nombre d'articles aux façades que l'on peut y admirer *

Cet article concerne une façade assez étonnante que l'on peut voir au niveau du 129 de la rue dans la partie nord de la rue entre la rue Réaumir et les Grands boulevards. Il s'agit en effet d'une façade très moderne :

En contournant le pâté de maisons, on se rend compte que la façade se prolonge jusqu'à la rue Notre-Dame-des-Victoires au niveau du numéro 46 situé presque à la hauteur du palais Brongniart :

Les deux façades sont très semblables :

C'est sur celle du 46 rue Notre-Dame-des-Victoires que l'on peut voir la date de construction (1991) et le nom de l'architecte, Jean-Jacques Ory :

Les recherches pour l'écriture de cet article m'ont permis d'apprendre que Jean-Jacques Ory était né le 11 mars 1944 à Luxeuil-les-Bains (Haute Saône) et il  est décédé le 13 septembre 2020 à l'âge de 76 ans. Il avait fondé en 1979 son cabinet d'architecture. 

Le bâtiment du 46 rue Notre-Dame-des-Victoires/129 rue Montmartre a été construit pour la Côte des Fossés juste avant la fusion en 1992 avec le journal La Tribune dont le bâtiment est devenu le siège.

* Liste des articles relatifs à la rue Rue Montmartre :

- n°21 (article du 23 octobre 2022)

- n°63 (article du 7 mai 2022)

- immeuble à l'angle avec la rue d'Aboukir (article du 8 octobre 2022) 

- 115/121 rue Montmartre (article du  9 janvier 2022)

- n°136 (article du 3 octobre 2020)

- n°142 (article du 14 juillet 2020)

- angle avec la rue Feydeau (article du 31 octobre 2021)

- n°164 (article du 14 mi 2021)

- n°167 (article du 6 juillet 2018)





mercredi 6 décembre 2023

MMDCXLIX : Une nouvelle exposition à ne pas manquer au Mémorial de la Shoah : Riss, le procès Papon

 

On peut visiter en cette fin d'année 2023, un nombre impressionnant d'expositions de très grande qualité (je pense notamment à Van Gogh, Nicolas de Staël, Rothko, Modiglini, Le Paris de la Modernité, Morisot et le XVIIIe siècle). Aussi celle à laquelle je vais consacrer cet article aura peut-être échappé à certains. Il s'agit de celle que consacre le Mémorial de la Shoah aux dessins de Riss pendant le Procès de Maurice Papon.

Cette exposition est passionnante car elle nous replonge dans ce procès qui a eu lieu en 1997/1998 et aussi dans les heures sombres de la Collaboration pendant l'Occupation nazie de la France entre 1940 et 1944. Elle est donc intéressante d'un point de vue historique. J'avoue qu'il m'avais échappé à quel point certains "barons" du gaullisme avait défendu Papon pendant ce procès. Cela rappelle qu'à cette époque venait tout juste de sortir (en 1994) le livre d'Eric Conan et Henri Rousseau, Vichy un passé qui ne passe pas.

C'est aussi l'occasion de rendre hommage au travail de caricaturiste avec les nombreux dessins de Riss qui couvrait ce procès pour Charlie Hebdo. Le travail de l'artiste est très bien mis en valeur par la présentation qui est très réussie et s'étend jusque sur les murs.

 J'aime beaucoup les expositions du Mémorial de la Shoah qui rendent hommage au travail dessinateur et de caricaturiste (Je pense à l'exposition Cabu et la râfle du Vel d'hiv [voir mon article d'août 2022]). On sit depuis l'attentat commis contre la rédaction de Charlie Hebdo en janvier 2015 à quel point, ces artistes participent à la défense de nos libertés.

A voir au 3e étage du Mémoral, avant le 3 mars 2024.
 


dimanche 3 décembre 2023

MMDCXLVIII : Des mascarons au 105 boulevard de Sébastopol qui m'ont mis sur le traces d'une joaillerie

  

Au 105 boulevard de Sébastopol, à l'angle avec la rue Réaumur, on trouve un très bel immeuble qui se prolonge en retour rue Saint-Denis. En 2021, j'avais pris de nombreuses photographies de la façade car on y trouve un décor qui m'a toujours amusé : des mascarons.

Je les ai fait apparaître sur les photos ci-dessous :

On en compte donc en tout 12.

Cependant, l'architecte de cet immeuble qui date du percement du boulevard Sébastopol dans la 2e moitiée de la décennie des années 1850 a pris le partie de la simplicité. Quand on regarde bien, il n'existe que deux modèles de mascarons: d'une part l'un représente une femme :

l'autre un homme :

La tenue rappelle la mode de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle, avec la barbe et la fraise autour du cou :

Cet immeuble haussmannien est très élégant, y compris quand on observe les ferronneries par exemple à l'angle Sébastopol/ Réaumur :

On trouve à cet endroit un café qui porte le nom de "Capitole". On  pourrait penser que cet appellation est très ancienne puisque le décor en angle comporte une façade d'un temple gréco-romain avec un fronton et six colonnes (qui évoquent certainement le temple du Capitole à Rome) :

Cependant une vue du début du XXe siècle montre que vers 1900 ce café et ce décor antique n'existait pas :

Quand on regarde de près la vue du début du XXe siècle, on voit qu'il s'agissait d'un commerce du nom de de Debacq :

Il s'agissait d'une joaillerie comme le montre ce logo qui comporte l'adresse du 105 boulevard de Sébastopol :

Cette joaillerie -dont les origines remontent à 1812- existe toujours : voici son site.

Juste en face de cet immeuble du 105 boulevard de Sébastopol, on trouve la superbe façade de l'ancien siège de Félix Potin (voir article du 10 août 2019).