vendredi 8 avril 2011

DCCCLVI : Les façades d'immeuble de Paris Centre : Un immeuble Art déco au 20, rue Beaubourg à l'angle avec la rue Rambuteau

  

A l'angle Sud-Est du croisement entre la rue Beaubourg (au n°20) et la rue Rambuteau, on trouve cet immeuble au décor qui peut paraître très banal. Il possède cependant un petit détail qui permet de dater sa construction.

En effet, au 20 de la rue Rambuteau, on peut voir le très beau portail d'entrée de cet immeuble :

De chaque côté on peut admirer deux pilastres géométriques avece des chapiteaux tout de même ouvragés avec des décors floraux :

Le linteau de la porte et les ferronneries des balcons sont eux d'une grande sobriété géométrique :

par contre à l'ébrasement, de part et d'autre de la porte, sont utilisés aussi des motifs végétaux très décoratifs :

L'ensemble est donc un exemple caractéristique du style Art Déco apparu juste avant la 1ère Guerre Mondiale et qui a connu son apogée dans l'Entre-deux-Guerres. Cela est confirmé par la date de la construction (1925) que l'on peut voir à droite du portail avec le nom de l'architecte : Jérôme Bellat (qui a donné son nom à un square du 17e arrondissement).


 P.S. : Quelques centaines de mètres plus loin, au 56 rue Beaubourg, on trouve un autre immeuble Art Déco construit celui-là en 1929 (voir article du 10 décembre 2019)

mercredi 6 avril 2011

DCCCLV : Les panneaux derviches tourneurs du 4e : un problème qui n'a pas été réglé


Croisement rue Saint-Merri/rue du Renard le 4 avril 2011

Je me permets d'aborder un sujet qui peut paraître anecdotique et bien prosaïque : les panneaux indicateurs que l'on peut voir dans le 4e arrondissement.

Comme je l'avais signalé sur le blog "le 4e que j'aime" hébergé par  mon ami Vincent Roger (articles datés du 23 janvier 2008  et du 5 mars 2008), certains  de ces panneaux ont une fâcheuse tendance à bouger, à tourner semble-t-il sur eux-même,  ce qui fait que je plains les visiteurs qui se risquent à suivre les indications qu'ils donnent... En effet, encore une fois, le 4 avril 2011,  à l'angle entre la rue du Renard et la rue Saint-Merri, une personne qui voulait prendre la direction du quartier de l'Horloge était dirigée vers le Sud alors que ce quartier est plein Nord ! Idem pour le centre Wallonie Bruxelles qui est lui situé vers l'Ouest.

Quand au théâtre du Tourtour annoncé "20, rue Quincampoix", cela fait belle lurette qu'il a disparu. Créé en 1986 par Claudine Gabay, il a été remplacé dès les années 1990 par un restaurant fréquenté, entre autre, par Danièle Mitterrand, "Le pied de chameau" qui y a réunit en 2006 ses proches pour commémorer le 10e anniversaire de la disparition de François Mitterrand. Cet établissement a lui aussi fermé ses portes à la fin des années 2000 pour être transformé en club sportif  : l'Usine Beaubourg (frais d'inscriptions annuels : 1 600€). Pour en savoir plus voici le lien : http://www.usineopera.com/


Quant au théâtre du Renard, (annoncé par un des panneaux au 12, rue due Renard), il a lui aussi disparu pour être remplacé en 2010 par un restaurant dont la conception intérieure est due à l'architecte Franklin Azzi.

Certains panneaux ressemblent donc plutôt à une rubrique nécrologique des salles de spectacles qui disparaissent les unes après les autres !

Ces panneaux sont gérés par la Préfecture de Police de Paris, la Ville de Paris ou la mairie du 4e, peu importe.  Je continue à penser qu'il serait temps que l'on fasse un bon ménage dans ces dispositifs indicateurs qui encombrent l'espace... D'autant plus que les informations qu'ils donnent sont FAUSSES !

 

lundi 4 avril 2011

DCCCLIV : La famille du prévôt des Marchands Claude Marcel dans un vritail de l'église Saint-Merri

 

En visitant de près l'église Saint-Merri (Paris 4e), j'ai découvert 'un vitrail consacré à la "famille d'Etienne Marcel" d'après la feuille d'information disponible sur place. Ce vitrail est situé dans le transept Sud dans la partie haute du mur tourné vers l'Ouest. 

 Comme cette église en gothique flamboyant a, en grande partie ,été construite au XVIe siècle, la famille Marcel dont il est question n'est peut-être pas celle d’Étienne Marcel, mais en tout cas celle de Claude Marcel qui a été prévôt des Marchands en 1570-1572 après avoir été un conseiller très écouté d'Henri II puis de Catherine de Médicis. Une personne qui m'est très chère a l'insigne honneur d'être un descendant de ce personnage. Je pense donc que c'est une de ses ancêtres qui est représentée parmi les donateurs qui figurent dans la partie inférieure du vitrail :

Claude Marcel qui était orfèvre sur le Pont Notre-Dame était un personnage très influent. La foule l'a obligé en août 1572 à accepter de prendre la tête du mouvement de massacre des protestants lors de la Saint-Barthelémy. Il a été enterré pas très loin de l'église Saint-Merri, dans l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie dont il ne reste que la "tour Saint-Jacques".

L'un des mystères de ce vitrail, comme de ceux du choeur de l'église Saint-Merri, est le fait qu'il a échappé aux destructions (provoquées soit au XVIIe-XVIIIe siècle par le mépris pour les vitraux, soit par les actes révolutionnaires qui n'ont pas été rares dans ce quartier central et populaire de Paris pendant la Révolution française et au XIXe siècle).

Il se trouve que je vis avec une personne qui descend directement de Claude Marcel...
 

mercredi 30 mars 2011

DCCCLII : La station Hôtel de Ville. Ce qui a changé depuis 1900... et ce qui n'a pas changé

  

Au cours de l'année 2010, la station Hôtel d Ville de la ligne 1 a connu un important changement avec la pose de porte-automatique le long du quai dans le vue de permettre l'automatisation de la ligne.

Voici une photo prise en 2009 avant le début des travaux :

 Puis des photos prises au cours de l'année 2010 : 


En ce mois de mars 2010, les travaux sont finis et ces portes semblent déjà faire partie du décor.

On peut remarquer une fois les travaux finis qu'un élément n'a pas du tout changé depuis la mise en service de cette station de métro en 1900, il s'agit de la voûte :

Il s'agit d'une série de poutres métalliques qui soutiennent un appareillage en pierres. Une voûte à l'aspect très inhabituel dû au fait que la station est située juste en dessous de la rue de Rivoli qui a été éventrée puis refermée pour créer cette station. Pour cette raison le plafond de la station est plat et non pas en forme de demi-cercle comme dans la plupart des stations du métro parisien.

dimanche 27 mars 2011

DCCCL : L'Indépendant du 4e : trois ans. Un bilan

 

Demain, il y aura 3 ans, le 28 mars 2008, paraissait le 1er article de l'Indépendant du 4e. Le premier d'une longue série puisque celui d'aujourd'hui est le 850ème.

Cela me donne  l'occasion de faire un petit bilan. Le nombre total de pages lues depuis mars 2008 est passé à 109 500. La fréquentation de ces derniers mois est relativement stable avec 2 308 visiteurs en décembre 2010, 2 738 visiteurs en janvier 2011, 2 377 visiteurs en février 2011 et 2 761 visiteurs du 1er au 25 mars 2011.

Le mois record reste pour le moment novembre 2010 avec 3 041 visiteurs.

vendredi 25 mars 2011

DCCCXLIX : Série : les Statues de l'Hôtel de Ville (68e volet) : Pierre de Montreuil par Laurent Marquestre

Voici le 68e volet de la série consacrée aux statues des personnages représentés sur l'Hôtel de Ville. Elle concerne Pierre de Montreuil situé au 1er étage du pavillon central au-dessus du portail situé à gauche qui est l'entrée habituelle dans le bâtiment : 

Pierre de Montreuil est le personnage le plus ancien parmi tous ceux auxquels j'ai consacré des articles jusqu'ici. Né vers 1200 (certainement à Montreuil-sous-Bois), il est mort à Paris en 1267.

Il était architecte. On ne sait pas grand chose de sa vie. On lui attribue la construction de bâtiments à l'abbaye de Saint-Germain-des-Près et la construction du transept Sud de la cathédrale Notre dame ainsi que la fameuse "porte rouge" situé juste à côté.

La statue est complètement imaginaire puisqu'on ne sait pas du tout à quoi ressemblait ce personnage. C'est une œuvre de Laurent-Honoré Marquestre né à Toulouse le 12 juin 1848 et mort dans le 14e arrondissement de Paris le 5 avril 1920 (C'est lui qui a achevé la statue d'Etienne Marcel sur le quai de l'Hôtel de Ville : voir article du 16 avril 2008). On lui doit aussi le monument à Barye dans le square Barye (voir article du 23 avril 2009).

mardi 1 mars 2011

DCCCXXXVIII : Les stations de métro du 4e : Cité une station dont les quais sont à 20m de profondeur

La station "Cité" sur la ligne 4 du métro a un aspect très particulier pour deux raisons : d'une part les lampadaires globulaires sont uniques, d'autre part la station est située à 20m de profondeur car le tunnel du métro passe sous la Seine. La station est donc un très beau témoignage de l'âge industriel avec un design de plaques métalliques et de gros rivets.

La station n'a été ouverte qu'en 1910 alors que la ligne 4 elle-même avait été inaugurée en 1908 : les premiers mois les rames de métro ne marquaient pas l'arrêt dans cette station.

 
Le quai en direction de porte de Clignancourt

Les plaques métalliques rivetées qui structurent le puits qui descend jusqu'aux quais
 
Deux vues des escaliers


 


 
 
 

 

 

dimanche 27 février 2011

DCCCXXXVII : Série : Les statues de l'Hôtel de Ville (67e volet) : Jules Hardouin-Mansart par Henri Allouard

Voici le 67e volet de la série consacrée aux statues de l'Hôtel de Ville : elle concerne un artiste qui a eu son hôtel particulier dans le 4e arrondissement : Sa statue est située au 2e étage tout à gauche du pavillon central qui donne sur la place.

Le nom indiqué est "Mansard", mais on a plutôt l'habitude de l'orthographe Mansart : il s'agit en fait de Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) à ne pas confondre avec son grand-oncle par alliance François Mansart (1598-1666).

Jules Hardouin-Mansart est né à Paris le 16 avril 1646. Il est le principal architecte de la 2e moitié du règne de Louis XIV*. Cela l'a conduit à exercer, à partir de 1699, la charge de Surintendant des bâtiments. On lui doit à Versailles la façade côté parc qui est une des plus célèbres du style classique français. A Paris,  il a réalisé, entre autre les Invalides (avec le célèbre dôme), l'aménagement de la place Vendôme et de la place des Victoires. Il a été un intime du "Roi Soleil" dans sa période crépusculaire (puisque les années 1700 ne sont pas les plus fastes de ce long règne).

On peut remarquer que Jules Hardouin-Mansart, anobli par Louis XIV est devenu comte de Sagonne ce qui explique l'existence d'un hôtel de Sagonne situé 28, rue des Tournelles à l'Est du 4e arrondissement. Même si Hardouin-Mansart vivait la plupart du temps à la Cour, donc à Versailles, cet Hôtel (construit bien sûr sur des plans de l'architecte lui-même) était l'adresse parisienne de l'architecte (comme le rappelait l'an dernier la superbe exposition présentée à Carnavalet : "Bâtir pour le roi. Jules Hardouin-Mansart" Cela explique que Mansart ait été inhumé dans l'église Saint-Paul-Saint-Louis (à l'époque appelé uniquement église Saint-Louis) au coeur du 4e arrondissement même s'il est mort à Marly-le-Roi le 11 mai 1708.

La rue Mansart est une toute petite rue du 9e arrondissement (116m de long) située au Sud-Ouest de la place Pigalle. Elle porte ce nom depuis 1840 et rend hommage à la fois à François Mansart et à son neveu Jules-Hardouin Mansart.

La statue est une oeuvre du peintre et sculpteur Henri Émile Allouard ou Henri Allouard né le 11 juillet 1844 dans l'ancien 10e arrondissement de Paris et mort le 12 août 1929 dans le 15e arrondissement de Paris. On lui doit aussi la statue d'Etienne Boileau, situé un peu plus à droite au 1er étage sur la façade (voir article du 20 mars 2012).

* Autres articles en relation avec.Jules-Hardouin Mansart :

- Le pont Royal (voir article du 20 février 2021) dont il est l'architecte.

- L'Hôtel Lebas de Montargis (voir article du 8 juillet 2022) place Vendôme dont il était l'architecte et le propriétaire et qui est passé dans la famille Lebas de Montargis par sa fille).

 


vendredi 11 février 2011

DCCCXXIX : Eglise Saint-Paul-Saint-Louis : les travaux pour très bientôt

 

Lors du Conseil d'arrondissement de décembre 2010, j'avais posé une question relative à la restauration de la façade de l'église Saint-Paul-Saint-Louis qui avait été annoncée il y a maintenant trois ans et que l'on ne voyait pas venir.

Lors du Conseil de janvier, j'ai eu une réponse très satisfaisante. C'est donc la conseillère Claire Guidi qui a annoncé, en réponse à ma question, que les travaux allaient commencer en mai 2011 et qu'ils dureraient jusqu'au 2e semestre 2012.

Par contre, étant voisin de l'église luthérienne des Billettes dont la façade est elle aussi décorée par d'horribles filets de protection et donc pour laquelle j'avais aussi posé une question, il faudra attendre. Chaque chose en son temps...

Je me réjouis que les travaux à l'église Saint-Paul-Saint-Louis soient enfin annoncés. Cela me permettra de faire un article en juillet quand j'évoquerai comme chaque année la mémoire de Raphaël qui était très attaché à ce lieu.

vendredi 4 février 2011

DCCCXXVII : Les ponts de Paris Centre : le pont au Double

 

Voici le 10e article de cette série consacrée aux ponts de Paris Centre. Il concerne le "pont au Double" qui relie l'île de la Cité au 5e arrondissement.

Le Pont-au-Double n'était pas initialement un véritable pont : il était conçu comme une extension de l'Hôtel-Dieu (hôpital médiéval situé à l'époque sur le bord de la Seine sur l'ïle de la Cité et qui était saturé) quand il a été construit pour la première fois en 1626. C'était donc un pont surmonté par des bâtiments comme de nombreux ponts du centre de Paris. Un passage étroit était prévu et pour aller d'une rive à l'autre, il fallait payer un double denier d'où le nom du pont. On le voit sur le plan Turgot des années 1730 :

Le pont a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises notamment suite au terrible incendie de l'Hôtel Dieu de 1772 immortalisé par Hubert Robert. 

Au XIXe siècle, l'Hôtel Dieu a été déplacé pendant le Second Empire dans les années 1860 pour trouver son emplacement actuel (au Nord de l'actuel parvis) dans le cadre du réaménagement de l'île de la Cité décidé par le préfet Haussmann. Le pont n'a donc plus fait partie de l'Hôtel Dieu.

Le pont actuel est un ouvrage en fonte à une arche qui a été construit en 1882. Il fait 31m de long. Sa largeur est de 20m. Ses architectes sont Henri-Prosper BERNARD et Jules LAX. Il est depuis de nombreuses années fermé à la circulation et est devenu un prolongement du parvis de la cathédrale Notre-Dame.

J'en profite pour saluer la création d'un nouveau site consacré uniquement aux ponts : Paris, d'un pont à l'autre (apparu en décembre 2010).
 

PS. En 2016, six ans près la publication de cet article, j'en ai fait paraître un autre concernant un tableau du 1827 par Eduart Gartner (article du 31 mai 2016). On y voit l'ancien pont au double avec le passage entre les deux ailes de l'Hôtel Dieu.