vendredi 5 juillet 2024

MMDCCXXX : Que sest-il passé en décembre 1696 au Pont Royal ?

 

J'ai déjà consacré un article au Pont Royal (article du 20 février 2021). Or, à propos de ce pont, voici une petite énigme. Sur un des piliers du pont neuf, le 1ere en partrant de la rive droite côté amont, on peut voir une inscription : 

La voici de plus près : 

Il semble qu'il soit écrit : 1C   12   1696 :

J'ai cherché à quoi pouvait correspondre cette date. Ce n'est pas la date de construction (qui a eu lieu entre 1685 et 1689). Cela ne correspond pas non plus à une crue particulière de la Seine. 

Bref... je n'ai pas réussi à savoir le sens de cette inscription...

mardi 2 juillet 2024

MMDCCXXIX : Une statue du roi Charles V, un des rois les plus importants de l'Histoire de Paris Centre

 

Dans le département des sculptures médiévales du Louvre, on peut admirer ce superbe couple du XIVe siècle. Il représente Charles V et sa femme Bonne de Bourbon. A ma connaissance, Charles V (roi de 1364 à 1380) est le 1er roi dont nous possédons une statue représentant le roi de son vivant. En effet, la statue a été sculptée au début du règne du roi dans les années 1360. On peut ainsi avoir une idée du visage du roi (qui n'a pas semble-t-il chercher à s'embellir).


 D'après le cartel, ces deux statues ornaient la "porte orientale" du Louvre :

Il s'agit ainsi de la porte de sortie ou d'entrée du Louvre située face à l'entrée dans l'enceinte de Paris construite par Philippe Auguste dans les années 1180 :

 

C'est justement le roi Charles V qui a transformé la forteresse du Louvre pour en faire une résidence royale (en installant des toits sur les tours et en perçant des fenêtres. Voici ainsi l'emplacement de la porte orientale sur une miniature représentant le Louvre qui figure dans les "Très riches heures du Duc de Berry" :

Il semble que les statues étaient situées de chaque côté de la porte, sur (ou entre) les deux tours. Le roi Charles V a joué un rôle très important pour Paris Centre comme le montre cette carte :

On doit en effet à Charles V la construction de l'enceinte qui a considérablement augmenté la superficie de Paris (passée de 272 ha à 360 ha). Le tracé de cette enceinte correspond en grande partie aux limites de Paris Centre. Voici ci-dessous en jaune la partie qui correspond à l'agrandissement de Paris permis par cette nouvelle muraille :

De plus pour protéger l'Est de Paris et fortifier l'accès à Paris, Charles V a fait construire la Bastille qui initialement était une porte très fortifiée au travers de laquelle il fallait passer (voir mon article du 24 février 2015) :



Cette porte fortifiée permettait autant de protéger Paris que de surveiller la ville puisque les tours surmontaient toute la partie Est de de la Ville.

Cela a permis à Charles V de faire construire une nouvelle résidence royale : l'Hôtel Saint-Pol qui est devenu la demeure privilégiée du souverain pendant la fin du XIVe siècle et le début du XVe siècle. Ainsi le fils de Charles V, Charles VI est né le 3 décembre 1368 dans ce palais et il y est mort le 21 octobre 1422. Cette résidence était de vaste dimension et s'étendait sur ce qui correspond à l'actuel village Saint-Paul et les rues qui l'environnent  :

La rue Charles V dans le Marais porte d'ailleurs ce nom pour cette raison.

Charles V qui avait hérité en 1364 d'une situation très compliquée après les défaites militaires infligées par les Anglais à son père Jean II a réussi à redresser en quelques années la situation militaire de la France. Il été surnommé "Charles le sage". Il a joué un rôle très important non seulement pour Paris Centre mais aussi pour tout le pays et n'a peut-être pas toute la reconnaissance qu'il devrait mériter.


vendredi 28 juin 2024

MMDCCXXVIII : Renaissance de la Fontaine des Innocents

  

Jeudi dernier, le 27 juin 2024, la fontaine des Innocents a retrouvé sa splendeur. Après 7 ans de travaux, ce superbe monument emblématique de Paris auquel j'ai consacré plusieurs articles à été dévoilée et remise en eau. Le résultat est vraiment superbe.

Les nymphes de François Goujon (faces tournées vers l'Est, le Nord et l'Ouest) et celles d'Augustin Pajou (faces Sud et Ouest) ont été remplacées par des copies mais les copies sont très réussies :

On a aussi du plaisir à entendre de nouveau l'eau couler dans les vasques situées dans le soubassement :

Enfin les parterres de verdures qui ont été créés autour de la fontaine sont assez réussis. Ils doivent être très souvent nettoyés mais justement quand je suis passé du personnel municipal était occupé à cette tâche.

 A titre de comparaisons : deux "avant/après" :


Articles :

- 14 avril 2022 : Fontaine des Innocents (1er volet) : Les différents emplacements de la fontaine...

- 15 juillet 2022 : Fontaine des Innocents (2e volet) : parmi les nymphes de la fontaine, quelles sont celles qui ont été sculptées par Jean Goujon ?

- 26 novembre 2022 : Une réunion publique qui a permis d'en savoir plus sur le calendrier de restauration de la Fontaine des Innocents

- 30 décembre 2022 :  Les soubassements qui ornaient la fontaine des Innocents jusqu'en 1811



MMDCCXXVII : Sur les traces de l'église St Jean-en-Grève

 

Au musée Carnavalet, on peut voir ce tableau peint en 1800 par Hubert Robert qui représente la Démolition de l'église Saint-Jean-en-Grève.

Cela m'a donné envie de me pencher sur cette église oublié qui a longtemps participé à l'Histoire du Coeur de Paris.

On peut voir cette église sur le plan Turgot des années 1730. Elle était située juste à l'Est de l'Hôtel de Ville qui était beaucoup moins étendu que l'édifice actuel :

L'église apparaît aussi sur le plan dit de Bâle des années 1550 :

 Le plan De La Caille de 1714 présente en introduction une "skyline de Paris" où on peut voir cette église :

Voici un agrandissement. On voit que le clocher de Saint-Jean-en-Grève était un des plus hauts du Centre de Paris : 

Sur une gravue d'Isaac Silvestre (1621-1691), on peut se rendre compte de la hauteur des deux tours clochers qui surplombaient l'Hôtel de Ville


 Voici pour comparer une vue actuelle depuis le même endroit pour bien comprendre l'emplacement de cet église :

La gravure imprimée au XIXe siècle - donc après la destruction de l'église- montre l'aspect qu'elle devait avoir :

On peut se rendre compte des dimensions de l'église sur un plan Verniquet de 1790 en comparant avec l'église St Gervais St Protais qui était toute proche :

On se rend ainsi compte qu'elle était d'une assez grande dimension. L'église était reconnaissable au lanternon qui surmontait la tour clocher Nord :


La paroisse St Jean-en-Grève avait été crée en 1212 et l'église datait de 1325.  Un tableau d'Antoine Demachy représentant aussi la démolition de cet édifice permet d'observer la nef gothique :

 On ne possède pas de plan de cette église mais elle est représentée sur une carte de Paris dit "Plan de Lagrive" de 1728 :

L'église avait un choeur  principal et des chapelles latérales :

Au Nord, on voit un cloître. Cela est confirmé par le plan Verniquet qui date de 1791 et qui mentionne un "cloître Saint-Jean":

Autre détail intéressant -qui m'avait été appris par le regretté Raphaël Goebbel en 2008- l'église possédait un cimetière qui était situé à quelques centaines de mètres de là à l'emplacement de l'actuelle place Baudoyer :

La paroisse de l'église St Jean-en-Grève (coincée entre les églises Saint-Merry et Saint-Gervais-Saint-Protais) avait une curieuse forme en latte de parquet comme on le voit sur ce pan des Paroisses de 1781. Elle était très étroite mais s'étendait au Nord-Est au de-là des actuelles archives Nationales jusqu'au niveau de la rue Pastourelle.

 On trouvait dans cette église de nombreuses reliques. L'une des plus célèbres était l""hostie miraculeuse" qui en 1290 aurait échappé à la profanation qu'un juif du quartier aurait voulu perpétré et qui a conduit à la création de l'église des Billettes. Un exemple de l'antisémitisme médiéval (voir article du 4 novembre 2021).

 Parmi les personnages célèbres enterrés dans l'église, on peut remarquer le peintre Simon Vouet mort à Paris le 30 juin 1649. Simon Vouet habitait donc dans ce quartier. Rappelons qu'il a peint pour les décors de nombreuses églises du Centre de Paris. Par exemple le retable du choeur de Saint-Nicolas-des-Champs (voir article du 21 juillet 2022).

Il ne reste plus rien de l'église Saint-Jean-en-Grève. Cependant pour en garder la mémoire, la grande salle qui se trouve le long et qui sert souvent pour des expositions- le long de la rue de Lobau porte le nom de "salle Saint-Jean" :

Des expositions très intéressantes y étaient organisées dans le passé. Par exemple celle relative à Gustave Eiffel (voir article du 8 juillet 2009). La photo que j'avais prise à cette occasion donne une idée de l'aspect de la "Salle Saint-Jean" :

mardi 25 juin 2024

MMDCCXXVI : Les statues de l'Hôtel de Ville : Série sur les Villes de France (24e volet) : Rouen par Ernest-Eugène Chrétien

  

Voici le 24e épisode de la série consacrée aux statues des villes de France qui ornent la façade de l'Hôtel de Ville de Paris. Il concerne la statue de la ville de Rouen qui est la 2ème en partant de la gauche de la façade principale qui donne sur la place de l'Hôtel de Ville :

Cette statue représente Rouen (Seine Maritime). On l'identifie en regardant les armoieries qu'elle tien dans la main gauche :


 Voici la description officielle : "de gueules à l'agneau pascal d'argent à la tête contourné nimbée d'or portant un bannière d'argent chargée d'une croisette d'or, à la hampe du même, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or." L'agneau rappelle l'importance de la corporation des Drapiers au Moyen  Âge dans la capitale économique de la Normandie médiévale.

Dans la main droite, la statue tient des pommes :
Une évocation de la présence des pommiers et de la production de cidre en Normandie.

La statue est une oeuvre du sculpteur Ernest-Eugène Chrétien, né à Elbeuf (en Seine Maritime) le 14 juin 1840. Il est mort dans le 15e arrondissement de Paris le 12 juin 1909.

Une autre statue d'Esnest-Eugène Chrétien se trouvait dans le 4e arrondissement : "Le guerrier reforgeant son épée". Cette statue en bronze avait été érigée en 1883 sur le square de l'Alma et déplacée en 1925 dans l'actuel square Henri Galli. Elle a été fondue en 1942.