samedi 12 décembre 2015

MDCLII : Ce Centre de Paris Hier et aujourd'hui : Une vue de l'Hôtel de Sens avant 1930 qui permet d'apercevoir un marché couvert disparu, le marché de l'Avé Maria

  

Voici une carte postale de l'Hôtel de Sens qui figure dans ma collection personne. On peut la date grâce à son revers. On peut en effet se rendre compte qu'elle a été envoyée depuis le bureau de poste de la rue Hippolyte Lebas (dans le 9e arrondissement) en 1930 :


Comme quoi dès cette époque, depuis le 9e arrondissement on pouvait s'intéresser au 4e arrondissement...

A cette époque, l'Hôtel de Sens avait une activité que j'ai du mal à préciser. En effet, si au XIXe siècle, une activité à caractère industrielle est attestée (la production des confitures Saint-James), l'Hôtel avait été racheté par la Ville de Paris en 1911. Il était dans un état très délabré. "Les travaux de restauration confiés en 1936 à Charles Halley, durèrent jusqu'en 1962"*

On peut donc se demander qui sont les personnes qui apparaissent au 1er plan de la photographie : peut-être des ouvriers mais je n'ai pas de certitude à ce sujet :

On peut noter que la partie supérieure de la façade a peu changer malgré quelques transformations des fenêtres pour leur redonner un aspect médiéval :

Par contre que les constructions situées à droite de l'Hôtel de Sens en prenant la rue du Figuier ont été supprimées :

Le plus important changement se situe à gauche de la carte postale :

on voit l’extrémité d'une des cinq arches du marché de l'Avé-Maria dont on peut voir une reproduction dans l'ouvrage d'Evelyn CHADYCH page 125*. Cet édifice avait été elevé en 1878 sur les plans d'Auguste-Joseph Magne. Il a été détruit en 1929 (donc cette carte postale montre une vue prise avant cette date).

 Sur le site de la Librairie du Congrès des Etats-Unis une photographie de 1886, j'ai trouvé une photographie assez surprenante. (voir lien suivant). On se rend compte de la dimension impressionnante de ce marché de l'Avé-Maria :

On peut voir sur le plan cadastre de la Ville de Paris de la fin du XIXe siècle l'espace occupé par ce marché aujourd'hui disparu :

Ce marché était donc en grande partie installé à l'endroit où on trouve le square Marie-Trintignant (appelé jusqu'en 2007 Jardin de l'Avé Maria) dont j'ai parlé dans mon article du 21 juin 2012. Voici une photo qui montre ce lieu aujourd'hui :

Voici donc pour finir une vue avant/après : la carte postale qui montre ce lieu avant 1930 et la même vue en 2015 :



 


 

mercredi 9 décembre 2015

MDCLI : Façade d'immeubles de Paris Centre : Les deux façades à colombages de la rue François Miron... qui datent de 1967

  

Rue François Miron, à l'angle avec la rue Cloche-Perce, on peut voir ce qui est assez rare une maison à colombages - un spectacle plutôt rare à Paris-.


Or sur le blog "Le 4e que j'aime" (dont j'ai été un des rédacteurs), Avishaï avait expliqué dans un article paru le 18 février 2008 que ces maisons n'étaient pas si médiévales qu'elles semblent... Ces maisons ont été complètement rénovées en 1967.

J'ai trouvé une carte postale qui montre qu'en effet il y a 100 ans, ces maisons n'avaient pas de colombages apparents :

Le seul élément notable de la maison d'angle était le pignon qui surmontait le dernier étage.

vendredi 4 décembre 2015

MDCXLIX : Les rues du Coeur de Paris : la rue du Marché des Blancs manteaux

Voici un nouvel article de la série consacrée aux rues du 4e. Il concerne la rue du Marché des Blancs Manteaux qui est située dans le quartier Saint-Gervais.

Cette rue a une particularité étrange puisqu'il s'agit des deux  voies qui longent le marché des Blancs Manteaux au Nord et au Sud.

Entre ces deux voies on trouve le Marché des Blancs Manteaux un édifice terminé en 1819 par l'architecte Pierre-Jules Delespine. (voir article paru le 3 avril 2023)

Sur le cadastre de la fin du XIXe siècle, on voit qu'une activité au nom assez mystérieux s'y était installé : un laboratoire de "micrographie".

Quant à la rue, elle porte ce nom depuis le début du XIXe siècle.

Maintenant que ce marché a été rebaptisé "Halle des Blancs Manteaux", la rue va-t-elle être débaptisée... "rue des la Halle des Blancs Manteaux" ?


 

dimanche 29 novembre 2015

MDCXLVII : Au BHV, des vitrines de Noël 2015 so British...

Voici un thème que j'aborbe presque chaque année depuis la création de ce blog : les vitrines de Noël du BHV. Ceux qui savent que je ne suis pas insensible à la cause de nos voisins d'Outre Manche comprendront que je n'oublie pas de le faire cette année. En effet, pour le Noël 2015, la Grande-Bretagne est à l'honneur. J'ai fait un petit best of très personnel mais le mieux est d'aller voir sur place.

 

 

 

 


vendredi 27 novembre 2015

MDCXLV : Un vestige du 4e sur les traces de la mystérieuse "Tour du roi Dagobert"

 

Dans un angle de l'Hôtel de Cluny (Paris 5e), dans le musée du Moyen Âge, on peut admirer cette intrigante œuvre de menuiserie. Il s'agit du noyau d'un escalier à vis qui se trouvait dans le 4e arrondissement, rue du Chanoinesse sur l'île de la Cité dans ce que la tradition populaire avait appelé "la tour du roi Dagobert".

Cette œuvre a une datation incertaine puisque d'après la base Joconde du Ministère de la Culture, elle date du XVe siècle mais des années 1505-1525 d'après le cartel que l'on peut lire dans l'hôtel de Cluny. Toujours d'après la base Joconde du  elle mesure 9,85m de long.

Cela m'a conduit à faire une petite recherche concernant cette tour qui avait une forme carrée et était encastrée dans les bâtiments comme le montre ce dessin datant de 1818.

Je n'ai pas trouvé d'informations très fiables concernant l'origine de cette tour dont la référence au roi Dagobert est bien étrange. Cette tour a subsisté jusqu'en 1908. J'ai fait l'acquisition d'une carte postale qui montre cette tour juste avant sa destruction : 

Voici ensuite deux photographies prises au cours de la destruction :

Aujourd'hui, à cet emplacement on trouve la caserne du Service des Compagnies Motocyclistes (SCM) de Paris qui a été fondée en 1920. 

mercredi 18 novembre 2015

MDCXL : Au 4 quai des Célestins, l'Hôtel Nicolaï : la dernière demeure du sculpteur Barye

 

Au 4 quai des Célestins, juste à côté de l’exubérant Hotel Fieubet (voir mon article du 6 août 2009), on peut voir une demeure beaucoup plus discrète : l'Hôtel Nicolaï.

Les deux résidences sont liées puisque cet hôtel porte le nom d'une famille apparentée au Fieubet : Elisabeth Fieubet a en effet épousé le 16 juin 1654, Nicolas de Nicolaï, marquis de Goussainville et d'Ivor, devenu en 1656 premier président de la Cour des Comptes. 

Comme on le voit sur le plan Turgot des années 1730, cet hôtel donnait sur ce qui constituait véritablement un port à l'époque : le port Saint-Paul :

 Le souvenir de la famille Nicolaï (propriétaire de cette demeure jusqu'en 1770) est visible grâce aux ferronneries des balcons du 1er étage qui porte le monogramme "N" :

Cet hôtel particulier a attiré mon attention car une plaque signale que c'est à cet endroit qu'est mort en 1875, le célèbre sculpteur animalier Antoine-Louis Barye :

On peut retrouver dans les archives de l'Etat civil l'acte de décès au nom de Louis Barye à cette adresse le 25 juin 1875 :

En traversant le pont de Sully, situé tout près de là, on peut accéder à pointe Est de l'île Saint-Louis au square qui porte son nom et où un monument lui est dédié. Je lui ai déjà consacré de très nombreux articles :

- article du 23 avril 2009 : La statue de Barye, square Barye, une oeuvre de Laurent Marquestre

-  article du 18 mai 2011 : Square Barye : retour d'une statue en bronze de Barye disparue pendant l'Occupation

- article du 30 juillet 2014 :  Les animaux de Paris Centre : Un lion et un serpent. Le retour d'une œuvre... monarchiste !


mercredi 4 novembre 2015

MDCXXXIII : Atelier de "couture urbaine" au 9 rue du plâtre : les travaux de la Fondation d'entreprise des Galeries La Fayette ont démarré.

  

La rue du plâtre est une petite rue qui relie la rue du Temple et la rue des Archives. Elle va sortir de sa relative discrétion grâce à la Fondation d'entreprise pour les Galeries Lafayette. En effet, c'est au 9 de la rue, dans un immeuble de 2500 m² qu'un immeuble construit en 1891 pour servir d'entrepôt au BHV que les travaux viennent de commencer.

Il s'agit d'un vaste projet d'aménagement puisqu'il sera possible de traverser le pâté de maisons pour sortir au 37 rue Sainte-Croix-de-la Bretonnerie puis de gagner par une enfilade de cours la rue de la Verrerie.

A lire à ce sujet : l'article paru dans le Journal Le Monde daté du 18 octobre 2015 écrit par Laurence BOCCARA, " Opération de couture urbaine dans le Marais".
 

jeudi 22 octobre 2015

MDCXXVI : Une plaque qui rappelle l'horreur de la Shoah. La liste des 101 petits-enfants morts dans les camps d'extermination parce qu'ils étaient juifs

 

Le 7 octobre 2015, une nouvelle plaque a été dévoilée dans le jardin des Rosiers-Joseph Migneret. Je n'ai pas assisté à cette cérémonie car j'étais retenu par mon travail. Cependant, j'ai tenu à publier un article à propos de ce nouveau lieu de Mémoire.

La plaque donne la liste des 101 "Petits-enfants" non encore scolarisés qui ont été arrêtés avec leur famille parce qu'ils étaient juifs puis ont été déportés vers les camps d'extermination à l'Est de l'Allemagne.

La plaque rappelle comment le régime de Vichy a été impliqué dans ce crime : 

Il faudrait même rappeler que les autorités nazis ne semblaient pas avoir l'intention déporter les enfants les plus jeunes mais que le Président du Conseil, Pierre Laval, a donné un ordre pour que les enfants ne soient pas séparés de leurs enfants (sans pouvoir ignorer le sort qui leur était réservé).

J'ai tenu à publier la liste des noms et les prénoms car l'âge indiqué pour chacun des enfants doit faire réfléchir sur la capacité de l'être humain à commettre la pire barbarie possible : organiser froidement -et de manière industrielle et planifiée- l'extermination d'êtres humains juste pour ceux qu'ils sont. Si tous ceux qui ont été tués dans la Shoah étaient innocents, il est évident que le meurtre d'êtres aussi inconscients de la réalité du monde que ces petits-enfants, est encore plus révoltant.

 

Comme la plaque y invite les passants, je n'aurai pour finir qu'un souhait :

Lecteurs, lisez leur nom, votre mémoire est leur unique sépulture.


lundi 19 octobre 2015

MDCXXV : Des restes de l'enceinte de Charles V redécouverts place Teilhard de Chardin

  

L'hypothèse avait été envisagée lors de la réunion publique de juin dernier concernant la place Teilhard de Chardin : des vestiges de l'enceinte de Charles V ont été retrouvées dans le sous-sol. En ce mois d'octobre, on peut admirer les restes oubliés par le temps de ce rempart construit dans le début de la 2e moitié du XIV siècle pour protéger la rive droite. 

Un plan de Paris dit de Saint-Victor qui date de 1550 par l'abbaye de Saint-Victor permet de mieux comprendre à quoi ressemblait cet ouvrage défensif. A l'est de Paris, on trouvait l'île des Louviers aujourd'hui disparue. On peut la voir dans la partie supérieur de la vue ci-dessous : 

En agrandissant le plan, on observe de manière très précise l'aspect de l'enceinte juste devant l'emplacement de l'actuel pavillon de l'Arsenal et à quelques mètres du Couvent des Célestins (où a été construite la Caserne de la Garde républicaine):