mardi 18 janvier 2022

MMCCCLXXXV : Un livre paru en 1987 qui est une vraie pépite : "Sous la pyramide, 20 siècles retrouvés"

 

Lorsque des personnes âgées disparaissent, il arrive qu'on retrouve dans les bibliothèques de petite merveille. Tel est mon cas avec ce petit livre de 80 pages que j'ai ainsi récupéré (et donc personne ne voulait hélas). Il s'agit d'un livre dirigé par Pierre-Jean Trombetta intitulé "Sous la Pyramide, 20 siècles retrouvés", parus aux éditions Le Rocher en 1987 (vendu à l'époque 78 Francs).

L'ouvrage permet de prendre conscience de ce qu'on ne peut plus se rendre compte aujourd'hui quand on regarde l'immensité de la Cour Napoléon et de la place du Carrousel (avec ci-dessous deux photos que j'ai prises en mai 2020 juste après le "Grand confinement") :


L'ouvrage permet de (re)prendre conscience qu'à l'occasion des travaux du Grand Louvre et de la construction de la Pyramide du Louvre, de très importantes fouilles archéologiques ont eu lieu. J'étais à l'époque moi-même adolescent, j'avais fait des photos argentiques lors d'un passage à cet endroit au milieu des années 1980 mais je ne les retrouve plus. J'ai donc été très content de voir cette vue dans cet ouvrage :

On peut aussi y trouver cette sympathique photographie qui représente une partie de l'équipe permanente qui comprenait 120 personnes (archéologues et terrassiers) :

En page 11, on peut trouver un descriptif de la chronologie des fouilles :

Cela m'a permis de la transformer pour aboutir à cette version colorisée et avec une légende :

On voit qu'à l'époque où l'ouvrage a été publié en mars 1987, la "tranche D" dans laquelle se trouve l'enceinte de Charles V n'était pas encore fouillée. Cependant, on avait déjà pu faire un nombre impressionnant de découverte.

L'auteur précise que les travaux ont coûté 52 millions de Francs (donc moins de 10 millions d'Euros) mais comme il l'explique "pouvait-on, sans frémir, laisser partir à la décharge 2000 ans ?".

Les 80 pages de cet ouvrage sont une mine d'informations qui vont me conduire à pouvoir écrire un certain nombre d'articles dans les mois qui viennent. Je ne sais pas si beaucoup des auteurs qui y ont participé mais je tenais à publier aussi la page où ils sont cités. Certains d'entre eux sont encore certainement vivant. On verra avec la liste la quantité des thèmes abordé dans ce petit fascicule de 80 pages :

Cela me permettra de renvoyer à cet article quand je citerai cet ouvrage passionnant. Si certains l'ont en leur possession, je leur conseille de bien le conserver et de le relire !





samedi 15 janvier 2022

MMCCCLXXXIV : Les statues de la Tour Saint-Jacques (15e volet) : Saint Marcel par Michel-François Pascal, un sculpteur du Centre de Paris

  

Voici un nouvel épisode de  la série consacrée aux statues de la Tour Saint-Jacques. Il s'agit dans celui-ci de celle de Saint Marcel qui est située à droite de la face ouest de la tour au 1er étage :

Il s'agissait d'une des statues les plus visibles avant la destruction de l'église Saint-Jacques de la Boucherie car elle était située du côté de l'entrée de l'église et sur l'angle le plus en sailli : 

A droite de cette statue, on peut retrouver dans la partie en angle deux autres statues auxquelles j'ai déjà consacré un article, Sainte Marie-Madeleine (article du 7 novembre 2021) puis Saint Louis (article du 21 mai 2018).

Il existe de nombreux Saints appelés Saint Marcel mais ici il s'agit du Marcel parisien, 9e évêque de Paris de 405 à 435 mais qui avait joué un rôle important dès le siècle précédent en présidant le concile de Paris de 360 à 361. Il aurait notamment participé à la formation de sainte Geneviève (née vers 420). En effet Saint Marcel porte trois attributs de l'épiscopat : la crosse, la mitre (le couvre-chef réservé aux évêques depuis les débuts de l’Église) et l'anneau épiscopal :

Une légende raconte que Saint Marcel tua avec sa crosse un dragon qui jusque là dévorait les jeunes femmes de "mauvaise vie". C'est cette animal qui apparaît à ces pieds :

Saint Marcel était un saint très vénéré à Paris. En effet, il était -semble-t-il- né sur l'île de la Cité dans une famille qui habitait près du Petit Pont. Après sa mort le 1er novembre 436, il a été inhumé dans un cimetière situé à l'extérieur de la ville sur la rive gauche. A son emplacement, une collégiale Saint-Marcel a été construite (on la voit ici sur le plan Turgot des années 1730) :

Elle a été complètement détruite au XIXe siècle mais elle a donné son nom à tout un faubourg situé aujourd'hui à la limite entre le 5e et le 13e arrondissement :

Les traits de cette statue de Saint Marcel ont été sculptés par François-Michel Pascal, dit Michel-Pascal, né à Paris le 9 septembre 1810 et mort dans le 4e arrondissement de Paris le 3 janvier 1882.

 Dans le registre de l’État Civil on apprend que ce sculpteur est mort à son domicile situé au 27 quai de Bourbon 

Cet artiste a aussi sculpté en 1856 le célèbre tympan du Jugement dernier de la basilique Vézelay. Je viens de retrouver une de mes premières photos numériques que j'ai prise à cet endroit en novembre 2004 (car je n'y suis pas retourné depuis) : 

Des oeures de ce sculpteur sont régulièrement en vente par exemple cet Ibis tenant un serpent dans son bec en bronze avec une patine dorée :

C'est aussi lui qui a fait la statue de Jean Racine dans la cour du Louvre. Je consacrerai une autre série, plus tard, à ces statues.

mercredi 12 janvier 2022

MMCCCLXXXIII : Les animaux de Paris Centre : chat, coq, volailles par Jean-Baptiste Huet qui décoraient le salon du graveur Gilles Demarteau, rue de la Pelletterie

 

En 2015, pour la série sur les "animaux de Paris Centre", j'avais pris ces photographies au musée Carnavalet. 

Il s'agissait de détail du salon de Gilles Demarteau qui se trouvait rue de la Pelleterie sur l'île de la Cité. 

Cette rue située entre le Pont au Change et le Pont Notre-Dame a disparu à l'époque des grands travaux d'Haussmann sous le 2nd empire. Elle se trouvait à l'emplacement actuel du marché aux fleurs et du Tribunal de Commerce (donc dans l'actuel 4e arrondissement).

Les photographies que j'avais prises étaient un peu jaunes car j'avais mal réglé mon appareil photo 

Après la longue fermeture du musée Carnavalet pendant plusieurs années, j'ai donc été ravi de retrouver en 2021 ce salon à l'endroit où il était présenté précédemment :

Je ne suis pas complètement convaincu par l'écran tactile (une nouveauté qui m'enthousiasme peu dans le musée depuis qu'il a rouvert) mais malgré tout ce salon a gardé tout son éclat :

et désormais j'ai pu faire des prises de vue avec une lumière de meilleure qualité :

Gilles Demarteau était un graveur né à Liège en 1710 et il est mort à Paris en 1776. Ce salon qui décorait son appartement de la rue de la Pelleterie a été peint dans la 2e moitié des années 1760 à l'époque où Gilles Demarteau est entré -en 1769- à l'Académie. Ce salon a été peint par certains des plus grands peintres du XVIIIe siècle : François Boucher mais aussi Jean-Honoré Fragonard pour les fleurs et Jean-Baptiste Huet pour les animaux. Ce n'est certainement pas un hasard si ce sont aussi les peintres dont Gilles Demarteau a gravé de nombreuses oeuvres.

On peut assez régulièrement acheter en salle des ventes certaines de ces gravures comme celle-ci présentée dans une salle des ventes à Versailles en 2018 et représentant un nu masculin d'après un dessin de Carle Van Loo :


dimanche 9 janvier 2022

MMCCCLXXXII : Les façades d'immeubles de Paris Centre : Au 115/121 rue Montmatre : un immeuble Art déco des années 1950

 

 Voici un autre immeuble Art Déco de Paris Centre. Il est situé à l'angle de rue Léon-Cladel et la rue Montmartre au niveau du 115/119.

L'angle est particulièrement intéressant avec le portail d'angle :

 la partie supérieure de la porte est superbe :

Deux décors féminins ornent cette porte de part et d'autre :


La partie supérieure de l'angle est ornée d'un balcon qui surplombe la rue :

Dans les parties basses, le décor est très intéressant :

voici un détail :

L'immeuble a été construit entre 1951 et 1953 par les architectes Robert Lebret et Fernand Leroy. Robert Lebret (1905-1986) a obtenu son diplôme d'architecte de l'Ecole des Beaux-Arts le 7 juin 1933. Il a succédé à son père Robert Antonin Alphonse Lebret (décédé en mai 1933). Fernand Leroy (1894-1965) a obtenu son diplôme de l'Ecole des Beaux-Arts le 15 novembre 1922. Dans Paris Centre, on doit à Fernand Leroy les immeubles du 83 rue Montmartre, du 4-8 rue Colonel Ledriant,  du 37 rue du Louvre (Le Paquebot) et celui de l’École de la Charte du 65 rue de Richelieu.

En 2016/2017, l'immeuble et tout cet ilot a été mené par l'Agence FS Braun.

Sources :

-  PS-archi  

- Architecte B


jeudi 6 janvier 2022

MMCCCLXXXI : Au 68 rue Jean-Jacques Rousseau, un immeuble où a vécu une grande Dame du XVIIIe siècle

 

 

Au 68 rue Jean-Jacques Rousseau, rue située à l'Ouest de l'église Saint-Eustache, mon attention a été attirée par une plaque que je n'avais jamais remarquée et située à droite du porche d'entrée :

On y apprend qu'à cet endroit Jean-Jacques Rousseau a été le secrétaire de Mme Dupin de 1745 à 1751. Cela m'a donné envie d'aller dans la cour qui est vraiment superbe :

Une fois dans la cour, en se retournant, on peut observer une horloge solaire :

On peut voir cet édifice sur le plan Turgot des années 1730. A l'époque la rue Jean-Jacques Rousseau s'appelait "rue plâtrière" (à ne pas confondre avec la rue du Plâtre située dans le 4e arrondissement) :

Mme Dupin s'est installée dans cet immeuble en 1739 avec son mari Louis Dupin. Ils y ont d'abord été locataires car ils ont dû quitter un autre édifice -célèbre- de Paris Centre qu'ils avaient acquis en 1732, l'Hôtel Lambert :

Ils doivent vendre cet hôtel après la mort en 1739 du très riche et très influent banquier Samuel Bernard dont Madame Dupin était la fille naturelle. Par contre, elle a pu conserver avec son mari une autre superbe propriété achetée elle en 1733 : le château de Chenonceau.

Madame Dupin, née en 1706 sous le nom de Louise de Fontaine a eu un destin exceptionnel. Elle a notamment été peinte par le portraitiste Nattier :

Son salon littéraire et scientifique de la rue Plâtrière était un des plus célèbres du Siècle des Lumières. L'Hôtel particulier où il était installé initialement appelé Hôtel de Vins du nom du locataire qui l'occupait avant les Dupin : le Marquis de Vins d'Agoult de Montauban alors que le propriétaire était Nicolas Bouret de Vezelay (1677-1756). Après la mort de celui-ci, les Dupin qui étaient locataires depuis 1739, ont pu acheter l'hôtel le 22 février 1758. Après la disparition de Louis Dupin à cet endroit même en 1769, l'Hôtel est devenu la propriété du fils de ce dernier, issu d'un premier mariage, Louis Claude Dupin de Francueil qui est lui-même mort en 1786. Il passe alors entre les mains de la fille de ce dernier, Suzanne Dupin de Francueil (1751-1812).

Louise Dupin a gardé la propriété du château de Chenonceau où elle décédée en novembre 1799 à l'âge de 93 ans.

Alors que la rue où était située son hôtel particulier, la rue plâtrière a été rebaptisée rue Jean-Jacques Rousseau par une décision de l'Assemblée Constituante en 1791,  il n'existe pas de rue qui rende hommage à Louise Dupin dans Paris. 

Contrairement à ce qu'on peut lire parfois, George Sand- qui s'appelait Amandine Lucile Dupin- n'est pas l'arrière-petite-fille de "Madame Dupin" car elle descend de Louis-Claude Dupin qui (comme déjà mentionné plus haut) était issu du 1er mariage de Louis Dupin avec Marie-Jeanne Bouilhat de Laleuf (décédée en 1720) et qui en 2e noce a épousé Louise de Fontaine, devenue célèbre sous le nom de "Madame Dupin".

lundi 3 janvier 2022

MMCCCLXXX : La nef de Paris dans le Coeur de Paris (46e volet) : La nef de la la statue de Sainte Geneviève sur le Pont de la Tournelle

 

J'ai déjà consacré plusieurs articles au pont de la Tournelle qui a été reconstruit dans les années 1920 (voir notamment l'article du 11 octobre 2010). Cependant, je n'en avais pas encore publié à propos de la statue de 5,5m de haut située au Sud-Est de ce pont (donc côté 5e arrondissement) et qui représente Sainte Geneviève. Cela fait de très nombreuses années que j'ai pris des photos avec l'idée de publier un article qui lui serait consacré mais je me décide à le faire après avoir visiter le musée Paul Landowski/ Musée des Années 30 à Boulogne.

En effet, ce musée n'est pas particulièrement enthousiasmant mais on peut y découvrir un bel ensemble du sculpteur Paul Landowski (1875-1961) auquel on doit notamment le Christ rédempteur qui domine la baie de Rio de Janeiro depuis 1931. Parmi ses œuvres, on peut noter deux versions de la statue de Sainte Geneviève qui correspond à celle présentée sur le Pont de la Tournelle :

une est en plâtre : 

l'autre en argent : 

Cela permet de voir de beaucoup plus près les détails de la statue (qui au Pont de la Tournelle est situé sur un piédestal haut de 15m). Une femme tient dans ses bras une jeune fille.

Selon les versions, la femme est la Vierge Marie ou bien Sainte Geneviève (je penche plutôt pour cette 2e version) et quoi qu'il en soit elle a un design très inspiré par le style Art Déco des années 20 :

Quant à l'enfant, elle tient dans ses bras... une nef qui bien sûr représente Paris :

Un article qui permet donc de voir une autre représentation de la nef de Paris dans le Coeur de Paris :

Un cartel du musée explique qu'en 1928, Paul Landowski a refusé d'organiser l'inauguration de la statue car il souhaitait que la statue soit tournée vers la cathédrale (alors qu'elle lui tourne le dos) et il trouvait que le piédestal était trop haut. Il n'avait pas tort car avant la visite du musée de Boulogne je ne m'étais jamais rendu compte qu'on pouvait y voir une nef de Paris.