mardi 3 septembre 2013

MCCCIV : Les couleurs de l'Allemagne et de la France mêlées sur la façade de l'Hôtel de Ville.

  

Ce n'est pas la première fois que je consacre un article aux drapeaux qui ornent l'Hôtel de Ville à l'occasion des visites d'Etat mais je suis vraiment très heureux de publier cet article. En effet, cet après-midi, j'ai eu le plaisir de voir la façade pavoisée des drapeaux allemands et français.

Cela m'a rappelé qu'au mois d'août, j'avais photographié au Sony Center de la Potsdamer Platz à Berlin cette vitrine d'un lieu d'exposition en l'honneur du 50e anniversaire du traité de l’Élysée :

Pour les esprits chagrins qui ont du mal avec le drapeau allemand, je rappele que le drapeau noir, rouge, jaune a été choisi par les Allemands lors du printemps des peuples en 1848. Par contre de 1871 à 1935, il était noir, rouge et blanc avant d'être remplacé, sous le IIIe Reich, par le drapeau rouge avec au centre la croix gammée au centre d'un cercle blanc. Le drapeau actuel, celui de la République Fédérale, est donc bien un symbole de liberté.

Longue vie à l'amitié franco-allemande. Je continue à plaider en faveur du nécessaire effort de rapprochement culturel entre les deux pays. Le déclin continue de l'enseignement de l'allemand en France est à mes yeux très regrettable.


 
 

mercredi 28 août 2013

MCCCII : Les statues de l'Hôtel de Ville (98e volet) : Pierre-Jean de Béranger par Jean-Ossaye Mombur

 

Voici le 98e volet de la série consacrée aux personnages représentés sur l'Hôtel de Ville de Paris. Il concerne Béranger que l'on peut voir sur la façade qui donne sur la Seine, à l'angle gauche au 2e étage :

Pierre-Jean de Béranger est né à Paris le 19 août 1780 rue Montorgueil, dont il était originaire du Centre de Paris. Il est mort à Paris le 16 juillet 1857. C'était un chansonnier immensément célèbre plus connu sous le nom de Béranger. Il a surtout joué un rôle important pendant la Restauration de 1815 à 1830 en dénonçant le cléricalisme et les ultra-royalistes. Cela lui a valu de connaître la prison.

Voici sa notice dans l'ouvrage de Georges Veyrat sur les statues de l'Hôtel de Ville (1892) :

 La rue Béranger est située dans le 3e arrondissement. Elle a été ainsi nommée en 1864 car le chansonnier est mort au 5 de cette rue (qui auparavant s'appelait la rue de Vendôme).

La statue est due au sculpteur Jean-Ossaye Mombur né à Vichy le 22 février 1850 et mort dans la même ville le 16 août 1896.

samedi 10 août 2013

MCCXCVII : Exercice d'archéologie photographique : six de mes premières prises de vues du 4e

 Au moment où je m'apprête à m'éloigner (pas trop) du 4e arrangement, le déménagement qui approche me conduit à faire un peu de rangement et de classement. Je me suis installé dans cet arrondissement de Paris en 1996 après avoir vécu plus de 25 ans en banlieue. Dans cet article, je vais publier des photographies de l'époque où pour moi le 4e arrondissement était un lieu peu connu que j'avais du plaisir à découvrir. Une époque où les appareils photos Kodak avaient des pellicules en plastiques qu'il fallait déposer chez le photographe et qui produisaient des tirages argentiques en format carré. Une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître...

1. La cathédrale Notre-Dame en 1984. Ma 1ère photo du 4e arrondissement
 

2. La place du Châtelet et la Tour Saint-Jacques en 1984

3. L'église Saint-Gervais-Saint-Protais en février 1988

4. Le Pont Louis-Philippe et le Panthéon en avril 1988

5. L'Hôtel de Sens en septembre 1988

6. Tour et enceinte de Philippe Auguste, rue des Jardins Saint-Paul, en septembre 1988

Ces vues que je prenais sont un témoignage de mon attachement très ancien pour le 4e arrondissement. A cette époque où j'étais adolescent, je n'imaginais certainement pas que j'aurais la chance d'habiter dans ce quartier chargé d'Histoire.

lundi 29 juillet 2013

MCCXCIV : Les statues de l'Hôtel de Ville (97e volet) : Madame Roland par Emile François Chatrousse

  

Voici le 97e épisode de la série consacrée aux statues de l'Hôtel de Ville. Il concerne la statue de Madame Roland que l'on peu voir sur la façade qui donne vers la Seine à l'angle avec la place.


Parmi les 97 personnes auxquels j'ai consacrés un article, on ne trouve que deux autres femmes : Madame Geoffrin (article du 16 février 2009)  et Madame de Staël (article du 22 avril 2009). Le point commun entre ses trois statues féminines est qu'elles sont au 1er étage de la façade qui donne sur le quai, elles sont donc très peu visibles...

"Madame Roland" est la fille de Gatien Philippon, maître graveur installé quai de l'Horloge. Elle est née à Paris le 17 mars 1754 sous le nom de Manon Philippon. En 1776, elle épousa un économiste réputé Jean-Marie Roland de la Platière qui était de 20 ans son ainé. Ce dernier joua un rôle très important sous la Révolution française. Il fut ministre de l'intérieur en juin 1792 puis après le 10 août 1792. Elu député de la Convention, il préféra conserver son ministère. Ce n'est que le 23 janvier 1793 qu'il quittât cette fonction (2 jours après l'exécution de Louis XVI).

Après la prise de pouvoir des Montagnards, Madame Roland fut victime de la traque dont furent l'objet les Girondins. Elle fut arrêtée le 1er juin 1793, jugée le 8 novembre 1793 et guillotinée le jour même. Son mari, exilé en Normandie, se suicida en apprenant l'exécution de sa femme. Il s'empala sur sa canne. Pourtant madame Roland n'avait pas été très fidèle puisqu'elle avait vécu une longue romance avec un autre ministre girondin : François Buzot.

Voici la notice concernant Mme Rolland dans le Georges Veyrat :

 Madame Roland n'a donné son nom à aucune rue parisienne...

 La statue est une oeuvre d'Emile-François Chatrousse né à Paris le 6 mars 1829 et mort aussi à Paris le 14 décembre 1896. On lui doit aussi la statue de Jeanne d'Arc libératrice du faubourg Saint-Marcel.

Dans Paris Centre, il a aussi sculpté la Résignation dans l'église Saint-Eustache et l'Industrie au Conservatoire National des Arts et Métiers.

lundi 15 juillet 2013

MCCLXXXIX : La superbe façade restaurée de l'église Saint-Paul-Saint-Louis

 

J'avais publié un article à propos de la cérémonie d'inauguration de la façade restaurée de l'église Saint-Paul-Saint-Louis (voir article  du 15 décembre 2012). J'ai attendu ce 15 juillet pour publier les photographies de l'ensemble de la façade. C'est ma façon de montrer ma fidélité à la mémoire de Raphaël auquel je dédie chaque année un article à cette date précise.

Voici un petit comparatif : 

Après la chute de pierres au début de l'année 2008, nous étions plusieurs à nous être mobilisés pour obtenir la restauration de cette façade qui était dans un triste état. J'y avais participé grâce à ce blog et à l'association que je préside, le 4e au coeur, qui avait organisé une pétition qui avait recueilli plusieurs centaines de signatures. Raphaël lui-même avait laissé sur ce blog un commentaire pour rappeler son attachement à cette église (voir article du 28 mai 2008). Il avait écrit un excellent article à propos de cet édifice sur le blog "le 4e que j'aime" à la date du 9 février 2008.

Les travaux avaient été reportés comme cela avait été annoncé très maladroitement par Bertrand Delanoë lors d'un de ses compte-rendus de mandat (voir article du 20 décembre 2008). Ils ont finalement démarré pendant l'été 2011. La fin de leur réalisation a permis de retrouver un peu plus d'un an plus tard une véritable merveille. 

 On a pu notamment voir de nouveau la pendule qui décorait jadis la façade de l'église paroissiale Saint-Paul détruite à la Révolution française : 

On notera sur la photographie ci-dessus que dans la demi-lune qui surmonte le portail central, la décision a été prise de ne remettre en place les armoiries du Cardinal Richelieu qui avaient disparu à la Révolution. Le cardinal avait célébré en 1641 la première messe dans cet édifice.

Cependant les armes du Roi de France et de Navarre qui dominent la façace et qui avaient échappé aux marteaux des révolutionnaires sont elles superbement restaurées : 

On peut voir en dessous un "L" Qui rappelle que cette église a été construite sous Louis XIII. Par contre les "H" que l'on peut voir autour n'ont rien à voir avec Henri IV (comme je l'ai entendu dire par un guide qui expliquait la façade à des touristes). En effet, il s'agit d'une représentation de l'ordre du Saint-Esprit fondé par Henri III et qui comportait des représentations de cette lettre pour cette raison (aucun rapport non plus avec la marque Hermès...).

La façade est véritablement belle à voir le matin quand le soleil brille dessus et que l'on prend un peu de recul c'est -à-dire que l'on remonte la rue de Sévigné :


mercredi 10 juillet 2013

MCCLXXXVII : Hôtel Lambert : quelle tristesse !

 

C'est avec une grande tristesse que j'ai appris ce matin en écoutant France Info qu'un incendie ravageait l'Hôtel Lambert depuis la nuit en cours. Après avoir reçu plusieurs coups de fil, je suis allé sur place pour me rendre compte.

Ce sont surtout les parties hautes de l'Hôtel qui ont été touchées par les flammes. Quand je suis passé vers 10h, les pompiers intervenaient dans l'étage situé au-dessus de la galerie d'Hercule :

En passant par l'intérieur de l'île, on pouvait encore voir de la fumée s'élever au-dessus de la rue Saint-Louis-en-l'Île.

Il semble que cet incendie n'ait pas fait de victimes. Je suis cependant très triste quand je repense à toutes les énergies qui avaient été déployées pour obtenir la préservation de ce joyau du XVIIe siècle au moment où les travaux de restauration avait été annoncés. 

Une  pensée, évidemment, pour les soldats du feu qui ont risqué leur vie pour éteindre les flammes.

jeudi 27 juin 2013

MCCLXXXII : Les statues de l'Hôtel de Ville (96e volet) : Nicolas de Catinat par André-Arthur Massoulle

 

Voici le 96e volet de la série consacrée aux statues de l'Hôtel de Ville. Il concerne la statue de Catinat qui se trouve dans la partie la plus à droite au 2e étage de la façade principale :

Tout comme son contemporain Tourville qui est situé à gauche de cette statue (voir article du 24 mars 2013), Catinat est un officier français qui s'est illustré pendant le règne de Louis XIV. Cependant à la différence de Tourville qui servait dans la Marine, Catinat servait dans l'Armée de Terre.

Nicolas de Catinat est né à Paris le 1er septembre 1637 et il est mort à Saint-Gratien le 22 février 1712. Il était issu de la petite noblesse du Perche. Son père était conseiller au Parlement de Paris. Sous son commandement, l'armée française remporta la bataille de La Marsaille le 4 octobre 1693 contre le duc de Savoie. Il avait été nommé Maréchal de France quelques mois plus tôt en mars 1693.

Cependant, après la défaite de Créquy le 9 juillet 1701, Catinat fut obligé de se retirer.

La rue Catinat est située dans le 1er arrondissement (dans le prolongement de la rue d'Aboukir). Elle est très courte : 29m de long. Elle porte ce nom depuis une ordonnance du 11 juin 1847. Ce choix s'explique par la proximité de la place des Victoires qui est dédiée aux succès militaires du Grand Roi.

La statue est une oeuvre de André Paul Arthur Massoulle né à Epernay le 5 novembre 1851 et mort dans le 6e arrondissement de Paris le 19 juin 1901.

Voici la fiche consacrée à Catinat dans le livre de Georges VEYRAT, Les statues de l'Hôtel de Ville, 1892.


 

samedi 22 juin 2013

MCCLXXXI : Une vue inédite sur la galerie des rois de la façade occidentale de Notre-Dame

 

Depuis la fin de l'année 2012, dans le cadre du 750e anniversaire du début de la construction de Notre-Dame, une tribune a été dressée sur le parvis. En ce mois de juin, en fin de soirée, cela permet d'avoir une vue inédite sur la façade en profitant à la fois de la hauteur et de la lumière du soleil couchant.

Du haut de la tribune, on peut avoir un très beau point de vue sur la "galerie des rois" qui sert de limite entre le 1er et le 2e étage :

Avec un zoom, on peut observer de près chacun des personnages : 


Cette série de portraits représentait les rois de Juda sous les traits "paraît-il" des rois de France. Cela lui a valu d'être mise à bas à la Révolution française. Les statues actuelles sont dues aux tailleurs de pierres du XIXe siècle à l'époque de la restauration de la cathédrale par Viollet-le-Duc. Ce n'est que par la suite que les statues originales (du XIIIe siècle) ont été retrouvées. On peut les voir au musée de Cluny.

lundi 17 juin 2013

MCCLXXVIII : Les rues de Paris Centre : Rue Malher... De l'importance du "H" après et pas avant le "L"


 La rue Malher fait 160m de long. La partie comprise entre la rue Pavée et la rue du roi de Sicile a été percée suite à une décision prise en mars 1848. La partie sud, entre la rue du roi de Sicile et la rue de Rivoli a été ouverte suite à un arrêté de 1854 (à l'époque où la rue de Rivoli a été prolongée jusqu'à la rue Saint-Antoine).

 Comme cela est indiqué par une plaque située à une extrémité de la rue, le Malher dont il est question  est un "lieutenant tué sur les barricades".  Il n'est pas mort sur les barricades qui en février 1848 ont renversé la monarchie de Juillet pour mettre en place la IIe République mais le 24 juin 1848. Ce sous-lieutenant du 18e régiment léger a participé à la répression des mouvements insurrectionnels provoqués par la fermeture des Ateliers généraux. Le nom de la rue a été donné par un arrêté pris le 27 mai 1849 par le  Président de la République Louis-Napoléon Bonaparte qui voulait rendre hommage à un militaire tombé pour rétablir le calme et la tranquillité à Paris. Un héros du parti de l'ordre en quelque sorte ! 

Les barricades de juin 1848 ont été photographiées par exemple celle-ci rue du faubourg Saint-Martin :


 Le peintre Ernest Meissonier a représenté les insurgés massacrés de la rue de la Mortellerie (actuelle rue de l'Hôtel de Ville) :

Malher apparait dans un ouvrage de 1850 écrit par Jules Ducamp, Histoire de la Révolution de Février, dans une liste des héros morts mort rétablir l'ordre : 

L'autre extrémité de la rue est décorée par un pochoir installé par une personne qui volontairement ou involontairement a fait une confusion : 

Il s'agit du compositeur autrichien Gustav Mahler. Pour s'en convaincre voici une comparaison avec portrait de ce musicien :


Désolé pour les mélomanes, mais il n'y a aucun rapport entre Gustav Mahler et la rue Malher. Le compositeur autrichien est né en 1860 alors que la rue Malher existait déjà sous ce nom depuis près de 10 ans !

vendredi 14 juin 2013

MCCLXXVII : La façade de l'Hôtel de Mayenne sans son ajout du XIXe siècle

 

J'ai publié en octobre 2012 un article assez long à propos d'une carte postale qui montrait la rue Saint-Antoine et l'Hôtel de Mayenne il y a une centaine d'années (voir mon article du 9 octobre 2012). J'avais à cette occasion fait paraître plusieurs photographies qui montraient les travaux réalisés entre 2010 et 2012 pour supprimer l'ajout du XIXe siècle dans la façade qui donne sur rue. Pour mémoire, voici une vue qui date de 2010 : 

Je n'avais cependant pas publier depuis de photographies montrant la façade complètement rénovée. Cet oubli est réparé par cet article.

Voici en supplément une vue qui montre l'élégance des décors des fenêtres du 1er étage :