mercredi 18 janvier 2012

MXXXIII : "La déconstruction" des Halles de Willerwal et de F.-X. Lalanne : une série de photographies souvenir.

  

Les photos qui illustrent cet article montrent qu'on a le droit de ne pas être d'accord avec les fatwas architecturales qui affirmaient les pavillons Willerwal des Halles étaient des "pans de laideurs" Ces lieux n'étaient pas sans un certain charme. Le reflet d'un beau ciel bleu ou des façades des vieux immeubles sur les miroirs n'étaient pas si affreux que l'on a bien voulu le prétendre.


 Avec les travaux, ces bâtiments prennent encore un peu plus de gravité. Je ne peux m'empêcher de penser au tableau de William Turner, The fighting temeraire, en voyant ces bâtiments progressivement désossés... Je devrais écrire "déconstruits" puisque c'est le langage "politiquement correct" utilisé sur les panneaux d'information...

Photos publiées initialement dans l'article du 14 septembre 2010 : 



 



 Photos publiées dans l'article du 3 janvier 2012 : 




Photos publiés dans l'article du 18 janvier 2012 :

La déconstruction du pavillon le plus à l'Ouest, le long de la rue rue Rambuteau :

-. La photo avait été prise le 31 août 2011 :

- 12 septembre 2012 (Le 12 septembre 2011 (photo ci-dessus, on voit que l'espace intérieur est visible et on voit un nouveau "palmier" qui jusque-là était masqué à l'intérieur de l'ouvrage. Rappelons que cette architecture en palmier qui n'est pas sans rappeler l'architecture gothique tardive était une des caractéristiques architecturales de l'ensemble détruit ) :

- Le 26 septembre 2011, le palmier a été complètement supprimé. Il ne reste plus qu'un cercle suspendu en hauteur qui ressemble à l'empreinte du palmier disparu.
- le Le 4 novembre 2011, la plus grande partie de l'édifice a disparu malgré la courte suspension des travaux en raison d'un incident technique fin septembre (voir infra).Il ne reste plus en hauteur que des structures qui ressemblent à un squelette. On ne voit plus trace d'aucun palmier...

Le 18 novembre 2011, il ne reste presque plus rien. Je cherche en vain à retrouver l'angle dans lequel j'avais pris les vues précédentes. Ce vide qui nous fait découvrir des perspectives nouvelles que l'on ne connaissaient pas.

 Les travaux avancent relativement vite même s'ils ont été suspendus en raison d'un percement accidentel de la dalle le 20 septembre 2011 ce qui a conduit à un contentieux administratif avec le magasin H&M. La Ville de Paris a peu communiqué sur cet incident mais je renvoie à l'article paru chez Dalloz à ce sujet. On pourra y lire la décision prise par la section du contentieux du Conseil d'Etat (présidé par un des mes maîtres en Droit public quand j'étais à Sce Po M. Bernard Stirn).

 Ces photographies contribueront à l'Histoire de Paris. Elles feront certainement plaisir à ceux qui se sont félicités de la disparition de "pans de laideurs".

lundi 16 janvier 2012

MXXXII : Le 4e hier et aujourd'hui (6) : la place Baudoyer et la mairie du 4e en 1905

 

Voici une carte postale qui montre la place Baudoyer avec la mairie du 4e. Voici une vue du même lieu en 2012 :

La carte date de 1905 comme en atteste le timbre et le cachet de la poste qui figure au dos :
On peut noter que la mairie du 4e arrondissement n'a pas beaucoup changé depuis plus de 100 ans. Par contre, sur la place on peut noter quelques modifications. Tout d'abord, on voit que la circulation était possible mais à l'époque on ne voit qu'un véhicule sur la photographie et il est tiré par un cheval :

En ce tout début du XXe siècle, le règne de la voiture n'en était encore qu'à ses balbutiements.

Autre modification, on voit sur la place une vespasienne :

Celle-ci a disparu et n'a pas été remplacée par une "sanisette" (pour reprendre le langage "politiquement correct" utilisé aujourd'hui)

On peut, de plus, noter qu'en haut à droite, l'expéditeur de la carte postale a indiqué dans le coin en haut à droite qu'il était né en 1882 dans le 4e arrondissement :

 La personne avait célébré ainsi son propre 23e anniversaire en 1905. On sent poindre une fierté d'avoir cet âge et aussi d'être née dans le 4e arrondissement. Cependant, aujourd'hui, elle aurait près de 130 ans ce qui fait que malheureusement on peut avoir la certitude qu'elle n'est plus de ce monde.

Un petit memento mori pour finir cet article avec une pointe de philosophie..

 

mardi 10 janvier 2012

MXXVIII : Un monument funéraire en l'honneur d'Henri II qui se trouvait jadis dans le quartier Arsenal

  

En préparant l'Assemblée générale de l'association que je préside, le 4e au cœur, j'ai été conduit à m'intéresser à l'histoire du couvent des Célestins qui se trouvait à l'Est de la rue du Petit Musc à l'emplacement du boulevard Henri IV et de la caserne de la Garde Républicaine. J'ai ainsi découvert grâce à l'ouvrage de CHADYCH, Le Marais, Parigramme (qui je le répète est LA Bible à propos du quartier) que dans l'église du couvent des Célestins* on trouvait un monument funéraire dont je n'avais jamais entendu parler : celui où était conservé le coeur de Henri II. Je suis allé faire des photographies au Louvre pour retrouver dans le musée la salle où cette œuvre est aujourd'hui conservée.

Henri II étant mort suite à un tournoi, dans le Palais des Tournelles qui se trouvait à l'emplacement de l'actuel Place des Vosges (voir mon article du 10 juillet 2009), la reine Catherine de Médicis a souhaité que le cœur de son mari, reste dans un lieu proche de l'endroit où il avait trépassé : c'est le chapelle du couvent des Célestins qui fut choisie. Le monument où le cœur du roi était situé était à cet endroit jusqu'à la Révolution. C'était vraiment une très belle œuvre.

Le piédestal est dû à l'italien Domenico del Barbiere, dit Dominique Le Florentin. On peut y lire des plaques qui rappellent que l’œuvre était destinée à contenir le cœur du roi par la volonté de son épouse éplorée : 

Les Trois grâces qui soutiennent l'urne où se trouvait le cœur d'Henri II sont l’œuvre du grand sculpteur de l'époque : Germain Pilon.

Comme pour la Vierge de la Déploration, commandée elle aussi par Catherine de Médicis à Germain Pilon et que l'on peut aujourd'hui voir dans l'église Saint-Paul-Saint-Louis, on retrouve des caractéristiques de l'Ecole maniériste française du milieu et de la 2e moitié du XVIe siècle : l'élancement des personnages et notamment de leurs membres. Pour preuve voici un détail des pieds d'une de ses Trois grâces :

Les Trois jeunes femmes soutenaient une urne en bronze doré dans laquelle le coeur royal était conservé. Cette partie du monument a été fondue à la Révolution puis remplacé à la Restauration par une urne en bois.

On notera que ces Trois grâces, par leur sensualité, n'invitent pas vraiment aux vertus chrétiennes mais elles sont un beau legs de la Renaissance.

* Le couvent des Célestins comme on le voit ici le sur le plan Turgot des années 1730 était situé à l'Est de la rue du Petit-Musc et occupait une partie de l'actuel boulevard Henri IV et de la caserne de la Garde Républicaine :

jeudi 5 janvier 2012

MXXV : Au 12 rue Charles V : Un mascaron du XVIIIe siècle qui marque l'adresse où a vécu une serial-killer du XVIIe siècle

  

Au-dessus du portail d'entrée du 12 de la rue Charles V, on trouve ce curieux mascaron qui représente un personnage barbu qui a tout l'air d'un faune si ce n'est qu'il n'a pas de grandes oreilles. Les faunes sont des personnages de la mythologie romaine qui sont caractérisés par leur pilosité abondante, leur corps de chèvre et leurs longues oreilles.

Ce décor, d'après l'ouvrage de Danielle CHADYCH, Le Marais (aux éditions Parigramme), date du début du XVIIIe siècle. Voici une autre photographie pour qu'on se rendre mieux compte de l'aspect de la partie supérieure de ce portail : 

Ce décor orne le 12, de la rue Charles V, une adresse où a vécu un personnage sulfureux du XVIIe siècle. En effet, dans ce lieu a vécu au XVIIe siècle la marquise de Brinvilliers restée célèbre grâce à "l'affaire des poisons". Parmi ses exploits, elle fit passer de vie à trépas son père puis ses deux frères* et fut impliquée dans les intrigues de cour menées par Mme de Montespan pour rester en grâce auprès du Roi-Soleil. Après un procès, elle fut condamnée à mort et brûlée en place de Grève le 17 juillet 1676. Ce qui fit écrire à Mme de Sévigné : "la Brinvilliers est dans l'air".

Cependant, contrairement à ce que j'ai entendu à plusieurs reprises, la Brinvilliers n'a pas connu ce faune qui orne le 12 rue Charles V puisqu'elle était morte longtemps avant qu'il soit ne sculpté !

* Voir aussi l'article paru le 5 juillet 2021 à propos de la galerie Vero-Dodat construite à l'emplacement de l'Hôtel particuler où la Brinvilliers avait passé son enfance.



 

jeudi 29 décembre 2011

MXXI : Les statues de l'Hôtel de Ville (78e volet) : Mathieu Molé par Daniel Dupuis

  

Voici le 77e épisode de la série consacrée aux statues de l'Hôtel de Ville. Il concerne Mathieu Molé que l'on peut voir sur la place de l'Hôtel de Ville dans la gauche du pavillon central :

Mathieu Molé, comme de nombreux personnages représentés dans la partie centrale de la façade principal est un ancien magistrat qui a joué un rôle important dans la vie politique parisienne de l'Ancien régime.

Né en 1584, il a été étudiant à l'Université de droit d'Orléans avant de devenir en 1605 conseiller au Parlement de Paris. En 1641, il devient Premier président de cette institution. A ce titre, il joue un rôle important pendant la Fronde. En 1648, jouant un rôle de conciliateur, il obtint de la régente Anne d'Autriche la libération du conseiller Pierre Brossel.

Ce rôle de médiateur lui valut une reconnaissance générale. Cela lui permet d'être garde des Sceaux de 1651 jusqu'à sa mort le 3 janvier 1656.

La statue est une oeuvre de Jean-Baptiste-Daniel Dupuis, aussi appelé Daniel Dupuis  (né à Blois le 15 février 1849 et mort dans le 16e arrondissement de Paris le 14 novembre 1899). On doit aussi à Daniel Dupuis la statue représentant Charles Dumoulin (voir article du 18 août 2011). L'artiste a été assassiné par son épouse : un drame qui a fait la une du Petit Journal du 16 novembre 1899 :



samedi 24 décembre 2011

MXVIII : Une publicité prémonitoire pour l'automatisation de la ligne 1

 

C'est le 14 novembre 2011 que pour la 1ère fois je suis monté dans une rame automatique de la ligne 1. Depuis même si de nombreuses rames sont encore conduites par des "humains", j'ai revécu à plusieurs reprises cette expérience qui permet de découvrir autrement la traversée du 4e arrondissement par la ligne 1 quand on se place en tête ou en queue.

J'ai attendu Noël pour que l'on sache si la publicité que l'on a pu voir depuis plusieurs mois était prémonitoire. Tel est le cas puisque Paris n'a pas été recouvert par un manteau de neige en ce mois de décembre 2011, contrairement à ce qui s'était passé en 2009 et en 2010.

Je tiens à souhaiter un joyeux Noël à tous !

(J'ai déjà évoqué les travaux qui ont permis d'automatiser la ligne 1 : article du 30 mars 2011) 



vendredi 23 décembre 2011

MXVII : La crèche de Notre-Dame 2011 : un équilibre entre retour à la tradition et originalité

 

Voici un sujet dont j'aime parler chaque année : la crèche de la cathédrale Notre-Dame. La version 2011 vaut le déplacement car elle réussit à mêler classicisme sans manquer pour autant d'originalité. En efffet comme on le voit sur la vue qui ouvre cet article, les moutons et les bergers sont déjà arrivés tout comme le rois mages qui apparaissent à l'autre bout :

L'ensemble est comme on le voit très fleuri et il y a même des petits insectes avec ces abeilles et ces ruches :
 
Au centre de la crèche, entre Joseph et Marie, il ne manque plus que Jésus qui sera mis en place le jour de Noël : 


J'ai préféré aller faire les photos avant car pendant les vacances scolaires il y a une queue sans fin sur le parvis Jean-Paul II et du coup il faut attendre pas mal de temps pour pouvoir entrer dans la cathédrale alors qu'au moment où j'y suis allé (le mercredi 14 décembre), il n'y avait pas grand monde.

Cette crèche de Noël de Notre-Dame est pour ce blog ce qu'on appelle en langage journalistique un "marronnier". Un sujet que je traite chaque année à la même époque. Cependant, la représentation de la Nativité dans la cathédrale Notre-Dame connaît est fort différente d'un Noël à l'autre.

 

dimanche 27 novembre 2011

CMXCVIII : Les statues de l'Hôtel de Ville (77e volet) : Michel de Lallier par Jean-Paul Aubé

  

Voici le 77e épisode de la série des statues de l'Hôtel de Ville. Elle concerne Michel De Lallier que l'on peut voir légèrement à droite du portail central, tout près de François Miron : 


 Michel de Laillier (ou de Lallier) est le personnage le plus ancien parmi tous ceux dont j'ai parlé jusqu'à présent en décrivant les statues représentées sur les différentes façades de l'Hôtel de Ville. En effet, il s'agit d'un prévôt des marchands de la Ville de Paris du XVe siècle.

J'ai eu beaucoup de mal à trouver des informations précises sur ce personnage. Il est presqu'inconnu sur la toile. Il faut dire que dans les ouvrages les plus sérieux, il est orthographié 'Laillier" et non pas "Lallier" ce qui ne facilite pas la tâche. J'ai finalement trouvé les informations dans le livre paru sous la direction d'Alfred FIERRO, Histoire et dictionnaire de Paris, Robert Laffont, 1996, collection Bouquins. Pages 51-54, la "présence anglaise de Paris (1420-1436)" est décrite. On apprend page 53 que Michel de Laillier est passé au service des Bourguignons [et donc des Anglais] du seul fait qu'il a accepté le traité de Troyes alors que ses deux frères eux ont refusé et donc sont restés dans le camp des Armagnac et donc le camp du futur Charles VII.  D'après Jean Favier, qui est cité par Alfred Fierro, "il n'est pas exclu que le souci de protéger leur patrimoine ait conduit quelques familles à se scinder délibérément".

Page 54, on apprend que Michel De Lallier, devenu "chef du parti français" dans la capitale dominée par les Anglais déclencha le 13 avril 1436 une émeute populaire contre l'armée d'occupation... au moment où les armées de Charles VII se massaient aux portes de Paris. Les Anglais après s'être repliés dans et autour de la Bastille acceptèrent de décamper : ils furent autorisés le 15 avril 1436 à s'embarquer pour Rouen."Paris outragé, Paris martyrisé, mais Paris... libéré !".

Le prévôt des marchands qui avait servi sous la domination anglaise, Hugues Lecoq, put lui aussi à partir pour la Normandie... Pour lui succéder, le choix se porta sur Michel de Laillier qui exerça la charge jusqu'en 1438.

La statue est une oeuvre de Jean-Paul Aubé (né le 3 juillet 1837 à Longwy et mort à Cap-Breton le  23 août 1916) qui dût avoir beaucoup d'imagination puisqu'on a aucun portrait de Michel Lallier.

samedi 26 novembre 2011

CMXCVII : Illuminations de Noël rue Rambuteau/Archives : la version 2011

La rue Rambuteau fin novembre 2011

C'est devenu une habitude sur ce blog, chaque année, je publie les photographies des illuminations de Noël que l'on peut voir dans la partie Est de la rue Rambuteau (à partir de la rue Beaubourg) et depuis quelques années dans le tronçon de la rue des Achives compris entre la rue Rambuteau et la rue des Blancs Manteaux. 

La rue des Archives entre la rue Rambuteau et la rue des Blancs Manteaux fin novembre 2011
 

Chaque année nous avons droit à des illuminations différentes et je trouve que celles de 2011 sont vraiment réussies. Pour s'en convaincre, je renvoie aux articles parus le 22 décembre 2010 et le 16 décembre 2009 (dans lequel on peut voir la décoration des années 2005, 2007, 2008 et 2009).

mercredi 23 novembre 2011

CMXCV : Des plaques de rues ordonnées par René Hérault, lieutenant général de Police, en 1729

 

On trouve dans plusieurs rues du 4e arrondissement des rues dont le nom est gravé directement dans les façades. Il s'agit d'un legs du XVIIIe siècle. En  effet, par l'ordonnance du 30 juillet 1729, le lieutenant général de Police, René Hérault, ordonna que les propriétaires des maisons situées aux extrêmités des rues apposent des plaques pour indiquer le nom de la voie.

Les plaques que l'on peut voir sont donc un témoignage du Paris de la première moitié du XVIIIe siècle. Elles sont contemporaines du fameux plan Turgot qui date des années 1730.

Elles nous montrent que le nom de certaines rues a été parfois modifié comme la rue Saint-Médéric qui est devenu la rue Saint-Merri :

ou bien la rue de la Mortellerie qui est devenue la rue de l'Hôtel de Ville sous Louis-Philippe comme j'en reparlerai très bientôt :

René Hérault, né à Rouen le 23 avril 1691, fut lieutenant général de Police de Paris de 1725 à 1739. Pour lutter contre le Jansénisme, très présent dans la capitale, il mit en place une police secrète ce qui le rendit fort peu populaire.


 Pour la petite histoire, sa 2e femme, Hélène Moreau de Séchelles, qu'il épousa en 1732, lui donna un enfant qu'il reconnu... même si en fait le père était Louis Georges Erasme de Contades. Ce fils, Jean-Louis-Martine Hérault de Séchelles est le père du conventionnel Marin-Jean Hérault de Séchelles qui est representé sur la façade de l'Hôtel de Ville (voir article du 4 juillet 2009).

Pour finir, voici deux dernières plaques qui viennent celles-ci du quartier Saint-Gervais : l'angle entre la rue du prévôt (appelé au XVIIIe siècle la "rue percée) et la rue Charlemagne (appelée la rue des Prestres).