jeudi 17 septembre 2026

MMCMXXXVIII : Les rues de Paris Centre : la rue Léopold Bellan rend hommage dont il faut préserver la mémoire

  

La rue Léopold Bellan est une rue située entre la rue Montmarte et la rue Montorgueil dans le 2e arrondissement. Elle fait 190m de long et relie la rue Montmartre à l'Ouest à la rue Montorgueil et à la rue des Petits Carreaux à l'Est.

L'extrémité Est de la rue Léopold Bellan vue depuis l'angle avec les rues Montorgueil/ Petits carreaux

 
L'extrémité Ouest de la rue vue depuis la rue Montmartre, à l'aube.

Je lui ai déjà consacré un article à propos de son ancien nom (voir article du 12 février 2020) mais j'ai décidé de publier celui-ci car, en faisant une recherche, je me suis rendu compte qu'il était important de rappeler la personne qui a donné son nom actuel à la rue.

La rue  est située à l'intérieur de l'enceinte de Philippe Auguste. Elle était déjà lôtie au XVe siècle et on la voit sur le plan de Paris dit de Bâle des années 1550. On se rend compte qu'elle était traversée par un égout à ciel ouvert :

On ne voit aucun nom mentionné sur le plan à cet endroit. Elle avait d'abord pour nom "la ruelle des égoûts" puis, en 1564, elle était désignée sous le nom de rue "où soûlaient être les égouts de la ville" ce qui laisse penser que l'égout avait été bouché.

Au début du XVIIe siècle, sur le plan Merian de 1615, elle est désignée sous ce nom curieux que j'avais évoqué dans mon article du 12 février 2020 : la "rue du bout du monde".:

Il semble qu'une'enseigne à rébus d'un commerce qui soit à l'origine de ce nom. Elle comportait quatre dessins pour représenter "Au bout du monde". J'ai demandé à une IA de faire une reconstitution de ce rébus et le résultat est assez amusant :

La rue apparaît toujours sous ce nom très poétique sur le plan Turgot des années 1730 :


 En 1807, les habitants de la rue - que ce nom semblait ne pas amuser - ont obtenu qu'elle change d'appellation et devienne la rue du Cadran. C'est sous ce nom qu'elle apparaît dans le dictionnaire historique et administratif des rues de Paris de 1844 :

C'est sous ce nom de rue du Cadran que cet endroit de Paris est resté célèbre en raison d'une révolte ouvrière en septembre 1831 contre la mécanisation de la fabrication des châles.

Tout ceci est expliqué sur le panneau d'information que l'on peut lire dans cette rue :

Un détail m'a chiffonné. Le panneau passe très très rapidement sur l'origine de la dénomination actuelle de la rue "Léopold Bellan".
 


"En 1937, enfin, elle prit le nom d'un conseiller municipal". La formule est très elliptique. On ne mentionne même pas les dates auxquels il est né et il est mort et son lien avec le quartier. Or, une petite enquête montre que cela est fort regrettable.

 En effet, on peut facilement trouver des informations à propos de ce personnage. Léopold Bellan est né, le 20 septembre 1857, à Paris et il est mort, le 4 janvier 1936, à Paris. Il avait une particularité assez rare à l'époque pour un homme politique : il était handicapé. Il avait une mal formation de naissance qui le faisait boiter (il avait ce que l'on appelle communément un pied bot à droite et à gauche). Il est à l'origine en 1884 de la fondation Léopold Bellan. On peut lire sur le site de celle-ci que "son fondateur, Léopold Bellan, entrepreneur et philanthrope républicain, a toujours considéré chaque individu, quel que soit sa maladie, son âge ou son handicap, comme un citoyen que la société devait accompagner dans le plein exercice de ses droits.".

Une grande partie de l'engagement social de Léopold Bellan a commencé dans le quartier du mail. Cela lui a permis d'être élu comme représentant du quartier au conseil municipal de Paris sous l'étiquette radicale-socialiste à partir de 1893. 

Léopold Bellan en 1895, à l'âge de 38 ans, lors de son 1er mandat comme conseiller municipal de Paris

Il faut rappeler, comme je l'ai déjà évoqué à plusieurs reprises, qu'à cette époque chaque élu au conseil de Paris était élu au scrutin uninominal à deux tours ce qui créait un lien très fort avec le quartier. Il a été réélu sans discontinuer jusqu'à sa mort en janvier 1936. Cela lui a même permis de présider le conseil de Paris de 1910 à 1911 (à l'époque il n'y avait pas de maire et le président était élu par le conseil chaque année) puis du conseil général de Paris de 1925 à 1926.

Léopold Bellan en 1910 à l'âge de 53 ans
 

Léopold Bellan a fondé l'hôpital qui porte son nom dans le 14e arrondissement ouvert en 1920 qui est aujourd'hui un hôpital gériatrique. La fondation à de nombreuses missions : les enfants, les handicapés, les personnes âgées et les malades. De nombreux projets sont en cours de financement et des appels aux dons sont mis en ligne (voir cette page).

 La mort de Léopold Bellan apparaît sur la "une" du Petit Journal du 5 janvier 1936 :


 La notice nécrologique en page 4 ne mentionne pas son handicap mais on y apprend en outre que Léopold Bellan , à sa mort, était le doyen du Conseil municipal de Paris et qu'il avait perdu à la guerre en 1915, son fils unique :


 Il est remarquable que Léopold Bellan n'ait souhaité qu'aucun discours ne soit prononcé lors de ses obsèques.  

 La mention du décès de son fils unique à la guerre m'a conduit à cherche plus d'information sur ce dernier. J'ai retrouvé sa fiche sur le site 'Mémoire des hommes" qui recense tous les soldat morts au combat :

Cela m'a permis de retrouver son acte de décès dans les archives de l'état civil du 9e arrondissement :

 On y apprend que Léopold Bellan s'appelait en fait Désiré Léopold. Que son épouse avait pour nom de jeune fille était Clémence, Justine, Florine Sancey. Le fils décédé à la guerre avait aussi comme prénom Léopold, plus précisément Léopold Auguste. Il était né, le 7 août 1884. Il avait donc 30 ans au moment de sa mort le 9 mai 1915. Il avait épousé Jeanne Charlet et il vivait dans le 9e arrondissement au 40, rue Condorcet.

 Cela m'a permis de retrouver l'acte de mariage du fils, Léopold Auguste qui s'est uni à la mairie du 9e arrondissement le 28 octobre 1913 :


 Cet acte de mariage du fils donne des informations sur le père :

On a confirmation que Léopold Bellan était "commandeur de la légion d'honneur" et "ancien président du conseil municipal de Paris" et surtout on y apprend qu'en 1913, il habitait 30, rue des Jeuneurs, donc dans le 2e arrondissement (alors qu'en 1936, il est mort rue de Sèvres dans le 7e arrondissement).
 

Pour finir cette enquête que Léopold Bellan, j'ai consulté les Archives du Journal Municipal de la Ville de Paris. Quelques jours avant sa mort,fin décembre 1935, il avait encore présenté un rapport relatif aux sociétés d'éducation sportive, de tir, de natation et de sports.

Habitant du 2e arrondissement, élu au conseil de Paris de 1893 à 1936, philanthrope et handicapé de naissance, Léopold Bellan mériterait peut-être une plaque plus explicite que la mention sibylline que l'on peut lire sur la plaque d'information dans la rue.
 

dimanche 13 septembre 2026

MMCMXXXVII : Les statues de l'Hôtel de Ville : les 12 allégories du quai de l'Hôtel de Ville. 4e volet, la musique par Urbain Basset

 

Voici le 4e volet de la série consacrée aux statues des allégories que l'on trouve sur la façade côté quai de l'Hôtel de Ville de Paris :
La statue représentant la Musique est la 4e en partant de la gauche :

Cette statue n'est pas en très bon état. Elle tient dans ce qui reste de ses mains une lyre :

Cette statue est une oeuvre d'Urbain Basset, sculpteur né à Grenoble, le 5 décembre 1842, et mort à la Tronche (Isère), le 16 novembre 1924. Un grand nombre de ses oeuvres sont à Grenoble. On lui doit la statue du Génie de la démocratie au musée de la Révolution française à Vizille.

Voici un portrait d'Urbain Basset peint par Eugène Faure en 1872 :


 

mercredi 9 septembre 2026

MMCMXXXVI : Les articles de L'Indépendant du Coeur de Paris à propos de facades Art Déco de Paris Centre

 

Voici un article qui recense les articles que j'ai écrit à propos des façades Art Déco de Paris Centre. Je les ai classés en fonction des dates de construction. J'ajouterais les articles quand j'en écrirai de nouveau à propos de ce style qui a dominé dans l'Entre-deux-Guerres avec quelques prémices dès les années qui ont précédé la Première Guerre mondiale et quelques prolongements après la Deuxième. Un style marqué par le goût pour les formes épurées et géométriques, les matériaux électriques (briques, bétons, mosaïques), sans renoncer aux décors figuratifs mais de façon plus épuré que l'Art nouveau qui a dominé au début du XXe siècle.

- 1913 : 40, rue Meslay (Paris 3e) :


 

 - 1914/1920 : 10, rue de Bretagne (Paris 3e) :


- 1924 : Siège du journal L'Intransigeant, 100, rue Réaumur (Paris 2e) :

- 1925 : angle du 1/3, rue Feydeau et du 21/23, rue Notre-Dame-des-Victoires (Paris 2e) :

- 1925 : 20, rue Beaubourg à l'angle avec la rue Rambuteau (Paris 4e) :


- 1925 : 56, rue du Roi-de-Sicile (Paris 4e) : 


- 1926 : 62, rue du Louvre à l'angle avec la rue Montmartre (Paris 2e) :



- 1926 :  14, rue de Bretagne (Paris 3e) :

 - 1926 : 35, rue du Louvre (Paris 2e) :


 - 1928 : 56, rue Beaubourg (Paris 3e) :



- 1929 : 20/24, rue Marie Stuart et 62, rue Montorgueil (Paris 2e) :



- 1929 : Siège social des Assurances La Minerve, 35/37, rue Vivienne (Paris 2e) :

 - 1930 : 24, rue Feydeau (Paris 2e) :

- 1930 : 4, place de la Bourse (Paris 2e) :


- 1932 : Le Berlitz entre la rue du Quatre-Septembre, la rue de la Michodière, la rue Louis-le-Grand et le boulevard des Italiens (Paris 2e) :

- 1931 : 280, rue Saint-Honoré (Paris 1er) :


 - 1933 : 9, rue du Petit-Musc (Paris 4e) :



- 1933 : angle du 6,rue du Pas-de-la-Mule et du 31, rue des Tournelles (Paris 3e) :


 - 1934, le siège de Paris Midi et Paris Soir, 37, rue du Louvre (Paris 2e) :

- 1951/1953 : 115/121, rue Montmartre (Paris 2e) :


- non daté (et en très mauvais état) : 43, rue de la Lune à l'angle avec la rue Poissonnière (Paris 2e)